La Tête haute
Note moyenne
4,0
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458 critiques spectateurs

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Fritz L
Fritz L

220 abonnés 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mai 2015
Par ses grandes qualités consensuelles, on peut comprendre pourquoi « La tête haute » a été retenu en ouverture du Festival de Cannes, et tout à la fois pourquoi il se trouve hors compétition. Commençons par les points positifs et tout d’abord celle belle détermination d’Emmanuelle Bercot à maintenir son film (long, très long) sur un mode dynamique de bout en bout. Approche bien documentée, dialogues ciblés, ambiances réalistes, c’est principalement le jeu des acteurs qui emporte notre adhésion, exception faite peut-être de Sara Forestier en Zézette du 21ème siècle. Deneuve (après « Elle s’en va » de la même réalisatrice), elle, y est une nouvelle fois bluffante en juge pour enfants à un point tel qu’elle tient tête à l’incroyable performance de Rod Paradot, le nouveau jeune chien fou du cinéma français dont la performance dépasse le simple rôle du petit délinquant. Benoît Magimel quant à lui, en éduc spé, affiche un jeu mature, épuré et confirme son immense talent. Certaines scènes sont purement et simplement stupéfiantes de maitrise, à l’authenticité avérée, à l’émotion brute. Il en va ainsi des confrontations difficiles au tribunal, des échanges entre professionnels, du désarroi des deux côtés de la balance, du lien familial. Cela se situe principalement dans la première partie, quasiment exemplaire tant au niveau du fond que de la forme. Cela est moins probant quand s’amorce la conclusion quelque peu fumeuse, la dernière partie toute angélique qu’elle soit n’arrive pas à convaincre sauf sur le plan séquence final qui est lui particulièrement émouvant. Emmanuelle Bercot, se pose ici en antithèse d’un Kechiche. Dans « La tête haute » la compassion vient du système judiciaire, à l’inverse du réalisateur de « L’esquive » qui penche plutôt pour l’inverse. Une mise dos à dos caricaturale (je le concède), mais probante. D’un côté comme de l’autre, il faudrait un juste milieu, celui de la dualité sous forme de complémentarité. Dans les années 80, la critique nettement moins politiquement correcte et ingénue qu’aujourd’hui, avait de ces formules lapidaires qui pouvaient faire sourire, qualifiant un film à caractère social, de gauche ou de droite. « La tête haute » se rangerait aisément dans la seconde catégorie. Toutefois, cette qualification n’entrave en rien la qualité de l’œuvre qui si elle est un peu véhiculée, reste profondément bienfaisante et appréciable.
LordV
LordV

36 abonnés 706 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 mai 2015
Évacuons rapidement la question du jeu des acteurs : Oui, Rod Paradot est exceptionnel. Oui, Catherine Deneuve n'est pas à la hauteur. Il faut être réaliste : dès les premières répliques, j'ai senti "l'appris, le récité" de la grande actrice. De fait, cela pèse sur l'histoire : elle est paumé et perd en crédibilité. Dommage ! Je m'attendais à mieux. Concernant l'histoire de ce film, je me suis rendu plein d'espoir au cinéma car il était censé parler de mon univers professionnel... Et là, la chute fût rude. Le superficiel, l'incohérence, le spectaculaire sont privilégiés à la réalité du travail quotidien des acteurs de la protection de l'enfance. C'est encore plus dommage car c'était l'occasion de sortir de la version "éduc - beatnik" et de montrer la richesse des relations entre un éduc et un ado et comment travailler avec son entourage. Occasion gâchée de manière magistrale. Je ne manque pas de souligner l'absence de travail, de relation avec cette mère destructrice pour son enfant. Même pas une allusion... Je glisse un dernier mot sur la fin du film que, sans en révéler la teneur, j'ai trouvé dangereuse.
Loïck G.

393 abonnés 1 832 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mai 2015
Sur le thème général de l’éducation de l’enfance difficile, Emmanuelle Bercot retrouve les accents de « Mommy » et l’esprit des frères Dardenne. En militante cette fois de la cause, la réalisatrice n’esquive aucun coup, et surtout pas la candeur d’une rémission illusoire. Elle dit le travail des éducateurs, leurs doutes et leurs faiblesses, montre les failles de l’administration judiciaire, mais aussi sa raison d’être, face à un système où la sauvagerie et l’innocence se liguent plus que de raison. Si le scénario ne laisse échapper aucune pièce du dossier de la petite enfance bringuebalée, il faut aussi saluer la remarquable prestation des comédiens. Le plus amateur d’entre eux, Rod Paradot (le rôle principal) libère un personnage d’une intériorité totale et d’une puissance émotionnelle sans limite. Deux soutiens de taille : Catherine Deneuve et Benoît Magimel qui ne faiblissent jamais.
Pour en savoir plus
vincenzobino
vincenzobino

133 abonnés 390 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mai 2015
Enfin une ouverture cannoise qui vaut la peine d'être vue, cela faisait quelques années pour moi.
Très belle illustration d'une enfance rendue difficile bien malgré soi et des obstacles rencontrés, tant par les jeunes en difficulté que par leurs proches (familles, assistants sociaux) ainsi que l'application des lois rendue parfois ignoble.
Aucun instant pathos n'apparait dans ce film, qui rappelle certes Mommy, si ce n'est que c'est l'enfant plus que la mère qui est mis en avant, mais également Polisse ainsi que l'émission Pascal le grand frère. Si les 10 premières minutes peuvent sembler interminables, la suite, heureusement, passe à une vitesse incroyable et s'avère captivante à suivre.
Grâce à des prises de vues de la Drôme magnifiques; grâce surtout au casting (hallucinante révélation qu'est Rod Paradot, brillante prestation de Benoit Magimel et très belles interprétations de Sara Forestier et surtout Catherine Deneuve magnifique. Grâce, enfin, à l'approche prise ne manquant pas d'égratigner la stupidité voir l'efficacité de certaines administrations (notamment un manque de tact dans certaines situations qui vont surement vous faire bondir) rendant de façon assez précise un compte rendu de ce que certaines familles endurent.
A recommander
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 mai 2015
Plutôt du genre généreux, j'aurais facilement attribué cinq étoiles à ce film pour la justesse des acteurs qui méritent tous un grand coup de chapeau. Dommage que la première partie du film soit si prévisible, même si cela reste dans la norme, et surtout cette bande son navrante. Qu'est-ce qu'ils ont tous, nos réalisateurs français, a nous mettre des musiques piochées dans des répertoires anglo-saxon où dans dans ceux déjà mainte fois utilisés comme ici. T'es où Michel Legrand et les autres compositeurs Français. C'est quoi ce cinéma qui parle des problèmes de notre pays sans utiliser nos sonnorités.
Faudrait qu'un jours on m'explique pourquoi les anglais, quand l'action se passe dans nos régions, utilisent notre patrimoine musical. Les français se contentent de musiques déjà entendues. C'est pour l'export? Doit-on subir cela sans rien dire? M....!
Felipe Dla Serna
Felipe Dla Serna

32 abonnés 246 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mai 2015
Une histoire très réaliste, trop peut être....au point de s'ennuyer parfois, tellement c'est attendu et même convenu. Cela n'empêche une correcte réalisation et une superbe prestation du jeune homme....toute une découverte dont on ne s'arrêtera pas de parler à l'avenir.
Finalement un film un peu moralisant et manichéen mais qui a l'intérêt de se pencher sur des sujets d'actualité comme l'autorité parental, l'éducation, violence juvénile, absence du père, banlieue difficile....etc
On peu le voir (sans plus) mais moins de longueurs aurait été bien mieux.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 14 mai 2015
Quelle belle découverte, ce jeune acteur est authentique, d'une sincérité exceptionnelle. Le film est drôle et émouvant à la fois. Seul petit bémol, comment ne pas le comparer à Mommy de Dolan? À ce jeu là, "la tête haute" ne gagnerait pas...
Dandure
Dandure

185 abonnés 205 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 mai 2015
Attention, cet avis contient des spoilers tels que : spoiler: c'est tout d'la fautte des povres.

La tête haute n'est pas un film sur la dignité mais sur les accès de violence d'un adolescent. Difficile d'éviter la comparaison avec le Mommy de Dolan. Le mérite du réalisateur québécois tient au traitement de son sujet du point de vue de la mère, à sa composition de personnages plus vrais que nature car parfaitement fictionnels et à sa capacité à nous avoir fait partager leurs souffrances. Le tout sublimé dans un généreux déluge esthétique.
De son côté, Emmanuelle Bercot se focalise sur le système judiciaire et sur le garçon. Son traitement est documentaire, sec, terne et distancié. Ses personnages sont moins issus d'une création artistique que d'une construction sociologique. Grâce à elle, on les reconnaît vite ces crétins de pauvres : ils vivent dans une obscure banlieue de Dunkerque. Analphabètes ils parlent trop mal. Ils ont les dents gâtées quand ils n'ont pas une capuche sur la tête. Immatures, ils n'écoutent que leurs passions ou leur bon plaisir. Ils n'ont ni conscience ni bon sens. Ils sont statistiquement probables mais cinématographiquement peu crédibles : trop de tares nuit à l'empathie.
Néanmoins, la réalisatrice décrypte intelligemment dans un cycle sans fin d'espoirs et de rechutes, le dialogue de sourds entre une administration paternaliste et protocolaire qui n'a d'idées que pour les acronymes et des délinquants rageurs qui perçoivent en l'autre un ennemi. Elle convainc beaucoup moins quand elle lâche ses statistiques et voudrait nous faire croire que la pulsion de vie l'emporte sur la pulsion de mort.
Moralité : J'veux ma Mommy !!!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 mai 2015
Excellent film! Très bien joué
Dur mais plein d'espoir. Catherine Deneuve et Benoit Magimel sont excellents ainsi que Sarah forestier et le jeune ado.
Nyns
Nyns

249 abonnés 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mai 2015
Le cinéma pour bobos a encore frappé! Qu'est-ce que ça peut être lassant cette mode quand même. Mais bon, je donne mon avis sur ce que j'ai vu et ressenti et j'avoue que là, il y a matière à éloges. Tout d'abord parce que cette réalisation féminine jouis d'un ultra-réalisme déstabilisant à l'allure de documentaire chiadé (on pourrait facilement croire n'assister qu'à la même scène répétée en boucle, pourtant il n'en est rien). Ensuite parce que "La tête Haute" est porté en grande partie par un jeune comédien inconnu au bataillon, qui nous offre une expérience de la violence incontrôlable que l'on est pas prêt d'oublier. Les acteurs secondaires sont excellents également (Deneuve, Magimel et Forestier), mais vu leur CV ça reste plus logique. Et pour finir parce que les portraits sont travaillés avec tant de justesse et d'humanité, que leur totale maitrise rend cette fable sociable honorable. Une vision acerbe de la marginalisation d'une jeunesse perdue dans les tréfonds de l'agressivité et la rage.
Christophe L
Christophe L

8 abonnés 379 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mai 2015
Si le synopsis du film "La tête haute", présenté à Cannes hors compétition, est on ne peut plus clair et bien que tout soit dit en quelques mots, la réalisatrice Emmanuelle Bercot (Clément, Backstage, Elle s'en va...) traite de l'éducation à la perfection, à travers des personnages riches en action, des acteurs (Catherine Deneuve, Benoît Magimel, Sarah Forestier) complètement investis dans leur rôle. Restait plus qu'à Emmanuelle Bercot de dénicher le jeune qui saurait incarner le mieux ce violent délinquant. Pari réussi en la personne de  Rod Paradot : époustouflant...
nadège P.
nadège P.

150 abonnés 538 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 14 mai 2015
Ce film est trop violent et montre trop de souffrances.
Je n'ai pas aimé.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 14 mai 2015
Excellent thème mais Deneuve est d'une nullité affligeante.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 mai 2015
La performance de l'acteur est exceptionnelle, la mise en scène superbe, un film qui prend aux tripes du début à la fin
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mai 2015
Enfin du changement en ce qui concerne le film d'ouverture du festival de Cannes! Depuis des années, incompréhensiblement, on offrait en pâture aux festivaliers un film à grand spectacle et d'un intérêt quasi nul! Mais, cette année, avec "La tête haute", pas de doute, on a affaire à du cinéma de qualité.
C'est, le plus souvent, la tête basse cependant et, parfois même, encombrée d'une casquette ou d'une capuche, qu'apparaît Malony (Rod Paradot, révélation de ce film). Quand il comparaît pour la première fois devant la juge des enfants (Catherine Deneuve, grandiose dans sa retenue), il a six ans! C'est le début d'un long parcours de délinquance et d'une succession de rendez-vous dans le bureau de la juge. Adolescent, il vole des voitures et, dès qu'il est contrarié, se livre à des violences compulsives que sa mère (Sara Forestier) est bien incapable de contrôler.
Sa vie de délinquance semble toute tracée et comme inscrite dans ses gênes ou résultant, en tout cas, d'une absence de père (décédé) et de l'évidente fragilité psychologique de la mère. Comment ne pas baisser les bras? Qui peut espérer en un avenir meilleur pour ce garçon? Rien ne lui sera épargné, de fait, ni le placement en institution spécialisée, ni le centre éducatif fermé, ni même la prison ! Impossible pour la juge de le soustraire à toutes ces sanctions.
Mais, si sanctions il y a, ce n'est jamais de manière gratuite : chaque fois que tombe un verdict se met en place aussi, autant que faire se peut, un dispositif d'aide et une recherche de solutions adaptées pour que l'adolescent puisse enfin, s'il est possible, échapper à la fatalité de la délinquance. Le meilleur de ce film nous fait voir ou entrevoir les relations compliquées qui se font et se défont entre Malony et ceux qui, d'une manière ou d'une autre, tentent de le tirer de son enfermement dans la violence.
Trois personnes ne baissent pas les bras, trois personnes entreprennent tout ce qu'elles peuvent pour « sauver » Malony. D'abord la juge qui, lors d'une superbe scène, lui tend littéralement la main, la juge à qui le garçon, reconnaissant, fera le cadeau d'un caillou ! Ensuite son éducateur (Benoît Magimel) dont on apprend, au fil du récit, qu'il n'est pas sans failles ni blessures, mais qui, cependant, trouve la force et de se relever et de ne jamais abandonner l'adolescent. Enfin la fille d'une de ses éducatrices avec qui Malony apprend non seulement à faire l'amour mais à se laisser aimer. Lui qui ne respire que violence découvre, stupéfait, la douceur d'aimer et d'être aimé !
Nonobstant toutes les nombreuses qualités de ce film, il faut aussi lui reconnaître deux points faibles. D'abord le jeu outrancier et caricatural de Sara Forestier : elle surjoue son rôle de mère incapable d'élever ses enfants et le rend peu convaincant. Ensuite la fin délibérément optimiste du film : on ne peut évidemment que souhaiter une issue heureuse à un garçon délinquant mais, à l'écran, cela paraît artificiel et peu crédible !
Reste néanmoins, malgré ces petits défauts, un film remarquable, pas loin d'atteindre le niveau des meilleurs films « sociaux », ceux d'un Ken Loach par exemple. 8/10
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