Deux jours, une nuit
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536 critiques spectateurs

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tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 juin 2014
Sandra vient d’apprendre que ses collègues par un vote durant lequel ils doivent choisir entre une prime de 1000 euros et maintenir leur collègue dans l’entreprise choisissent à la quasi unanimité l’argent. Aidée par deux collègues, elle obtient un nouveau vote dans deux jours. Durant ce week end, avec son mari, ils vont donc essayer de convaincre un à un les 15 qui ont votés pour leur prime.
Au bout de 30 à 40’, on comprend bien que la nature humaine n’est pas composée que d’altruiste et d’humaniste mais aussi d’égoïste et de précaire. La peinture sociale de ces petites gens piégés par leurs crédits, leurs petits moyens et leurs petits projets est bien rendue. Il en est de même sur la réalité du monde des PME, acteur consentant de la pression sociale. Les frères Dardenne montrent aussi très bien l’articulation d’un système pervers et oppresseur pour les plus faibles ; et là, les oppressés ont les retrouvent bien aussi chez ceux qui conservent leur boulot et prennent la prime. Sandra est là pour confronter chacun à sa propre humanité avec sa demande de voter pour elle et contre la prime. Ca les secoue tout comme elle peut être secoué par le tsunami qu’elle déclenche dans certaines familles devant ce choix si cornélien. Et c’est là où le bas blesse dans le scénario, car en plus d’ajouter à la précarité et à la dépression, la culpabilité sur les épaules de Sandra ; les Dardenne, prisonnier par leur dispositif de faire tenir l’intrigue sur un weekend, bâclent carrément le traitement des relations humaines. En effet, ils choisissent de montrer chaque négociation ce qui ne permet pas d’aller en profondeur sur le travail des personnages. L’exemple le plus frappant est celui de la femme qui quitte son mari avec qui elle vient d’acheter une maison et à des projets de bébé suite à son intervention. C’est expéditif, 5’ à l’image, et deux scènes après, le mariage est rompu. Et les Dardenne retournent dans l’expéditif avec le père et le fils travaillant dans la même boite ; la scène est surprenante tellement inappropriée. On peut ajouter une entrée à l’hôpital à 17h et une sortie à 19h pour une TS ; et bien oui, elle a encore des gens à voir Sandra. Trop de personnages, pas assez travaillés, un timing trop réduit qui conduisent à des situations tirées par les cheveux ; juste de la démonstration. Et puis Cotillard devrait commencer à montrer autre chose que l’actrice « Roger Gicquel » du cinéma français. Çà tourne en rond
Arrêtons de casser du sucre sur le dos d’un film qui est tout de même loin d’être un nanard, mais des Dardenne on attend souvent mieux. L’éventail de ses petites gens prisonniers de leurs besoins de consommation ou tout simplement de leurs besoins primaires montre bien comment la cruauté du capitalisme rend difficile la compassion et l’altruisme. Et puis, la fin est très maline. Les Dardenne ont l’intelligence de détourner le regard de la dureté de notre monde pour nous montrer une histoire de reconstruction personnelle par le combat. Sandra retrouve de l’estime d’elle, et c’est çà victoire lors de cet éprouvant week end.
Pas indispensable, dans la même veine d’autres films m’ont beaucoup plus fait réfléchir sur notre monde : « Violence des échanges en milieu tempéré », « Ressources humaines » pour n’en citer que deux.
Eric S.
Eric S.

3 abonnés 38 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2014
Les frères Dardenne offrent un film magnifique. Ils prennent le spectateur aux tripes avec ce conte cruel, ce récit implacable et violent. Ils dressent un constat implacable du monde du travail tout en laissant apparaître un rayon de soleil… Marion Cotillard bien dirigée sert impeccablement son rôle. Seul bémol : dans les personnages rencontrés, certaines figures frôlent la caricature.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 3 juin 2014
Je sors de ce film avec le sentiment mitigé d'avoir oscillé en permanence entre l'émotion, (le sujet est émouvant et d'actualité et Cotillard est une actrice hors pair), et l'ennui... face à une intrigue très répétitive qui par moment confine à l'ennui. Cette dualité me semble résulter d'un traitement minimaliste où les frères Dardenne usent (et abusent) de plans insistants sur une Marion Cotillard au sommet de son art dramatique, et par ailleurs utilisent des clichés un peu trop appuyés qui nuisent à la crédibilité de ce qui aurait pu être un chef d'œuvre. En résumé ce film me semble trop "léché" et trop "clichés", il ne réussit pas à sortir d'un système "d'entre-deux" : entre le mélodrame et le documentaire. Dommage.
Rainfall_Shadow
Rainfall_Shadow

47 abonnés 393 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 juin 2014
Un vrai drame social, excellemment bien interprêté il nous livre le plus profond et le plus désastreux de la nature humaine : offrir en compétition, l'individualisme forcené contre la solidarité bienveillante, elle laisse à penser à une société chacun contre tout le monde, de l'arène inhumaine construite par le patronat... Le pire est sans doute dans les 3 dernières minutes, on assiste à ce moment là à une telle violence psychologique voire à une torture sociale qu'on en a la nausée (comme le dirait Jean-Paul SARTRE).
Au final ce film très à propos actuellement, nous donne à réfléchir sur les besoins d'unité dont la classe ouvrière à nécessairement besoin pour faire front face aux difficultés et face au pire.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 3 juin 2014
C'est marrant, ou terrible, ou les deux à la fois, mais en voyant ce film, je n'ai pas pu m'empêcher de faire le lien entre le monde du travail et l'univers concentrationnaire. Je ne dis pas que les deux se valent, mais... D'abord, il y a dans le film ces observations sur la nature humaine, malheureusement avérées dans la réalité et douloureusement vérifiées au cours de l'Histoire. Dans "Deux Jours, une Nuit", 16 des collègues de Sandra (Marion Cotillard) doivent décider par vote du maintien ou non de son poste : soit on la vire et on touche 1000 euros, soit on la conserve et on s'assoit sur la prime. Les Dardenne nous montrent que c'est assez facile de décider du sort de quelqu'un par bulletin secret et en son absence, mais que ce n'est pas du tout la même histoire quand la personne en question vient en chair et en os sonner à votre porte pour plaider sa cause. Effectivement, on sait bien que les meurtres de masse sont beaucoup plus "acceptables" psychologiquement pour les exécutants et beaucoup plus "efficaces" industriellement pour les commanditaires quand les tueurs ont le moins de contact possible avec leurs victimes (chambres à gaz vs exécutions sommaires). Ou alors, de la même façon que dans les camps de concentration il fallait souvent pour espérer survivre se soustraire aux règles élémentaires de la vie en société et s'abaisser à des comportements humiliants ou déshumanisés (vols, trafics...), il faut savoir dans le film s'arranger comme on peut pour s'en sortir (heures sup, travail au noir...) ou, dans le cas de Sandra, forcer sa nature en allant au devant des autres. Ensuite, il y a certains personnages, en filigrane. Il y a le patron, le chef du camp. La situation exceptionnelle dans laquelle il se trouve (la crise économique, le camp) lui permet d'exprimer un cynisme presque sadique sans aucune manifestation de remord ou de questionnement moral. Le point de départ du film, le vote qu'il propose (impose, plutôt) à ses employés, c'est un peu "Le Choix de Sophie". Et à la fin, à l'inverse, plus de cynisme mais une sorte de déni de la réalité pour sortir de la situation avec le beau rôle (ou un rôle pas trop moche), à ses propres yeux, au moins : la proposition qu'il fait à Sandra est absolument indécente et inacceptable au regard de ce qu'elle a vécu mais il est (sincèrement) convaincu que c'est la bonne décision, qu'au mieux il agit pour le bien de tous, qu'au pire il limite les dégâts, comme un Franz Stangl à Treblinka ou un Douch au Cambodge. Et puis il y a aussi le contremaître, ce personnage immonde et méprisable, avatar des gardiens de camp et autres kapos et qui sévit toujours impunément de nos jours. Les conditions de travail ont évolué mais la mentalité de cette engeance est restée bloquée sur l'époque des plantations de coton ou de la Révolution Industrielle. Je crois que j'ai plus de respect et de considération pour un militaire, un flic ou un curé que pour un contremaître d'usine, sa blouse et son chronomètre... Sinon, pour en revenir au film proprement dit, je ne suis pas le plus grand fan du cinéma des frères Dardenne mais là, ils m'ont enchanté. Cela dit, s'ils sont beaucoup moins misérabilistes que dans leurs autres films, ils cèdent quand même un peu à un certain angélisme de gauche qui a dû faire bondir de leur siège tous les Eric Zemmour de la Terre : en gros (et je caricature, volontairement), les ouvriers d'origine étrangère sont gentils et solidaires de leur infortunée collègue alors que les Belges sont méchants et ne pensent qu'au fric. C'est d'ailleurs au niveau du scénario que "Deux Jours, une Nuit" peut éventuellement un peu pêcher (certaines réactions des collègues de Sandra...) car le style est irréprochable. Sobre, efficace, leur caméra sur l'épaule est fluide et, surtout, colle parfaitement au sujet, chose qu'on ne peut pas dire de tous les films qui utilisent ce procédé. Les acteurs sont aussi très bons : Fabrizio Rongione dans le rôle du mari/béquille, Marion Cotillard, évidemment, même si le côté répétitif de l'action (je parle au gens, je bafouille un peu, je m'excuse, je comprend, je fais une tête de chien battu, je me bats, je me décourage...) n'est pas forcément à son avantage, et puis surtout Olivier Gourmet qui, en seulement 3 lignes de texte et 30 secondes de présence à l'écran, exprime tout son génie dans le rôle du contremaître. Enfin, et même si ce n'est sans doute pas la façon dont les auteurs ont voulu qu'on l'interprète, pour tous les ennemis acharnés du travail en tant que valeur (dont je suis), la fin du film est édifiante : quand Sandra a un job, elle est en dépression, quand, en un week-end, elle le perd, elle s'est reconstruite. Le Droit à la Paresse. "G L O R I A, Gloooria !"
Frederic P.
Frederic P.

7 abonnés 23 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 juin 2014
Film extraordinaire , bouleversant dans sa sobriété avec une Marion cotillard magnifique!
A voir absolument , essentiel et passionnant !
Peyton28
Peyton28

27 abonnés 331 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 juin 2014
Belle interprétation de Marion Cotillard, qui est à la fois, touchante, et brave, "Sandra" mène un combat noble pour la sauvegarde de son emploi, elle le mène avec force et persévérence, son soutien le plus fort reste son mari, "Manu", il est vraiment là pour elle et lui redonne le moral à chaque fois, sans lui à ses côtés, et le soutien de certains de ses collègues de bureau, elle ne serait jamais aller au bout. Très beau duo d'acteurs, un couple solide et courageux.
Bon scénario et belle mise en scène des Frères Dardenne, qui prouvent à nouveau leur talent de réalisateur. Le petit bémol reste un rythme de film un peu trop lent.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 2 juin 2014
Par rapport à son voisin britannique, le cinéma français social peut être qualifié d’inexistant. « Deux jours, une nuit » fait donc objet d’exception, en resserrant son propos sur le double combat d’une jeune femme : le combat contre le déclassement social, et le combat contre la dépression.

L’intrigue est maladroitement posée dans la maison de Sandra (Marion Cotillard) qui, en huis clos et en l’espace de cinq minutes, doit illustrer à la fois l’origine et la pénibilité de sa quête : demander à ses 16 collègues qu’ils choisissent sa réintégration dans l’entreprise, plutôt qu’une prime de 1 000 €. L’échange avec Fabrizio Rongione, réellement à la peine dans son rôle, renforce l’étanchéité de cette scène d’ouverture. S’en suit une narration quasiment monomaniaque, voire répétitive, étroitement resserrée sur la quête de Sandra. D’aucuns diront que certains plans (miam miam Marion Cotillard mange une glace ; « il est pas là, revenez dans 2h ») sont totalement inutiles. Mais cette pénibilité permet l’accumulation d’une énergie folle, qui nourrira des scènes fulgurantes (mention spéciale à Pétula Clark), tout comme Sandra se nourrit des « oui » qu’elle obtiendra de la part de ses collègues.

Sur le fond-même de l’histoire, les frères Dardenne semblent s’être appuyés sur un « fait divers » un peu bancal, où un patron voyou laisse ses salariés décider du destin de leur collègue dépressive. Pour un cinéma résolument réaliste de bout en bout, ce choix peut étonner, voire parasiter le spectateur, qui ne pourra s’empêcher de s’interroger sur la vraisemblance et la légalité d’une telle logique.

Toutefois, le film soulève de nombreuses questions passionnantes : plus que sur l’aliénation de l’Homme par l’Homme, il s’interroge sur la destruction du lien social et le délitement de la solidarité ouvrière. Sans revêtir un caractère révolutionnaire, il dépeint une classe sociale cernée par un cercle vicieux salariat/crédit, rendant obligatoire la priorisation de basses considérations comptables. Résolument pessimiste, le film se clôture sur une scène absolument magistrale, renforçant l’idée égrenée par les frères Dardenne pendant 1h30 : dans un monde où la majorité a accepté et assimilé les logiques froides de l’économie néo-libérale, les humanistes auront toujours tord.
reymi586

558 abonnés 2 444 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 juin 2014
Un film poignant des frères Dardenne dans lequel Marion Cotillard joue parfaitement son rôle. Les longs plans séquences nous font rentrer au plein cœur du film et nous font suivre cette quête avec beaucoup d'intérêt. Le film montre le vrai visage de la crise et nous fait découvrir tout une palette de personnages qui réagissent différemment à la situation. Un très beau film, très réaliste.
MVB62
MVB62

3 abonnés 4 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 juin 2014
Les gens sont différent, leurs rapport a l'argent sont différent. En temps de crise dans les milieux ouvrier, un sous est un sous. Le fim nous rapporte a nous et notre rapport a l'argent que ferions nous?
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 2 juin 2014
Très déçue par ce film où les Dardenne à vouloir faire du réalisme misérabiliste en oublient les lois du travail en nous présentant un scénario auquel on ne peut croire une seconde. Que vient faire Marion Cotillard dans cette galère qui est loin de nous montrer l expression de son véritable talent. Je regrette beaucoup d être allée voir ce film ennuyeux.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 2 juin 2014
Bien joué, sans plus. Histoire sans saveur, traitement psychologique faible d'une situation commune ou presque. Le fond et l'histoire manque de corps.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 2 juin 2014
Première fois que je pars avant la fin d'un film .
Serge R.
Serge R.

67 abonnés 21 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 juin 2014
Je ne suis pas un grand fan des frères Dardenne même si je reconnais que ce sont des grands cinéastes. Je ne suis encore moins fan de l'horripilante Edith Piaf mais je dois reconnaître que le film est formidable et ses interprètes à la hauteurs.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 juin 2014
Jolie film avec quelques incohérences qui ne change en rien le fond de l'histoire et la démonstration qui y est proposée. Cotillard est sublime !
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