"Funan" est un film d'animation dont l'action se situe au Cambodge au moment de la révolution des khmers rouges. On y suit une famille pendant l'exode exigé par les khmers rouges, une famille dont le fils de 4 ans disparait avec sa grand-mère. Dans le casting vocal, on retrouve Bérénice Bejo et Louis Garrel. Le dessin est de genre ligne claire. Les paysages sont bien mis en valeur par le graphisme mais on souffre tout au long du film de ne pas bien reconnaître les personnages. On souffre aussi du caractère très creux des dialogues et de la musique insupportable qui ne nous lâche pas une seconde. Malgré tout, le film a obtenu le Cristal du long métrage au dernier Festival International du Film d'Animation d'Annecy. Alors, à vous de voir !
À peine diplomé de son école d'animation, Denis Do signe un premier long-métrage au sujet très personnel. Dans "Funan", il s'inspire en effet de l'histoire de sa mère, qui a connu de plein fouet la dictature Khmers rouges au Cambodge à la fin des années 1970. Pour un premier film, il va sans dire que c'est extrêmement prometteur. Denis Do trouve le juste équilibre entre le cours d'histoire et la chronique plus intimiste. Il filme cela dans un style assez contemplatif qui n'épargne pas certaines longueurs mais qui reste à la fois juste, poignant et sans racolage. L'histoire des khmers rouges manquait au cinéma d'animation : c'est désormais chose faite.
Funan est une fuite en avant désespérée pour retrouver les clefs d'un paradis perdu.
En perpétuel mouvement, le vent sillonne le sang.
Effaçant toute trace et tout repère, retrouver la fantasmée grandeur d'antan laisse un goût amer.
Dans sa quête effrénée d'identité, le tyran n'a ni mère ni enfant.
Ses océans de rizières ne panseront rien des liens qu'il a violemment déracinés, ceux-là même que tant de vies avaient soigneusement pourtant planté avant lui.
Et quand chaque lever de soleil estompe toute lueur d'espoir, avec la folie comme seule échappatoire, la résilience d'un peuple meurtri rappellera toujours à son bourreau la nécessité d'ajouter Famille, derrière Travail et Patrie.
Un pas après l'autre, en marche vers la reconstruction post-traumatique de l'individu et de sa société.
Un métrage profondément dur, adulte et utile, qui nous rappelle s'il le fallait, que de tout temps, l'intégrisme fascisant s'égraine de la même façon. Charge à nous d'en retenir la leçon.
Cristal du long-métrage au Festival du film d’animation d’Annecy, “Funan� nous plonge en 1975 pendant la révolution Khmers rouges . Entre 1975 et 1979, les Khmers rouges ont dirigé le Cambodge en mettant en place une dictature d'une extrême violence, dans un cadre autarcique avec le but de créer une société communiste sans classes, purgée de l'influence capitaliste et coloniale occidentale ainsi que de la religion. Dans le film nous suivons le combat d’une Cambodgienne et de son époux séparés de leur fils de quatre ans. Entre déportation et travaux forcés, Denis Do nous provoque en nous une charge émotionnelle intense où la réalité dépasse le simple film d’animation. Celle-ci est d’ailleurs incroyablement précise dans ses plans et graphiques. Comme quoi l’animation peut être profondément humain. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Un très beau film d'animation sur la guerre du Cambodge en avril 1975 avec les Khmers rouges. Un bijou de cinéma saisissant. Un sujet bien traité et dramatique.
Le réalisateur raconte l’histoire de sa famille sous le régime Khmers rouges. On s’en veut de ne pas adhérer pleinement à sa vision et à cette aventure humaine cruelle qui aura fait deux millions de victimes sans compter les exilés, et les déportés. C’est l’horreur absolue que nous rapporte le cinéaste dans toutes les atrocités possibles qui à force d’être comptabilisées en deviennent malheureusement caricaturales. Un film d’animation totalement investi mais assez classique et ronronnant. La manière de plomber la scénographie, d’images révélatrices appuyées par un dessin qui en rajoute, et qui grossit constamment le trait, nous fait lâcher assez vite le contexte. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Très jolie histoire. Les dessins sont absolument merveilleux, et nous plonge, non sans nous apporter une réelle tristesse, dans l'univers meurtris de ces personnages aux vies tortueuses. J'ai vraiment beaucoup aimé... Hâte de voir plus de film de Denis Do....
Le 17 avril 1975, les Khmers Rouges prennent possession de Phnom Penh, obligeant tous ses habitants à partir à la campagne, sous prétexte de bombardements, d’abord avec leurs propres voitures puis à pied. Lors de la traversée d’une rivière, Sovan, 4 ans, se perd dans la foule, suivi par sa grand-mère tandis que ses parents, Chou (voix de Bérénice BEJO) et Khuon (voix de Louis GARREL) perdent sa trace et sont transférés dans un camp pour effectuer, sous la contrainte, des travaux dans les champs (plantation de riz). Le film raconte leurs vies séparées spoiler: jusqu’à leurs retrouvailles en avril 1978 et leur fuite en Thaïlande, quelques mois avant la chute du régime après l’entrée au Cambodge de l’armée vietnamienne . Cette période noire du Cambodge est assez bien documentée au cinéma avec l’excellent film « La déchirure » (« The killing fields ») (1984) de Roland Joffé, « Le temps des aveux » (2014) de Régis Wargnier (sur l’emprisonnement de l’anthropologue François Bizot par Douch, futur directeur du centre de torture S-21) et les films (de fiction et documentaires) de Rithy Panh. Rien de nouveau avec ce film d’animation qui raconte une histoire individuelle, celle des parents du réalisateur (le film est dédié à sa mère et son frère) avec des personnages dessinés dans le style de la ligne claire, de superbes paysages, ciels et couchers de soleil et le parti pris de ne pas montrer la violence, toujours hors champ. C’est le point faible du film qui, indirectement, atténue l'horreur du régime et de ses affidés, d’autant moins compréhensible que l’histoire n’est pas la vision unique de l’enfant qui a perdu ses parents. Plus de 40 ans après les faits, le film, malgré ses défauts, a le mérite de rappeler cette tragédie (génocide ?) et qu’il faut se méfier de ceux qui veulent changer l’Homme, le purifier par son autocritique et faire son bonheur sous l’égide d’un Etre Suprême (ici l’Angkar, émanation du Parti Communiste Cambodgien).
Toujours à l’affût des sensibilités rarement représentées au cinéma, j’ai sauté sur celle-ci, qui retrace le parcours d’une famille sous le régime oppressif des Khmers rouges dans le Cambodge de la fin des années 70...même si Denis Do, né en France quelques années plus tard, a finalement une approche plutôt occidentale sur la question, et si la direction artistique est le fait d’un autre Français. Le réalisateur n’a pas connu le régime de Khmers rouges mais en a entendu parler à travers les souvenirs de sa mère, et s’efforce d’évacuer sa culpabilité de survivant dans un récit qui se nourrit du traumatisme familial tout en le pliant aux contingences du récit romanesque. Le scénario n’évacue rien des horreurs perpétrées par ces communistes fanatiques qui rêvaient de bâtir une société nouvelle en faisant table rase de l’ancienne, la première étape se résumant à expédier les couches sociales urbaines qui exerçaient des professions intellectuelles travailler la terre dans des conditions effroyables, la seconde étant de briser les familles afin d’éduquer les enfants dans le culte de la nouvelle idéologie. Cette violence, ‘Funan’ préfère le plus souvent la laisser hors-champ, notamment lorsqu’elle est perçue par un enfant dont on observe alors la réaction de stupeur incrédule, ou la suggérer de façon plus ou moins métaphorique : un tel choix possède un intérêt évident sur le plan artistique et permet de ne pas être taxé de complaisance gratuite mais il a le défaut d’atténuer inutilement les choses auprès d’un public, notamment pré-adolescent, qui n’aurait aucune connaissance préalable de la destruction méthodique de la société cambodgienne envisagée par les Khmers rouges. Inévitablement, ‘Funan’ se voit obligé d’assurer quelques péripéties parfois bancales, afin de ne pas en rester à la description dépassionnée d’un quotidien mortifère, sous le joug d’un collectivisme sourd et aveugle...mais ces péripéties superflues permettent au moins de prendre le temps d’admirer la fort belle tenue visuelle de cette nature luxuriante, qui contrastent avec des personnages sobrement détaillés et réalistes, fruit d’une esthétique à la fois européenne et asiatique, dans la filiation de la Ligne Claire et dans celle de Isao Takahata. ‘Funan’ n’a de toute façon pas vocation à être une expérience “plaisante”, de laquelle on sortira heureux et ragaillardi, mais de faire survivre la mémoire nécessaire d’un des régimes les plus barbares que le monde ait connu.
Superbe film pour adulte (et grands adolescents)! On y suit une famille au Cambodge pendant la révolution de khmer rouge. Une apnée de 2h. Dès le début les éléments sont habilement placés pour mettre en place de futures tensions entre la famille et les soldats du régime. L’animation est classique mais en même temps elle correspond très bien, pas d’artifice, la magnifique n’a pas sa place. Le film a tout de même eu un cristal d’or au festival d’animation d’Annecy.
Une excellente évocation du Génocide cambodgien opéré par les Khmers Rouges. Le film est à la fois juste historiquement et accessible aux enfants ( relativement grands du fait du sujet difficile). Les mécanismes de l'utopie rurale totalitaire, au niveau des hommes, victimes comme bourreaux, sont bien compris et expliqués. Le dessin est plutôt réaliste, et conserve la beauté formelle des paysages cambodgiens, décor superbe de la tragédie.
Superbe histoire sur l’itinéraire d’une famille cambodgienne en pleine horreur khmers rouges. L’image est superbe, la violence est toujours suggérée et l’émotion est à fleur de peau. Magnifique.
Esthétiquement et émotionnellement puissant, Funan est un film d’animation profondément humaniste, en ce sens qu’il place cinématographiquement les personnages au centre de son récit.
Un film d'animation très correct sur les péripéties d'une famille cambodgienne durant les horribles et tragiques événements (exécutions, travaux forcés, déportations etc...) qui ont suivi l'arrivée au pouvoir des funestes Khmers rouges au Cambodge. C'est graphiquement réussi mais il manque un petit quelque chose au niveau du récit pour en faire un film plus marquant.
"Funan" est un film beau mais trop léger dans sa démarche. L'animation française se fait très rare sur ce genre de film, je n'hésite pas à soutenir pour ce genre de films, dans l'animatio net dans la splendeur de la direction artistique que ce soit des décors ou bien de l'approche qu'il y a avec ce qui est présentez ! Le film est trop léger et peu impactant sur les évènements qui ont suivi, non pas sur attente, mais sur le ressentis que le film ne projète pas assez cette souffrance qu'a vécu ce peuple là, la misère du travail forcé et des communistes les minipulants. Manque un "quelque chose" à cette qui aurait pu aller très loin dans son propos tant que son approche l'est aussi !