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Un visiteur
3,0
Publiée le 15 janvier 2015
Généralement considéré comme un chef d'œuvre, ce film relève pour moi plus de l'art pompier, c'est à dire somptueux dans la forme mais peu réaliste sur le fond. Il a une certaine maestria tant par la beauté des décors que par la force de leurs interprètes (Sylvana Mangano en virago ,Burt Lancaster en esthète dépassé, Helmut berger en sublime gigolo)mais l'histoire relève plus de l'artillerie lourde contre la nouvelle génération que d'un subtil portrait d'une famille vue de l'intérieur (dixit le titre du film en italien)Pourquoi imaginer une sexe partie dans l'appartement de l'esthète alors qu'elle aurait pu simplement se dérouler dans l'appartement loué juste au dessus et quelle peut être l'intérêt des protagonistes de transformer le décor d'un vieil édifice romain en un caricatural décor des années seventies plutôt que de louer un autre appartement adapté à leur goût ? Denis Arcand a,quelques décennies plus tard, traité du même sujet confrontant la nouvelle génération montante à l'ancienne plus cultivée avec plus de subtilité dans les invasions barbares.
Avant-dernier film du maître Visconti, cette intrigue mêle différents personnages brillamment interprétés, notamment Helmut Berger et Burt Lancaster dans des prestations extraordinaires. A découvrir ou redécouvrir d'urgence!
Faut-il nécessairement se montrer intrusif, indélicat, ingrat, irrespectueux pour amener de la vie dans l'existence d'un vieil homme solitaire? Rendus aussi désagréables, les nouveaux arrivants censés apporter un vent de fraîcheur, de liberté, de modernité ne réunissent qu'à conforter aux yeux du spectateur le choix de tranquillité d'un élégant Burt Lancaster. En réalité, c'est l'atmosphère feutrée, morose, mélancolique d'une mise en scène léchée qui parvient à retranscrire le chagrin désabusé du héros. Au portrait ascétique s'oppose la cruauté sociale symbolisée par les rapports malsains, opportunistes, complexes des locataires. Maladroit dans ses ambitions moralistes.