"Relatos Salvajes" est un film à sketchs original dans le sens où il met en scène six pétages de plombs, avec un sens de la démesure pour le moins singulier. Szifron, doté d'un certain sens du récit, organise ses sketchs selon une logique de crescendo, que ce soit dans l'absurdité de la situation ou dans la folie des personnages. Assez jubilatoire, le film perd en intensité et en contrôle dans ses dernières histoires : "La proposition", dont la conclusion abrupte dénote d'un manque d'inspiration, n'a pas l'inventivité de" La Bombe" ou de l'excellent "La loi du plus fort" à l'humour noir réjouissant; enfin "Jusqu'à ce que la mort nous sépare" choisit une surenchère lassante avant de se conclure sur une note étrangement positive, qui n'annihile toutefois pas un sentiment de saturation, car après près de deux heures il devient exaspérant de suivre les péripéties de personnages tous aussi antipathiques les uns que les autres. Je ne reproche pas au cinéaste son cynisme, car il est souvent pris en dérision, mais une mécanique dans son approche des personnages qui ne permet pas au film de se renouveler. "Relatos Salvajes" vaut donc le coup d’œil mais finit tout de même essoufflé.
Vraiment original en ce qui concerne les petits sujets traités du type action/réaction. Certains sketchs sont assez jubilatoires. spoiler: Qui ne se sent pas proche de cet ingénieur qui se sent pigeonné plusieurs fois à la suite dans une journée et finit par concevoir sa riposte.
En 2014, le réalisateur argentin Damián Szifron signe un film à sketches absolument sarcastique. A la fois désopilantes et stupéfiantes, ces six petites histoires explorent la violence que peuvent provoquer des gens ordinaires pour se venger. Parfaitement mises en scène et portées par de bons acteurs, ces saynètes présentent également l’avantage d’être globalement de valeur constante. On n’a guère le temps de s’ennuyer. Bref, une œuvre atypique qui résume parfaitement ce que peut produire un pétage de plomb !
Quand on pète les plombs ! Alors que notre moralité a tendance à nous faire intérioriser, Les Nouveaux Sauvages eux explosent! Le réalisateur Damián Szifron nous fait passer un vrai moment jouissif à travers l'explosion des sentiments refoulés de ses personnages et une réalisation dynamique, même si parfois un peu étirée. Pour en savoir plus, lisez notre critique complète NoPopCorn !
En général les films à sketch ne sont pas très bons ou très inégaux mais ici tout est réussi. Il est question d'incivilité, de corruption, de tromperie, de vengeance... par contre il faut aimer l'humour noir car ce n'est que ça du début à la fin. On se retrouve tous dans plusieurs situations de départ mais impossible de deviner comment chaque histoire va se terminer car le scénario nous ballade avec intelligence du début à la fin. Bref, un bon moment de cinéma espagnol qui ose déranger.
Un film à sketches ironique et saignant, qui dresse un portrait au vitriol de la société argentine contemporaine. Ces récits sauvages ("Relatos salvajes" 2015) évoqueront aux cinéphiles les "Monstres" de Dino Risi, et provoqueront de nombreux éclats de rire... jaune, avec un effet cathartique, tant certaines situations peuvent se révéler proches de notre vécu individuel ou de notre inconscient collectif. Le réalisateur argentin Damian Szifron prend un main plaisir à confronter des citoyens lambda à des contrariétés inattendues, parfois dérisoires, mais qui dans un certain contexte peuvent dégénérer salement. L'idée étant que les contraintes sociales peuvent faire soudain péter les plombs à chacun. Le trait est souvent forcé, il faut le souligner, mais la sauvagerie et l'animalité présentes sous notre vernis de bonne éducation semblent parfois bien réelles. Dans le détail, les segments sont assez inégaux : le prologue est drôle et introduit bien la thématique générale, le sketch numéro 2 est sans doute le moins pertinant, avant un épisode 3 dantesque, à l'occasion d'un duel au volant qui s'achève, selon l'idée de Szifron, dans un "happy end" macabre superbement filmé. Ensuite, la quatrième séquence, avec Ricardo Darin, est celle qui illustre le mieux la thèse du film ; j'ai adoré le cinquième chapitre, très sombre, où personne n'est innocent dans une société corrompue, avant une conclusion en forme d'apothéose au coeur d'un mariage massacré par ses participants, qui laisse toutefois apparaître un peu d'espoir avec la scène finale.
100 % humour noir. Film à sketches, caricatural, "aussi sombre que drôle". Intelligent aussi, car quoiqu'il soit à prendre au second degré, il recèle un solide fond de vérité sur la nature humaine. J'ai bien aimé, vers le début du film, le prélude en quelque sorte, le symbolique défilé de photos de quelques prédateurs de la race animale tels que aigle, requin, crocodile, fauves, charognards divers, etc. avec un petit mouton perdu au milieu, des cerfs aussi je crois, images précédant et annonçant en quelque sorte le récit des méfaits du plus grand des prédateurs, celui qui est capable de s'attaquer aux siens : l'être humain. Et, sur ce point, le spectateur ne sera pas déçu !
Pour une raison ou pour une autre, dès fois pour un tout petit rien, ils perdent les pédales et éprouvent l'indéniable plaisir du pétage de plombs. C’est ce que raconte parfois avec brio, souvent avec humour et ardeur, Damián Szifron qui ne s’embarrasse quand même pas pour appuyer là où ça fait mal, et démontrer comment tout être raisonnable peut passer de la raison à la folie, de la civilisation à la barbarie. C’est tout à fait dans l’air du temps, sociétal comme diraient nos amis. Je reverrais bien deux ou trois sketches, mais l’ensemble ? … Pour en savoir plus
On pense aux « Nouveaux Monstres » de Dino Risi, par la forme, un film à sketch mais aussi par le cynisme des situations. Six histoires qui vont nous surprendre où on ne les attend pas.
L’intro dans l’avion n’est pas concluante, on appréhende, un peu, la suite. Mais la première histoire nous fait décoller. Ca commence doucement au restaurant entre une serveuse et un client arrogant et ça dérape sévère. Là on prend conscience de la noirceur et de la dérision de ce jeune réalisateur argentin : Damián Szifron.
Chaque sketch est une petite merveille d’écriture et de réalisation, avec une photographie précise, des plans surprenants, un casting pertinent et des comédiens inspirés.
Ricardo Darín est « Bombita »; ingénieur sur les nerfs malmené par l’administration.
Leonardo Sbaraglia est un chauffard prétentieux que la colère va rendre incontrôlable.
Erica Rivas est une jeune mariée qui part en live le jour de ses noces et bien d’autres personnages loufoques. Chaque histoire est reliée par la colère qui prend le contrôle et modifie totalement nos comportements humains pour nous transformer en vrais sauvages.
Un bonheur de méchanceté sur nos contemporains.
Voilà un cinéma décapant qui fait du bien où ça fait mal. Damián Szifron se distingue déjà avec brio.
Découpé en 6 sketchs, Les Nouveaux Sauvages nous montre les différentes facettes de l'Homme. Certains sont drôles d'autres nous interpellent mais tous ont un même objectif : nous faire réfléchir. Les questions sociales tels que l'éducation, le système, la corruption et même cette fonction de mariage sont merveilleusement montrés à l'image de façon amusante, que ce soit par de l'humour noir ou encore gênant.
"Pasketa", "Les rats", "Bombita", "Jusqu'à ce que la mort nous sépare", "La proposition" et "La loi du plus fort" sont des histoires fortes où chacun de nous peut s'identifier, même au point de vue extrême que propose le film.
Les Nouveaux Sauvages nous fait réfléchir quant à la nature même de l'Homme, nous fait demander : " Qu'est ce qu'on est devenue ? " Et le film nous répond : " Juste une autre facette de la sauvagerie animale ".
Mon 1er s'est retrouvé à Cannes grâce au nom de son producteur. Mon 2eme n'y avait aucune chance car il flirte avec le ciné de genre et mon 3eme est une excellente surprise venue d'Argentine... Je suis... LES NOUVEAUX SAUVAGES de Damian Szifron ! Un film à sketches bouillonnant d’idées et d’inspiration. Si tous les segments sont très différents les uns des autres et nous baladent sans cesse avec beaucoup d’humour noir vers des registres variés, l’homogénéité de l’ensemble sur la thématique de la sauvagerie moderne quand l’homme acculé laisse exploser ses plus bas instincts, est admirable. Une réussite dans un genre généralement réputé comme difficile.
Un film jouissif et cathartique. On aimerait pouvoir faire comme ces personnages et péter un bon câble pour se venger de ceux qui nous imposent une situation oppressante jusqu'à l'insupportable. Les deux derniers sketches sont certes un peu faiblards spoiler: l'avant dernier, le père décide de faire payer quelqu'un d'autre pour son fils, puis sans qu'on comprenne vraiment pourquoi, retourne sa veste à deux reprises. Dans le dernier, la vengeance de la mariée est disproportionnée, faisant perdre tout caractère jouissif , mais fait quand même un bien fou, surtout si vous vous sentez à bout de nerfs.