Premier gros choc de cette année. Une pure merveille cinématographique. Avec une histoire qui démarre avec quasiment le même pitch que "La vie est un long fleuve tranquille", Hirokazu Kore Eda, nous offre une version beaucoup plus poignante que la farce satirique de Chatillez. On est ici au Japon, avec toutes les traditions et les rites d'une société ancrée dans les codes, mais là l'accent est mis sur le rôle de la paternité elle-même. Les liens du sang, l'éducation, l'affection portée pendant six ans à un enfant qui n'est pas le sien, ce sont les thèmes de ce film, filmé comme une caresse avec tact. A voir le nombre d'yeux rougis à la fin de la séance, dont les miens, on peut dire que comme dans "Nobody knows" en 2003, Kore Eda a encore fait mouche
Un film émouvant, et qui laisse le spectateur réfléchir (on en a d'ailleurs le temps tout le long du film). Les acteurs m'ont bluffé, en particulier Keita. La vost était particulièrement agréable dans ce film, ne soyez pas intimidé par le Japonais.
Voilà un petit moment que je suis Kore-Eda, réalisateur discret et légèrement "classique" - plutôt dans la tradition Ozu, mais sans la radicalité stylistique -, et c'est grand bonheur que de découvrir ce "Tel Père, Tel Fils", probablement son chef d'oeuvre à date : derrière le prétexte un tantinet forcé de l'échange d'enfants à la naissance (on en tremblait d'avance en se remémorant les Chatiliez-conneries sur le même sujet), Kore-Eda construit un film profond, et régulièrement saisissant, sur ce qu'est la paternité, en en abordant avec une légèreté majestueuse tous les aspects sociaux (l'impact de la classe sociale, le poids des traditions japonaises...) et psychologiques (la culpabilité de ne pas aimer ou de mal aimer, les symptômes de la ressemblance...). Pas un mélodrame, même si "Tel Père, Tel Fils" émeut régulièrement jusqu'aux larmes. Pas une comédie, même si l'on y rit franchement devant plusieurs scènes, par ailleurs d'une élégance absolue. Kore-Eda filme de mieux en mieux, atteint une sorte d'épure quand sa caméra enregistre des enfants qui fait penser parfois au meilleur de Miyazaki. On sort donc de ce film qui sait rester heureusement irrésolu - car la vie n'a pas de solution - profondément heureux, enrichi par cette vision complexe de la famille et de la transmission. Ce qui, avouons-le, ne nous arrive pas tous les jours au cinéma.
Tiens. Un remake japonais de "la vie est un long fleuve tranquille" ? Voilà qui est curieux. En fait "tel père, tel fils" n'a en commun que l'idée de base. Heureusement d'ailleurs, car si Kore-eda nous avait asséné les même cliché que dans le film de Chatiliez, j'aurais certainement baissé ma note de quelques étoiles. Pour nous autres, occidentaux, je trouve le film plus intéressant dans sa description de la société japonaise, que dans le traitement de l'histoire des deux fils échangés, qui même si elle est intelligemment traité et permet une vrai réflexion sur la filiation, reste relativement prévisible. En revanche, le film décrit avec réalisme et froideur, le système utlra-élitiste japonais, où l'échec et la médiocrité sont quasi-criminel. Notemment à travers, la toute première scène ou l'on assiste à un véritable entretien d'embauche pour que le gamin puisse être reçu dans une école maternelle privée. A l'inverse, l'autre famille, beaucoup plus modeste et laxiste se voit également plus heureuse. Tel père, tel fils est un film qui aborde tout un tas de sujet comme la filiation, l'adoption, l'éducation, les inégalités sociales, les préjuges, la vie de famille... Des sujets toujours traités avec intelligence et objectivité. Et pour ça, "tel père, tel fils" mérite d'être vu.
PS : les gosses japonais sont toujours aussi flippant et inexpressif. Maintenant je fais des cauchemars.
Bon voilà… Retire tes belles lunettes de soleil c'est mieux pour lire çà… Qu'est ce qui prime pour l'identité d'un terrien, la naissance (le sang) ou l'environnement culturel (le territoire)? Le film choisi nettement l'environnement culturel, j'aurai choisi pareil. Bon deux familles nippone (ni mauvais haha) : une style Samouraï moderne, l'autre style baba cool le mélange est un peu explosif. Sur le même sujet Chatilliez avait choisi la comédie pour son film "La vie est un long fleuve tranquille", ici c'est le sérieux nippon. à voir… la fin est sympa. C'est fini…
Film qui donne à réfléchir sur de nombreux sujets: le pouvoir de l'amour, les liens du sang, le pouvoir de l argent dans la société individualiste. Très belles images notamment lorsque la mission est terminée à la rencontre des chemins...
Esthétique superbe et classicisme exacerbé, on frôle parfois l'overdose en raison d'un rythme qui pourrait paraitre lymphatique. Sur une histoire d'échange de berceaux, on est bien loin des Groseille et des Le Quesnoy. Traités avec finesse et pudeur, les sujets de l'importance de l'inné et de l'acquis, de la transmission, de l'éducation ou des différences de classes sociales, nourrissent un scénario remarquable d'intelligence. Acteurs excellents, y-compris les enfants.
Un très joli film sur la filiation et la paternité servi par des acteurs assez incroyables. Je regrette cependant la lenteur du rythme et le classicisme de la réalisation. Je trouve que le scénario est bien supérieur à la réalisation qui reste trop molle et convenue à mon gout.
Film tout en finesse et beau. Le réal filme avec justesse un fait dramatique, en y apportant des notes aussi d'espoir et de magie, magie dans ces rapports humains dépeinds. C'est parfois dur, c'est souvent direct et bouleversant dans la réalité des émotions ressenties par ces personnages comme par le spectateur. Le sujet est abordé de manière réfléchie avec l'aspect liens du sang ou liens de coeur, ou finalement les 2? Ms aussi à travers d'autres relations générationnelles, le poids de l'éducation sur les agissements en tant qu'adultes et parents, les choix à faire, lourds de conséquence, les non dits, les frustrations, les rapports entre homme et femme dans une société niponne mariant le moderne et l'ancien. La réalisation peut sembler détachée parfois, surtout pour 1 tel sujet, ms au contraire, elle effleure l'émotion et laisse à chacun le droit de la laisser monter et la digérer. Cela apparait donc subtil et délicat au final. La réussite provient aussi des acteurs, épatants. Mention aux enfants (Keita est juste magnifique) et au papa de Keita, à qui cette histoire révèlera sa paternité. La 2ème partie est d'ailleurs + axée sur cette recherche pour lui de son véritable enfant. C à la fois fort et intéressant commme frustrant de limiter l'histoire à ce stade à son unique ressenti. Il manque la vision de l'autre couple et autre père. Un grand prix du jury mérité, déchirant et plein d'amour. Je recommande vivement.
Le film est l'image du morceau de Bach (les Variations Goldberg) qui passe pendant le film : très beau mais mou et lent. Malgré ce bémol, le film est une très belle histoire sur la filiation.