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NewBoorn
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4,0
Publiée le 6 janvier 2016
"Mon roi", comme le précédent "Polisse", représente la marque de fabrique Maïwenn, véritable condensé d'émotions fortes qui finit par éclater, au plus près des personnages, de leur joie, leur souffrance, leur frustration... Ici, l'auto-destruction du couple Cassel/Bercot est usante psychologiquement pour le spectateur, bien évidemment due au formidable duo d'acteurs. Si le premier en fait parfois un peu trop des caisses, la seconde est criante de vérité, dans sa désolation et sa perdition, mais aussi son indéboulonnable volonté de se raccrocher au petit grain de sable qui pourrait lui permettre de respirer, d’espérer. Véritables montagnes russes émotionnelles, la représentation de ce mariage fait la part belle au questionnement chez nous, on sort de la salle légèrement sonné avec la désagréable impression que cela peut nous arriver. L'amour est également une autre forme d'addiction, et comme n'importe quelle autre drogue, peut être dangereux et dévastateur. "Mon roi" existe pour nous le démontrer, et on y croit.
Voici le dernier film de Maïwenn, très attendu car le dernier, Polisse, fait partie des rares 4 étoiles décernées par Noir Amer. Ici, on se penche sur la rencontre de Tony (une femme jouée par Emmanuelle Bercot, récompensée pour ce rôle par le prix d'interprétation féminine au festival de Cannes) et Georgio (Vincent Cassel), qui les mènera à une rupture assez violente. Toute la partie rencontre, séduction, premiers émois du couple est très agréable à suivre, bien qu'on sache que cela ne durera pas ; le film se passe en flash-backs et on voit bien que Tony est détruite, physiquement et mentalement. Et puis, le film entre dans le coeur du sujet. Passée la phase merveilleuse de la découverte innocente, arrive la vie à deux et le quotidien. Georgio ne souhaite pas perdre sa liberté, ce qui saoule Tony, qui se braque et saoule Georgio à son tour. On a tous connu ça, et il y a bien quelques scènes de discorde qui feront mouche à vos yeux, vous rappelant quelques heures sombres de votre passé. Sauf que c'est la répétition des comportements immatures de Georgio qui épuise Tony, et donc le couple, et Maïwenn décode de nous montrer toutes ces scènes, en alternant les belles promesses et les déceptions. Et si Tony vit tout cela de moins en moins bien, il en va de même du spectateur, qui fatigue également de ce traitement. De plus, la narration du film lui ôte tout suspense, et vient un moment où le spectateur éprouvé se demande ce qu'il a encore à attendre du film. Le générique de fin, sans doute. Il y avait de l'idée derrière cette histoire, mais elle n'a à mon avis pas été assez travaillée pour l'adapter au cinéma en en faisant un film vraiment intéressant.
Très beau film. Bien mieux que Polisse. D'une grande maitrise. On est emporté par cette histoire toxique. Un des grands films français de l'année 2015.
Ce film très pertinent et drôle par moments permet de bien saisir la difficulté à s'extraire de l'emprise d'un pervers narcissique. Il montre avec finesse l'ambiguité de ces derniers, leurs mouvement d'humeur incompréhensibles, leur pouvoir de séduction.
C'est une réalisatrice qui ne peut pas vous laisser indifférente et c'est pourquoi Maïwenn était encore une fois attendue avec Mon roi. Le film s'ouvre sur une femme brisée à la fois physiquement et mentalement ; les origines de ce mal nous sont alors dévoilés progressivement à renforts de flashbacks. Évidemment tous nos regards sont braqués sur une formidable Emmanuelle Bercot très justement récompensée par le Prix d'interprétation féminine durant le Festival de Cannes 2015. Un film intense qui nous fait passer par toutes les émotions servi par un casting solide et une mise en scène moderne.
Maïwenn a, depuis ses débuts derrière la caméra en 2006 avec Pardonnez-moi, fait son trou dans le circuit du cinéma français. Si elle est à ce jour, l’une des artistes les plus en vogue de l’hexagone (depuis le succès du Bal des actrices, chacun de ses films est attendu par un large panel), l’actrice/réalisatrice divise autant qu’elle ne plaît. Mon Roi, n’échappe pas à la règle, sa présentation au dernier Festival de Cannes a généré de nombreux ébats, parfois élogieux ou au contraire, calomnieux. Réunissant à l’écran, Emmanuelle Bercot et Vincent Cassel, Mon roi raconte la relation tumultueuse entre Tony (Bercot) et Georgio (Cassel). Georgio est un pervers narcissique et Tony une femme fragile et instable. Partant de ce postulat de départ, tout laisse présager une kyrielle de crises de nerfs ! Et comme on est chez Maïwenn, le résultat n’est pas décevant. Rentré dans le vif du sujet, il ne se passe pas une minute sans que ça crie, se dispute, se sépare, se réconcilie,… La réalisatrice de Polisse ne nous épargne rien. Sans pour autant que ça en devienne ampoulé et pompeux, le film manque cruellement d’enjeux, il n’y a un peu prêt rien d’intéressant dans l’évolution des personnages. Que ce soit Tony qui reste victime de sa dévotion durant une grosse partie du film avant de se ressaisir ou Georgio qui n’est rien d’autre qu’une ordure qui ne cesse de manipuler et séduire ; l’écriture caricaturale de ces deux archétypes d’un cinéma français populaire et bourgeois empiète sur cette pseudo-réflexion de relations humaines et de mœurs sans grande perspicacité. Et si Vincent Cassel arrive à insuffler une certaine ambiguïté à cet ogre vert aux apparences de chevalier blanc, sa partenaire, Emmanuelle Bercot, semble avoir un peu plus de mal à donner corps à son personnage, cabotinant l’hystérie dans des scènes qui semblent aussi éprouvantes pour elle que pour nous spectateur. Pourtant, Maïwenn, filme ses acteurs comme on tombe amoureux, aucune pudicité, les corps s’entremêlent et ne font plus qu’un. La réalisatrice continue à utiliser la caméra à l’épaule (devenu marque de fabrique de son cinéma), mais semble plus apaisée, soignant une mise en scène qui était par moment exubérante. Ses cadres respirent la légèreté et la sensibilité à fleur de peaux, on ressent cette envie que Maïwenn a, de vouloir partager, de brasser ses expériences de vie (tous ses films ont une part autobiographique) non sans un brin d’égotisme. Maïwenn semblerait avoir atteint une certaine maturité au niveau de la forme pour son quatrième film (enfin diront certains). Maintenant reste le principale point faible de cette jeune artiste cabocharde, qui à force de puiser son inspiration dans ses acteurs et dans sa vie personnel risque de se répéter péniblement, si ce n’est déjà le cas.
Après le brillant Polisse, Maïwenn s’attaque à une relation amoureuse et destructrice du couple Georgio-Tony (Marie-Antoinette) magistralement interprété par le couple Vincent Cassel/ Emmanuelle Bercot. spoiler: Dire de ce film qu’il n’est féministe et Georgio est un pervers narcissique est évidemment réducteur. C’est beaucoup plus complexe…les sentiments ambigüs de Georgio, séducteur, magouilleur et fêtard invétéré aussi détestable que drôle à souhait, et qui voit en Tony la mère de son 1er enfant. Tony aime aussi à « sa » façon, sous le charme mais aussi sous l’emprise de son bourreau et des antidépresseurs, elle s’enlise…malgré le soutien indéfectible son frère (l’excellent Louis Garrel), consterné et impuissant.
C’est un film vrai, les dialogues justes, parfois improvisés et on s’en réjouit, spoiler: l’histoire d’un couple qui s’aime et qui n’y arrive pas, qui se fuit autant qu’il se suit. Film qui ne déverse pas dans le pathos ni dans le manichéisme primaire, au contraire il y a un message d’espoir et de combat…comme celui de la rééducation du genou de Tony… la rééducation du « je-nous ». Sublime.
Bien écrit, bien filmé, bien joué et une histoire subtile et interessante sur le harcèlement moral. La récompense reçue par l'actrice principale est tout à fait normale tant elle joue bien. Vincent Cassel est parfait dans le rôle du méchant.
C'est ce qu'on appelle un film raté....Dialogues indigents, mise en scène inexistante, une hystérique face à un pervers ! Le niveau aurait pu être relevé par la chanson de Léo Ferré : même là c'est du massacre ! Quel ennui.....
Le grand univers de Maiwenn qui me fait autant rire qu'il ne me tord les entrailles. Émue par l'excellence des acteurs et des rôles. Déchirée par la beauté et la justesse mise en scène.
Après le documentaire Le Bal des Actrices et une aventure au sein de la Polisse, Maïwenn poursuit son ascension cinématographique avec un drame, prouvant toute sa polyvalence : Mon Roi. Et, sous les traits d'un Vincent Cassel fort convaincant et d'une Emmanuelle Bercot qui n'a rien à lui envier, se tisse une idylle maladroite, à travers le parcours romantico-grotesque d'un couple à la limite du soap dont la tension ne baisse jamais réellement. Tantôt bon dans ses mauvais moments, tantôt sournois dans ses meilleurs, le métrage parsème avec brio de la réussite dans ce jardin du septième art, au sein duquel le spectateur prend plaisir à souffrir et à rire, à rigoler et à pleurer, à maudire et à applaudir. Car, caché derrière les péripéties incroyables d'un couple finalement banal, se cache un voluptueux moment d'art qui se consomme avec un peu de croquant.
C'est le premier film que je vois de Maiwenn réalisatrice qui signe là une œuvre à la fois drole, romantique, vif, poignante, déjanté sur un couple qui s'aiment, se déchirent, se cajolent,; se disputent année après année et ce qui m'a intrigué entretemps, c'est l'accident de ski de la femme qui part en convalescence dans un centre de rééducation pour une jambe platré, je pensais qu'elle avait fait exprès, on en voit quelques images qui traversent le film. On suit la progression (ou déchirement) du couple, la naissance du fils qui s'appelle Simbad par exemple, un moment unique dans une vie. Ce qui m'a frappé dans ce long métrage, c'est la liberté de jeux d'acteurs et l'alchimie qu'il y a entre deux grands comédiens que sont Vincent Cassel et Emmanuelle Bercot, ils sont naturels dans la joie, la détresse, ils sont excellents. Il y a aussi dans les seconds roles Louis Garrel très drole en beauf et Isild Le Besco, la sœur de la réalisatrice. C'est bien écrit, mis en scène, je le conseille.