Après le dernier film Harry Potter, la Warner était probablement déçue de voir son filon se tarir. Enfin du moins à l’écran, car je n’ai aucun doute que la vente des produits dérivés autour du petit sorcier est des plus juteuse. Voilà donc qu’un spin-off entre en production, afin de garantir le bon fonctionnement de la planche à billets.
A la différence des films précédents, « Fantastic Beasts and Where to Find Them » n’est pas l’adaptation d’un roman. L’intrigue est originale, et J.K. Rowling est scénariste. Voilà l’occasion de s’affranchir de défauts d’écriture récurrents dans la franchise Harry Potter : sous-intrigues non résolues ou maladroites, incohérences, etc. Vraisemblablement dus à un travail d’adaptation expédié (n’ayant pas lu les livres, j’ignore si ces défauts étaient déjà présent dedans).
« Fantastic Beasts » se déroule donc dans l’univers du sorcier, des décennies plus tôt, à New York. Ce cadre est probablement la meilleure idée du film. L’ambiance américaine de la fin des années 20 permettant un renouveau visuel très appréciable. Avec notamment des costumes classes. Certes, tout est trèèèès numérisé, et j’ai eu du mal à m’impliquer dans le film. Mais au moins les effets sont réussis, notamment les créatures en question.
Tandis que la différence de culture entre Britanniques et Américains est un sujet récurrent dans le scénario. Quitte à traiter de manière pas très subtile les aspects les plus sombres du système US (peine de mort, ségrégation, prohibition, pauvreté des immigrants).
Par contre, sur l’histoire, j’avoue avoir été guère emballé. Deux intrigues se montent en parallèle. Un zoologue à la recherche de ses animaux magiques. Et une figure nauséabonde en quête d’une force destructrice. Leur ralliement est un peu poussif. Les nombreux personnages n’ont pas tous un développement satisfaisant. Et là encore, plusieurs incohérences s’accumulent, jusqu’à un final très gros. Preuve que même sans se baser sur des romans, cette franchise a du mal à être rigoureuse à ce niveau.
Visiblement, l’un des enjeux pour les sorciers est de rester cachés. Sauf que la mort par magie d’un sénateur, devant un parterre de notables, y compris son père magnat de la presse, ne semble pas trop avoir d’impact sur le récit ! Et on ne me fera pas avaler qu’une simple pluie à la fin parvient à tout résoudre. Pourquoi pas le neurolaser géant des Men in Black tant qu’on y est ?
Enfin, je ne vois pas trop ce qu’apporte la révélation finale sur le vrai visage du méchant, si ce n’est pour préparer des suites.
Restent des acteurs convaincants. Si j’ai un peu de mal à voire Eddie Redmayne en héros, j’apprécie Dan Fogler en compagnon bonhomme. Tandis que Colin Farrell, bien que sous-employé, fait le job en méchant de service. Par contre la Warner a du se mordre les doigts d’avoir embauché Ezra Miller et Johnny Depp, qui deviendront persona non grata quelques années plus tard…