Il y a des films de science-fiction qui nous emmènent dans l'espace pour nous montrer des batailles intergalactiques, des extraterrestres et des explosions tellement gigantesques. Et puis il y a Passengers, qui prend une idée beaucoup plus simple : envoyer des milliers de personnes dormir pendant 120 ans dans un vaisseau spatial afin de coloniser une nouvelle planète… et décider que, parce que l'univers a manifestement le sens de l'humour, deux d'entre elles vont se réveiller beaucoup trop tôt.
Et là commence le problème.
Parce que lorsqu'on se réveille à 90 ans de l'arrivée, qu'on est seul dans un vaisseau gigantesque et qu'on réalise qu'on ne reverra jamais la Terre, on pourrait raisonnablement considérer que la journée commence plutôt mal.
Et pourtant, Passengers est un film qui fonctionne étonnamment bien grâce à son mélange de science-fiction, de romance, de drame et de suspense, avec une histoire particulièrement originale qui parvient à faire ressentir au spectateur ce que vivent réellement Jim et Aurora. On ne se contente pas de les regarder traverser les événements : on a presque l'impression d'être coincé avec eux dans ce vaisseau.
Une histoire incroyablement originale
L'idée de départ de Passengers est franchement excellente. Le vaisseau Avalon transporte environ 5 000 passagers vers la planète Homestead II. Le voyage doit durer 120 ans, mais tout le monde est placé en hibernation pour ne pas vieillir pendant le trajet. Jusque-là, tout va bien.
Sauf que Jim Preston se réveille. 90 ans trop tôt. Et évidemment, il n'y a personne pour venir lui expliquer quoi faire.
Pas de service client.
Pas de bouton « retour à l'hibernation ».
Pas même un petit manuel intitulé « Que faire lorsque vous êtes accidentellement réveillé trois générations avant votre arrivée ? »
Et c'est cette situation qui rend le concept si fascinant.
Jim se retrouve condamné à vivre seul pendant le reste de son existence dans un vaisseau gigantesque où des milliers de personnes dorment autour de lui sans même savoir qu'il existe.
Le film exploite remarquablement bien cette solitude.
Au début, Jim découvre le vaisseau avec émerveillement. Il mange dans les restaurants, joue dans les salles de jeux, nage dans la piscine, explore les installations et profite de tout ce qu'un vaisseau futuriste peut offrir.
Mais progressivement, le paradis devient une prison.
Et c'est là que Passengers devient beaucoup plus profond qu'il n'en a l'air.
Parce que le film ne parle finalement pas seulement d'espace.
Il parle de solitude.
Du besoin humain d'avoir quelqu'un avec qui partager son existence.
Et surtout de ce que l'isolement peut faire à un être humain.
Un film extrêmement riche en émotions
C'est probablement l'une des plus grandes qualités du film : il nous fait passer par énormément d'émotions.
On commence avec l'émerveillement.
Jim découvre cet immense vaisseau quasiment comme un enfant dans un magasin de jouets.
Puis vient la solitude. Puis le désespoir.
Puis la joie lorsqu'Aurora se réveille.
Puis la culpabilité. Puis la colère. Puis la peur. Puis l'espoir. Puis de nouveau la peur. Le film possède donc une véritable montagne russe émotionnelle.
Et surtout, on ressent les événements avec Jim et Aurora.
Lorsque Jim est seul, on ressent son isolement.
Lorsqu'Aurora découvre qu'elle ne pourra jamais retourner dormir, on ressent son désespoir.
Lorsqu'ils tombent amoureux, on partage leur bonheur.
Lorsqu'ils se disputent, on ressent leur malaise.
Et lorsqu'un danger menace le vaisseau, le spectateur commence presque à regarder autour de lui comme s'il était lui-même à bord.
C'est là que Passengers réussit quelque chose de particulièrement efficace : le vaisseau devient presque un personnage.
On apprend à connaître ses couloirs, ses restaurants, ses chambres, ses systèmes et ses espaces immenses.
Au début, Avalon paraît merveilleux.
À la fin, certains couloirs deviennent presque oppressants.
Et franchement, après avoir vu ce film, si quelqu'un me propose :
« Ça te dirait de faire une croisière de 120 ans dans l'espace ? »
Je vais probablement demander :
« Et le service après-vente, il est comment ? »
Les personnages principaux sont évidemment Jim et Aurora, et c'est leur relation qui porte pratiquement tout le film.
Chris Pratt interprète Jim comme un homme relativement ordinaire, ce qui est important. Jim n'est pas un super-héros, ni un scientifique génial capable de réparer un vaisseau entier avec une fourchette et du ruban adhésif.
C'est simplement un mécanicien.
Et cette simplicité le rend attachant.
On voit son désespoir lorsqu'il comprend sa situation, ses tentatives pour trouver une solution, puis son incapacité à supporter la solitude.
Jennifer Lawrence, de son côté, donne à Aurora une personnalité beaucoup plus indépendante. Elle est journaliste et écrivaine, elle a un projet personnel et surtout elle voulait vivre quelque chose d'extraordinaire.
Ironiquement, elle obtient exactement ce qu'elle voulait.
Elle voulait écrire sur un voyage spatial historique.
Elle n'avait probablement pas prévu d'être réveillée 90 ans avant la fin.
Et Aurora apporte énormément d'émotions au film.
Elle est joyeuse, curieuse, ambitieuse,
puis profondément blessée lorsqu'elle découvre la vérité concernant Jim.
Michael Sheen, dans le rôle d'Arthur, est également excellent. Le robot barman est probablement l'un des personnages les plus amusants du film, notamment parce qu'il est pratiquement le seul être avec qui Jim peut réellement parler.
Et Arthur possède cette capacité extraordinaire à écouter les problèmes existentiels de Jim avec le calme d'un barman qui en a déjà entendu de bien pires.
« Ma vie est foutue. »
« Voulez-vous un autre verre ? »
Arthur est clairement le collègue que tout le monde voudrait avoir.
Jim et Aurora ont une histoire d'amour romantique… mais franchement pas très saine au départ
Il est impossible de parler de Passengers sans parler de la relation entre Jim et Aurora.
Parce que soyons honnêtes :
leur histoire d'amour est romantique.
Mais elle commence de manière extrêmement problématique.
Jim est seul. Il souffre. Il regarde Aurora dormir.
Il tombe amoureux d'elle
. Et puis il fait quelque chose qui change absolument tout :
il la réveille volontairement.
Et là, il faut quand même prendre un moment.
Jim... Tu viens littéralement de décider qu'une femme allait perdre 90 ans de sa vie parce que tu voulais avoir quelqu'un avec qui discuter.
On comprend parfaitement sa détresse. On comprend sa solitude. On comprend pourquoi il craque. Mais cela ne rend pas son acte acceptable.
Et c'est justement ce qui rend leur relation intéressante : leur histoire d'amour repose au départ sur un mensonge et sur une décision profondément égoïste.
Lorsqu'Aurora découvre qu'elle ne pourra jamais retourner dormir, on ressent son désespoir.
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C'est probablement la partie la plus sombre de leur relation.
Et pourtant, malgré cela, le film parvient progressivement à transformer cette relation toxique en quelque chose de beaucoup plus sincère.
Aurora finit par comprendre Jim.
Pas forcément à lui pardonner immédiatement, mais à comprendre sa solitude, sa peur et la situation dans laquelle il s'est retrouvé.
Lorsqu'Aurora découvre qu'elle ne pourra jamais retourner dormir, on ressent son désespoir.
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Lorsqu'Aurora découvre qu'elle ne pourra jamais retourner dormir, on ressent son désespoir.
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C'est justement ce qui rend leur relation plus intéressante qu'une simple romance hollywoodienne. Ils se blessent. Ils se disputent. Ils se pardonnent. Ils doutent.
Ils ont peur.
Lorsqu'Aurora découvre qu'elle ne pourra jamais retourner dormir, on ressent son désespoir.
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Et à partir de là, leur relation devient véritablement romantique.
Parce que l'idée centrale devient finalement magnifique :
Lorsqu'Aurora découvre qu'elle ne pourra jamais retourner dormir, on ressent son désespoir.
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Le film réussit également très bien ses moments de tension.
Pendant une grande partie du film, le principal danger est psychologique : la solitude.
Mais progressivement, un véritable problème mécanique apparaît à bord du vaisseau.
Et là, le film change de registre.
Le spectateur comprend que le problème n'est plus seulement :
«
Lorsqu'Aurora découvre qu'elle ne pourra jamais retourner dormir, on ressent son désespoir.
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»
mais :
« Est-ce qu'ils vont seulement atteindre la prochaine semaine ? »
Les systèmes du vaisseau commencent à tomber en panne et la situation devient de plus en plus dangereuse.
Et ce changement est très efficace parce qu'on connaît désormais suffisamment le vaisseau pour comprendre ce qui est en train de se passer.
Les couloirs que nous trouvions magnifiques deviennent inquiétants.
Les énormes espaces deviennent menaçants.
La technologie futuriste qui semblait magique devient soudainement une source de danger.
Mais Passengers n'est évidemment pas parfait.
Son plus gros problème reste probablement le traitement de la décision de Jim.
Le film fait énormément d'efforts pour nous faire comprendre pourquoi
Lorsqu'Aurora découvre qu'elle ne pourra jamais retourner dormir, on ressent son désespoir.
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, mais il aurait pu aller beaucoup plus loin dans l'exploration des conséquences morales de son acte.
Parce que soyons sérieux deux minutes :
Lorsqu'Aurora découvre qu'elle ne pourra jamais retourner dormir, on ressent son désespoir.
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Lorsqu'Aurora découvre qu'elle ne pourra jamais retourner dormir, on ressent son désespoir.
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Lorsqu'Aurora découvre qu'elle ne pourra jamais retourner dormir, on ressent son désespoir.
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Autre petit défaut : certains éléments scientifiques sont évidemment très hollywoodiens et certaines solutions arrivent un peu facilement, notamment lorsqu'il faut résoudre les problèmes techniques du vaisseau. Mais là encore, Passengers ne cherche pas à être un cours universitaire sur l'ingénierie spatiale. Il cherche avant tout à raconter une histoire humaine.
Et sur ce terrain-là, il réussit largement.
Lorsqu'ils tombent amoureux, on partage leur bonheur.
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Lorsqu'ils tombent amoureux, on partage leur bonheur.
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Et c'est là que leur histoire devient réellement romantique.
Lorsqu'ils tombent amoureux, on partage leur bonheur.
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Verdict : une romance spatiale qui réussit surtout parce qu'elle nous fait ressentir la solitude
Passengers est loin d'être un film parfait.
Il possède des problèmes de scénario, certaines facilités et surtout une question morale énorme qu'il aurait pu approfondir davantage :
Lorsqu'ils tombent amoureux, on partage leur bonheur.
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Mais malgré cela, le film possède une qualité essentielle : il fait ressentir quelque chose.
On ressent la joie de Jim lorsqu'il découvre le vaisseau.
On ressent sa solitude lorsqu'il comprend qu'il est condamné à vivre seul.
On ressent son bonheur lorsqu'Aurora se réveille.
Lorsqu'ils tombent amoureux, on partage leur bonheur.
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On ressent leur amour. On ressent leur peur.
On ressent leur stress lorsque le vaisseau commence à tomber en panne.
Et finalement, on a véritablement l'impression d'avoir vécu cette aventure avec eux.
C'est ce qui fait la force de Passengers.
Ce n'est pas simplement l'histoire de deux personnes dans l'espace.
C'est l'histoire de deux êtres humains qui ont perdu tout ce qu'ils pensaient avoir devant eux et qui doivent apprendre à construire quelque chose avec ce qu'il leur reste.
Et puis il faut quand même saluer Jim.
Le pauvre homme voulait simplement faire un voyage spatial tranquille. Il se réveille. Il découvre qu'il est seul. Il tombe amoureux.
Lorsqu'ils tombent amoureux, on partage leur bonheur.
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Il se fait détester. Il doit réparer un vaisseau.
Lorsqu'ils tombent amoureux, on partage leur bonheur.
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Lorsqu'ils tombent amoureux, on partage leur bonheur.
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Franchement, pour quelqu'un qui avait simplement acheté un billet aller simple, le service client de l'Avalon laisse quand même sérieusement à désirer.
Un film imparfait, parfois moralement dérangeant, mais profondément humain, émotionnel et surtout porté par une idée de départ absolument formidable : et si le plus grand danger d'un voyage de 120 ans dans l'espace n'était finalement pas l'espace… mais la solitude ?