Tout le monde parle du prodige Dolan. Quel talent à seulement 25 ans, et quelle maitrise d’un sujet qui réclame de la maturité. Le format carré n’est pas qu’un effet de style, une vraie trouvaille pour nous surprendre, et serrer les trois protagonistes au plus près. Avec de sublimes élargissements, qui soudainement font relâcher très temporairement la tension. L’annonce de début de film, cette loi nouvelle qui autorise à se « débarrasser » d’un enfant ingérable nous prévient sans que l’on ne comprenne le sens,de ce qui ne n'adviendra qu’à la fin. Le fils est malade mental, d'accord, mais en réalité la mère n’est pas mieux . La voisine qui va les soulager, porte elle-même une histoire douloureuse (perte d’un enfant ?) qui ne sera jamais dite. Xavier Dolan ne prétend pas tout savoir, il filme ses personnages se débattre face des situations sans issue, et dont on voudrait qu’il s’en sortent mieux que la Amy dans Gone girl, film de Fincher sorti sur les écrans la même année. Je t’aime moi non plus, je veux t’aider mais je te fais du mal. Rarement, on n’a su aussi bien illustrer ces situations d’amour destructeur, et d’impossibilité de se sortir des traumatismes du passé (le décès accidentel ? du père, lui aussi non explicité). La fin n’est pas écrite, on reste suspendu. On voulait qu’ils s’en sortent tous les deux, mais la vie est sans pitié. Dolan dit que son film est guidé par l’espoir. Optimisme respectable de sa jeunesse, que contredisent ses images. La musique est appropriée, les acteurs sont époustouflants. En particulier, la scène finale de Diane Després, qui accueille avec nonchalance l’annonce du départ de sa voisine, avant de se liquéfier dès que la porte est refermée. Comment ne pas penser à Alain Resnais qui savait nous donner de telles secondes d’introspection de l’âme humaine? Octobre 2014
Un film émouvant, ample, ambitieux, avec cependant aussi des lourdeurs et des maladresses. Dolan s'est cependant calme en ce qui concerne les affèteries et les scories inutiles et ça c'est une bonne chose.
Que ce soit le phénomène Mommy ou Dolan, j’en entendais trop parler. Je ne voulais pas le voir. Aujourd’hui je me demande pourquoi avoir attendu si longtemps car « ils avaient raison », si ce drame n’est pas un chef d’oeuvre, il le frôle. Nous n’avons pas trouvé de version sous-titrée, nous avons donc eu droit à notre lot de fous rires. J’ai regardé Mommy avec ma mère, c’était à la fois une plus grande immersion et parfois dérangeant. Certaines scènes nous faisaient l’effet d’un miroir : un autre nous, déformé. On développe à coup sûr une empathie pour ces personnages et leur combat. Mommy est un film très intime, brut sur la relation mère-fils. Anne Dorval et Antoine-Olivier Pilon sont plus que crédibles dans ces rôles, ils dégagent une véritable complicité. De même que Suzanne Clément dans son rôle de Kyla, la voisine, qui devient un membre à part entière de la famille. Ce film donne cette étrange impression de visionner des souvenirs. Mommy oscille entre turbulences et rires, entre hurlement et cri de délivrance. La séquence où résonne Wonderwall illustre bien ce contraste : la sensation de liberté crève littéralement l’écran. Je pense bien évidemment à deux instants clés : la scène où Steve sur son skate, déplie ses bras comme des ailes (j’ai d’ailleurs trouvé que c’était une image très parlante pour la couverture du DVD). Et puis inéluctablement, ce moment où le format de l’écran accompagne la gestuelle, l’expression de cet adolescent qui respire enfin. Xavier Dolan fait le choix d’une BO hétéroclite mais qui décuple le pouvoir émotionnel de ses images. On retrouve ainsi l’hymne de quelques générations : Wonderwall (Oasis) ou encore Colorblind (Counting Crows) qui personnellement, me ramène toujours à mon adolescence. Une séquence qui dessine encore quelques frissons sur les bras des spectateurs est celle oùspoiler: Diane s’imagine leur avenir avec la magnifique composition de Ludovico Einaudi : Experience. On peut par ailleurs dire que Mommy est une véritable « expérience » de la mélancolie. La fin est saisissante et le titre qui l’accompagne spoiler: « Born to die » de Lana Del Ray ne pouvait pas mieux résonner qu’ici et sceller cette claque cinématographique. Mommy est touchant, parfois candide ou kitch et toujours virtuose.
Mommy est un film qui marque les esprits et que l'on n'est pas près d'oublier. Le film montre bien que gérer un enfant atteint de TDAH est loin d'être facile. Le milieu dans lequel vit l'adolescent n'arrange pas les choses. La réalisation est brillante et le jeu d'acteur est très bon mais le montage est raté car trop recherché : les plans sont très courts, le cadrage est trop serré, ce qui a pour effet le contraire de l'effet recherché. En effet, Xavier Dolan cherche à nous mettre au plus proche du jeu des acteurs mais on n'a pas le temps d'y apprécier le jeu, ni de le voir pleinement. La format du film empire la situation.
Un film absolument splendide, il est émouvant du début à la fin ! De plus on s'adapte très rapidement à l'accent et au cadrage. Un film à voir de toute évidence
je n'ai pas du tout aimé!! Le sujet avait l"air intéressant mais le traitement est "indigeste"! On se retrouve devant un film d'une longueur sans limite, assez vide de sens et à l'hystérie constante!! c'est insupportable, je ne vais pas au cinéma pour voir ce genre de film. Un film d'auteur qui bien qu'encensé par la critique ne dégage pour moi aucune émotion tant la violence, la grossièreté et l'hystérie sont omniprésentes!
Xavier Dolan est très jeune certes ( 26 ans) mais il a déjà pas mal de films derrière lui ( celui ci est son numéro 5) et ont pourra dire qu'il y à un avant et un après Mommy pour lui dans sa très jeune carrière. Le problème (pour moi) était que dans ces films précédant, il n'arrivait pas à faire exister ces personnages,la forme prenant trop de place sur le fond (mes amours imaginaires). Dans celui ci par contre Dolan semble faire marche arrière et le fond ( les personnages ) prend le dessus sur la forme. Paradoxalement d'ailleurs car le Form-at d'image est en 1 sur 1 ce qui est plutôt malin de sa part car resserrant l'aspect huit-clos que l'ont peut avoir avec les personnages. Dolan lorgne donc cette fois vers le cinéma de Cassavetes ( vivre l'aspect humain des personnages) et il fait mouche. Les 3 protagonistes principaux sont tous excellent ( mention pour monsieur antoine olivier pilon). Dolan s'efface donc et laisse le trio "performer" pendant plus de 2h et ne fait pas l'erreur de faire un film à message ce qui pour un réalisateur de son âge est plus à noté....(inarritu ferait bien de prendre des notes) Pochain films à suivre donc....
Tout a été dit sur ce film. Et pourtant, on a envie de parler de sa beauté, de sa puissance, de sa violence aussi. Les acteurs sont d'une justesse incroyable : Anne Dorval incarne à la perfection cette mère impuissante face à un fils qu'elle aime plus que tout, interprété avec un talent immense par le jeune Antoine-Olivier Pilon. Certaines scènes sont déchirantes, d'autres sont de vrais instants de grâce. Une merveille qui n'épargne pas le spectateur.
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4,0
Publiée le 20 février 2016
L'oeuvre la plus achevèe de Xavier Dolan même si "Lawrence Anyways" surpasse "Mommy" a plus d'un titre! Histoire triangulaire entre une mère courageuse, son fils ingèrable et leur voisine aussi discrète que sensible, sur fond de rapports très forts et conflictuels! Le jeune prodige du cinèma d'auteur vise dans ce film une èmotion à fleur de peau, de mèlodrame qui va à l'arrache, en rèinventant dans un choix stylistique le format carrè! Le scènario donne un sentiment d'extraordinaire vitalitè, d'un travail avec les comèdiens au corps à corps, mais en même temps, Dolan construit une histoire qui vous prend aux tripes et ne vous lâche plus! Anne Dorval, Antoine Olivier Pilon (impressionnant) et Suzanne Clèment animent avec une passion dèvorante cette histoire que Dolan a rèalisèe avec un talent immense! Cet argot, cette langue quèbècoise salèe et crèative qui nècessite des sous-titres français, Dolan y tenait parce que plus apte à devenir le vèhicule d'une langue plus riche, plus gènèreuse, plus èmotive, plus vraie! Toutes les langues se valent de toute façon surtout quand elles sont riches et authentiques comme dans "Mommy". Exceptionnellement menè par un rèalisateur de 25 ans qui utilise la musique qu'il aime, ce film souvent dur prend place parmi les rèalisations de grande classe de Dolan : spoiler: "Mommy" contient d'ailleurs plusieurs trouvailles telle la scène du skate-board avec ce changement brusque de format qui s'èlargit pour être plus près des personnages et qui restera dans les annales du 7eme art! Cinèma de l'âme et du coeur, de l'intelligence et de l'esprit, "Mommy" est un mètrage qui honore le cinèma tout entier, un film rècompensè à juste titre par le Prix du jury au Festival de Cannes...
Que ce fut dur pour moi de regarder ce film. Ce film dont tout le monde parlait, ce film apparemment magnifique, d'un jeune réalisateur prodige. Je me considère assez ouvert et curieux dans tout ce qui est artistique. Et concernant le cinéma, que ce soit du gros blockbuster qui débranche le cerveau à un film d'auteur intimiste, je peux apprécier. Donc c'est sans parti pris que j'ai regardé mommy. Mais appart de constater le talent des acteurs, la mise en scène est assez inexistante ou au mieux "commune" mais indigne de tout ce tapage médiatique. Et d'autre part, le rythme du film est trèèèèèèèèèèèèèès lent. A ce stade, ce n'est plus un drame, c'est un soin paliatif. J'ai essayé mais rien à faire, je me suis copieusement ennuyé. Peut etre le manque de rebondissement, peut etre a cause de l'accent Canadien des acteurs, peut etre a cause du sujet, je ne sais , mais l'ennui fut bien présent.
Passée l'adaptation à l'accent québecois, très difficile d'autant que les personnages hurlent assez souvent, Mommy est un film qui vous prend aux tripes avec des idées de mise en scène très réussies et une interprétation qui vous scie littéralement les pattes! Encensé par la critique, le film déçoit quelque peu du côté scénaristique même si ça reste un très bon cru du cinéma canadien. Il faut vraiment le visionner sans hésitation, ne serait-ce que pour s'en faire sa propre idée.
Oui, Mommy est un « beau » film, au point de vue esthétique. Mais après le visionnement, j’étais révoltée. La promesse d’un grand film, tant louangé, m’a montré que Xavier Dolan est certes un génie pour prétendre réfléter une réalité et pour en expliciter finalement l’inverse. « Ode à la maternité » « liberté », « espoir », tout en nous donnant d’y croire un moment, le film bascule très exactement en leurs contraires : enfermement de tous les personnages, désespoir et surtout, humiliation grandiose de la mère… Tout cela, d’une manière si sournoise et à la fois, si explicite que cela tient du génie. Seulement, j’aurais aimé avoir été avertie de l’ambivalence du projet ! Mommy jette de la poudre aux yeux, et il m’apparaît comme cette scène banale du film où spoiler: Diane coupe la parole à Kyla, pour asperger dans l’air du « sent-bon » chimique comme remède à l’odeur de cigarette car, dit-elle, « la fumée de cigarette, c’est étouffant » … En fait, tous les deux sont toxiques.
Ce film est le fruit d'un travail technique d'excellente qualité (D'où mes étoiles). Malheureusement reste l'histoire, 2 personnages plutôt antipathiques auxquels, on n'a pas envie de vraiment s'attacher, Et l'intrusion d'une voisine elle même handicapée, dont on a bien du mal à comprendre ce qu'elle est venue faire dans cette galère. D'autre part, compte tenu qu'il ne semble pas y avoir de solution possible au drame qui se joue, on ne voit pas vraiment ce que veut démontrer le réalisateur. (Peut être une dénonciation de la société qui ne prend pas en compte ces problèmes ?) je me pose la question de savoir quel impact peut avoir ce film malsain sur la sensibilité de parents d'handicapés. De plus toujours le même problème de ce genre de film : les longueurs. Du coup c'est très répétitif et ça n'en finit plus. Quant aux acteurs, certains ont vu là une performance ? Bof ! c'est pas mal joué, rien de plus.