Au début du 20ème siècle, "Jules et Jim" sont deux amis, l'un autrichien, l'autre français. Ils tomberont amoureux de la même femme, ce qui mettra leur amitié à l'épreuve. Le film est considéré comme l'une des œuvres phare de la Nouvelle Vague et on comprend pourquoi on le voyant. La mise en scène de Truffaut est en effet très inventive, avec un montage riche, des plans variés, et des choix innovants (voix-off romancière, images figées...). Celle-ci permet de dynamiser une intrigue qui, elle, n'est pas toujours palpitante. La faute aux personnages incarnés par les stoïques Oskar Werner et Henri Serre, dont on a peine à croire l'histoire d'amour passionnelle. En conséquence, il est assez difficile de rentrer dans le film. Heureusement, Jeanne Moreau est beaucoup plus énergique en femme insaisissable.
Les atermoiements sentimentaux d'un trio bobo manquent d'ancrage, tant par la mise en scène de type roman photo que par cette voix off désincarnée reprenant des extraits entiers du roman originel. Bien que Jeanne Moreau irradie et que son interprétation du Tourbillon de la Vie soit panthéonisée, l'intrigue n'intéresse guère, entre classicisme et excès artificiels. Une variation sur les amours incertaines peu passionnante!
Je ne comprends pas ceux qui crient au génie ! Le scénario est certes intéressant, mais les dialogues sont récités sur un ton monocorde, presque lus, sans jamais la moindre émotion ! Et cette voix off quasi permanente est inutile et gênante...Un bon point pour la chanson de Jeanne Moreau, l'un des rares moments rafraîchissants du film, ainsi que pour la fin que je n'avais pas vu venir...mais pour moi ça ne suffit pas. C'est loin d'être mon Truffaut préféré !
Considéré comme un classique de son réalisateur François Truffaut, « Jules et Jim » est pourtant une œuvre tirant en longueur, abusant des dialogues et d’une voix off devenant rapidement agaçant. De ce triangle amoureux entre deux hommes, l’un français et l’autre allemand épris de la même femme incarnée par Jeanne Moreau l’interprétation est une grande déception par sa fadeur ainsi que son manque de densité. Le cinéaste semble broder son récit sans réelle direction et hormis quelques scènes au lyrisme éloquent, le long-métrage est d’un ennui profond.
Le culte de Jules et Jim, Truffaut réalise avec soins et passion, nous le savons rien de nouveau sous le soleil. Deux personnages qui vont vivre une histoire profonde dès la rencontre d'une femme, cette jeune femme est jouer par Jeanne Moreau. Moreau qui fait voler bien les ailes déployées ce film. Je retiendrais à jamais la scène ou elle se met à chanter "Le Tourbillon De La Vie", d'entendre cette chanson, les frissons et la joie s'installera jusqu'à l'éternité. Ai-je des reproches pour cette belle et tragique aventure ? Oui. Le dernier quart d'heure pèse, les scènes sont pas loin d'être neutre, comme si Truffaut délaisser son final. Se disant tient ! Je vais laisser voguer. Peut-être qu'il aurai fallu plus de contrôle. Le fait d'entendre Jules et Jim en voix-off constamment peut aussi assommer la concentration du spectateur.
C’est curieux de découvrir un film que je connaissais sans l’avoir vu. Il y a bien sûr le « tourbillon de la vie » la course effrénée de son trio sur le pont en métal, le baiser dans l’ombre de Catherine et Jim et tout un tas d’images que j’avais vu ici ou là et qui du coup se sont mises dans l’ordre. Au global je suis assez mitigé sur le film, en grande partie à cause de sa voix off, procédé qui m’agace souvent et ici se fut grandement le cas. J’ai trouvé que les deux personnages masculins manquaient de densité surtout par rapport à celui de Jeanne Moreau qui fait preuve d’une belle complexité. Et puis j’ai trouvé l’histoire d’un grand banal, un peu redondante et j’ai finis par m’en désintéresser. Il n’empêche le film offre un noir et blanc sublime et quelques grands moments même si comme je le disais j’en avais déjà vu quelques uns.
" Jules et Jim " : Une Comédie De François Truffaut. Adapté du roman écrit par Henri-Pierre Roché, son scénario nous conte une histoire à la fois délicate, tumultueuse et dramatique. Ce film "dit" culte ou film "phare de la Nouvelle Vague" n'est pas totalement convainquant. Il nous offre néanmoins une belle reconstitution du Paris des années 1900, quelques grandes envolées lyriques et des dialogues châtiés soutenus par une voix-off, une narration exaspérante mais incontournable à ce réalisateur. Contrastant avec la tiédeur de Oskar Werner (Jules) et Henri Serre (Jim), la merveilleuse Jeanne (comme disait Jean-Claude Brialy) brille de sa présence dans un rôle complexe où Jeanne Moreau interprète " Le tourbillon ", chanson du compositeur Boris Bassiak elle aussi devenue culte.
Jules et Jim est un beau film de François Truffaut. On se sent immergé dans les histoires de coeur des trois personnages. Le scénario n'est pas mauvais et les émotions restent retranscrites tel quel. Jeanne Moreau y est époustouflante, même si quelques longueurs entache le film. Une très belle fin cependant.
Un classique de la nouvelle vague avec un trio plein de fantaisie se faisant et se défaisant par des jeux d'amour et d'amitié. Ils sont réjouissants. Ce qui surprend c'est la rapidité des réactions, des dialogues et du découpage qui donne du rythme certes, mais aussi un charme désuet.
Le film se savoure davantage pour la qualité des dialogues (personnages et narrateur) que pour le jeu des acteurs, très froid et peu expressif. Le rythme effréné fait que l'on ne s'ennuie pas. Pour 1h40 de film, l'histoire est très dense. Le tout dégage une poétique ambiance de frivolité et de mélancolie.
Cinéma d'une époque, filmant une histoire d'amour pleine d'insouciance et de liberté avec en toile de fonds quelques décennies d'Histoire de France où les moeurs n'étaient en faveur des libertés sexuelles ou encore moins vers celles revendiquées et assumées par les Femmes. "Jules et Jim" remis dans son contexte (avant/après la Première Guerre Mondiale) apparait clairement osé et à contre-courant, et même sorti en 1962, ce triangle amical-amoureux est particulièrement audacieux, comme cette amitié franco-germanophone qui passe la Guerre sans amertume. C'est avant-tout dans ce traitement très désinvolte et de légèreté que le film de F.Truffaut interpelle, forme de légèreté séduisante et naïve qui charme le spectateur. Mais c'est le personnage de Catherine (J.Moreau), qui n'a pourtant pas son prénom dans le film alors qu'elle en est la pièce maîtresse, qui guide et oriente ce film par son opiniâtreté, ses changements d'humeur et son hédonisme à girouette. Très joliment cadré et empli d'images d'Epinal en noir & blanc, le film débute un peu de manière brouillon, mais trouve un rythme quand son trio se forme (et se déforme). Notre esprit cartésien peut être déstabilisé par tant d'innocence, et la voix off omni-présente trop explicative éloigne un peu le spectateur des sentiments amoureux ici plus explicites que partagés. Néanmoins, le charme et l'hardiesse opèrent et emportent indéniablement l'adhésion.
Les personnages de ce film sont très bien construits et cet aspect central du film est renforcé par des dialogues élaborés . Deux hommes qui veulent une femme, une femme qui veut deux hommes. François Truffaut dresse le portait d'une femme indépendante qui n'est jamais soumise à aucun des deux hommes qu'elle convoite. Le ton de voix que Jeanne Moreau emploie est très particulier...Ce film a beaucoup de caché.
Dans un style qui ne correspond pas à celui d'aujourd'hui, où la qualité de l'image, le cadrage, l'utilisation d'archives, le jeu presque sans émotion, la voix narrative pressée et monocorde, sont autant d'outils au service du drame, François Truffaut nous peint un tableau de passions borderlines au point de rupture jamais saisi. Ce n'est pas une comédie ou un drame, mais plutôt un objet de cinéma où se mêle des scènes frénétiques et des scènes extatiques. On a presque l'impression que Truffaut est punk avant l'heure. Ce film nous fait ressentir ce qu'il raconte dans la chair et non dans la réflexion qui peut-être trop contrôlé par la morale. L'esprit ouvert, c'est un brûlot qui prend toujours aujourd'hui.
S'il était osé en 1962, le film a aujourd'hui BEAUCOUP vielli (j'écris ceci en 2023). J'ai aimé sa poésie, le côté bohème et insouciant des personnages, leur oisiveté, mais il y a beaucoup d'ombres au tableau. Tout d'abord, la psychologie des personnages est passée à la trappe. Que se passe-t-il dans la tête du personnage de Jeanne Moreau? Fofolle? Carrément dérangée? Traumatisée dans son enfance? On l'ignore. Aucune ombre d'explication, pas la moindre piste. Idem pour Jim ou Jules. Par ailleurs, ces derniers ne jouent pas très bien. Bon allez, ils jouent mal. On s'y habitue, mais ils jouent mal. L'épisode de la guerre de 14 opposant le français et l'allemand n'est pas très bien exploité, etc... bref de nombreux graves défauts qui expliquent mon 2.5 sur 5
Jules et Jim est un film en constant mouvement, tant dans sa mise en scène que dans les entrées et sorties des personnages, dans leurs séparations successives et les retrouvailles inchangées, ou presque. La métaphore du « tourbillon de la vie », explicitée lors d’une chanson devenue culte, s’incarne tout entière dans une réalisation épileptique qui confond l’effervescence des sentiments amoureux avec la débauche d’effets clinquants, fonctionnant pour certains, obstruant pour d’autres une pureté d’ensemble jamais atteinte. Le passage du métier de critique à celui de cinéaste s’observe, se ressent, s’éprouve presque tant l’approche théorique du roman de Henri-Pierre Roché « vulgarise », comme le disait François Truffaut lui-même, la relation complexe des trois personnages engagés dans un dynamisme qui les dépasse. Par exemple, l’expérience de la Grande Guerre est évacuée lors de séquences d’archives auxquelles est ajoutée une très belle scène de spoiler: rédaction de lettre où Jules affirme être rassuré à l’idée de quitter le front français pour gagner l’URSS parce qu’il vit sinon dans la peur de tueur Jim . Mais une fois la guerre achevée, plus rien. Le resserrement de l’intrigue sur la valse des sentiments – qui conduit à son tour à la dispersion puis à la réunion fatale des protagonistes – se fait anhistorique alors que le propos louvoie entre gravité et légèreté, à l’instar de Jeanne Moreau, magnifique ici en ce qu’elle joue avec l’image de femme sombre construire par sa première filmographie. Ces limites ne doivent pas cacher l’intelligence d’une œuvre inventive qui bénéficie de l’interprétation mémorable des trois comédiens centraux.