636 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
67 critiques spectateurs
5
2 critiques
4
26 critiques
3
25 critiques
2
7 critiques
1
4 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Rourkewhite
107 abonnés
968 critiques
Suivre son activité
3,0
Publiée le 12 mai 2022
Du suivi de cette bonne mère, Nora, se dégage une grande authenticité et sincérité, que vient renforcer une interprétation non-professionnelle particulièrement en phase avec son sujet! C'est pudique, touchant et d'une grande douceur malgré un contexte un peu misérabiliste. En délaissant la mère pour suivre la fille, Hafsia Herzi renonce à son atout et propose alors un "film de cité" plus attendu et moins captivant. La volonté de sous-dramatiser dilue l'intensité d'un récit qui aurait pu (dû?) être bouleversant, au lieu de simplement démonstratif.
Il faut du courage, aujourd’hui, pour filmer l’infra-ordinaire. Il faut de la rigueur, mais aussi une forme de grâce, pour s’intéresser à ce qui ne crie pas, ne brille pas, ne se vend pas. Bonne Mère est de ces œuvres qui avancent à rebours du spectaculaire. Hafsia Herzi n’élève pas la voix : elle tend l’oreille. Elle ne cherche pas le drame : elle l’absorbe. Et c’est dans cette écoute, dans cette manière de filmer sans appuyer, que réside la puissance de son geste.
Le titre du film (Bonne Mère) charrie à la fois l’imaginaire religieux marseillais (la "Bonne Mère" qui veille sur la ville) et celui, plus intime, de la dévotion féminine. Nora, interprétée par Halima Benhamed, n’est pas héroïsée. Elle est filmée dans une posture d’effacement, mais un effacement actif. Elle incarne ces corps fatigués, ces existences invisibles qui font tenir le monde en place sans jamais être nommées.
Herzi refuse la rhétorique de la victimisation : ce qu’elle capte, c’est une dignité dans l'endurance. Nora est là, toujours là, inaltérable. Elle ne plie pas. Elle ne réclame rien. Et c’est précisément cette absence de revendication qui devient politique.
Il ne se passe rien, au sens scénaristique. Et c’est précisément cela, le geste de cinéma. Herzi refuse la tentation du misérabilisme, tout autant que celle du pathos. Elle filme la succession du quotidien. La précarité n’est pas montrée comme un problème, mais comme un état de vie, une matière à filmer.
Nora n’a pas de vie propre. Pas d’espace. Pas de désir. Elle est ce que les autres projettent sur elle : la mère, l’aide, le recours. Elle ne s’appartient pas. Et cette dépossession, que le film ne commente jamais, devient la grande tragédie du récit. Nora incarne cette figure archaïque de la mère nourricière, dont l’identité se dissout dans le sacrifice.
Et le spectateur, témoin de cette présence-absence, ressent une forme de gêne. Car cette "bonne mère", dans son effacement absolu, devient presque insupportable à regarder. On voudrait qu’elle se fâche. Elle ne le fera pas.
Ce qui sauve le film de toute lourdeur, c’est son rapport à la lumière. Il y a dans son cadre une manière de toucher sans envahir, de regarder sans disséquer. Chaque plan semble dire : cela aussi mérite d’être vu.
Le grand absent du film est peut-être celui qui l’habite le plus : le fils incarcéré. Il est le hors-champ autour duquel gravite toute la narration. Nora vit pour lui, agit pour lui, attend pour lui. Mais il ne revient jamais.
Bonne Mère est un film rare, parce qu’il regarde là où l’on détourne d’habitude les yeux. Hafsia Herzi signe ici un geste politique en creux, un hommage à ces femmes que personne ne remercie jamais, et qui pourtant maintiennent la société à flot. Pas de lyrisme, pas de démonstration. Juste un regard. Et ce regard suffit à faire exister ce qui, d’ordinaire, disparaît.
Troublant, une famille qui oublie ses racines, très loin des stéréotypes de Marseille et des ses quartiers Nord : Nora s'exprime parfois très brièvement en arabe ; outre le passage d'une cousine voilée, la seule référence à des origines géographiques que je retiens est une conversation chaleureuse de Nora avec ses collègues, chacun annonçant la prochaine spécialité culinaire dont elle régalera les autres.
Le drame du film est en fait bien l'acculturation, l'effacement de toute référence culturelle et transgénérationnelle commune à la famille. Nora se démène pour nourrir sa famille, elle aime ses enfants et petits enfants, mais elle est sur une planète qu'eux... Ceux pour qui elle trime dur dès l'aube, ne pensent qu'à l'argent facile qui tombera de magouilles "faciles". Le passage dans le champs de la caméra de la cousine voilée tend sans doute à rappeler qu'une des réactions possible dans ce désert culturel est la réappropriation, dans le désordre, de la religion des origines.
C'est du très bon cinéma social, mais Hafsia Herzi, qui aime pourtant Marseille, ne nous immerge pas assez dans les lieux; par exemple, en sortant du film, on n'a aucune idée de l'agencement de l'appartement qu'habite la famille de Nora ; on y perd en empathie, en intimité avec elle...
Comme la Bonne Mère protège Marseille, Nora protège seule sa petite famille dans les quartiers Nord. Un fils en prison, un autre devant sa console, une fille travailleuse précaire, deux autres tentées par la prostitution, cette femme déterminée et solaire donne tout l'amour qu'elle peut à défaut d'argent. Un film sociale qui dénonce cette frange de la population française abandonnée dans des tours sans ascenseurs et employée pour des services que les autres ne veulent plus faire. Les acteurs non professionnels sont formidables et amènent de la véracité à des dialogues parfois crus où derrière l'apparente agressivité se cache une jolie musique poétique. En creux on devine qu'Hafsia Herzi, désormais aussi bonne réalisatrice qu'actrice, rend hommage à sa propre (bonne) mère, et celle-ci peut être fière d'elle.
Beau film sur une femme simple, joué de manière simple mais à merveille par une actrice parfaite pour le rôle. On sent que Hafsia Herzi emprunte énormément à Kechiche dans ce film qui se veut proche du réel.
Bonne mère nous donne une image de ces mères courage qui tiennent bon contre vent et marée pour leur famille et amis. Un film qui se passe dans les quartiers nord de Marseille ce qui nous ajoute les couleurs locales. Un jeu d acteurs remarquables sert ce film. Il nous fait rentrer dans cette intimité de ces familles qui survivent, mais pas de pathos un ton qui sent la vérité.
Un excellent film !!! C' est le film que j aurai aimé réaliser car le sujet est sensible, j aime mettre en lumière ces personnes invisibles qui se sacrifient pour les autres. Ce film me parle beaucoup et rend hommage aux personnes qui vivent dans l ombre et qui pourtant apportent énormément. J ai adoré ce film bien fait on ne s ennuie pas, je le recommande vivement;
Quelle claque, quelle artiste! Deuxième réalisation de Hafsia Herzi et c’est déjà magistral. On sent qu’elle a mis tout son cœur dans ce récit, aussi puissant que beau. C’est sincère, c’est doux mais en même temps tragique, j’ai complètement adoré. 1h45 parfaitement rythmée où l’on va surtout suivre cette mère, débordée par la vie, qui porte toute sa famille à bout de bras malgré ses problèmes financiers et physiques. Il y a peut-être un peu trop de personnages mais celui-ci est magnifiquement touchant. Une œuvre bouleversante et un casting toujours très juste. 18/20
Une tranche de vie dans une famille vivant en cité à Marseille. On essaie sans forcer de nous faire réfléchir aux conditions de vie dans ces quartiers. L'histoire est peu palpitante.
Un film qui se vit à chaque prise de vue (la touche H.H !). Une histoire qui nous renvoie à notre propre famille de façon intime et très intense. Les acteurs sont toujours dans le bon tempo et le scénario prend l'exacte mesure de la réalité... Allez le voir sans attendre !
film sensible et juste. nous avons été le voir une après midi pluvieuse et avons passé un excellent moment avec Nora et sa famille. cette mère courage nous a émus.
Un film doux simple mais d'une grande beauté sur un thème bien actuel. Il est traité sans misérabilisme avec beaucoup de dignité et d'intelligence. L'actrice principale et d'une force remarquable
superbe portrait de femme, mère, employée prise entre la difficulté d'éduquer ses enfants, son travail, et les difficultés financières liées à un drame familial. toujours souriante, Nora ne baisse jamais les bras et offre à tous ceux qu elle croise chaleur et soutien. néanmoins, le film n est pas misérabiliste puisque le réalisateur choisit de filmer cette femme avec douceur, notamment dans de superbes plans (à la fin par exemple). bravo poyr la photo, j ai beaucoup aimé ce film.
J'ai beaucoup aimé ce film. Ça commence tranquillement, la vie du quotidien d'une mère de famille de quartier. On d'y attache. Les acteurs portent le film