Il y a une dizaine d'années, je prenais un certain plaisir à la vision des comédies décalées d'Emmanuel Mouret. Même en 2011, "L'art d'aimer", film à sketches divertissant avait eu l'heur de me plaire...
Si dans "Caprice" qui sort cette semaine, on retrouve une jolie image au service de deux des comédiennes les plus pimpantes et pétillantes du cinéma français, force est de reconnaître que la magie n'opère plus sur moi. Malgré la présence de Virginie Efira et Anaïs Demoustier, j'ai sombré dans un ennui total, parfois au bord de l'agacement.
Si le titre peut rappeler Marivaux, si les situations et les dialogues lorgnent vers Eric Rhomer, le film n'est hélas qu'une suite de rebondissements tous plus improbables les uns que les autres. Et encore, "rebondissements" est un bien grand mot qui laisse croire que tout cela a des allures de comédie à l'américaine, alors que nous sommes plutôt au rayon "linge de nuit" d'Auchan. On ne croit pas une seconde au scénario qui multiplie les hasards et les prétextes les plus lourds, pour faire se rencontrer les personnages eux-même caractérisés de façon monolithique.
Clément, le héros, est aussi maladroit que niais, arrivant sans le vouloir à séduire Alicia, grande actrice ultra célèbre qui tombe raide dingue de cet instit pourtant bien peu charismatique. Et comme l'amour attire l'amour, une jeune et collante apprentie comédienne , Caprice ( tu parles d'un prénom!), va s'incruster dans sa vie jusqu'à finir aussi dans son lit. La situation commence à se compliquer pour ce brave garçon dont le coeur balance entre les deux donzelles....
Le spectateur que j'ai été n'a guère balancé longtemps. Entre les dialogues sortis d'un roman bien poli des années 30 et les personnages improbables et agaçants, je n'ai eu qu'à lutter contre l'ennui. Virginie Efira a beau être délicieuse, je me suis demandé si cela pouvait exister une star aussi gnangnan dans la vie de tous les jours. Elle est mise en scène avec une attention d'entomologiste craignant d'égratigner légèrement une belle pièce de sa collection de papillons exotiques. Du coup, elle n'a rien à faire que de porter des robes nunuches ou recevoir des bouquets de chez Monop'. Anaïs Demoustier en enquiquineuse est mieux lotie. Ses dialogues pétillent un peu, comme de la Badoit, mais reste cantonnée à son personnage monobloc.
Quant à Emmanuel Mouret, il serait peut être temps que quelqu'un lui dise qu'il pourrait arrêter de jouer les séducteurs rêveurs et mollassons.
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