Limonov, la ballade
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58 critiques spectateurs

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Natissy
Natissy

12 abonnés 218 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 décembre 2024
Assez déçue par ce long biopic. Écrivain raté? Anarchiste, rebelle prêt à prendre les armes pour semer le chaos mais qui souhaite garder sa liberté.. je n'ai pas aimé la construction du film, l enchaînement au début des longues frasques sexuelles..la seconde partie plus orientée politique, société est un peu plus intéressante mais je n'ai pas accrochée
islander29

1 028 abonnés 2 664 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 décembre 2024
Un peu déçu par le début du film, ses frasques sexuelles incessantes, presque toute la première heure, je dois dire que la seconde heure rattrape car beaucoup plus politique, et sociétale, on peut dire que l’écrivain a tout essayer, c’était un anarchiste, un poète qui ne tenait à rien d’autre qu’à rester libre, quitte à se servir d’armes, quitte à semer le chaos….Bref sa vie ne peut laisser indifférent, d’autant qu’à la fin, elle rejoint l’actualité de la Russie et de l’Ukraine, je conseille sans insister car la première heure est un peu ennuyeuse…..
Isabelle K.
Isabelle K.

4 abonnés 91 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 décembre 2024
Limonov, c’est évidemment Emmanuel Carrère qui le décrit le mieux : « Voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain à la mode à Paris ; soldat perdu dans les Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends sur ce point mon jugement. »
Il rajoute : « Sa vie romanesque et dangereuse racontait quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. »
Il complète : « Limonov était un affreux fasciste, à la tête d’une milice de Skinheads », dépeint par la journaliste Politkovskaïa en « héros du combat démocratique en Russie. »


Limonov, c’est une figure du terrorisme et de la résistance. De la décadence et de la flamboyance. De l’Est et de l’Ouest. De la démocratie et du communisme. C’est une voix poétique qui se situe entre celle de Vladimir Vyssotski, enragée soviétique, et celle d'Allen Ginsberg, punk américaine.


C’est aussi un destin : « Donnez-moi un million et j’achèterai des armes et je susciterai un soulèvement dans n’importe quel pays. C’était le scénario qu’il se racontait à trente ans, émigré sans le sou largué sur le pavé de New York, et trente ans plus tard, voilà, le film se réalise. Il y tient le rôle dont il a rêvé : le révolutionnaire professionnel, le technicien de la guérilla urbaine, Lénine dans son wagon blindé. » précise Carrère.
Limonov lui-même reconnaît : « Dans la vie, j’ai exécuté mon programme. »
S’il traitait Soljenitsyne de « vieux con » (Emmanuel Carrère qualifie d’ailleurs de rafraîchissante « cette dissidence new wave »), Limonov n’en a pas moins connu un enfer semblable de l’incarcération, à Lefortovo ou au goulag d’où il a produit lui aussi, de nombreuses pages d’écriture parmi ses meilleures.


Le film raconte ce destin hors norme paradoxal, contradictoire. Ce… programme. Découpé en chroniques d’une vie de provocations ; autant de fragments, de tracts, mis bout-à-bout comme les collages que réalisaient les artistes de la beat generation, chapitrés en caractères rouges-soviet. Saupoudrés d’une bande-son rock’n’roll qui renforce la dynamite du film.
L’ensemble raconte une époque, de l’apogée au déclin.


Il y a deux ans, j’ai terminé l’écriture d’un roman à partir de la démarche épistolaire d’un intellectuel arménien, Devlet Yervante Kévorkian, témoin et victime d’une IIIe République en déclin. Ces lettres qui s’apparentent à des documents sociologiques, me sont revenues en mémoire en visionnant Limonov :
« Le communisme à un certain point de vue, est synonyme à la démocratie. Car le ressort de la vraie démocratie est l’égalité entre tous les citoyens, en droits et en devoirs. La démocratie admet en outre pour les individus d’autres droits qui leur sont accordés par la nature, non pas en tant qu’à des citoyens mais en tant qu’à des êtres humains, et qui sont parfaitement conciliables avec l’organisation de l’État.
À l’époque où nous vivons, on est obligé souvent de faire des comparaisons entre les États dits démocratiques et ceux qui sont totalitaires. Nous voyons que dans ces derniers le citoyen a perdu certains de ses droits sacrés qu’il possédait de la nature même en tant que pensant, et qui faisaient le charme de sa vie, peut-être même le but de son existence. On trouve, en outre, dans ces États plus de misère matérielle, des restrictions de toutes sortes. Malgré cela, ces peuples semblent supporter cette situation sans trop murmurer. Bien plus, ils acceptent tous les jours de nouvelles souffrances qui viennent s’ajouter aux anciennes, et qui ont pour but de renforcer la position de l’État pour la réalisation de tel projet patriotique ou social, selon sa conception. Comment expliquer cette psychologie ? On a voulu y voir une mystique émanant de la personne d’un Staline, d’un Hitler ou d’un Mussolini. Mais à y regarder de près, on n’y trouve pas de mystique, on y trouve au contraire un nerf résistant qui enchaîne tous les citoyens du régime, et ce nerf, c’est l’égalité. On souffre, mais on souffre tous à la fois ; on poursuit un but insensé ou raisonnable, mais le résultat est pour tous à la fois. On peut dire que ces peuples totalitaires, en partant d’une autre direction, sont arrivés plus vite à l’idée centrale de la démocratie ; l’égalité. Tandis que les peuples démocratiques, tout en prônant les libertés individuelles, ils en ont abusé pour créer une classe de privilégiés qui tient dans la main les rênes d’un pays par des moyens financiers ou administratifs. »


Limonov, plus qu’un dandy à l’allure folle ou qu’un hobo au panache irrésistible, est un héraut dont la voix continue de s'indigner. Limonov, c’est avant tout un état d’esprit, comme la poésie. Le film est une ballade sulfureuse, iconoclaste, politique de la seconde moitié du XXe siècle, à laquelle nous invite Ben Whishaw, complètement envahi par l’esprit extravagant et inflammable, inoubliable, d’Édouard Limonov.
Patrick Braganti
Patrick Braganti

101 abonnés 425 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 décembre 2024
Kirill Serebrennikov est le cinéaste russe le plus captivant du moment, même si le manque de concurrence minimise quelque peu cette assertion. En adaptant très librement le récit d' Emmanuel Carrère, il fait preuve une fois encore d’un talent incontestable pour la mise en scène. Il a surtout retenu du parcours du russe sulfureux et controversé son activité d’écrivain et de poète au détriment de ses engagements politiques auprès de la Russie (après des années d’exil il y créa un mouvement radical qui s’engagea lors de l’annexion de la Crimée). C’est pourquoi l’action se déroule essentiellement à New York et un peu à Paris. Cette évocation permet de revenir sur une époque où les mouvements hippies et la libération sexuelle étaient en plein essor. Provocateur, manifestant un goût prononcé pour le chaos et l’anarchie, Edouard Limonov qui connut des activités très éclectiques (de voyou à majordome) et autant de looks en rapport (de dandy décadent à serviteur strict), est campé par l’acteur américain Ben Whishaw (posant au passage l’éternelle question de la langue) peut-être un peu trop lisse ou artificielle. Heureusement il est au cœur d’une mise en scène foisonnante et fluide où il traverse les époques et les décors par des portes qui s’ouvrent, des panneaux qui tombent. Celle-ci se singularise aussi par le graphisme et le recours aux incrustations, nous permettant de revisiter en quelques plans tout un pan de l’histoire politique agitée entre l’URSS en train d’éclater et les États-Unis aveuglés par leur puissance. Au milieu Limonov apparaît à la fois fragile et dangereux, jusqu’au boutiste et calculateur, fascinant et repoussant. Le tourbillon formel dans lequel nous entraîne l’auteur de Leto est parfaitement synchrone à celui que semble être l’existence de son héros.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 décembre 2024
Le formalisme du réalisateur de Limonov lui attire régulièrement les propos les plus critiques. Sous un certain angle, cette débauche d'effets de mise en scène peut aisément passer pour de la prétention, et peut-être en est-ce d'ailleurs... La forme chez Kiril Serebrennikov écrase parfois (souvent ?) le fond. Avec Leto, le cinéaste russe en exil avait trouvé l'équilibre parfait, et il dépeignait avec une douce et enivrante nostalgie la disparition d'un certain monde russe des années 1980. La Fièvre de Petrov se trouvait déséquilibré par une invention formelle qui faisait éclater un récit d'ailleurs sans doute trop ténu. De la Femme de Tchaikovski, on se souvient de scènes éblouissantes, mais aussi d'un récit linéaire assez conventionnel.
Il m'a semblé que Limonov la ballade retrouvait un certain équilibre, mais pour dépeindre un personnage à l'antithèse complète des aimables protagonistes de Leto. La fulgurance et le foisonnement de la mise en scène du cinéaste paraissent correspondre à la trajectoire de ce total insoumis, circulant de Russie en USA en passant par la France. La virtuosité kaléidoscopique du film trouve une parfaite incarnation dans la performance hors normes de Ben Whishaw. Et pourtant le cinéaste et le comédien suivent les pas d'un individu détestable, vaniteux, provocateur, violent parfois, d'un cynisme sans limite, basculant progressivement vers la plus extrême radicalité politique. Mais dès lors qu'on saisit la démarche et qu'on l'accepte, cette trajectoire est très intéressante à suivre. D'autant que jamais il ne m'a semblé que Kiril Serebrennikov ne faisait preuve de complaisance vis-à-vis de son personnage ; il fait état de son fonctionnement, et de son évolution, voilà tout.
On lit dans la presse beaucoup de reproches sur le fait que le film soit intégralement en anglais, et non pas alternativement en russe, anglais et français (voire ukrainien), selon le contexte. Mais peut-être y a-t-il un double enjeu derrière ce choix ? Le premier serait de faire appel à un comédien exceptionnel (Whishaw) sans lui imposer un doublage ou une expression en russe qu'il ne maîtrise pas forcément. Et surtout, tout mettre en anglais, c'est s'assurer une couverture internationale efficace (surtout aux USA). Or tout indique que par la trajectoire de ce provocateur, Kiril Serebrennikov cherche à nous alerter sur ce qu'est devenue la Russie et la menace (vitale...) explicite et évidente qu'elle constitue pour le reste du monde. Certaines répliques résonneront avec effroi dans quelques années, si jamais cela dégénère... Et le film sera alors considéré comme totalement visionnaire.
Jacob Durand
Jacob Durand

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2,0
Publiée le 6 décembre 2024
Très, très, très déçu par ce film que je viens de voir aujourd'hui.
Le sujet, Limonov, était pourtant en or ... mais le fait que les interprètes ( dont le premier rôle ) soient souvent des anglophones singeant l'accent russe aurait dû modérer mon enthousiasme.
Beaucoup d'affèteries, de mouvements de caméra dispensables, de scènes à la limite du porno gay, d'ellipses et impasses problématiques dans la vie de Limonov ( pas un mot sur ses agissements pendant la guerre en Yougoslavie ) ... et une fin en queue de poisson qui ignore les vingts dernières années, ou presque, de son existence !
Les choix de pauline
Les choix de pauline

161 abonnés 270 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 décembre 2024
Je n’ai jamais réussi à entrer dans le film malgré sa belle énergie, son esprit irrévérencieux , sa mise en scène enlevée . Je n’arrive pas à croire à Ben wishaw en Liminov. Je le vois constamment jouer, forcer sa voix, ses mimiques mais aurais je eu les même réticences s’il avait parlé russe?? Car là est le véritable problème ! Ce qui m’a constamment éloignée du film: insupportable d’entendre tout le long du film les acteurs parler en anglais avec un accent russe. Cela m’oppressait!! Quand Limonov est aux usa je veux bien!! Mais tous les moments en Russie, où entre russes sont insupportables. Je n’ai pas réussi à faire abstraction. L’âme russe n’y est pas. L’acteur n’en n’a pas la force, la brutalité intérieure , le charisme, ni la crédibilité du fait qu’il parle tout le temps anglais!!
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 6 décembre 2024
Il était une fois un réalisateur russe dont le film "Le disciple" était arrivé sans tambour ni trompette au Festival de Cannes 2016 dans la sélection Un Certain Regard, un film qui, par la force de son discours, avait convaincu les spectateurs qu’un bel avenir se présentait devant ce réalisateur. Ce réalisateur a pour nom Kirill Serebrennikov, il avait 46 ans à l’époque et "Le disciple" était son premier film à atteindre les écrans français. Est-ce le fait que, depuis, tous les films que Kirill Serebrennikov a réalisés, "Leto", "La fièvre de Petrov", "La Femme de Tchaïkovski" et, cette année, "Limonov, la ballade", ont été systématiquement appelés à concourir dans la compétition officielle du Festival de Cannes qui a donné la grosse tête à ce réalisateur, toujours est-il qu’il nous « offre » des films de plus en plus prétentieux, tant au niveau du fond que de la forme. Suite de la critique sur https://www.critique-film.fr/critique-express-limonov-la-ballade/ Film vu au festival de Cannes
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 359 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 novembre 2024
Impressionnant dans sa peinture d'un personnage insaisissable, SEREBRENNIKOV démontre une nouvelle fois qu'il est un brillant metteur en scène, se donnant au service d'un récit décousu mais prenant, porté par un Ben WISHAW fascinant
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 446 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 novembre 2024
Édouard Limonov est un poète, voyou, révolutionnaire. Sa vie est marquée d’épisodes difficiles, son départ de Moscou, sa captivité en Sibérie… Avec ce nouveau long métrage, Kirill Serebrennikov semble s’assagir et proposer un cinéma plus construit et classique. Malgré quelques passages et scènes réussies, le film s’enchaîne sans parvenir à susciter de véritables émotions.
Anaïs L.
Anaïs L.

8 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mai 2024
Un très bon film sur la vie de l'écrivain russe Limonov, avec un excellent Ben Whishaw. La mise en scène est électrique et survoltée au regard de la vie du protagoniste.
[Film vu dans le cadre du festival de Cannes]
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mai 2024
Edouard Limonov est un personnage historique ambigu qui a vécu plusieurs vies dans une vie. Connu pour ses œuvres littéraires mais également son engagement politique très clivant en Russie, l'auteur évolue dans différents milieux pendant toute la fin du 20e siècle. On suit ici sa vie, parfois mêlée à celles de ses personnages de fiction, auxquels il pouvait s'identifier. En salle le

spoiler: "Limonov - the Ballad" est le récit de la vie d'un célèbre russe qui enchaîna différentes vies dans une même vie. Le film s'intéresse autant aux actions de l'homme qu'à la question de l'identité russe et offre une perspective détonante. J'ai beaucoup aimé comme l'intrigue est aussi un prétexte à un voyage dans la fin du 20e siècle. Certaines scènes permettent de manière rythmée et intelligente de faire une ellipse narrative de plusieurs années sans pour autant occulter tous les évènements mondiaux qui ont lieu au même moment. Ben Whishaw offre une performance saisissante et parvient à mettre le doigt sur le sel de cet anti-héros qu'est Limonov en nous le faisant aimer et détester à la fois.
Naughty Doc

1 041 abonnés 530 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mai 2024
Plus autoportrait que réel biopic adaptant le livre de Carrère, ce Limonov est encore une démonstration des immenses qualités de mise en scène de Kirill Serebrennikov, un des meilleurs plasticiens actuels du cinéma.

Résumer un demi-siècle de la vie du poète et dissident russe paraît complexe, mais d'entrée de jeu Limonov choisit l'étude de la psychologie torturée de cette figure politique rejetée de l'URSS.
On sent une grosse influence du Nouvel Hollywood (Taxi Driver est cité, mais on pense surtout au Midnight Cowboy de Schlesinger dans la reconstitution du New York des 70's).
S'attardant sur les premiers amours ou expériences sexuées de Limonov, la dernière heure du métrage déçoit un tantinet en comparaison, passant rapidement sur l'ultra-nationalisme d'Eddie, son opposition à Poutine ou bien son enfermement.
Comme si on refusait d'embrasser à bras le corps l'aspect purement politique et anarchiste de la sa fin de vie.

C'est bien dommage, car un film de 2h45 ou 3h aurait sans doute offert un regard complet. Néanmoins, Limonov reste truffé de pures idées de mise en scène (Serebrennikov usant de l'ensemble de sa grammaire scénographique avec une énergie punk comme dans Leto), d'utilisations brillantes de l'ellipse en temps que chorégraphie alliée à la production design...et surtout une impeccable interprétation de Ben Wishaw !
Autant à l'aise avec la psychologie contestable du personnage que ses mimiques ou don accent, l'acteur britannique disparait derrière Limonov, pour en faire le meilleur rôle de sa carrière.

Un prix d'interprétation gagné d'office, pour un très bon film tout simplement !
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