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Amaury F
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3,5
Publiée le 24 novembre 2015
Après maintes tentatives de cinéastes de renom comme Orson Welles ou Roman Polanski, réadapter de nos jours une pièce aussi culte que celle-ci relevait du défi et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce Macbeth 2015 a de la gueule ! Pari réussi donc pour Justin Kurzuel (Les Crimes de Snowtown et prochainement Assassin's Creed), qui nous propose ici un film aussi envoûtant qu'il n'est parfaitement interprété, tant au niveau des rôles secondaires, tenus entre autres par David Thewlis et Sean Harris, qu'au niveau de son duo phare, magistralement incarné par un Michael Fassbender et une Marion Cotillard impressionnants de charisme et de noirceur. Ces derniers s'expriment en vers dans cette version étonnement très fidèle au texte d'origine, nous faisant apprécier les magnifiques dialogues de son auteur. J'émettrai cependant une petite réserve sur ce parti-pris très théâtral qui, à force de bavardages interminables, plombe parfois le récit. En effet, le film n'est pas exempt de longueurs et il m'est arrivé de bailler pendant certaines de ces tirades. Toutefois, ces quelques moments d'ennuis sont vite rattrapés par la mise en scène maniérée et ô combien époustouflante de Justin Kurzel qui, avec l'aide de son directeur de la photographie Adam Arkapaw (True Detective, Top of the Lake...), compose des cadrages saisissants de beauté, à grand renfort de philtres, de ralentis esthétisés et de paysages majestueux. Nous pouvons citer en exemple la scène d'ouverture, une immense bataille qui n'aurait rien à envier à 300, ou encore cet affrontement final, à la limite de l'abstraction, baignant dans les couleurs flamboyantes d'un incendie qui virent même au rouge sang jusqu'au sublime dernier plan du film. Le tout accompagné d'une musique des plus épiques composée par Jed Kurzel, qui n'est autre que le frère du réalisateur. Bref, bien plus qu'une adaptation moderne du chef d’œuvre de Shakespeare, ce film est un trip visuel complètement fou, porté par des acteurs impeccables et égalant les plus grands. Pour conclure, je me permets d'ajouter qu'Assassin's Creed est certainement entre de bonnes mains... En espérant néanmoins que Kurzel ne se soit pas fait broyé par la machine hollywoodienne et qu'il parvienne ainsi à garder sa patte graphique si singulière.
Avec le film Macbeth, l’australien Justin Kurzel, s’attaque à une des tragédies les plus poignantes du répertoire Shakespearien, celle qui glace le sang, représentant le personnage tragique par excellence, en proie à un destin immuable, tentant de lutter en vain, contribuant ainsi ironiquement à sa perte. Adaptation fidèle de la pièce shakespearienne, le film représente pourtant dès le début un élément qui n’est seulement suggéré vaguement dans la pièce et qui semble expliquer l’état d’esprit du personnage. Les scènes de batailles qui s’ensuivent – décrites seulement oralement dans la pièce, mais prenant vie au cinéma – sont intenses et instaurent le thème qui régit tout le récit, l’ambition, mais il n’y a pas que cela; une ombre rôde toujours dans les pénombres. Matérialisée par la présence des sorcières qui surgissent du brouillard, elles vont tenter Macbeth, même si leur aspect est atténué dans le film, alors qu’elles sont réellement maléfiques par leurs actes dans la pièce... (Suite de ma critique sur le blog)
Oser adapter une oeuvre de Shakespeare demande un certain culot, surtout quand l’oeuvre en question a déjà été adaptée par d’illustres inconnus comme Orson Welles ou Roman Polanski. Pour jouer les époux Macbeth, couple assoiffé de pouvoir qui bascule progressivement dans la folie, il faut des acteurs hors pair. Michael Fassbender est habité par le rôle de Macbeth et Marion Cotillard est impressionnante, ne serait-ce déjà par sa diction qui fait totalement oublier que l’actrice est française.
Oui, mais.. la présence des deux acteurs « phare » du moment et les dialogues très shakespeariens ne font pas oublier le manque de profondeur psychologique.
Ah Shakespeare et ses oeuvres, souvents adapatées sur grand écran et pas toujours pour le meilleur. Cete fois, c'est un australien - Justin Kurzel - qui s'y attaque avec l'adaptation de Macbeth, film pour lequel il embauche Michael Fassbender et Marion Cotillard. On saluera l'incroyable prestation des deux acteurs, l'accent de la jolie frenchie est impeccable et Fassbender est impressionant. En dehors de ça, c'est plein de violence gratuite et d'hémoglobine mais vide de sens. Macbeth à la sauce blockbuster, non merci !
Allergique au théâtre ou à Shakespeare, fuyez Macbeth. Après Orson Welles et Roman Polanski qui avaient déjà porté sur grand écran la pièce de théâtre, Justin Kurzel dit avoir voulu moderniser cette histoire “pleine de bruit et de fureur”*. Mais on a bien dû mal à percevoir ce qui a pu être réactualisé ici. Si le cinéaste australien évite le piège de la réalisation poussiéreuse, mieux vaut (re)voir le Roméo et Juliette de Baz Luhrmann pour une oeuvre shakespearienne remise au goût du jour. Comme chez Kurzel, le texte du dramaturge britannique avait été conservé mais la mise en scène plus dynamique nous tenait davantage en éveil. Macbeth est un film très inégal. Si certains passages sont d’un ennui mortel (trop de répliques grandiloquentes), d’autres sont au contraire extrêmement...
Venez lire la suite de ma critique sur mon site ScreenReview !
Après avoir vu le premier long-métrage de Kurzel, les crimes de Snowtown, je ne savais pas trop ce qu’il allait pouvoir apporter à Shakespeare, puis cela m’est apparu clairement. Les crimes de Snowtown, passé relativement inaperçu en salle malgré d’excellentes critiques, est tiré d’une histoire vraie, celle d’un homme qui arrive dans la vie d’une mère célibataire et de ses trois fils dans une banlieue sordide d’Australie. L’homme devient vite un élément clef de la vie locale et un père de substitution pour l’un des enfants qui va aussi se rendre compte qu’il est un des pires meurtriers que le pays ait connus. D’une froideur anxiogène, on assiste au spectacle d’un homme dangereux et charismatique qui dupe toute une communauté. Macbeth n’est pas loin, mais là où Snowtown joue (à raison) la carte de l’intime et du naturalisme, Macbeth ressort dans toute sa splendeur baroque. Les paysages (le film a été tourné en décor naturel pour les scènes d’extérieur) écrasent les personnages comme s’ils annonçaient le destin réservé à Macbeth, les images sont composées comme des tableaux, incluant un énorme travail sur des couleurs aux plans tous signifiant. Kurzel applique ici une prodigieuse leçon de cinéma, rendant chaque plan signifiant et travaillé pour donner au film l’adjectif de viscéral qui lui va si bien. De sa première à sa dernière seconde, le monde de Macbeth est un personnage à part entière, annonçant à chaque image toute la cruauté du destin que Shakespeare a réservé à ses personnages. Beaucoup de critiques n’ont pas reconnu la pièce de Shakespeare dans ce film, je suis d’accord avec eux, c’est une œuvre de Cinéma dans tout ce que cet art à de majeur, à des lieux du théâtre sans pour autant renier ses origines. Une adaptation aussi ravageuse qu’intelligente, pour moi un des meilleurs films de l’année si ce n’est le meilleur.
Sans exagérer, Macbeth est un des plus beaux films que je n’ai jamais vu au cinéma. Le nombre de plans à couper le souffle est insolent. Malheureusement, la narration et le style (les répliques n’ont pas été modernisées et conservent le phrasé de William Shakespeare) ruinent tout l’effort donnant lieu à un film soporifique. En bref, regardez les quinze premières minutes du film, partez faire autre chose et revenez pour les quinze dernières.
Vraiment très déçu par ce film... Je m'attendais à beaucoup surtout du jeu d'acteur qui m'a été décris comme exceptionnelle. Il est très bien certes, mais il n'a rien de "'hors du commun", j'avais l'impression qu'ils récitaient plutôt que de jouer à certains moment. Visuellement, le film est très beau, belles images, belle photographie, beaux costumes et beau design. Beaucoup de dialogue/monologue qui ne font pas avancer l'histoire, à croire qu'ils ont simplement essayer de nous lire le livre plutôt que de faire une adaptation. Les liens entre les actions et l'alchimie entre les personnages sont parfois difficile à percevoir. Peut-être serait-il beaucoup mieux au théâtre ? J'ai également été déçu par la réalisation, beaucoup d'arrêt ou ralentissement dans certaines scènes, beaucoup de moment de coupure pour nous montrer des scènes de nature (comme Terrence Malick). D'ailleurs ça copie un peu le style de Malick bien que je pense que ce n'était pas nécessaire.
Absolument pas accroché à cette pièce de theatre sur écran!déja que je ne suis pas fan de theatre, mais alors cette pièce la c'est le coup de grâce en plein coeur qu'il m'a mis le Macbeth!je ne me suis pas senti concerné par ce torrent de beau langage et de poésie ainsi que par le projet du couple.Un ennui total!0,5/5
Déçue. Nous retrouvons le théâtre de Shakespeare dans le trop de dialogue et monologues, malheureusement le réalisateur néglige la progression de l'histoire et les possibilités d'action que le format cinématographique offre. Pas de coup de coeur, film assoupissant, malgré une belle mise en scène.
J'étais parti pour écrire un pavé sur l'amour que je porte a ce film mais en réalité, je n'ai rien a développer. Macbeth de William Shakespeare, un des meilleurs texte de tout les temps adapté par un réalisateur qui arrive a retranscrire toute la profondeur de la pièce grâce a une réalisation pleine de bruit et de fureur, viscéralement folle, à l'image de ses personnages et a des visuels incroyables, des acteurs magistraux, Michael Fassbender et Marion Cottillard en tête et une BO ultra marquante. Un texte ne suffirait pas a traduire la démesure de ce film.
"Macbeth" est une belle adaptation filmée de la pièce de Shakespeare. Certaines scènes de combat sont très réussies dés le début du film ainsi que lors de son dénouement, certaines images sont littéralement à couper le souffle. Michael Fassbinder est littéralement "habité" par son personnage gangréné tout au long du film par la folie et l'ambition. Marion Cotillard est également plutôt convaincante dans son rôle. Le casting est réussi avec notamment Paddy Considine dans le rôle de Braquo, Sean Harris dans celui de Mac Duff. La gageure du film est la transposition littérale du texte de l'auteur qui confère au film un style de theatre filmé notamment sur tous les dialogues et toutes les scènes "cérébrales" qui jalonnent l'oeuvre de Shakespeare. L'avantage de cette transposition fidèle et sombre est que tous les thèmes de l'auteur (trahison, doute, folie, ambition...) sont très présents et en cela, l'esprit du roman est respecté.
Difficile de résumer l'impression que m'a laissé ce film. D'un côté, on a des acteurs très bons (Fassebender extraordinaire), une fidélité indubitable à l’œuvre originale, et une direction artistique inspirée, avec des plans parfois magnifiques. Pourtant, malgré tous ces bons ingrédients, la mayonnaise ne prend pas. La fidélité à la pièce de Shakespeare, si elle peut être saluée, est également plombante par moments, le film n'arrivant pas à trouver le bon équilibre entre la pièce de théâtre d'origine et l'oeuvre cinématographique qu'il est, cinéma et théâtre ayant leurs propres contraintes. Et, plus globalement, le film est longuet et manque de souffle. Sûrement à cause de la mise en scène, qui abuse des effets de ralenti et qui privilégie la beauté plastique des plans, comme de véritables tableaux, que leur accord entre eux, conférant à l'ensemble une certaine platitude, un manque de dynamisme et, parfois, de cohérence. Avec un montage plus resserré, ce film aurait pu être génial. Dommage.
MacBeth a beau avoir de très bonnes cartes dans sa manche (le film est tiré d'une oeuvre de William Shakespeare, le couple Marion Cotillard / Michael Fassbender se partage l'affiche tandis que les critiques pré-sortie témoignent d'éloges indéniables), il n'en reste pas qu'un métrage indépendant difficile d'accès, réservé à un certain public et dont la portée cinématographique restera fort limitée. Les dialogues, pour commencer, peuvent se targuer de rester fidèles au célèbre dramaturge, mais nécessitent d'être pleinement concentré pour ne pas lâcher prise, ce qui, au vu de la durée du film, reste une belle épreuve. En effet, si l'on retire la petite scène d'introduction qui mélange ici et là quelques recettes d'un 300 ou d'un Gladiator, sans faire aussi bien, le métrage reste assez plat dans son ensemble, que les jolies prestations des têtes d'affiches ne parviendront pas à sauver.
Pari osé et exigeant que celui de re-interpréter Shakespeare, surtout l'année du centenaire de la naissance d'Orson Welles. Même si Justin Kurzel avait été révélé lors de la Semaine de la Critique en 2011 pour Les Crimes de Snowtown, se lancer dans la tragédie historique, même entouré d'un casting hollywoodien, tenait presque de l'expérimentation pour le jeune réalisateur qui ne signe ici que son second long-métrage ! Comme le souhaitaient les producteurs, cette adaptation propose un ensemble « en accord avec l'actualité de notre monde contemporain ». Si le texte reste inchangé, apportant toute la grandeur et le lyrisme de Shakespeare, c'est surtout en terme de mise en scène que ce nouveau Mac Beth trouvera son public. Les scènes de combats sont remarquablement orchestrées, les fers s'entrechoquent avec une justesse presque mélodique, tout en apportant la brutalité nécessaire à un combat médiéval. Concernant l'esthétisme, on est loin du style ciné-indé australien des Crimes de Snowtown : Kurzel s'amuse, par une palette de filtres élégante, à jouer les Francis Ford Coppola. En effet, on retrouve dans les batailles quelque chose qui tient de l'opacité et de la frénésie qu'on peut connaître lors des scènes d'action d’Apocalypse Now. Si les trucages et les éclairages de Coppola donnaient à son film une ambiance incroyable, Kurzel a su, de son côté, utiliser les techniques artificielles actuelles afin de proposer un paysage sur-réaliste ! Bien aidée par les paysages des landes écossaises, la photographie est très réussie et Mac Beth réussit son pari de nous projeter dans un nouvel imaginaire. Quand à Michael Fassbender, le costume lui sied à merveille : son interprétation glaciale et impassible fait ressortir toute la folie de son personnage. Et comme Kurzel ne change rien au texte de Shakespeare, il est donc dans l'obligation de succomber aussi aux longueurs et répétitions qu'offrent la tragédie… Avec une construction peut-être trop classique pour le cinéma moderne, le découpage du film aurait mérité d'être un peu remanié afin de correspondre aux attentes du spectateur. L'autre point faible réside dans le choix de Marion Cotillard pour le rôle de Lady Mac Beth. Non pas qu’elle soit mauvaise… Mais étant un des rôles les plus difficiles à interpréter dans le registre dramatique, on a du mal à voir Cotillard en femme diabolique, hantée par de vieux démons et une nature suicidaire. De plus, même si un travail sur son accent a été effectué, elle n'arrive pas à obtenir la même justesse que devant la caméra de James Gray, par exemple.
Même si cette nouvelle adaptation connaît quelques petits défauts, elle réussit le pari de proposer une nouvelle version convaincante et moderne. Le Mac Beth de Kurzel est une belle rencontre entre un texte magistral et une mise en scène que seule le cinéma peut permettre. Un vrai spectacle, à la photographie fabuleuse, et qui a au moins le mérite d'avoir un but intellectuel. De bonnes nouvelles pour la future adaptation du jeu Asssassin’s Creed, portée par la même équipe !
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