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Un visiteur
4,5
Publiée le 6 janvier 2014
Tel Père, Tel Fils fait preuve de beaucoup d'intelligence et de pudeur dans le traitement d'un drame familial: quand on apprend que celui que l'on croit avoir pour fils est en réalité l'enfant d'autres parents. Se mêlent les questions sociologiques, psychologiques et juridiques de la filiation, de la place de l'enfant dans la famille et la société, de ce que la paternité et la maternité signifient. Ou quand les repères identitaires d'un parent éclatent dans une société japonaise où l'honneur et la réussite sociale occupent encore une place prépondérante. Un film dense mais juste, qui ne cherche pas à imposer une opinion sur les questions soulevées mais fait confiance en l'intelligence de son spectateur et qui échappe au mélodrame par la retenue dans le jeu des acteurs et dans la mise en scène. La photographie est sublime et l'Aria des Variations Goldberg de Bach au piano contribue à rendre le film encore un peu plus émouvant. Une beauté.
Superbe film! Très épuré, bien filmé, avec 4 très bons acteurs. Difficile de ne pas penser à la vie est un long fleuve tranquille, ceci étant, ce film nous plonge réellement dans l'univers bouleversé de ces deux familles. Un très bon film donc, a voir !
Hirokazu Kore-Eda fait partie de mes réalisateurs préférés. Je l'ai décidé au moment de la sortie de distance et je n'en démords pas.
Je préférais ses débuts où le thème de la mort est très présent et m'a passionné (after life, moborosi et distance). Ensuite par ordre décroissant still walking, tel père tel fils, air doll, i wish, nobody knows. Je ne connais pas le reste.
Comme beaucoup, je dirais que les personnages féminins sont les plus beaux, les plus intéressants. Le film est comme à son habitude délicat et fin, superbement maitrisé, on sent un réalisateur qui est capable de maitriser ses acteurs/son équipe, d'obtenir le film qu'il souhaite. Surement que comme tous les réalisateurs, il y a des choses qui ne sont pas telles qu'il les aurait souhaitées mais pour nous spectateur, cela reste marginal.
Le film manque probablement d'un peu de surprise coté père sur le sens de la parenté, mais cette faiblesse est largement compensée par ces enfants qui se débattent dans leur vie, qui font leur place dans leur famille, et par ces mères en souffrance pure, mais prêtes à tout par amour pour leurs enfants.
Je ne pense pas que ce film marquera l'histoire du cinéma en temps qu'oeuvre cinématographique, mais il pourra servir longtemps de référence sur le sujet qu'il traite pour les sociologues et pour tous ceux qui l'auront vus.
Ce film pose de vraies questions, les réponses des personnages font froid dans le dos, le tout dans le contexte particulier de la société japonaise (grande exigence, choc des classes sociales, le lien du sang...). Je regrette juste le côté assez manichéen du film avec le père riche, dur, froid et exigent qui tient le mauvais rôle d'un côté et la famille plus pauvre, plus laxiste mais plus heureuse de l'autre. À la sortie du film les questions et le débat continuent, quel choix nous aurions fait dans cette situation (échange de bébés à la maternité) ? Accepter un enfant qui n'est pas le sien mais que l'on élève depuis 6 ans ? Ou privilégier coûte que coûte le lien du sang... ?
Très bon film. Scénario plus prenant et plus complexe qu'il n'y parait, le suspense est aussi au rendez-vous. Les personnages sont bien construits et loin des caricatures du cinéma américain. Juste dommage que le tout reste un peu froid et distant à mon gout. 4/5
Magnifique film, qui évite avec brio la facilité de l'émotion, pour imposer une mise en scène cousue de fil d'or. Acteurs remarquables, mention spéciale aux enfants!!!
un très beau film, sensible et émouvant. Il n'est peut-être pas si facile de devenir père ou mère. Qu'est ce qui nous lie vraiment à un enfant? qu'est ce qui fait qu'on l'aime ? Très touchant
Il n’y a pas de doute, Koreeda sait filmer les enfants. Il l’a prouvé à maintes reprises et notamment dans « Nobody Knows », œuvre bouleversante qui met en scène des enfants livrés à eux-mêmes, abandonnés par une mère absentéiste et devenus quasiment clochards en l’espace de quelques mois. Dans « Tel père, tel fils », il rempile pour un film dont l’histoire est centrée sur les enfants… mais dont la mise en scène se focalise sur les liens tissés au sein de la famille nucléaire, illustrant en même temps le point de vue du fils, de la mère, et du père.
Le scénario était a priori difficile à rendre fascinant : deux enfants, qui ont désormais six ans, ont été échangés à la naissance, et ne vivent donc pas avec leurs parents biologiques. Cette idée de base, loin de plaire à tout le monde, constitue le gros défaut du film, tout comme quelques interrogations scénaristiques qui restent sans réponse spoiler: (pourquoi l’autre famille accepte-t-elle l’échange ?) .
Face à un scénario que beaucoup se seraient contentés d’illustrer en tirant de grosses ficelles sentimentalistes, Koreeda filme avec retenue et pudeur. Et c’est justement cela qui rend son récit extrêmement touchant. Il nous amène à comprendre les émotions ressenties par chacun de ses personnages, en utilisant une mise en scène à la fois irréprochable et astucieuse. Elle lui permet de cerner le beau dans chaque instant, à l’image des séquences de trajet en voiture transformées en magnifiques bouffées d’oxygène. Elle lui permet également de renforcer la charge émotionnelle du film : personne ne pourra rester indifférent. Certains appelleront ça un « tire-larmes » (à l’image d’un « P.S. I love you »), j’aurais envie de rétorquer qu’il s’agit là du contraire absolu : Koreeda nous rappelle ici que l’universalité de l’émotion peut également émerger avec finesse et intelligence.