Lorsque Guy Georges est arrêté en 1998, il est accusé d'avoir violé et assassiné aussi violemment que sauvagement sept jeunes femmes. C'est notamment Franck Magne, un jeune inspecteur, qui a permis de bien avancer sur l'enquêteur, et ce durant près de 10 ans...
Pour son premier long-métrage (qu'il coécrit aussi) après avoir passé plus de 20 ans dans le monde des séries et téléfilms, Frédéric Tellier nous plonge dans cette sordide affaire criminelle qui aura notamment pour aboutissement de voir le système des expertises d'ADN grandement amélioré et facilité pour les enquêtes. Il braque sa caméra sur ce jeune inspecteur qui découvre la police judiciaire avec une sordide affaire d'assassinat, avant de commencer à le relier à de nouveaux et anciens faits et passer un temps fou sur cette affaire.
Alors, l'ensemble n'est pas exempt de tout reproche, à commencer par un montage qui alterne entre l'enquête et le procès de Guy Georges parfois maladroit et ôtant tout suspense, ainsi que des incursions dans la vie privée de Franck Magne qui manquent clairement de consistances et qui paraissent trop convenus. Mais la force du film ne réside pas là, mais plutôt dans l'incursion dans ce système où Tellier met en place tension et intensité, retranscrivant bien toutes les peurs, la difficulté et le quotidien de ces gens-là. Il opte pour un point de vue humain au milieu de cette grande et horrible affaire, que ce soit à travers les yeux de Magne ou des avocats lors du procès et arrive à en retranscrire toutes les émotions. Mais c'est aussi le point de vue de ne pas diaboliser Guy Georges qui est intéressant, il me montre comme un être humain, malade et soumis à des pulsions.
Centré sur cet inspecteur, il est très vite rendu intéressant et attachant grâce à ses enjeux. Bénéficiant d'une excellente et sobre composition de Raphaël Personnaz (comme l'ensemble des acteurs), Tellier ne commet aucune faute de rythme et donne un minimum de consistance aux personnages apparaissant (Olivier Gourmet, Christa Théret...), tout comme aux divers meurtres où le film est bien documenté et assez dense. C'est aussi au système judiciaire qu'il s'intéresse, la façon dont il est peut ralentir des enquêtes et comment il évolue. Il nous immerge dans ce Paris des années 1990 avec une photographie adéquate et une atmosphère lourde et sombre où le doute, le meurtre et le sang sont régulièrement au rendez-vous au 36 Quais des Orfèvres.
Efficace et palpitant, "L'affaire SK1" fait facilement oublier ces petits défauts pour nous plonger au 36 Quais des Orfèvres et dans cette longue enquête en prenant un point de vue humain.
Je me souviens très bien de cette affaire dans les années 90. Je venais d'arriver dans le 11è arrondissement, périmètre des crimes, et il y régnait une certaine psychose. Un scénario minutieux, très documenté, sur une mise en scène sobre, vide de toute esbroufe et de tous clichés, nous collent au siège dans une tension palpable qui grandit de minute en minute. On connait donc le dénouement de l'histoire, qui de toute façon nous est montrée dès début, mais cela ne change rien au suspens et à l’intérêt qu'on y trouve. On en oublie même cette fin pour se plonger totalement dans l’enquête faite d'allers et retours entre les années d'investigation et le procès. Le casting, dominé par un Raphael Personnaz bien plus convaincant que sur le Wargnier, est parfait. Nathalie Baye est très bien (mais devrait arrêter, comme beaucoup de ses collègues, la chirurgie esthétique, on dirait le Joker de Batman), tout comme les toujours excellents seconds rôles que sont Olivier Gourmet, Thierry Neuvic, Michel Vuillermoz, Christa Theret ou Marianne Denicourt. Totale réussite donc pour ce premier film de Frédéric Tellier. L'ensemble aurait pu donner aussi un excellent documentaire. Mais cette fiction, collant au plus près à la réalité, aussi passionnante que terrifiante, est terriblement efficace. L'affaire SK1 est donc la première belle réussite française de cette année 2015.
Je suis Charlie (le personnage principal joué par Raphael Personnaz porte ce prénom pour faire un jeu de mot, son nom étant Magne) ... Parfois l'actualité cinématographique s'entrechoque avec l'actualité tout court... Toujours est-il que si, dans ce film, on évoque l'attentat du métro Saint-Michel en 1995, on est surtout plongé au coeur d'une enquête sur des meurtres effroyables... et tout est magnifiquement traité, l'enquête comme le procès... on se croirait presque au sein d'un documentaire!
Du très très bon. Franchement je connaissais Guy Georges de nom mais pas son histoire ni sa traque et ce film qui se révèle être un quasi documentaire. Raphaël Personnaz est bluffant et extrêmement convaincant tout comme adama niane. Ce qui est fort c'est qu'il n'est pas décrit comme un monstre tout le long du film on aurait presque pitié pour lui et pourtant lors de son procès on voit clairement un psychopathe pur et dur. Les flashbacks sont réussis les décors de l'époque aussi bref un vrai grand polar documentaire
Les faits divers criminels fascinent en masse les téléspectateurs accrocs à Faites Entrer L'Accusé ou Crimes, il est donc normal que le cinéma français s'en inspire de plus en plus pour les adapter au cinéma. Après La Prochaine Fois, Je Viserai Le Cœur, et La French C'est à une affaire encore plus dramatique que s'attaque Frédéric Tellier avec un long métrage que va certainement marqué ce début d'année.
L 'Affaire SK 1 pour Serial Killer numéro un raconte la traque de Guy George le tristement célèbre Tueur de L'Est Parisien qui a rendu fou les policiers du Quai Des Orfèvres pour leur avoir glissé entre les doigts si longtemps durant les années 90. Le premier film au cinéma du réalisateur Frédéric Tellier qui s'est forgé une forte expérience à la télévision surtout avec le téléfilm Les Hommes De L'Ombre.
Que les choses soient claires, L'Affaire SK1 n'est pas un film à proprement parlé sur Guy George mais sur les enquêteurs qui l'ont recherché et les avocats chargé de sa défense. Le réalisateur a curieusement choisi de faire des allers retours dans le temps pour passer de scènes suivant les enquêteurs à d'autre se déroulant des années après durant le procés jusqu'à ce que les deux intrigues finissent par se rejoindre. De quoi nous perdre par moment et mettre en doute la culpabilité pourtant connue de tous de ce criminel.
Tout comme l'enquêteur "Charlie" Magne, Frédéric Tellier est devenu à ce point obsédé par cette histoire qu'il a épluché tous les documents possibles pour rester absolument fidèle aux faits. Il a pu pour cela profiter de l'aide du vrai policier et de quelques conseils de son avocate Frédérique Pons. On sent aussi l'influence de grands réalisateur avec un clin d'oei au L.627 de Bertrand Tavernier mais surtout une histoire qui rappelle en plusieurs points Seven et Zodiac de David Fincher : Un jeune flic chargé d'une affaire atroce qui l'obsède cela ressemble à un joyeux mélange de ces deux films avec cependant un coté plus volontairement plus réaliste. Le réalisateur y va très fort dans la reconstitution des scènes de crimes et les photos des victimes particulièrement gore et qui mérite bien son avertissement.
Premier choix du réalisateur, Raphaël Personnaz incarne l'inspecteur Franck Magne dit Charlie. Un comédien devenu incontournable depuis deux ans qui arrive à se glisser parfaitement dans la peu de personnage très différents. Nathalie Baye joue l'avocate Frédérique Pons toujours avec le même talent. Frédéric Tellier est allé chercher un acteur quasiment inconnu pour le rôle de Guy George, il s'agit de Adama Niane qui n'avait jusque là tenu que de petits rôles. Sa prestation pourrait bien lui permettre de se faire un nom même si il reste un personnage secondaire de ce film.
Olivier Gourmet est un incontournable du film de genre en France et tient ici un rôle d'enquêteur qui prend un peu sous son aile Franck Magne comme une sorte de Morgan Freeman dans Seven. On trouve aussi Christa Theret dans le rôle de la seule victime rescapée et Thierry Neuvic qui retrouve Raphael Personnaz croisé dans Au Bonheur Des Ogres pour un rôle d'inspecteur rival. Autre acteur peu connu William Nadylam joue le second avocat de Guy George. Ces deux comédiens noirs qui sont quasiment les seuls inconnus du casting prouve que le cinéma français a encore des efforts à faire pour leur donner plus de rôles.
L'année démarre fort pour le cinéma français avec le premier film de Frédéric Tellier. L'histoire vraie de la traque de Guy George donne un film largement inspiré par les oeuvres de Bertrand Tavernier, Olivier Marchal et même David Fincher. Un enquête vraiment prenante et parfois violente dans ses images chocs doublé à la fois d'un film de procès malheureusement moins convaincant. Il serait pourtant dommage de passer à coté de cette première pépite de l'année.
Bien que l'histoire et l'issue soit connu de tous. Le film retranscrit plutôt bien le déroulement de tout l'univers de ce fameux "Guy Georges". Mélangeant des moments parfois documentaire, d'autre la constitution de l'affaire et son déroulement et ses flashs backs (la photographie jouant aussi un grand rôle). Il n'innove pas spécialement dans son genre en ce qui concerne les "biographies" de serial killer (je me comprends), mais arrive à nous tenir en haleine du début à la fin (malgrè quelques longueures qui passe facilement^^). On se laisse prendre au puzzle, tout en connaissant le final... on en apprend un peu, si l'on ne connait pas toute l'affaire et la mise en scène et chaque acteur joue chacune des prestations comme il le faut à tel moment (lors des flash back, les parties un peu docu...). Bref, une bonne surprise qui pourra en mettre mal à l'aise certains mais qui résume bien l'histoire de cette triste et sombre histoire.
L'idée de porter à l'écran l'affaire Guy Georges, tueur insaisissable qui sévit dans les année 90 à Paris, est similaire à celle de David Fincher quand ce dernier réalisa "Zodiac", un film où l'enquête se passe plus dans les bureaux que sur le terrain. Mais Tellier n'est pas Fincher, et son "Affaire SK1", si elle reste globalement prenante et bien interprétée, n'atteint jamais une intensité digne des plus grands films du genre. Le film a au moins l'intelligence de rester sobre dans sa mise en scène, condition requise pour montrer de façon réaliste le piétinement d'une enquête complexe, dont sa longue durée est causée par le manque de moyens à la fois scientifiques et techniques de la police. La réalisation efficace, qui évite les effets de style grandiloquents, est associée à un montage de qualité qui aurait sans doute été plus percutant si la structure globale du film avait été plus pertinente. En effet, les va-et-vient permanents entre le moment de l'enquête et la période du procès empêchent l’installation d'une tension permanente et posent surtout une question essentielle: les scènes au tribunal, si elles ne sont pas inintéressantes en soi, sont-elles déterminantes dans un film dont on connaît l'issue ? Non, de toute évidence, même si la volonté de Tellier de confronter enfin le visage de Guy Georges à ceux qui l'ont traqués était tentante, tant d'un point de vue émotionnel (la scène des aveux est d'ailleurs réussie) que d'un point de vue juridique (comment prouver la culpabilité de l'accusé d'après son dossier). "L' Affaire SK1" est un bon film aux limites très vite repérables mais qui ne prend pas le genre de haut.
Ce n'est pas la narration de deux récits (l'enquête et le procès) en parallèle qui suffit à renouveler le genre. Ceci dit, elle rythme le film et "L'affaire SK1" est réussi malgré son classicisme. Les faits racontés sont intéressants et les acteurs très bons.
Très bon film policier sur cette terrible histoire !! La réalisation est soigné, mêlant habilement intrigue et suspense !! Le rythme est efficace, pas de temps morts et qu'une seule envie, de savoir quand ils vont attraper ce meurtrier !! A noter un casting très convaincant !!
Ce film est une vraie réussite. Il est fort, complexe et les acteurs sont à la hauteur de l'histoire. Jusqu'au bout on tremble avec eux et jusqu'au bout le mystère demeure.
Une reconstitution extrêmement pointue d'une des grandes affaires policières des années 90. Celle de Guy Georges violeur et tueur en série de jeunes femmes surnommé " le tueur de l'Est Parisien". Pour celui qui a suivi l'histoire dans les journaux, le film n'apportera rien de neuf. Il met surtout en lumière les rivalités entre services donc entre flics à l'intérieur du 36 Quai des Orfèvres. Un sujet évoqué dans le film du même nom d'Olivier Marchal en 2004. Autre point gênant, ce prédateur sexuel connu des services de police et de la justice qui récidivera encore et encore avant d'être interpellé parce que la science n'était pas encore suffisamment avancée pour le confondre. Car le film nous replonge en plein dans les années 90 avec ses vieux PC remplaçant tout juste les machines à écrire (rappelant le manque de moyens évoqué dans L627 de Tavernier en 1992), l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, les attentats dans le RER parisien et la traque de Khaled Kelkal. Une éternité quand on voit la vitesse à laquelle le monde bouge. D'une précision documentaire, l'Affaire SK1 ne pêche que par les scènes entre le couple Magne. L'idée de montrer un flic écrasé par son travail et obsédé par son enquête nuisant à sa vie de couple n'est pas nouvelle et fait un peu gadget. Qu'importe ces quelques erreurs de jeunesse de la part du réalisateur. Elles ne remettent pas en cause l'atmosphère oppressante qui ressort de L'Affaire SK1 à tel point qu'on en vient à espérer que l'histoire se réécrive et que les policiers mettent moins de temps à interpeller le coupable.