Une très bonne idée que celle de montrer l'île de Beauté hors des sentiers touristiques, la Corse "vue de dos" comme l'exprime le réalisateur des Apaches, Thierry de Peretti. Et l'aspect documentaire du film est assez saisissant, proche de la situation dans les quartiers "défavorisées" des grandes villes. On ne peut pas en dire autant de la partie fictionnelle, tirée d'un fait divers, qui est le plus souvent confuse et manque de la plus élémentaire cohérence, à commencer par une bande son déficiente où la majeure partie des dialogues est inaudible. Xénophobie, petite délinquance, désoeuvrement : le tableau est noir, sans aucun doute réaliste, mais son efficacité s'avère inopérante faute de vraies idées de cinéma et d'une interprétation d'une grande faiblesse.
Pour un premier film, c'est superbe, très maîtrisé, d'un grand réalisme et d'une grande dureté. Et les jeunes acteurs (non professionnels, ce sont leur vrai prénom) sont impressionnants. Cela étant, je ne sais pas comment le Conseil Général de Corse a pu financer un film pareil, qui montre les Corses sous un jour très très peu flatteur : zappant l'autorité ("les gendarmes, on les appelle quand on n'a pas besoin d'eux"), bafouant le droit du travail (la scène du chantier, avec des ouvriers non qualifiés travaillant 9 heures par jour sans protection ni sécurité), racistes ("les Arabes, s'ils sont pas contents, on les fout à la mer"), haïssant les "Gaulois" (les continentaux) et ce qu'ils ont fait de leur belle Corse ("c'est moche, c'est moche"), hautains et méprisants (la scène du repas, hallucinante), etc. Ils sont masos ou quoi...?!
Loin des plages paradisiaques et des beaux panoramas, voici "Les Apaches", un premier film tendu qui a le mérite de montrer une Corse jamais vue et loin des clichés de la métropole, à travers les mésaventures de 4 jeunes apprentis voyous qui ne savent pas y faire. Le film est doté d’une science des cadrages éblouissantes. De Perretti, avec son petit format carré (le film est tourné en 1:33), vise toujours juste et avec une précision folle. Sa mise en scène atteint sa pleine cohérence (avec le titre notamment) lors de cette scène... L'article complet sur Plog Magazine, les Critiques des Ours (lien ci-dessous)!
"Les Apaches" est un film corse réalisé par un Corse, tourné en Corse avec des Corses est adapté d'un fait divers ... corse. Il a été salué comme le premier film corse (sic) présenté à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes. Il y a quelques années une bandes de jeunes (corses) ont dévalisé une résidence secondaire (corse) d'un riche propriétaire (non-corse). Inquiets d'être dénoncés à la mafia (corse) lancée à ses trousses, ils ont tué l'un des leurs et ont enterré son corps dans la forêt. Quand les jeunes pénètrent dans cette immense villa, en visitent clandestinement les pièces, puisent dans la réserve de CD, on pense à la fascination jalouse des héros de "The bling Ring" pour les richesses des stars californiennes. Mais le film de Thierry de Peretti n'a pas la légèreté sucrée de celui de Sofia Coppola. Ancré dans la réalité sociale, il est lesté d'une gravité qui culmine dans son dénouement. La logique du groupe est parcouru par une division intéressante : les deux jeunes insulaires ont parti lié avec deux jeunes Marocains qui sont en butte, autant sinon plus que les continentaux, au racisme qui frappe tous les étrangers à l'Ile de Beauté. Ce film corse n'a rien d'exotique. La Corse qu'on y découvre n'est pas celle qu'on voit sur les cartes postales : cités HLM délabrées, zones commerciales sans âme, ronds-points embouteillés ... Comme dans "Le Silence" d'Ordo Miret, la Corse est âpre, inhospitalière, désespérante. Ironie : le film a été financé par le Conseil régional ... d'Ile-de-France !
C’est bien l’esprit du documentaire qui préside ici à la relation d’un fait divers sanglant , dans une Corse que le réalisateur nous présente bien évidemment très différente de la carte postale . En privilégiant souvent la nuit, de Peretti opte pour la rigueur d’une actualité aux multiples failles. Il en saisit la profondeur et conduit sa jeune troupe (des amateurs ?) vers un avenir peut-être plus prometteur que celui que leur réserve un scénario lui aussi écrit au scalpel du quotidien. Et le commentaire est alors superflu, le film est suffisant.
Avis bonus Une flopée de bonus, qui entre court et moyen métrages éclairent encore plus le propos du jeune réalisateur qui s’exprime d’ailleurs dans la foulée. De vrais suppléments (scènes coupées en prime) pour un dvd qui mérite bien son nom. Pour en savoir plus
brouillon, mal écrit, mal réalisé, acteurs mauvais. Je me réjouissais de voir un film corse à l'affiche et surtout de voir - comme il est dit partout - l'autre côté de la Corse, pas celui des touristes et des cartes postales. Je ne retiendrai que 2 choses : un plan furtif de la maison familiale et la berceuse que me chantait mon père lorsque j'étais petite fille. Pour le reste un salmigondis de racisme, d'honneur, de jeunes à la dérive parce que désoeuvrés. On dirait que le scénariste a pris tout ça pour le faire rentrer de force et en vrac dans le film. Bref film sans intérêt et à éviter si on ne veut pas faire comme moi : perdre son temps et ressortir déçue
Malgré une durée d'1h20, ce film est tout en longueur... Une scène n'a d'ailleurs aucun intérêt à part montrer un joli postérieur ! Le titre est d'ailleurs très mal choisi. Même si c'est tiré d'un fait divers, la scène finale n'a aucun sens. Le fait que les acteurs pointent le caméraman tour à tour est grotesque. A éviter tout simplement
Oups. L'île de Beauté sous ses revers (le racisme, la délinquance...) avec un aspect "docu" pas déplaisant. Mais... aie... l'histoire et l'interprétation n'est pas vraiment à la hauteur. Pas vraiment déplaisant, mais pas plaisant non plus :(
Ennuyeux au possible, l'ambivalence entre corses et marocains, dont se gargarise quelques critiques, n'est même pas montrée de façon nette et le tout est mal filmé et mal joué. A éviter.
Inspiré par un fait divers qui a défrayé la chronique en Corse, Thierry de Peretti brosse le portrait d'une jeunesse régie par la délinquance et la violence. Pas inintéressant mais pas complètement abouti.
Film dérangeant, pas vraiment mauvais, mais qui ressemble plutôt à un documentaire “reality show“. Le côté désespéré d’une jeunesse corse à l’abandon, la description volontairement laide d’une “Île de beauté“ bien loin des clichés (mérités) habituels, l’analyse d’une société en partie de non-droit, d’une société stupidement codée, sont les côtés intéressants de l’œuvre. L’interprétation impressionnante d’acteurs amateurs est également positive. Mais que c’est lent, ennuyeux, mal mis en scène… Un bon court-métrage aurait largement suffi. Et puis il aurait été heureux pour l’intérêt de l’histoire que ce soit sous-titré, comme certains films québécois, car les accents sont généralement incompréhensibles !
Sentiment partagé. On est à la fois convaincu par les compétences cinématographiques du réalisateur et déçu par la faiblesse du scénario. Les jeunes acteurs sont tous remarquables de naturel. La description de la jeunesse corse en opposition aux "Gaulois" est plutôt bien vue. On pourra regretter la caricature des riches continentaux, un peu forcée et gratuitement méprisante. Quelques scènes obscures ou inutiles et d'autres un peu longuettes.
Un film inabouti et qui manque cruellement de moyens, dommage car certaines scènes demeurent assez fortes, tandis que d'autres sont réellement inutiles et trop longues. Inégale mais pas sans intérêt.