une satire pointue du principe de la guerre, du facisme et largement inspiré d'un certain Hitler… comme toujours avec Chaplin, le regard est intelligent, moderne, mordant mais plein d'humour également! d'ailleurs, du dictateur qui joue avec le monde matérialisé par une mappemonde gonflable au discours inaudible avec le jeux des micros : tous les talents d'un créateur, d'un génie du cinéma pour son 1er film parlant!
Une satire enlevée et aiguisé du Nazisme par Charlie Chaplin. Réalisé en 1939, le film rappelle l'acuité de la comédie pour troquer les multiples travers de l'être humain. Mégalomanie, goût du pouvoir, sens de la représentation pour y parvenir, brutalité de l'homme, tout ca mis en image avec sens du burlesque. Chaplin y tient un double role, comme deux forces qui s'opposent, celui d'un barbier candide en proie avec les événements terrible, et celui de Hynker, dictateur insensible et colérique inspiré par qui vous savez. Le fameux discours humaniste final est à la hauteur de sa réputation. "Nous ne ressentons pas assez, et nous pensons trop....."
Y a des films comme ça... vous savez qu'ils ne font pas spécialement partie de vos préférés, que ce soit en général ou venant de tel ou tel cinéaste, mais vous savez également que, sans eux, le cinéma n'aurait pas le même visage. En ce qui me concerne, "Le dictateur" est de ceux-là. Comme d'habitude chez Chaplin, le burlesque (les trouvailles comiques, encore une fois, ne manquent pas) et le tragique se côtoient de très près. Même si, comme le prouveront les films ultérieurs, ce dernier prendra davantage de place. S'initier au parlant amènera Chaplin a renouveler son cinéma. Il n'y a qu'un seul petit défaut ici, d'ailleurs étonnant venant de Chaplin, c'est de céder à un message certes qui devrait être la norme, mais qui est trop idéaliste. On ne peut pas faire confiance à l'Être Humain. Autrement, tout le reste est parfait. Notamment le jeu d'acteurs. Chaplin le premier dans un double rôle et la merveilleuse Paulette Goddard. Bien entendu, tout est à voir en VO, la VF, refaite en 1968 (l'originale ayant été perdue) est assurée par des gens de talent, mais entraîne certaines lourdeurs dans les dialogues. S'il ne s'agissait pas d'Hitler et de Mussolini, on le penserait d'hier. Qu'importent les époques, les dictateurs ne changent pas.
Une parodie des régimes nazi et fasciste en Europe, tournée au début de la 2ème guerre mondial, pleine de poésie, d'humour et d'inventivité, avec un Charlie Chaplin éblouissant dans son double rôle de barbier juif et dictateur. Un thème grave traité (apparemment) avec légèreté, même si, de mon point de vue, il souffre parfois de longueurs et de répétitions.
Le Dictateur semble un film de transition dans la carrière de Charlie Chaplin. Et c'est réussi ! En interprétant deux personnages, il met en scène sa propre évolution en tant qu'acteur, du cinéma muet au cinéma parlant. Le barbier a l'allure bien connue de Charlot, son comique repose sur le visuel, il parle très peu, sauf lors du discours de fin sur lequel je reviens plus bas. Adenoid Hynkel parle sans arrêt, surtout pour hurler dans un pseudo-allemand, donnant à voir et entendre un comique de parole. Les imitations d'Hitler pendant ses discours sont d'ailleurs hilarantes ! Charlie Chaplin réussit même la prouesse de donner de la grâce à son dictateur en interprétant en souplesse une magnifique danse avec une mappemonde. Quant au contexte, on ne peut que saluer le courage de Charlie Chaplin d'avoir commencé à réaliser son film seulement 8 jours après l'invasion de la Pologne par les Nazis et 6 jours après la déclaration de guerre à l'Allemagne par l'Angleterre et par la France. Les caricatures qu'il fait de Hitler et de Mussolini sont visionnaires et audacieuses pour 1940. Elles paraissent étonnamment modernes 83 ans plus tard. Le discours de fin est quant à lui somptueux. Un monologue de six minutes, émouvant, sincère, d'autant plus touchant compte-tenu du contexte au moment de son tournage, qui donne à penser à ce qu'est l'humanité. Un film à (re)voir absolument.
Entre autres qualités, The Great Dictator vaut pour la distorsion qu’il exerce sur le temps : les deux axes narratifs, amorcés par un prologue faisant de l’amnésie une métaphore de l’absence de leçons tirées de la Première Guerre mondiale, établissent deux rapports au temps, l’un tourné vers l’avenir spoiler: (la perspective des génocides et les conquêtes territoriales, auxquelles répond la quête d’une vie de famille bucolique) , l’autre consacré au présent (les défilés militaires, les incessantes visites des ministres d’une part, les tentatives de fuite et d’exode d’autre part). Opposées par l’idéologie, ces deux trajectoires se voient ainsi rapprochées voire confondues par la reprise de mêmes situations, et donc d’une même temporalité : spoiler: la musique jouée au piano annonce la partition classique qui rythmera, tel un ballet, le rasage d’un client, la chorégraphie entreprise par l’artisan sera reprise par le dictateur…
Charles Chaplin perçoit ainsi le totalitarisme et sa résistance comme autant de variations autour de la nature humaine, refuse tout manichéisme au profit d’états liés aux circonstances – Charlot devient un héros de guerre malgré lui –, aux convictions profondes et à l’entourage d’un individu. En cela, le discours de clausule, plaidoyer en faveur de la liberté et de l’intégrité, détourne une imagerie utilisée précédemment à des fins de propagande – les cadrages en gros plans, l’intonation qui va crescendo – dialoguant avec le geste artistique de Leni Riefenstahl. Nous observons ici une ambiguïté précieuse, prémices de ce qui deviendra Monsieur Verdoux, soit la thèse d’une nature humaine duelle dont les deux visages antithétiques (mais complémentaires) se voient dissociés par les personnages mais associés par l’acteur et par les événements que nous supposons d’entrée de jeu, et que la construction étendue du long métrage retarde spoiler: (l’inversion des rôles entre le dictateur antisémite et le barbier juif) et transpose en matière burlesque. Chaplin signe donc une œuvre d’autant plus forte et intelligente qu’elle pense l’histoire dans son rapport au temps : le seul avenir viable réside dans la connaissance du passé et donc d’une reconquête de la mémoire afin de ne pas reconduire – au risque de les aggraver – les erreurs d’autrefois.
En plus d’être un génie, Chaplin démontre qu’il est aussi un cinéaste prophétique dans cette comédie burlesque et humaniste sublime, truffé de scènes d’anthologie.
Que rajouter sur ce monument du cinéma? Tout a déjà été dit. Un grand film à la fois engagé et furieusement drôle. Et si Chaplin cède un peu au cabotinage, l'aspect théatrale du film lui pardonne tout.
Incontournable film de Charles Chaplin, "Le Dictateur" ne fait pas seulement parti de l'histoire du septième art, mais de l'Histoire en général. Un film engagé dénonçant les dérives de son temps, c'est aussi et surtout un film prémonitoire. Réalisé en 1940, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, le film anticipe les événements effroyables qui auront lieu les années suivantes, génocides et privation des libertés. Cette satire, qui échoue parfois à nous faire réellement rire, a toutefois contribué à l'image que nous avons aujourd'hui du dictateur allemand, et a probablement aidé à forger l'opinion américaine contre celui-ci. "Le Dictateur" vaut surtout pour son discours final, absolument éblouissant, qui aujourd'hui encore ne manque pas de saveur et semble toujours bien d'actualité.
Malgré une parole qui parfois handicape le film, Chaplin, encore une fois, amuse avec une profondeur évidente. Au-delà de parler d'une époque, c'est la portée universelle et quasi-permanente de son travail qui le rend si brillant. Chaplin, always the Boss.
Inoubliable charge contre Hitler et la dictature fasciste en général, le film de Chaplin est une succession de scènes comiques d'anthologie qui témoignent du génie burlesque de leur auteur, de son inspiration satirique et de la prodigieuse combinaison des deux. Elles reflètent aussi une exigence et d'une acuité rares. Car la composition que Chaplin fait d'Hitler-Hynckel n'est pas seulement drôle : elle découvre, sous les traits grossis de la caricature, la nature et le caractère vrais, redoutables, du dictateur. Le palais du grotesque Hynckel, où le tyran de la Tomainie prépare l'invasion de l'Osterich, déborde d'idées comiques qui tournent en ridicule la mégalomanie, la vanité ou l'insignifiance du personnage. Ces séquences alternent tout au long de la comédie avec celles, nécessairement teintées de gravité, relatant, dans le ghetto de la ville, le sort de la communauté juive et, plus précisément, celui d'un candide barbier, curieusement mais pas innocemment le sosie d'Hynckel. Car c'est à lui, le faible et le réprouvé, que reviendra le dernier mot à travers un discours humaniste passionné dans lequel le cinéaste-acteur met toute sa conviction et sa sincérité. Jusqu'alors, Chaplin met en scène deux récits parallèles représentant la victime et le bourreau, quasiment une variante, conformément au double rôle de Chaplin, de Jekyll et Hyde. Au-delà du sujet, "Le dictateur" est un film superbement maitrisé, comme l'aboutissement du cinéaste.
L'un des plus grands chefs d'oeuvre du cinéma mondial : certains gags paraissent un peu faciles, bien sûr, mais 'Le Dictateur' est tout de même d'une grande inventivité cinématographique et constitue surtout un plaidoyer magnifique et bouleversant contre le fascisme et pour la paix.
Que dire de plus sur ce grand mais curieux film qui mélange comique, satyre et appel à la paix en plein début de 2e guerre mondiale ? Que Chaplin était un génie doublé d'un courageux humaniste. Ça commence à la façon de Charlot (gags irrésistibles) pour passer à l'oppression nazie dans le ghetto de Varsovie, puis à la pantomime et l'imitation des tics grotesques d'Hitler et de Mussolini. On est aussi impressionné par la qualité des trucages de l'époque. La seule chose qui empêche ma 5e étoile est que c'est bien sûr inégal du fait de l'hybridation du sujet et qu'il y a des longueurs sur les 2 heures. Le discours final, très émouvant, n'a malheureusement toujours pas été entendu 85 ans plus tard par des leaders tels que Putin, Trump et Netanyahu. C'est le constat le plus désolant qui soit sur la nature humaine.