Certes "Life" est le nom du journal pour lequel Dennis Stock travaille, en tant que photographe, mais si le film porte si bien son nom, c'est parce qu'il explore une tranche de vie, aussi courte soit-elle, avec une ferveur digne d'un amoureux de la première heure. Astucieuse est l'idée de mettre le photographe au premier plan. De son point de vue, Anton Corbijn dresse le portrait, surtout psychologique d'une future icône. Et avec quelle précision et souci du détail ! Un biopic? Certainement pas. Comme vous l'avez compris, James Dean n'est que second ici. Ce symbole hollywoodien est disséqué à la pince par cet admirateur, cet artiste-photographe qui souhaite travailler à l'instinct, qui a une aura, qui voit en Jimmy quelque chose de nouveau. En pleine mutation, James Dean semble incarner ce vent de rébellion, cette recherche de liberté que les années 50 veulent voir éclore. Dennis Stock veut capturer les émotions de cet acteur tourmenté, qui se cherche. Il y a la lenteur de la mise en scène, des dialogues loquaces en quête de confidentialité, des regards qui semblent se figer dans le temps, un décor épuré, un Robert Pattinson tout en retenue. Tout cette ardeur, ce parti pris semble être mis au service du personnage. Tout semble l'incarner, le vêtir. C'est bien cette contemplation et cette fascination de l'humain qui subjuguent ici. Restait à trouver, un acteur à la "hauteur" pour l'incarner. Et force est de constater que "du haut" de ses 29 ans, Dane Dehaan, aux airs d'ange déchu incarne son héros avec brio. D’ailleurs, c'est véritablement lorsqu'il évoque l'absence maternel ou quand en plein Indiana, le regard bâtard il s'exclame "Everything's going so fast", que l'on jauge tout l'exactitude de son jeu. Renversant.