Cette fois, les studios Disney ont décidé de ne pas coproduire ce nouveau film d’animation avec Pixar. Et quand on connait les cartons pleins qu’ont rencontrés le fruit de leurs différentes associations, faire cavalier seul était pour ainsi dire un pari insensé. Eh bien "Zootopie" représente les retrouvailles avec le génie disneyen d’antan : la formation d’un duo improbable mais qui fonctionne à merveille, du rythme, une qualité d’animation irréprochable renforcée à grands coups de petits détails (on notera les brins de paille voler à chacune des impulsions données par les pattes de l’héroïne quand elle court en sautillant sur les balles), une intrigue dans laquelle on se prend aisément au jeu, un humour bien présent sans être lourdaud tel que la bande annonce laissait entrevoir, ainsi que des personnages savoureusement expressifs et ayant la tête de l’emploi en prime (un buffle en chef de police irascible, des ours blancs en gardes du corps…). Seule chose qui change : on ne nous inonde pas de chansons. En fait, il n’y en a aucune, excepté dans le générique de fin bien entendu. "Zootopie" est une transposition réussie de l’univers humain dans un monde animalier, en prenant soin de dénoncer bon nombre d’idées reçues, de partis pris, de clichés, tout en présentant quelques messages afin de provoquer en nous des prises de conscience… Les prises de conscience, c’est bien ! A condition de réagir. Ce pari insensé s’est révélé être un coup de maître, porté par un doublage français de très grande qualité, avec des timbres de voix en concordance totale avec la psychologie des personnages. Et surtout, retrouver les studios Disney dans une telle qualité en solo constitue une sacrée surprise, emmenée par un inédit scénario écrit par un groupe de six personnes, inventives à souhait, sans jamais en faire des tonnes. L’histoire est si fluide qu’on pourrait presque penser qu’une seule et même personne y a travaillé dessus. Pour ma part, je suis rassuré : le génie des studios Disney est toujours là ! La preuve : "Zootopie" m’a bien fait rire par moments et pas seulement par les dialogues. Mieux : je l’ai trouvé génial. Puis la question est posée : partant du principe qu'il y a de la place pour tout le monde, on peut vivre tous ensemble ; mais n’est-ce pas une utopie ? Regardez, savourez ces 108 minutes, et vous serez conquis par cette œuvre d'une rare intelligence.