Une oeuvre filmée dans un écrin de velour -la 1ère image du robot est de la pure poésie-, à la réalisation parfaitement maîtrisée, sans effets tape-à-l'oeil pour mieux se concentrer sur la réflexion ; et pas seulement. Jamais les relations entre l'homme et la machine n'auront été aussi approfondies, décortiquées, analysées, jamais le cinéma ne nous les aura fait ressentir de façon aussi palpable et sensible. Nous assisterons à la naissance conjointe d'une machine découvrant le choix intuitif, les sentiments et notamment l'amour (??), l'humou, la séduction...C'est une première grande force du film. Il poussera d'ailleurs cette réflexion jusqu'au bout, questionnant la conscience et la robotique de manière, poussée, intelligente et surtout fascinante. C'est alors la seconde force de frappe du film : son atmosphère très claustrophobique, étrange comme cette maison parlante et aux surfaces lisses, presque flippante... ce qui nous amène au troisième point fort du scénario : non content d'être pertinent, il se double d'une intrigue, une lutte de personnalité qui se meut en thriller et en film traitant de la manipulation. Il y a dans ce film de "rapport" celui du génie qui met à l'épreuve à la fois sa machine et son employé, celui du "blanc" découvrant le "sauvage" et recherchant son humanité, celui de l'amour universel et par-delà les races et, enfin, celui de l'intelligence supérieure, la machine, sur son créateur, telle l'espèce humaine se révoltant contre Dieu. On y trouvera également une réflexion sur le web et son utilisation des données. Une très belle oeuvre, profonde, brillante en tout point et franchement envoûtante, même si l'écriture scénaristique révèle quelques failles et autres prévisibilités mal dissimulées et que l'ensemble même s'il reste captivant se révèle un peu lent. Mais on passe aisément outre et on admire un film comme on en voit peu souvent dans le genre. Dommage qu'il ne connaisse pas le succès qu'il lui mériterait.