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Un visiteur
2,5
Publiée le 21 décembre 2018
Bon, j’arrive un peu tard. On a déjà presque tout dit en qualifiant ce film d’ »Apocalypse Now franchouillard ». Encore que ce franchouillard vachard n’épuise pas définitivement la question. Guillaume Nicloux marchant dans les pas d’une œuvre culte prend certes le risque de paraître présomptueux, mais qui reprocherait à Coppola d’avoir brodé sur la trame d’ »Au cœur des ténèbres » de Conrad , roman culte s’il en est ? Dire que le film est tout simplement français suffirait. D’abord parce qu’il fonctionne avec moins d’emphase : par exemple, pas de scènes grandioses avec charge d’hélicos sur fond de chevauchée des Walkyries. Parce qu’il renonce à la forme « road movie » (en fait « river movie ») développée chez Conrad et Coppola , pour des itinérances dans la jungle tropicale sans atteindre le but de sa quête (un certain Ho Binh Diem?). Ensuite, et surtout, parce que le point de vue du récit adopte une attitude désabusée à l’égard de l’engagement politique, avec une vision pessimiste qui rejette tout humanisme et tout progressisme. Dans l’ Indochine de 1945 montrée ici, on est aux antipodes moraux de la guerre du Viet-Nam des années 68 et suivantes vécues par les conscrits étatsuniens puis retranscrites par leurs cinéastes. La critique postcoloniale est en germe dans Apocalypse Now ainsi que dans les autres productions du même sous-genre (Deer Hunter, Full Metal Jacket, etc.). Le scénario des « Confins du monde » fonctionne au contraire comme un pur roman colonial qui aurait pu être écrit à l’époque des faits par un épigone de Chardonne et de Morand, par quelque plume de cette droite littéraire qui rejetait l’engagement sartrien et se reconnaissait sous le nom de « hussards », à l’époque – ce n’est qu’un détail - où le sous-lieutenant Le Pen écrivait à Saïgon pour « La Caravelle », journal du corps expéditionnaire français. Récit d’une guerre d’engagés (dont beaucoup de Légionnaires allemands continuant la guerre par d’autres moyens). Le thème du baroudeur envoûtée par une prostituée indigène est un poncif de la littérature orientalisme qui a très bien fonctionné dans la France d’avant 1960. Il a inspiré des pages inégales au post-romantisme viril comme le «Roman d’un spahi » de Loti, en 1881, pour ne citer qu’un modèle réussi. Ce qui intrigue dans le film de Nicloux, c’est la concordance presque parfaite de son point de vue avec celui qui prévalait il y a 70 ans. Est-ce un tour de force anti-moderne ou une imperméabilité à l’air du temps ? Seule une enquête complétant le visionnage de son film permettrait de se faire une idée. Mais à quoi bon ? Ce film n’est contemporain – et avec quelle complaisance ! - que dans le traitement visuel des corps, avec une crudité qui aurait été impensable à l’écran en 1948. Il n’épargne rien au spectateur, depuis les scènes érotiques (relativement soft) dans le bordel de la Légion jusqu’aux pires atrocités effectuées de préférence sur des corps masculins ; dans cet univers viril, l’angoisse de castration est omniprésent. Difficile de pousser plus loin le malaise : corps découpé en morceaux rongés par les vers, prisonniers en cage aspergés d’essence (scène pompée à Daesh…), sangsue dans le pénis. Je ne sais pas où il a trouvé ce dernier truc parfaitement dégueulasse, mais ça pourrait faire un titre plus accrocheur que « les Confins... ».
Je ne m'en suis pas remis ! Des plans fixes sur Gaspard Ulliel de 3 minutes qui en paraissaient 15. Un Depardieu à bout de souffle, dans un rôle difficile à justifier (???). Une réalisation "vieillotte" qui ressemble à tout ce qu'on a déjà vu. Des scènes dans la jungle qui sentent le décor de studio. La prostituée qui tombe amoureuse. Tout fait penser aux films de 1970 et 1980, en moins bien. A déconseiller.
Si seulement le film avait été aussi beau que l affiche... bon la bonne nouvelle c'est qu'il redonnerait l'envie de dormir à un insomniaque.. pour ce qui est de la forme c'est mes yeux ou c est un style artistique de mettre tous les arrières plans en mode flous ????
Il s'agit avant tout une quête initiatique et existentielle entre une vengeance destructrice et une passion qui l'est tout autant. Tassen est psychologiquement instable et les affres de la guerre ne sont pas là pour arranger les choses avec la terreur et le sacrifice qui mène systématiquement aux horreurs inhérentes à la guerre. La toute fin est un peu terre à terre, un peu facile à contrario d'un film qui se veut pourtant plus subtil et métaphysique. Néanmoins, le film est à la lisière des genres avec une petite histoire dans la grande à la fois charnel et psychologiquement viscéral. Site : Selenie
C’est un film un peu facile sur la guerre d’Indochine. On n’y voit rien et le film reste concentré uniquement sur un seul homme. Pis le film dit juste, car même si la guerre d’Indochine débute officiellement en 1946, en 1945, un corps de l’armée française débarque en Indochine et combattent. Après, il y a de grandes longueurs dans ce film. Il y a plusieurs points dans ce film, dont la présence de la fille, mais après le rôle de Depardieu reste anecdotique et presque inutile. Après bon, c’est un film moyen avec énormément de longueur. Les films d’auteurs ne sont pas toujours des réussites.
Reconnaissable mais insaisissable, le cinéma de Nicloux n'appartient à rien et continue de s'autoalimenter en marge de toutes les attentes. Sorte de Rescue Dawn à la française, Les Confins du Monde emporte le drame hexagonal dans des paysages que le réalisateur affectionne autant que de les peupler d'humains hagards.
Sans pudeur mais non plus de volonté de surprendre ou de voyeurisme, le film nous propose un univers où rien n'est normal mais où tout est normalisé. De ses discordances contrôlées à ses compositions d'images soignées, il contient l'antidote à sa propre violence, anesthésiant à la vue des horreurs qui l'habitent – monotones, mais jamais répétitives, car Nicloux semble avoir trouvé l'équivalent cinématographique d'un rythme de guérilla, où le pire s'invite par petites touches.
On entre ainsi par la petite porte dans ce qu'on s'imagine être le traumatisme de la guerre : un cauchemar sans fin où abnégation et résignation se confondent jusqu'au brisement silencieux des esprits. Il faut aimer être dérangé par une ambiance machiavélique et précise pour apprécier Les Confins du Monde (ce qui est loin d'être mon cas), mais son but est annoncé et il l'atteint.
Film non conventionnel, elliptique, bourré de non-dits, intéressant. Les acteurs sont excellents, le script brumeux est bien pensé. Poétique et violent, un film qui trace sa route, quitte à laisser quelques spectateurs sur le bas côté des rizières.
Film extraordinaire dans le sens où aucun ne relate vraiment des faits relatifs à l’Indochine Française post 45 après l’occupation japonaise. Le fait même que la légion soit abordée, encore plus sur les troupes d’origines germaniques qui furent envoyer la bas, loin de la métropole... vaut déjà tout mon respect car c’est une part d’une fresque historique oubliée de l’histoire collective fr à cause de la défaite terrible subie. Avec le « Soldat Blanc », c’est la meilleure œuvre audiovisuelle de ces 20 dernières années. Ils rejoignent Diên Biên Phu de Shoendorffer d’une certaine manière. Pour les fans d’histoire
Guillaume Nicloux exploite le thème de la vengeance dans le contexte de la guerre d'Indochine en 1945. Sincèrement, tout était alléchant : la guerre d'Indochine au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la vision des colons sur la colonisation, les massacres perpétrés des deux cotés et un très beau casting ... Mais finalement ça ne décolle pas vraiment. Les sujets sont assez bâclés pour laisser place à de longs moments contemplatifs. C'est dommage, il aurait été tout à fait possible d'ajouter un peu de consistance à l'histoire et aux personnages secondaires et garder la contemplation. L'histoire ne repose que sur une vengeance, thème tellement abordé au cinéma qu'il n'est plus vraiment surprenant...Par contre, il faut souligner que la réalisation est excellente et n'hésite pas à montrer l'horreur de la guerre. Tout comme Gaspard Ulliei et Guillaume Gouix qui sont fabuleux. Malgré ces deux points importants on n'en reste pas moins un peu sur notre faim car on aurait aimé plus de matière.
En approximativement 20 ans de carrière, Guillaume Nicloux s'est frotté à presque tous les genres. Ici c'est le film de guerre, et malheureusement la réussite n'est pas la même que celle qu'il a connu pour le polar. Les Confins du monde, manque de beaucoup de chose si bien qu'on a du mal à y croire et qu'on s'ennuit souvent.
Les plus : très bien interprété, belles images, tient la comparaison avec des films américains sur le Vietnam. Les moins : je n'ai pas bien compris le rôle que tient Depardieu, ni la fin du film. Dommage, cela gâche un peu.
Suis sortie pendant la séance... dialogues médiocres, long et soporifique Depardieu toujours assis et essoufflé arrive de nul part à chaque séquence où il intervient... Je m'attendais à tellement mieux sur un film sur ce sujet ...
Un bon film de guerre qui mets en scène de façon très réaliste la bêtise d un hommes jeune avec du muscle mais pas de cervelle aveuglé par le désir de vengeance et occupé de se trouver un ennemi à tuer pour se perdre dans la violence. Tout cela pour défendre des concepts de géopolitique colonialiste qu il ne comprends pas où défendre des plantations de caoutchouc qu il ne connaît pas. Ni la philosophie représentée par un Depardieu imperial ni l amour d une jeune prostituée ne le sauveront