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NarnoNarno
49 abonnés
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2,0
Publiée le 24 mai 2016
« A Touch of Sin » est remarquablement mis en scène. Les destins croisés de ses multiples protagonistes sont particulièrement bien mis en abîme dans ses cadrages, ses décors, la violence des images en parfaite adéquation avec la violence du propos. Néanmoins, son sujet laisse dubitatif. Zhang-ke Jia peut dénoncer une certaine photographie de la Chine actuelle: violente, peu reluisante, gangrenée, sans issue. On a du mal à admettre que tout est impasse et se règle uniquement avec un flingue. La vision a peut-être le mérite de dénoncer un constat, le sentiment laissé par « touch of Sin » reste définitivement vain, pessimiste et peu jovial, sans pour autant que tu cela nous touche vraiment. La faute à l’absence d’émotion et de toute forme d’empathie. Le rythme du film laisse vite le spectateur sur le bas coté, moitié contemplatif, moitié ennuyé, sans toujours comprendre où veut nous emmener le réalisateur.
Les quatre histoires successives, aux petits recoupements artificiels, racontent le désarroi et la souffrance de quatre individus dans une Chine sous la double coupe d’un régime bureaucratique autoritaire et d’un capitalisme débridé. Dans cet univers, les différentes violences individuelles constituent une réaction à la violence sociale. Cette intéressante plongée dans la Chine contemporaine, si contradictoire, est magnifiée par la mise en scène de Jia, truffée de plans éblouissants (même dans des environnements tout sauf idylliques), autrement remarquable que le scénario, étonnamment primé à Cannes. La première histoire est la meilleure, par son rythme, ses qualités esthétiques et sa magnifique conclusion symbolique de ce cheval qui, débarrassé de son tortionnaire, ne sait plus où aller et transporter son fardeau.
Les histoires parallèles racontent quelque chose d’intime pour le réalisateur, sa vision de la Chine contemporaine, son regard d’intérieur, par la représentation de ses faits divers, celui qui m’a marquée est l’hôtesse d’accueil travaillant dans un sauna, comme il y en des affaires de ce genre à travers le monde, les rapports homme femme dans les pays en voie de développement tout autant dans les nations développés, la corruption et l’injustice est pesante.
"A touch of Sin" est un film enragé, et Jia Zhangke un homme en colère. Il y a d'abord, avec le retour du cinéaste à la fiction - sept ans après "Still Life" - matière à se rassurer. Le documentaire "officiel" I wish I knew" avait jeté quelques inquiétudes sur l'avenir de ce cinéaste, l'un des plus originaux que la Chine nous ait donné. "A touch of Sin" a ainsi d'autant plus l'allure d'une déflagration radicale qu'il se présente sous une forme éclatée, constitué de quatre courts-métrages qui s'enchaînent. Forme peu évidente à manier, envisageable plutôt sous l'angle collectif, il est abordé par des cinéastes rodés qui ont fait leur preuve et qui peuvent, forts de leur reconnaissance, s'offrir une parenthèse "modeste". Avec Jia Zhangke, cinéaste encore jeune, ayant pourtant déjà constitué une œuvre, c'est toute la question du virage esthétique, d'une tâche rude à accomplir, qui affleure. Le retour à la fiction va ainsi de pair chez lui avec une volonté de refondation, tout en jetant, avec une économie discursive radicale, les bases d'un renouveau.
« A Touch of Sin » est un film encensé par la critique mais ennuyeux à regarder. La critique sociale de la Chine contemporaine n’a rien de transcendant. On doit tout de même saluer la violence graphique de certaines scènes. Le casting est sympathique, mais l’atmosphère globale du film est pesante et déprimante. Nous n’avons rien trouvé de divertissant dans ce film, désolé …
Intéressant socialement ce film nous plonge dans la violence quotidienne des travailleurs migrants en Chine. Malheureusement cela ressemble un peu à un collage de petites histoires sans lien entre elles.
En souhaitant dresser quelques portraits de chinois aux quatre coins de la Chine, Jia Zhang Ke propose une suite de parcours redondants et répétitifs. Le réalisateur cherche à nous émouvoir en pointant du doigt la violence que sont obligés de faire face ces citoyens à cause de la montée des inégalités et la fracture de plus en plus épaisse entre les riches et les autres. Seulement le manque de rythme est tellement présent qu’on perd pied. Entièrement plébiscité par la presse et récompensé du Prix du Scénario à Cannes, A Touch of Sin est pourtant paresseux dans son texte. Sans jamais montrer un seul sourire, le réalisateur ne fait qu’exhiber corruption, accidents, meurtres et prostitution. Est-ce seulement ça la Chine aujourd’hui ? D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
A travers quatre histoires distinctes, une peinture sombre et âpre de la Chine rurale contemporaine mais sans être dénué d'une certaine poésie. Parfois assez violent, un film sans concessions, au rythme posé, tout de même plaisant à suivre. Il n'y a peut-être pas là matière à un coup de coeur mais une oeuvre qui s'avère plutôt marquante dans son genre.
Un film boulversant, qui souligne en creschendo un a un les aspects corrompus de la societé chinoise .. Les souentendus permanent laissent perplexe mais permettent de sans cesse se quetionner sur la situation reelle : on pense toujours au pire .. Une critique effiace de la dictature chinoise actuelle !
J'ai été voir A touch of Sin persuadée d'assister à un chef-d'oeuvre ... J'ai n'ai vu qu'une épopée interminable et ennuyeuse de portrait-clichés de la Chine (la pute, le prolo, l'adultère, l'accident du travail... indigeste) et plutôt mal joué dans l'ensemble. Alors oui je connais l'histoire de la Chine et je comprends l'effet voulu sauf qu'il faut quand même se poser la question de la morale : sommes nous face à des pauvres gens qui sombrent et nous les regardons avec détachement ou le réal souhaite il qu'on les comprennent et dans ce cas on est face à un film immoral et enragé…
Superbe mise en scène (sur un scénario un tantinet paresseux et prévisible quand même). Mais le regard porté est cinglant! Violent! Et dénué de tout moralisme. Un vrai Film Noir moderne.
l y a d'abord dans A Touch of Sin un réalisme fracassant. On a vraiment le sentiment de côtoyer les personnages et de se promener dans ces décors parfois urbains parfois industriels (de grandes friches, des carrières...).. Cela tranche avec le soin méticuleux apporté aux scènes de fulgurances. Car il est ici question de personnages (femmes et hommes) qui déchaînent leur violence parfois par émotivité parfois beaucoup plus froidement, pour exécuter un contrat... Ceci dit, on se demande si le film aurait cette force sans cette constante d'un même épilogue sanglant pour chaque nouvelle histoire. Je veux dire par là, ces déflagrations gardent-elles leut efficacité lorsqu'elles sont aussi systématiques ? Je ne le crois pas. Enfin, j'au un problème avec l'enchaînement des segments d'histoires qui sonnent souvent comme de l'à peu près (un camion renversé, un bus,...). Mais sinon, c'est fort !
Avec "A Touch of Sin", Jia Zhang Ke est clairement dans un cinéma de "dénonciation", pointant certains travers de la Chine de façon glaciale. Corruption, prostitution, législation injuste, insécurité ... L'ensemble fonctionne parfaitement, grâce à une remarquable réalisation et une photographie digne d'un grand documentaire, offrant un superbe réalisme à l'image. Des scènes marquantes suivent les temps morts, presque à la "Tarantino", puisque l'on retrouve une mise en scène servie "western-spaghetti", et l'omniprésence de la notion de "vengeance". Les liens entre les personnages des 4 histoires est également bienvenu, même s'il est parfois difficile de tous les cerner. Au final, un grand film sur les "bas-fonds" du pays le plus peuplé au monde, un "docu-thriller" maîtrisé de bout en bout.
Un drame, raconté de façon brutal, pas d'action a outrance, mais la façon de l'aborder la rend beaucoup plus puissante. Les décors sont magnifiques, la trame un peu lente mais c'est le style qui veut ça. Les histoires sont touchantes, mais aussi cru qu'un sushi, bref tout le monde n'y trouveras pas son compte. Mais ça reste une très bel pièce.3.5/5