Dans une petite banlieue américaine bien propre, l'arrivée de nouveaux voisins étranges et renfermés bouleverse le quotidien de ses habitants. En peu de temps, les agissements de ces voisins ne tardent pas à perturber Ray et ses compères qui décident d'enquêter quitte à être maladroits. Petite satire au vitriol de la vie dans les banlieues américaines où tout ce qui ne rentre pas dans le moule est forcément suspects, "Les Banlieusards" est une récréation dans la carrière de Joe Dante. C'est une œuvre certes mineure dans la filmographie de son auteur mais c'est un véritable plaisir que de se plonger dans cette comédie flirtant avec le cinéma de genre. Il faut dire que Joe Dante est un cinéaste habile : il manie les références avec jubilation, crée une ambiance à partir de quelques plans bien travaillés et possède un très bon sens du timing comique. Il est dans cette démarche aidé par une flopée de talents : un Tom Hanks énergique, un Rick Ducommun parano et un Bruce Dern cabotin. Avec en prime une Carrie Fisher un peu en retrait mais néanmoins présente, beaucoup plus sobre que Corey Feldman dans l'un de ses derniers bons rôles. Finement écrit, prenant le temps d'installer son ambiance et de soigner ses rebondissements, "Les Banlieusards" séduit par l'énergie qu'il dégage. C'est avant tout l'énergie qui fait le moteur du cinéma de Dante : une passion sans faille pour le septième art et l'intelligence de jouer avec les références pour créer quelque chose d'unique. Si le scénario n'est pas de Dante, nul doute qu'il a su se l'approprier pour mieux nous plonger au cœur d'un univers qu'il a fait sien avec de sacrées réjouissances au programme...
Gremlins mis à part c’est de mon point de vue le meilleur film de Joe Dante. Les banlieusards est une critique acerbe de l’American Way Of Life, de cette Amérique qui ne pense qu’à la réussite sociale et ne sait pas faire autre chose que travailler. Qui regarde d’un mauvais œil ceux qui n’agissent pas comme eux. La réussite individuelle est le but suprême mais elle tend à faire se ressembler tous ces personnages et leurs maisons. Pendant ce temps les ados (et le spectateur) regardent les adultes en se marrant en se rendant compte de leur ridicule. C’est drôle, la mise en scène est excellente en alternant le thriller, le western, le film de guerre pour former une pure comédie. Un film méconnu mais qui mérite franchement le détour.
Tiers pastiche, tiers auto-dérision et tiers film à fond dans les traditions années 80, Joe Dante nous offre ici un casting de très haute volée avec pléiade d'acteurs de seconde main aussi, bref un très bon début. Le scénario ne tient pas la route et la réalisation parfois bancal pourraient nous affliger, mais même pas! Il y a ici un petit quelque chose qui nous accroche malgré tout. Sympathique mais pas extraordinaire.
Ce film, réalisé par Joe Dante et sorti en 1989, n'est pas mal du tout ! C'est ici l'histoire d'habitants d'une petite banlieue américaine typique qui s'unissent pour découvrir ce qu'il se trame chez leurs étranges nouveaux voisins. Au-delà de l'aspect "thriller" du film puisque le spectateur se demande, à la manière des personnages, qui sont ces nouveaux voisins tous droits sortis de "La Famille Addams", le film nous offre également une vision très acerbe et sarcastique de la banlieue américaine, surtout dans les années 80 ! Effectivement, si aujourd'hui, la banlieue pavillonnaire américaine garde toujours une image bien marquée, définie, reconnaissable et remplie de clichés, elle l'était encore plus dans les années 80. D’ailleurs, durant cette décennie, bon nombre de films d'horreur se sont employés à détourner les codes de la banlieue pavillonnaire et nous retrouvons donc ici cet aspect moqueur avec tous les clichés qui vont avec. Et à commencer avec le décor, la caméra zoome peu à peu pour progressivement arriver dans un entre-soi dans lequel les personnages sont complètement hermétiques au monde extérieur et sont renfermés sur leurs petits problèmes. Comme par exemple l'état de la pelouse, toujours bien verte et bien taillée, où va aller chier le chien du voisin et bien-sûr, qui sont ces fameux voisins. J'adore ainsi tout le début du film, lorsque les choses se mettent progressivement en place et que les voisins s'observent les uns, les autres. Ce qui est d'ailleurs très bien mis en scène lorsque l'ado du quartier préfère regarder sa rue plutôt que la télé. L'ambiance est donc excellente, on est de plus chez Joe Dante, tous les personnages sont donc soit très caricaturaux, soit super étranges. Et ici, ça ne manque pas ! Entre l'ex-soldat obsédé par les armes et les valeurs américaines, les deux femmes au foyer, le voisin fouineur qui n'arrête pas de bouffer et le personnage principal en pleine crise de la quarantaine, nous sommes servis ! Et puis bien-sûr, nous avons également cette image très caricaturale des voisins étranges vivant dans leur maison délabrée, tout droit sortie d'un film gothique. Mais ce sont des "clichés" qui ne sont ici pas dérangeants car ils participent au contraire à construire l'ambiance du film ! Bon en dehors de ça, la fin est plutôt prévisible mais l'histoire et "l'enquête" restent très sympathique à suivre. Concernant les acteurs, nous retrouvons, entre autres, Tom Hanks, Bruce Dern, Rick Ducommun, Carrie Fisher et Henry Gibson qui jouent très bien. "The 'Burbs" est donc un film qui ne casse pas des briques mais qui reste tout de même très bien imaginé et très bien mis en scène !
Les Banlieusards est une comédie assez marrante qui fonctionne dans l'ensemble plutôt bien. Le fait de transformer un voisinage sans histoire en décor de film d'horreur est plutôt malin. Et les personnages en sont du coup beaucoup plus sympathiques car particulièrement ancré dans le réel. A l'exception évidemment de la famille Klopek, particulièrement gratinée, au cœur des intrigues de commérages. Tom Hanks est très bon dans le registre comique et c'est toujours agréable de le voir dans ce registre (lui qui se révélera plus tard un des acteurs dramatiques les plus brillants) et le trio qu'il forme avec Rick Ducommun et Bruce Dern est convaincant. Je suis moins séduit par le personnage incarné par Corey Feldman, l'archétype de l'adolescent des années 80, mais bon, il ne s'agit que d'un personnage secondaire. Tout n'est pas à prendre dans cette comédie. On ne rit jamais vraiment à gorge déployé et au final, elle ne révolutionne pas le genre mais elle a le mérite d'être assez fun.
Joe Dante (Gremlins 1 & 2 - 1984/1990) nous avait habitué à bien mieux, mais fallait-il s'attendre à quelque chose d'original ou de mémorable ? Car à en voir le synopsis, puis le scénario, on ne peut pas vraiment dire que le scénariste se soit foulé pour nous pondre cette histoire. Ce qui aurait pu être une formidable critique sociale boosté à l'humour noir, tourne très vite en rond au beau milieu d'acteurs en roues libres. Les Banlieusards (1989) n'a rien d'extraordinaire, à peine distrayant, on était en droit d'espérer plus.
C'est vrai qu'elle sent un peu le cinéma commercial cette comédie noire signée Joe Dante. Reste que le papa des « Gremlins » n'en garde pas moins un ton caustique souvent très drôle, et que la paranoïa américaine envers tous et tout le monde prend un sacré coup dans la gueule. Personnages soit pas très fufutes soit ridicules (voire les deux en la personne d'un Bruce Dern en très grande forme), espionnage de pacotille pour un oui ou un non, inventions d'histoires à dormir debout pour justifier une lumière éteinte toute la journée... Dante ne semble pas avoir une grande estime ses compatriotes et le fait savoir. Dommage alors que celui-ci n'aie pas osé être plus corrosif, méchant, le jeu de massacres attendu n'arrivant en définitive jamais. Le résultat final n'en est pas moins rythmé, malin et peuplé de personnages secondaires réjouissants (Henry Gibson en voisin inquiétant est parfait), et ce malgré une fin assez facile mais par ailleurs plutôt bien faite. Très fréquentable ces « Banlieusards ».
Une parodie croustillante réservée aux grands enfants... Foutraque, cartoonesque, bien idiote et toujours inattendue, cette comédie m'aura bien faite rire. Les effets spéciaux sont volontairement kitsch (Tom Hanks qui sort d'un incendie en fumant et avec un pantalon en lambeaux...), des scènes sont un joyeux n'importe quoi hilarant (des gens qui font de la bicyclette sur une scène de crime, un voisin qui tombe sur un toit d'abri de jardin en laissant un trou de sa forme exacte, l'entrée par effraction avec une pelle...), et des tonnes de références filmiques (L'Exorciste, Massacre à la tronçonneuse, tous les films de séries B auquel on rend un bel hommage ici...). Joe Dante nous le dit clairement avec sa réalisation : si on se moque des films d'horreur et de science-fiction nanars, c'est qu'on les aime bien. Et Joe Dante clame avec The Burbs (Les Banlieusards) tout son amour pour ce genre de cinéma complètement barré. Tom Hanks est excellent dans le rôle du voisin effacé qui se laisse embarquer dans cette histoire surréaliste de nouveaux voisins satanistes, les deux complices de galère sont caricaturaux (le militaire timbré et le gros balourd) mais tellement drôles. La bande de jeunes qui fait des commentaires cyniques sur tous ces événements saupoudrent encore d'une bonne dose d'humour cet ensemble déjà bien comique (lorsque l'ambulance rentre en collision avec la maison et qu'ils ne voient que le camion de pizzas qui percute un arbre en lâchant "Les pizzas !!!"). La regrettée Carrie Fisher est bien mieux sans ses roues capillaires, et le thé chez les Klopek est certainement la scène où elle brille le plus (forçant Tom Hanks à manger une sardine, scène hilarante). The Burbs éveille même notre curiosité avec toutes ces lumières bizarres qui sont projetées dans quelques scènes (vertes, rouges...), on a envie de faire une rapide recherche Internet pour savoir (des sites existent pour les expliquer, car le film est culte aux États-Unis !). Complètement foufou, délicieusement kitsch, j'ai beaucoup rit.
Pour tout dire, voici un film quand même assez singulier. Ce qui n'est pas franchement une surprise étant donné qu'il est signé Joe Dante, le « père » des « Gremlins ». Si le cinéaste n'est pas le meilleur de sa profession, il faut reconnaître que ses films ont leur style bien à eux. Et celui ci ne déroge pas à la règle. « Les banlieusards » ou comment les habitants d'une banlieue peinarde d'une grande ville des Etats-Unis vont faire des pieds et des mains pour savoir qui sont vraiment les nouveaux voisins un peu chelous qui viennent d'emménager. Dante se fait plaisir et pointe encore du doigt certaines pratiques que beaucoup de personnes peuvent avoir lorsque des personnes leurs sont un peu étranges ou antipathiques. Pour le coup, on espionne, on pose tout plein de questions et mieux encore, on se fait adepte de l'entrée par effraction. Pas très glorieux n'est-ce pas ? Alors, sachez que Dante s'en amuse. Nous sommes donc en présence d'un film sympathique qui, bien que moyennement interprété (excepté par un Bruce Dern délicieusement taré) en plus d'être daté, a le mérite de nous amuser.
Un film intéressant, un peu à la croisée des genres, sorte de comédie angoissante avec des acteurs qui ont vraiment "des gueules". Au niveau du scénario, c'est une sorte de "Desperate Housewives" avant l'heure ; il me semble d'ailleurs que l'une des saisons parlait également de nouveaux voisins étranges qui s'installaient à Wisteria Lane. Dans la mise en scène, c'est vraiment le film typique de la fin des années 80, que ce soit au niveau des couleurs, des voitures, des vêtements, de la musique très (trop!) orchestrale, et des effets de toutes sortes. Personnellement, j'ai toujours bien aimé les films de Joe Dante, et celui là ne fait pas exception. Pas un chef d'oeuvre, mais un film très sympathique, avec une fin bien trouvée.
Panique à Wisteria Lane. Dans ce quartier pavillonnaire ordinaire de cette bourgade ordinaire arrive une famille qui ne semble pas du tout ordinaire. Une disparition dans le quartier et il en faudra peu au voisinage pour trouver un coupable. Quelle belle comédie que cette petite douceur caustique de Joe Dante. La portrait de cette communauté lambda est assez féroce et jubilatoire. On rit de bon cœur face au ridicule des habitudes des uns et des autres. Dans une veine proche de celle de Burton dans Edward aux Mains d’Argent, Dante s’amuse de ses contemporains. Un bon moment à coup sûr !
Si le film est moins jubilatoire que les fameux "Gremlins", Joe Dante nous orchestre une sympathique comédie ou sa verve et son ironie font mouche pilonnant gentiment l'American Way of life et ses habitants. Appuyant ses effets à fonds, il prend un plaisir communicatif à nous embarquer dans la vie de ses banlieusards transformant de simples caricatures en personnages attachants sur fonds de mystérieux nouveaux voisins diaboliques. Côté casting on retrouve Tom Hanks, Carrie "Leia"Fisher et ce pur produit des 80's aujourd'hui porté disparu qu'etait Corey Feldman.
Il manque clairement un petit brin de folie à ces "Balieusards" pour vraiment sortir du lot dans un genre assez peu représenté au cinéma, a savoir la Comédie/Epouvante. Malgré l'apparition au générique de certaines pointures des années 80 comme "Tom Hanks", "Carrie Fisher" (La princesse "Leia" dans "Star Wars"), "Corey Feldman" ("Bagou" dans "Les Goonies") sans oublier derrière la caméra l'énorme "Joe Dante" réalisateur de "Gremlins", "Hurlements", "Piranhas" ou encore "Explorers", "Les Banlieusards" quant à lui n'a absolument rien d'exceptionnel que ce soit au niveau de la trame principale (Sans surprises) et des "Gags" souvent foireux et sans génie. Et même si il reste clairement un divertissement à la portée de tous, "Les Banlieusards" ne restera certainement pas dans les annales du genre surtout après son échec cuisant au box office à sa sortie en 1989. Soyons objectif, "Joe Dante" nous avait habitué à largement mieux !
Ce qu’il y a de formidable dans The ‘Burbs, c’est l’utilisation d’un lieu unique comme réservoir de fiction, la rue pavillonnaire américaine étant en réalité un décor construit en studio qui a servi pour de nombreux films hollywoodiens auxquels Joe Dante, en cinéphile aguerri, rend hommage. Aussi le long métrage est-il encadré par une entrée et une sortie de rue sous la forme d’un travelling, ouvrant et refermant une parenthèse dont la temporalité précise – une semaine qui correspond aux congés posés par Ray Paterson, soit « fils du Père » –, du lundi au dimanche, semble rejouer la Création du monde par Dieu, revue et corrigée en une destruction générale du quartier. Le cinéaste se saisit ainsi du symbole de la classe moyenne américaine, déjà investi par Tim Burton dans son splendide Edward Scissorhands (1990), pour en faire un terreau fantastique dans lequel poussent des récits légendaires que l’on se raconte, le soir tombé, pour s’effrayer ; toutefois, si la banlieue pavillonnaire engendre de la fiction, c’est une fiction qui se conçoit au détriment d’un tiers exclu pour l’occasion, marginalisé tel un bouc émissaire. Nul hasard, par conséquent, si le nom de ces mystérieux voisins est Klopek dont les résonances slaves – comme le reconnaît Mark, le vétéran – changent en allégorie de l’étranger venu envahir l’espace intime et vital de nos banlieusards tranquille. Derrière la loufoquerie de l’ensemble se cache alors un puissant manifeste contre le racisme et la paranoïa, opposant à la fois deux nationalités – l’Amérique et son drapeau fièrement exhibé, l’ailleurs européen – et les cultures qui y sont associées. La partition alerte de Jerry Goldsmith compose pour les banlieusards une série de thèmes parodiant le western, traduction musicale de leur ancrage dans une idéologie et dans des représentations héroïsées du savoir-vivre, qu’il confronte à l’orgue satanique tout droit sorti des films de la Hammer. John Wayne d’un côté, Dracula de l’autre. Joe Dante, en arbitre, alterne une mise en scène maniériste lorsque la caméra s’approche de la demeure des Klopek et un quasi statisme quand nous sommes dans la maison de Ray, comme si l’ennui et la banalité de l’american way of life était un tremplin vers la fantaisie. L’importance accordée aux fenêtres confirme la donne : l’extérieur est une source de fiction qui permet aux personnages de fuir leur quotidien morose et d’agir sur le monde. On regarde par la fenêtre comme on suit Mr. Rogers descendre l’escalier qui sépare la porte d’entrée du salon, dans l’émission fameuse que contemple ici Tom Hanks sans savoir qu’il interprétera Mr. Rogers quelques décennies plus tard (A Beautiful Day in the Neighborhood, Marielle Heller, 2019). On projette par la fenêtre ses angoisses et ses fantasmes, sans prendre conscience que les horreurs que nous soupçonnons chez autrui sont en réalité nôtres. La tranquillité apparente des banlieusards n’est que surface, de la même façon que la demeure silencieuse de Leatherface cache une famille dégénérée. Nourri de références cinématographiques qui jamais n’interfèrent avec la fluidité du récit, The ‘Burbs est une réussite malicieuse et intelligente à redécouvrir sans tarder.