Suite parue quatre années après le premier volet, Toy Story 2, coréalisé par John Lasseter, Ash Brannon et Lee Unkrich, est un film d'animation de bonne facture, tout en étant à des années lumières de son modèle. L'histoire se déroule quelques années après le déménagement et nous fait suivre Woody et les siens qui vont se retrouver dans une situation compliquée. En effet, Woody est malencontreusement dérobé lors d'un vide grenier par un collectionneur de jouets obsessionnel qui compte bien l'envoyer dans un musée au Japon. C'est alors que Buzz l’Éclair et certains des autres jouets partent à sa recherche et à son secours. Ce scénario s'avère plutôt plaisant à visionner pendant toute sa durée d'une heure et demie. Cependant, l'intrigue, bien que plaisante, est beaucoup trop proche de celle de son aîné. Résultat, nous ne sommes aucunement surpris tant c'est attendu et sans surprise. L'unique changement provient du fait qu'on échange les rôles et que cette fois c'est à Buzz de sauver son ami Woody. Le récit a tout de même le mérite d'être bien rythmé en multipliant les scènes d'action et les situations au point d'en faire trop en allant dans la surenchère, et de légèrement faire évoluer son sujet en traitant de l'usure des jouets au fil du temps qui s'écoule. Hélas, les nombreuses références et clins d’œil qu'il fait à d'autres œuvres cinématographiques en font trop et prennent trop de place. Si certaines sont sympathiques, d'autres semblent trop forcées et hors de propos. Le ton se veut lui un peu plus enfantin, même s'il reste tout à fait tout public en satisfaisant les plus jeunes comme les adultes. Mais il fait également moins rire. L'humour ne prend pas autant et cela se ressent. L'ensemble est porté par des personnages en plastique qu'on prend plaisir à retrouver. On retrouve ainsi le cow-boy, l'astronaute, Monsieur Patate, Zigzag, Rex, Bayonne, la Bergère, ainsi que les autres jouets d'Andy. Ils sont accompagnés dans cette aventure par de nouveaux faciès plus ou moins agréables, que ce soit Jessie, Pile-Poil, le Chercheur d'or, Madame Patate, Barbie, ou encore l'empereur Zurg, l'antagoniste de Buzz. Du côté des humains, on retrouve évidemment Andy mais on voit surtout à l'écran Al McWhiggin, le méchant ayant dérobé Woody. Ces nombreux protagonistes entretiennent des rapports procurant de nombreuses émotions, même si celles-ci sont moins appuyées que chez son aîné. Ce n'est malheureusement pas aussi amusant et tendre que dans le premier. La faute en partie à des dialogues moins iconiques et des jeux de mots moins inspirés. Sur la forme, la réalisation du trio se veut qualitative, même si leur mise en scène joue nettement moins avec le point de vue des jouets. L'univers est lui respecté au niveau de sa direction artistique, aussi bien au niveau des personnages qu'au niveau des environnements qui sont plus variés, plus urbains et dont le terrain de jeu est plus grand. Ce visuel toujours aussi coloré est accompagné par une bande originale quant à elle assez anecdotique. Les compositions n'ont aucun impact et il manque clairement les chansons du premier, même si l'une d'entre elles est reprise. Mais il manque cruellement de nouveaux titres tout aussi mémorables. Reste une fin convenue venant mettre un terme à Toy Story 2 qui, en conclusion, est une suite sans grand intérêt tant elle n'apporte rien de plus, même si ça reste un film d'animation honorable.