Monsieur Verdoux
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Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 octobre 2025
Premier film de Charlie Chaplin tourné après la Seconde guerre mondiale, Monsieur Verdoux marqua aussi pour le cinéaste l’abandon définitif du personnage de Charlot, déjà esquissé dans l’éblouissant Dictateur (1940). Inspiré de la vie du tueur en série français Landru, ce film qui émane d’une idée originale d’Orson Welles raconte l’histoire d’un employé de banque qui perd son emploi suite à la crise mondiale de 1929. Pour subvenir aux besoins de son épouse handicapée et de son jeune enfant, il va basculer dans une activité radicale : spoiler: la séduction et l’assassinat de riches veuves, changeant d’identité au gré de ses proies.
Somptueusement mis en scène, ce long-métrage oscille entre drame et burlesque, car Chaplin reste Chaplin, et son personnage manque très souvent le but de son action. Néanmoins, l’ambiguïté de Chaplin vis-à-vis de son protagoniste interroge. En effet, il semble en partie défendre spoiler: ce tueur de femmes
, qu’il excuse de par son statut de victime d’un système. Vu d’aujourd’hui, c’est un peu perturbant.
adicte
adicte

74 abonnés 700 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 septembre 2012
Cynique, visionnaire, sombre et drôle amer. Une machine bien huilée, précise qui penche pour la satire sociale. Un film sacrément culotté pour l'époque et qui est bien sûr splendidement interprété.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mai 2021
Un Chaplin machiavélique et manipulateur ? Ça ne s'était jamais vu, et le public s'est senti trahi, tout comme l'artiste se sera senti trahi, à de multiples reprises au cours de sa carrière, par la technique et les mœurs. Qui eût cru que celui qui avait su amuser avec des sujets comme la guerre, la récession et le fascisme serait homme à créer son propre drame cynique où les tenants du caractère de l'Homme sont des plus mesquins ? La bassesse volontaire de sa création n'a d'égale que sa clairvoyance, dont il est hélas la victime : Chaplin a trop bien compris ses semblables et nul n'aime être percé à jour.

Trop verbeux et affecté (presque trop clownesque) pour convaincre tout à fait de la cohabitation d'un philosophe incompris et d'un génie criminel chez le gentilhomme Verdoux, le film filtre beaucoup d'émotions sages, oubliant qu'entre l'amour et le désespoir s'en trouvent de moins lyriques et de plus quotidiennes. Son discours de conclusion, adressé au spectateur en demi-teinte comme le speech génial dans Le Dictateur, en perd de sa superbe. La descente aux Enfers de Verdoux est bel et bien en avance sur son temps, mais trop entrecoupée d’un petit théâtre bizarrement adapté.

Peut-on cependant lui en vouloir d'avoir extrémisé, peut-être involontairement, ce que l'art de son temps était souvent tenu de ne pas laisser transparaître de son audience ? Monsieur Verdoux, plus qu’un film, est la juste revanche prise sur l’art par un génie qu’on a eu tort de croire comprendre.

→ https://septiemeartetdemi.com/
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 janvier 2023
On peut considérer ce film comme le premier drame film de Charles Chaplin sans son personnage de Charlot, et c'est aussi le premier film dont le scénario n'est pas de lui mais de Orson Welles (ce dernier sera crédité seulement pour l'idée !). Inspiré par l'affaire Landru Chaplin adapta l'histoire vis à vis de contexte de la crise de 1929 pour créer une certaine empathie vis à vis de son personnage. En effet monsieur Verdoux agit pour le bien être de sa famille, son épouse (la vraie) ajoute à ce côté père sauveur et aimant par le biais d'un fauteuil roulant. Malgré ce semblant de bonne consience l'immoralité du film donna à Chaplin du fil à retordre avec la censure du Code Hays. Ce film marque car jamais alors Chaplin n'avait fait montre d'autant de cynisme et d'humour noir. Il arrive à nous faire "aimer" Verdoux lors des passages en famille, à le trouver dégueulasse lors des meurtres où il à l'air complètement détaché et à nous faire sourire avec délectation lorsqu'il n'arrive à rien avec l'une de ses conquête... Un film unique et particulier mais la transformation est réussie.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 avril 2011
Un film aussi étrange ne pouvait être réussi que par un génie: Nous décrire sur un ton aussi comique le quotidien d’un psychopathe en le rendant aussi sympathique n'avait encore jamais été fait au cinéma à cette époque, et d'ailleurs il semble que le public n'y était pas prêt, ce qui ne peut être que la seule explication à son échec commercial. Son personnage, où l'on reconnaît Landru, est en effet un monstre effrayant de cynisme agissant de sang froid mais le film nous le présentant comme un individu charmant n'ayant que la solution criminelle pour nourrir sa famille nous fait culpabiliser de nous y attacher. Un petit jeu psychologique réussi.
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 décembre 2011
Film a priori mineur dans la célèbre carrière de Charlie Chaplin, Monsieur Verdoux est pourtant l'un de mes préférés. L'auteur de The Great Dictator nous livre ici un personnage manifestement et radicalement en contraste avec celui de the tramp - Hervé Bazin disait d'ailleurs au sujet de Monsieur Verdoux qu'il s'agissait du versant contraire de Charlot. Ici le burlesque pointe plus timidement le bout de son nez, préférant céder la place à la satire sociale. A partir de l'idée géniale d'Orson Welles, Charlie Chaplin développe une intrigue noire et corrosive, traitée avec une précision à couper au couteau... Précision qui témoigne de la mécanique du rire à laquelle excellait le fameux cinéaste - entre comique de situation et humour à répétitions, Chaplin avait définitivement réussi à renouveler l'héritage du muet au sein du cinéma parlant. Monsieur Verdoux est donc un classique incontournable, injustement méconnu par rapport à d'autres films de Charlie Chaplin, mais pourtant l'une de ses plus grandes réussites...
NicoMyers
NicoMyers

71 abonnés 302 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 septembre 2009
Géniale satire sur ce qu'aurait pu devenir Charlot le vagabond pendant la crise s'il avait tenu à l'argent. Dans Monsieur Verdoux, Chaplin montre un homme aliéné par le capitalisme ; son meurtrier n'est que victime d'une société qui ferme les portes et incite à la violence. Son nouveau personnage de Landru, après trente ans dans la peau du vagabond, lui donne l'occasion de se tester à l'humour noir voire macabre, tout en livrant un portrait âpre sur la vie, triste dans son ensemble mais parsemée d'éclats de lumière - Les feux de la rampe, son prochain film, développera les mêmes thèmes, avec aussi, la lumière apportée à un vieil homme par une jeune fille à l'aube de sa vie. Enfin Monsieur Verdoux est l'aboutissement de la critique féroce de Chaplin ; après celle contre le capitalisme des Temps modernes et celle de la guerre du Dictateur, il traite ici les deux - Monsieur Verdoux étant à la fois une conséquence de l'esprit capitaliste et de la violence banalisée par les guerres. Dans le discours final du Dictateur, le barbier pris pour Hynkel criait "vous n'êtes pas des machines" et appelait pour un peu d'humanité. On voit dansMonsieur Verdouxcomment un homme très « humain » ou humaniste (humanisme qui perce dans les scènes près de sa famille, avec la jeune femme sortie de prison et dans la "réveil" final de Verdoux) peut sombrer dans la froideur et la violence étudiée. Plus que de dépeindre la nébuleuse limite pour juger d’un homme, Monsieur Verdoux est surtout une mise en garde sur notre aptitude à nous déshumaniser. Avec ce personnage complexe, sorte de Charlot déchu, sa critique sociale et cette réflexion sur l’appréhension de la mort, premiers adieux parmi les œuvres testamentaires du réalisateur, Chaplin livre donc un petit chef d’œuvre. Le tout est doté d’un humour féroce, macabre et ironique donc, mais a mis temps. On a encore le droit à des pointes de burlesque et à des personnages impayables, comme cette famille française criarde ou l’extravagante Annabella
fade_away
fade_away

21 abonnés 119 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 18 juillet 2007
un film qui manque extrêmement de finesse et d'analyse, ça vaut même pas inspecteur derrick. et doté pour comble d'un humour à la vaudeville nauséabond. La magie de chaplin montre ici toutes ses limites, tombe le masque..
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 avril 2021
Si Monsieur Verdoux constitue sans aucun doute l’une des œuvres les plus importantes de la carrière de Charles Chaplin, c’est moins parce que le cinéaste et acteur y prend le contre-pied des rôles qu’il a l’habitude de jouer que pour la conversion d’énergie qu’il opère ici, à savoir exploiter une matière comique dans le cadre d’une peinture cynique et mortifère des sociétés européennes à partir de la Grande Dépression jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale. C’est dire que la période historique investie, notamment marquée par la crise financière, dispose de bornes significatives, composées des deux conflits armés qui décimèrent des millions de personnes et ravagèrent tant de pays. Ce bornage historique sert à Chaplin d’accélérateur de particules : il place en son centre ledit Verdoux, ancien banquier congédié après des décennies de bons et loyaux services, contraint de faire le mal s’il veut subvenir aux besoins de sa famille. Mais le raccord au mal va plus loin, et la subsistance n’explique pas tout : il s’agit également de se mettre à l’unisson d’une perte généralisée de l’espoir et de la morale, tous deux gangrénés par un capitalisme hasardeux et inhumain, que l’on contacte par coups de téléphone interposés. Aussi Monsieur Verdoux ne déroge-t-il pas à la règle en ce qu’il élabore une parabole du système américain ainsi qu’une réflexion puissante sur la destruction d’autrui, tantôt condamnée par la loi lorsqu’elle est le fait d’individus désœuvrés, tantôt acceptée lorsqu’elle est le fait de pays. Le cinéaste démasque une hypocrisie nationale et judiciaire à peine deux ans après la fin des combats : on comprend aussitôt les raisons qui ont conduit le long métrage à l’échec commercial. Aujourd’hui visionné, il retrouve toute sa superbe et déploie une verve satirique aussi tranchante qu’une lame de rasoir : on ne sait jamais sur quel pied danser, on hésite entre le rire, l’effroi ou les larmes, comme l’issue de cette rencontre entre Verdoux et une jeune femme qu’il ramène chez lui, en louvoiements incessants. Un immense long métrage, à la fois jeu de massacre et tragédie, qui atteste l’engagement politique et esthétique d’un artiste conscient de l’impact qu’il peut avoir sur le monde.
legend13
legend13

289 abonnés 1 097 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 janvier 2009
En parodiant l'affaire Landru,Charles Chaplin en profite pour dire NON à la pauvreté et NON à la guerre.Un véritable coup de maitre.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Chaplin explique : "Clausewitz a dit : "La guerre est la continuation de l apolitique par d'autres moyens." Verdoux estime que l'assassinat est la continuation logique des affaires."
loulou451
loulou451

146 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mai 2008
Le parlant n'y est pour pas grand chose, mais ce M. Verdoux, s'il reste l'un des chef-d'oeuvres du genre (à ranger aux côtés du Landru de Chabrol !), n'est pas le meilleur film de Chaplin. Qu'importe, il demeure bien au-dessus de la moyenne. Chaplin campe un Landru plus effrayant que jamais. le scénario est un bijou du genre, mais dresse au final un portrait plutôt flatteur de cet assassin hors norme. Contrairement aux propos de Chaplin, je ne crois pas que les maux de la société (la grande dépression en l'occurrence) excuse le crime. Si cela était, le monde ne serait qu'un horrible jeu de massacre !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 3 mars 2016
Je crois qu'étrangement ce film doit être pour le moment mon Chaplin préféré. Parce que le bonhomme a beau être un génie comique, ça fait franchement plaisir de voir son cinéma se renouveler et changer totalement de style. Et quel changement ! Chaplin choisit d'interpréter ici l'opposé total du courageux, naïf et humaniste Charlot, avec le tueur en série Henry Verdoux. Le film est vraiment passionnant, tragique mais il sait également être comique. Le personnage principal, raffiné et non manichéen, parvient étrangement à émouvoir, et son discours final est fort, avec un propos vraiment intelligent.
Que demander de plus ? Moi en tout cas j'aime, et j'ai hâte de voir si Chaplin sait être aussi bon dans le tragique avec Les feux de la rampe.
Romain C.
Romain C.

93 abonnés 867 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 août 2018
Monsieur Verdoux s'inspire d'un assassin réel mais les faits et l'époque ne sont pas retranscrit comme la réalité .
Le réalisateur n'est nul autre que Charlie Chaplin qui fait un film sans le personnage de Charlot (ce n'est pas le premier pour Chaplin mais le premier pour moi) et sans beaucoup d'humour (il y en a un peu) . On retrouve la trace de Chaplin par moments et il prouve qu'il est un immense acteur capable de tout joué car c'est un rôle plus sombre et dramatique que d'habitude .
La période du film permet à Chaplin de critiquer la société de l'époque .
Le seul point négatif du film c'est ça longueur mais Chaplin n'a pas écrit le scénario et c'est dommage .
Matthieu F.
Matthieu F.

24 abonnés 153 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 mars 2010
Charles Chaplin est un génie comme nous en avons rarement vu au cinéma. Comme dans "Le Dictateur", les répliques de fin révèlent le grand visionnaire qu'était Chaplin. A voir.
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