"Passengers" est une aventure romantico-spatiale qui a ses bons moments mais m'a laissé une impression globale d'inachevé, tant le concept de base manque grandement de profondeur. Le démarrage du film est assimilable à une sorte de "Seul au monde" sur un vaisseau entre humour
(le message, l'androïde, le café)
, légèreté
(le basket, la danse)
et sérieux
(la presque-tentative de suicide de Jim)
, ternie par des maladresses pour introduire Aurora dans le récit
(on ne ressent pas assez la solitude de Jim pour justifier son choix de réveiller Aurora, le scénario joue plus sur l'amour de Jim)
et l'aspect très redondant qui s'ensuit
(Aurora fait les mêmes choses que Jim au début)
. Au moins, la relation Jim-Aurora ne manque pas de charme et de sympathie
(la scène amusante du restaurant)
, notamment grâce aux 2 acteurs principaux excellents, Chris Pratt plus dans la décontraction et Jennifer Lawrence dans la séduction
(trop parfois d'ailleurs, car le réalisateur abuse des plans sexys de l'actrice)
. Dans tout cela, je regrette le manque de détails pour étoffer la mythologie du film, le scénario expédiant trop vite certaines questions fondamentales
(Pourquoi quitter la Terre? Jim a t-il commis un meurtre en réveillant Aurora? Quid de l'omniprésence des multinationales capitalistes et esclavagistes? Comment va la Terre à l'heure actuelle? Comment Homestead II est-elle bâtie?)
au profit de péripéties spatiales alternant l'incohérent
(la chaîne de pannes est très étrange)
, le somptueux
(l'étoile brûlante à la Sunshine, la sortie spatiale en duo)
et le spectaculaire
(le basket, la danse)
0
, jusqu'à une issue
(le basket, la danse)
1
qui manque hélas de puissance émotionnelle
(le basket, la danse)
2
. Côté casting, j'ai souligne la qualité des 2 acteurs principaux, j'y ajouterais celle de l'élégant Michael Sheen et du charismatique Laurence Fisburne. En revanche, je me demande pourquoi le directeur de casting est allé chercher Andy Garcia pour un rôle aussi faible, court et anodin. Au final, "Passengers" a une bonne distribution et une force visuelle indéniable, mais reste trop concentré sur la romance et le divertissement au détriment de réflexions nécessaires qui font le sel de la SF de haut niveau.