Le Dictateur
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Nathan
Nathan

2 abonnés 124 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 janvier 2026
À bien des égards, ce film mérite son statut de chef-d’œuvre intemporel. Chaplin a toujours été un cinéaste engagé, mais faire de son premier film parlant une satire assumée du nazisme et du fascisme était vraiment trés osé à l’époque ( car rappelons qu’il est sorti en 1940, en plein pendant la 2GM ! ). La prise de risque était énorme mais c’est ce qui rend " Le Dictateur " encore plus marquant.
Si l’on s’amuse notamment de la ressemblance entre Chaplin et Hitler ( caricaturé dans le personnage d’Adenoid Hynkel ), le comique reste l’élément central de l’action malgré la gravité du sujet abordé ( nous pouvons faire un parallèle avec '' Animal Farm " d’Orwell, satire du communisme ). Les expressions corporelles de Chaplin quand il imite Hitler ou encore les scènes avec les dictateurs Hynkel et Napaloni vers la fin du film sont juste hilarantes et n’ont pas pris une ride. Beaucoup de séquences sont encore cultes aujourd'hui, notamment la danse du ballon avec la map monde qui explose dans les mains du dictateur ( excellente représentation de la folie et la mégalomanie du moustachu ) et évidemment le discours final, doublé en VF par nul autre que le regretté Roger Carel. Pour le coup, faire un discours humaniste et antiraciste au cinéma en 1940, c’etait vraiment très osé.
Enfin, mention spéciale pour l’élégance naturelle de Paulette Goddard, déjà apparue auparavant dans " Les Temps Modernes " aux côtés de son époux.
Arthur Bradol
Arthur Bradol

1 abonné 148 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 janvier 2026
The Great Dictator est le premier long métrage parlant de Charlie Chaplin et l'une de ses plus belles réussites. Ce film est inédit, en le regardant tout laisserait penser qu'il fut tourné postérieurement à la seconde guerre mondiale, et pourtant. Le tournage a débuté quelque jours après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie, c'est pour dire le regard précurseur qu'avait Chaplin sur qui était Adolph Hitler et surtout ce que représenterait le nazisme dans le futur. Certes on était au courant à l'époque de la dérive autoritaire et du contrôle totale du Parti sur la vie des citoyens, mais la manière dont cette oeuvre nous montre l'inhumanité de l'antisémitisme ou encore le bouleversement que représente la guerre est assez choquant.

C'est pour moi essentiel de se rappeler du contexte du film et de son avant gardisme pour réellement apprécier le contenu et la performance délivrée par Chaplin. Le discours de la fin est bien évidemment mythique et si essentiel au vu du contexte, sa puissance et son audace impressionne et renforce exponentiellement son impact et sa portée. De s'imaginer un tel film pendant la deuxième guerre mondiale est presque inimaginable et montre parfaitement la stupidité de la guerre, une guerre qui aliène toute vie sur terre, qui fait passer le bonheur et la paix en dessous d'enjeux vues comme plus grands, d'enjeux qui dépasseraient le sens de nos vies.

J'ai de plus beaucoup rit devant ce film, la caricature comique d'Hitler est sublime, elle montre indirectement la puissance qu'avait cette homme sur sa population, à quel point n'importe qui l'aurait suivi, même quand il se ridiculise. Il nous ai bien démontré la face caché d'hommes comme Mussolini et Adolph, des hommes à la recherche d'une certaine renommée, d'un certain prestige que seul la guerre et l'autoritarisme peuvent leur donner.

Fin bref, un monument du 7eme art qui mêle humour et drame sur un sujet si délicat, un sujet si morbide, un sujet meurtrier. La façon dont on arrive à rigoler tout en s'indignant est unique et cela permet d'adoucir l'oeuvre sans pour autant lui retirer sa puissance accusatrice. Certes, si on prend une oeuvre telle que la Liste de Schindler on sera beaucoup plus horrifié lors du visionnage, mais un Dictateur lui nous fait réfléchir, nous permet d'appréhender les impacts de la guerre et surtout de les constater directement (bien sûr la Liste de Schindler le fait aussi, l'un des meilleurs film du cinéma, mais réalisé dans les années 90). Donc voila une oeuvre si importante et si singulière qu'il est impossible de ne pas l'aimer ou du moins d'apprécier son génie artistique.
Coltito
Coltito

4 abonnés 214 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 décembre 2025
Après la guerre 14-18, un petit barbier juif a perdu la mémoire. Après des années d’hôpital, il va retrouver son magasin dans le ghetto. Mais là-bas, il découvre un monde de terreur dirigé par un dictateur, avec l’aide de plusieurs amis, il résiste au SS et est pourchassé.
Une comédie assez drôle a voir en famille.
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 656 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2025
Beaucoup de comique de geste qui est certes fait avec beaucoup de talent mais ne fait pas beaucoup rire. Un peu lent. La grande force du film est d’avoir une vue très lucide pour l’époque sur la folie d'Hitler et sa haine des juifs. Poura t on dire qu’en 1940 personnr ne savait?
Flo M
Flo M

29 abonnés 782 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 novembre 2025
Un véritable classique. Après je reconnais je n'ai pas spécialement accroché, j'ai un peu de mal mais je reste objectif je mets 4/5 car c'est unique.
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 novembre 2025
Que dire de plus sur ce grand mais curieux film qui mélange comique, satyre et appel à la paix en plein début de 2e guerre mondiale ? Que Chaplin était un génie doublé d'un courageux humaniste.
Ça commence à la façon de Charlot (gags irrésistibles) pour passer à l'oppression nazie dans le ghetto de Varsovie, puis à la pantomime et l'imitation des tics grotesques d'Hitler et de Mussolini. On est aussi impressionné par la qualité des trucages de l'époque. La seule chose qui empêche ma 5e étoile est que c'est bien sûr inégal du fait de l'hybridation du sujet et qu'il y a des longueurs sur les 2 heures. Le discours final, très émouvant, n'a malheureusement toujours pas été entendu 85 ans plus tard par des leaders tels que Putin, Trump et Netanyahu. C'est le constat le plus désolant qui soit sur la nature humaine.
cinono1

365 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 novembre 2025
Une satire enlevée et aiguisé du Nazisme par Charlie Chaplin. Réalisé en 1939, le film rappelle l'acuité de la comédie pour troquer les multiples travers de l'être humain. Mégalomanie, goût du pouvoir, sens de la représentation pour y parvenir, brutalité de l'homme, tout ca mis en image avec sens du burlesque. Chaplin y tient un double role, comme deux forces qui s'opposent, celui d'un barbier candide en proie avec les événements terrible, et celui de Hynker, dictateur insensible et colérique inspiré par qui vous savez. Le fameux discours humaniste final est à la hauteur de sa réputation. "Nous ne ressentons pas assez, et nous pensons trop....."
Evann M.
Evann M.

3 abonnés 235 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 novembre 2025
Un film d’une audace rare, mêlant humour, émotion et message humaniste avec une finesse incroyable. La satire frappe juste, les scènes burlesques restent inoubliables et le discours final résonne toujours autant. Malgré quelques longueurs propres à son époque, l’ensemble demeure d’une puissance étonnante. Un classique qui réussit à faire réfléchir tout en divertissant, preuve qu’un film engagé peut aussi être profondément universel.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 novembre 2025
Entre autres qualités, The Great Dictator vaut pour la distorsion qu’il exerce sur le temps : les deux axes narratifs, amorcés par un prologue faisant de l’amnésie une métaphore de l’absence de leçons tirées de la Première Guerre mondiale, établissent deux rapports au temps, l’un tourné vers l’avenir spoiler: (la perspective des génocides et les conquêtes territoriales, auxquelles répond la quête d’une vie de famille bucolique)
, l’autre consacré au présent (les défilés militaires, les incessantes visites des ministres d’une part, les tentatives de fuite et d’exode d’autre part). Opposées par l’idéologie, ces deux trajectoires se voient ainsi rapprochées voire confondues par la reprise de mêmes situations, et donc d’une même temporalité : spoiler: la musique jouée au piano annonce la partition classique qui rythmera, tel un ballet, le rasage d’un client, la chorégraphie entreprise par l’artisan sera reprise par le dictateur…

Charles Chaplin perçoit ainsi le totalitarisme et sa résistance comme autant de variations autour de la nature humaine, refuse tout manichéisme au profit d’états liés aux circonstances – Charlot devient un héros de guerre malgré lui –, aux convictions profondes et à l’entourage d’un individu. En cela, le discours de clausule, plaidoyer en faveur de la liberté et de l’intégrité, détourne une imagerie utilisée précédemment à des fins de propagande – les cadrages en gros plans, l’intonation qui va crescendo – dialoguant avec le geste artistique de Leni Riefenstahl. Nous observons ici une ambiguïté précieuse, prémices de ce qui deviendra Monsieur Verdoux, soit la thèse d’une nature humaine duelle dont les deux visages antithétiques (mais complémentaires) se voient dissociés par les personnages mais associés par l’acteur et par les événements que nous supposons d’entrée de jeu, et que la construction étendue du long métrage retarde spoiler: (l’inversion des rôles entre le dictateur antisémite et le barbier juif)
et transpose en matière burlesque.
Chaplin signe donc une œuvre d’autant plus forte et intelligente qu’elle pense l’histoire dans son rapport au temps : le seul avenir viable réside dans la connaissance du passé et donc d’une reconquête de la mémoire afin de ne pas reconduire – au risque de les aggraver – les erreurs d’autrefois.
J.-C
J.-C

8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 octobre 2025
J'ai toujours été subjugué par ce regard affolé qu'a Chaplin à la fin de son meilleur film, qui est la fin de son meilleur discours, de sa meilleure prestation. Jusqu'à récemment, je ne l'ai jamais véritablement compris. Mais alors que la démocratie s'effrite partout où elle a existé, sujette à des errements institutionnalisés et à une forme de fascisme nouveau, je le comprends enfin. Terrifiant.
Arthur Lafont
Arthur Lafont

3 abonnés 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 août 2025
Qu'en dire si ce n'est un Chef d'oeuvre pour ne pas être original. Plein d'espoir, finement écrit, habile dans les gags et la mise en scène. Un Chaplin au sommet de son art. L'art de ridiculiser l'abominable et de magnifier le sublime. Bravo et merci Mr Chaplin.
Lucas Bachelier
Lucas Bachelier

4 abonnés 1 352 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 juillet 2025
Un chef-d’œuvre intemporel mêlant satire politique, émotion et humanité. Chaplin y livre une performance bouleversante et un message universel toujours d’actualité.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juin 2025
Y a des films comme ça... vous savez qu'ils ne font pas spécialement partie de vos préférés, que ce soit en général ou venant de tel ou tel cinéaste, mais vous savez également que, sans eux, le cinéma n'aurait pas le même visage. En ce qui me concerne, "Le dictateur" est de ceux-là. Comme d'habitude chez Chaplin, le burlesque (les trouvailles comiques, encore une fois, ne manquent pas) et le tragique se côtoient de très près. Même si, comme le prouveront les films ultérieurs, ce dernier prendra davantage de place. S'initier au parlant amènera Chaplin a renouveler son cinéma. Il n'y a qu'un seul petit défaut ici, d'ailleurs étonnant venant de Chaplin, c'est de céder à un message certes qui devrait être la norme, mais qui est trop idéaliste. On ne peut pas faire confiance à l'Être Humain. Autrement, tout le reste est parfait. Notamment le jeu d'acteurs. Chaplin le premier dans un double rôle et la merveilleuse Paulette Goddard. Bien entendu, tout est à voir en VO, la VF, refaite en 1968 (l'originale ayant été perdue) est assurée par des gens de talent, mais entraîne certaines lourdeurs dans les dialogues. S'il ne s'agissait pas d'Hitler et de Mussolini, on le penserait d'hier. Qu'importent les époques, les dictateurs ne changent pas.
Jen Djarin
Jen Djarin

10 abonnés 225 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 juin 2025
Premier film parlant de Chaplin qu'il maîtrise pourtant étonnamment bien, même si bien sûr, on y reconnait une trace du cinéma muet encore très présente dans certaines scènes (celle du dîner des juifs devant désigner celui devra exécuter Hynkel notamment).
Chaplin fait d'ailleurs une prestation excellente, dans son double rôle. On retient surtout sa performance dans le dictateur Hynkel (qui est hilarante) mais celle du barbier juif est aussi très pertinente, car on sent l'inspiration de son personnage de Charlot tout en le faisant évoluer dans un style moins goofy.
Chose d'ailleurs assez rare : la seconde partie est mieux rythmé que la première, même si c'est principalement parce qu'elle se concentre sur Hynkel et que la satire du régime allemand des années 30-40 est aussi juste que pertinente.
Le seul défaut, c'est que le film est un peu trop long ! Il dure 2h et franchement, on les voit passer.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 juin 2025
Inoubliable charge contre Hitler et la dictature fasciste en général, le film de Chaplin est une succession de scènes comiques d'anthologie qui témoignent du génie burlesque de leur auteur, de son inspiration satirique et de la prodigieuse combinaison des deux. Elles reflètent aussi une exigence et d'une acuité rares. Car la composition que Chaplin fait d'Hitler-Hynckel n'est pas seulement drôle : elle découvre, sous les traits grossis de la caricature, la nature et le caractère vrais, redoutables, du dictateur.
Le palais du grotesque Hynckel, où le tyran de la Tomainie prépare l'invasion de l'Osterich, déborde d'idées comiques qui tournent en ridicule la mégalomanie, la vanité ou l'insignifiance du personnage. Ces séquences alternent tout au long de la comédie avec celles, nécessairement teintées de gravité, relatant, dans le ghetto de la ville, le sort de la communauté juive et, plus précisément, celui d'un candide barbier, curieusement mais pas innocemment le sosie d'Hynckel. Car c'est à lui, le faible et le réprouvé, que reviendra le dernier mot à travers un discours humaniste passionné dans lequel le cinéaste-acteur met toute sa conviction et sa sincérité.
Jusqu'alors, Chaplin met en scène deux récits parallèles représentant la victime et le bourreau, quasiment une variante, conformément au double rôle de Chaplin, de Jekyll et Hyde.
Au-delà du sujet, "Le dictateur" est un film superbement maitrisé, comme l'aboutissement du cinéaste.
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