Adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick, à qui on doit bon nombre de grands noms de la science-fiction (Blade Runner, Minority Report, Total Recall ou encore la série Le maître du haut château), on part une fois de plus d’un matériel original et captivant.
Ce qui m’a intrigué en lançant ce film était son concept : lors d’un voyage spatial censé transporter des humains (sous hibernation) désireux de changer de vie, sur une autre planète, un homme se réveille quatre-vingt dix ans trop tôt et se retrouve seul au bord du gigantesque vaisseau. Un concept à la fois fascinant sur le plan science-fiction, dramatique, humoristique (caricatures de la technologie et décalage entre aspect paradisiaque du vaisseau et la réalité des personnages livrés à eux-mêmes) et aussi éthique, car, on le voit bien, la solitude est une chose douloureuse sur le long terme, qui peut amener à commettre l’irréparable. Ainsi l'œuvre, dans sa durée d’un peu moins de deux heures et de manière efficace -mise en scène rythmée et transitions brutales mais réussies entre les différentes parties de l’histoire- à aborder les thèmes de la solitude, de la vie compromise, du fonctionnement de la technologie.
Le film s’ouvre sur une présentation rapide et efficace du vaisseau : son superbe design extérieur puis intérieur avec son luxe touristique, ce qui étonne c’est cette manière un peu documentaire puis jeux-vidéos de filmer et présenter l’intérieur, suivi du réveil du personnage. Chris Pratt est un acteur que je trouve assez moyen mais il faut reconnaître qu’il parvient à être touchant lors de cette première partie. Il est moins convaincant à la fin,
pour quelqu’un qui a techniquement commis deux meurtres
on a vu mieux.
C’est plutôt l’inverse pour Jennifer Lawrence même si sa prestation reste vraiment bonne dans l’ensemble. L’alchimie entre les deux fonctionne bien et leur couple, à travers les circonstances de leurs rencontres et ce qu’ils vivent ensemble, fait rêver.
On aurait peut-être aimé avoir beaucoup plus de détails sur la vie passée des deux personnages, comment ont-ils pu tout abandonner, que voulaient-ils vraiment ?
Michael Sheen en amusant barman et Laurence Fishburn en sage et compétent commandant sont excellents.
Des détails étonnants :
pas besoin de rééducation musculaire après une période d'hibernation ? D’où viennent l’eau, la nourriture et le dioxygène ? -à la base c’est une des choses qui m’intriguait dans le concept. Pourquoi les robots du vaisseaux sont à ce point persuadé qu’il ne peut pas y avoir de disfonctionnement alors que le réveil de Jim est dû à un truc aussi stupide qu’une pièce qui a grillé ?
On s’attendait à une fin clichée mais c’est plutôt bien amené, malgré
la réconciliation du couple et le choix final d’Aurora,
éléments un peu faciles.
La dernière scène de réveil des autres personnes est jolie mais assez improbable, ils ont réussi à réparer tous le vaisseau seulement à deux, chapeau !!
La musique est assez étonnante, Thomas Newman sort de son style habituel (très piano triste, musique épique/mélancolique) pour aller plus sur le style électro et sons très science-fiction et des passages de fanfares de cuivres qui en font décidément une BO assez diversifiée.
Les effets spéciaux sont techniquement réussis mais tellement numériques qu’ils en deviennent laids.
Quelques inspirations amusantes à remarquer : les influences, inconscientes ou non, de Shining et Wall-E.
Je ne m’attendais pas à grand-chose d’un film aussi récent et au vu du duo d’acteurs mais dans l’ensemble c’est une très agréable surprise, une référence de science-fiction à retenir !