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Raph
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3,0
Publiée le 12 février 2025
"Rats des villes, rats méchants !"
Après nous avoir régalé les cages à miel avec les cris de hyène d'un Bruce Lee tout en souplesse et en félinité dans "Opération Dragon" et "Le Jeu de la Mort", voici que le réalisateur Robert Clouse nous fait frissonner les mêmes cages à miel avec des cris stridents de rats pour les besoins du long-métrage "Deadly Eyes" ou "Night Eyes" c'est au choix ? Intitulé chez nous "Les Rats Attaquent" (CQFD), ce film d'agression animale a enfin les honneurs d'une sortie en combo Blu-ray + DVD chez Rimini. Datant de 1982, une époque bénite pour ce genre de production, Robert Clouse - sous l'impulsion de la nouvelle de James Herbert dont il s'inspire - ne se contente pas de rats de tailles normales. Les rongeurs du film auront une taille gigantesque due à une absorption de maïs transgénique dans le port de New York. Eh oui, le procédé faisait déjà polémique à l'époque. Des rats hors normes avaient déjà été aperçus du côté de l'adaptation de "The Food of Gods" de H.G. Wells, au cinéma sous le titre : "Soudain... Les monstres" en 1976. Le côté bigger des bestiaux enragés est un parti-pris gagnant qui donne toute sa substance à cette péloche certes désuète aujourd'hui, mais tellement généreuse ! Avec l'équivalent du budget papier toilette et essuie-tout d'une production Marvel, Robert Clouse et son équipe - avec des effets spéciaux au cordeau, arrivent à nous faire flipper et nous écoeurer, grâce à certaines scènes éprouvantes, et surtout un casting convaincant. Cerise sur le gâteau, sur certains plans, on aperçoit sous les déguisements de rats, les chiens, et en particulier les teckels utilisés lors du tournage. Un bonheur pour cinéphile !
Deadly Eyes bénéficie du savoir-faire de son réalisateur Robert Clouse, plus habitué aux arts martiaux qu’aux rats gigantesques puisqu’il contribua à la notoriété américaine des deux comédiens Bruce Lee et Jackie Chan avec, respectivement, Enter the Dragon (1973) et Big Brawl (1980). Notons à ce titre que le cinéma de quartier où se rendent les adolescents consacre sa programmation à une rétrospective Bruce Lee et projette l’un de ses films, Game of Death (1977), que réalisa Robert Clouse peu de temps avant ! Clin d’œil amusant. La mise en scène suscite, par une alternance entre plans larges et plans resserrés sur des mâchoires déchiquetant pieds, bras ou visages, une sensation de grouillement qui contribue à l’atmosphère oppressante du long métrage, et que renforce la partition musicale d’Anthony Guefen. Et si la construction d’une romance stéréotypée conduit à un ventre mou, elle présente le mérite de rapprocher deux menaces, celle d’une relation impossible entre le professeur et son étudiante d’une part, celle d’une invasion de rats sadiques d’autre part, toutes les deux incarnées par les images d’embrasement encadrant le récit, topos amoureux par défaut. De plus, le triangle amoureux apporte un peu d’épaisseur aux protagonistes principaux, tous intellectuels et donc à même de conjurer la bêtise des politiciens véreux. Une petite réussite en matière de cinéma de genre, aux effets gore efficaces.