James Franco fait partie de mes acteurs "géniaux". Il a une palette de jeu variée. Il se moque de son image ; ça va de « Délire Express » à « Harvey Milk », de « Flyboys » à « Spider-man », de « L’interview qui tue » à « 127 heures » en passant par les séries « The deuce » ou « 22/11/63 », de « Spring Breakers » à « La planète des Singes ». Ce serait long à énumérer. En qualité de réalisateur, idem, il n’a pas un horizon, il en a plusieurs. Il porte aussi bien le costume que le débardeur ! Le voilà dans la peau de Tommy Wiseau, le pire acteur, réalisateur et producteur du film « The Room ». Un type sorti de nulle part, dont on ne sait pas grand-chose quant à sa fortune, laquelle lui permet d'écrire, de produire, de réaliser et de jouer dans son premier film. James Franco ne cherche pas à romancer ou en rajouter. Il nous donne peu d’information sur le personnage. Comme l’entourage du film, le spectateur s’interroge sur son passé, son parcours et sa fortune. Un apprenti comédien qui vient conquérir la cité du cinéma avec un ami. La cité des Anges ne voudra pas de lui et pour cause, il n’a aucun talent. Alors, il décide de faire un film. S’il n’était pas riche, aurait-il pu faire son film ? Je ne le crois pas. Son écriture apparemment devait être aussi calamiteuse que son jeu d’acteur. Qui aurait pu valider son scénario ? Il a tellement d’argent, il achète deux caméras alors qu’il peut les louer ; il prolonge de quelques jours son film à l’affiche. L’argent permet tout mais pas le talent et encore moins la qualité. Mais Wiseau réalise son rêve. En effet, son film existe et peu de monde peut en dire autant. Son film est tellement désastreux qu’on finit par en rire. Comme dirait Coluche, « C’est nerveux ! » Les américains ont une formule qui dit en gros : « Tellement mauvais que c’est bon ! » De nanar, le film se range au rayon des films dits « culte ». D’un film qui se voulait « sérieux », Wiseau retourne la situation en revendiquant « une comédie » lui qui n’aimait pas les comédies selon son entourage. James Franco nous donne à voir un personnage hors norme, d’une grande naïveté, enfin, c’est ce que je veux croire. Je me pose même la question s’il n’était pas un brin autiste. Sa fortune conjuguée à sa naïveté l’ont conduit à la postérité ! En soi, James Franco rend hommage au nanar, qui, on le veuille ou non, fait partie intégrante du 7ème art. J’ai été bluffé de voir en fin de film les séquences juxtaposées des deux versions : celles de Wiseau et de Franco. Une mine d’or. C’est pratiquement un « copier/coller ». Et que dire du phrasé de James Franco qui, là encore, paraît être fidèle au phrasé de Tommy Wiseau. Un vrai travail de précision, de reconstitution. Plus que jamais à voir en V.O pour ce phrasé que j’allais dire inimitable mais si bien imité par James Franco.