Funan
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lhomme-grenouille

3 616 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 21 mars 2019
Arf… Je suis circonspect sur la démarche de ce film voyez-vous. Un dessin-animé aux lignes douces et à la tonalité mesurée pour parler de la terreur khmer rouge, j’avoue qu’encore maintenant, j’ai du mal à voir la pertinence. En soi ce n’est pas l’association d’un événement tragique à la forme du dessin-animé qui me pose souci. Après tout, beaucoup d’œuvres ont déjà su faire de belles propositions de cinéma avec une pareille association, qu’il s’agisse (dans des genres biens différents) de « Persépolis », « Valse avec Bachir » ou bien encore du « Tombeau des lucioles ». Et c’est vrai que dans tous ces cas-là, le dessin permettait d’atténuer la violence crue du conflit au profit d’un message ou d’une démarche qui allait au-delà de la simple exposition terrible. Donc, sur le papier, le parti-pris qu’a choisi Denis Do n’est pas mauvais en soi. Seulement voilà, dans le cas de « Funan », je trouve que la mayonnaise ne prend pas. D’un côté le film se veut très pédago et esquive les scènes de torture, de meurtre et de violence explicites comme s’il cherchait avant tout à s’exprimer aux enfants, mais de l’autre côté son propos et son atmosphère sont d’une noirceur absolue – sans aucun moment de répit ou de respiration pour désamorcer la terrible tension de l’oppression khmer rouge – ce qui fait que j’ai du mal à imaginer qu’on puisse décemment mettre un gamin face à un film pareil… Du coup, ne restent plus que nous : les adultes. Mais si ce film nous est adressé, alors pourquoi avoir fait le choix de cette pédagogie simpliste, de cette narration aplanie et de cette animation adoucie ? Pour moi ça n’a pas sens. Ça rend tous les choix formels de ce film totalement inopérants. A se demander même si ceux-ci n’ont pas été avant tout dictés par des raisons économiques plutôt que par des raisons artistiques. Parce que bon – on ne va pas se mentir non plus – cette animation saccadée, elle n’apporte strictement rien d’un point de vue formel. Quant à ce trait épuré à l’extrême, sur un grand écran, il met surtout en évidence le vide de la composition plutôt que la pureté de la ligne. Alors après, au-delà de ça, c’est vrai qu’il y a de jolies couleurs et quelques belles toiles de fond : là-dessus je n’ai rien à redire. Mais encore une fois, je n’arrive pas à cerner la pertinence de tels choix au regard de la démarche globale de l’œuvre… Je pense sincèrement que, pour mon plus grand malheur, Denis Do a été un peu aveuglé par la puissance émotionnelle que générait un tel sujet par rapport à son histoire familiale, et qu’il n’a pas su prendre le recul nécessaire pour cerner les vrais enjeux qu’impliquaient ce choix du dessin-animé pour parler d’un événement tragique. Certes, il est vrai que dans chacune des œuvres qui a su exceller dans cet exercice, la forme du dessin-animé avait eu pour fonction première d’atténuer la violence et de désamorcer en partie la tension mais, à la grande différence de « Funan », c’est que cette atténuation avait pour but de laisser de la place à autre chose que de l’émotion brute. Le sujet n’était pas le traumatisme ou l’horreur en soi. C’était au contraire quelque-chose qui se développait à travers ce cadre. La construction d’une femme malgré la révolution islamiste et l’exil dans « Persépolis ». La prise de conscience rétrospective d’un traumatisme par le déni dans « Valse avec Bachir ». Ou bien tout simplement l’extinction progressive de l’innocence et de l’enfance dans « le tombeau des lucioles ». Dans « Funan », il n’y a rien au-delà de l’horreur. Il y a juste de la souffrance. La simple description d’un cauchemar bien réel. Certes, c’est sincère. Mais le problème c’est que la forme n’est au final pas exploitée à bon escient. Et ça m’attriste d’ailleurs de constater que les rares tentatives de poésie se réduisent à une seule et unique idée ( spoiler: un souffle dans la nuque qui se transforme en brise funeste à la fin du film
). Paradoxalement, je trouve que ce film se révèle au final trop pudique et trop didactique pour vraiment éclore en une œuvre à la fois puissante et intemporelle. C’est dommage. Limite ça m’attriste parce que j’aime les tentatives formelles comme celles présentes dans ce film. Mais bon. En art, les bonnes intentions ne suffisent malheureusement pas… Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Barbara C.
Barbara C.

21 abonnés 25 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mars 2019
Très jolie histoire. Les dessins sont absolument merveilleux, et nous plonge, non sans nous apporter une réelle tristesse, dans l'univers meurtris de ces personnages aux vies tortueuses.
J'ai vraiment beaucoup aimé...
Hâte de voir plus de film de Denis Do....
Ufuk K

617 abonnés 1 722 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 mars 2019
" Funan " meilleur film d'animation au dernier festival d'Annecy est un choc émotionnel. En effet le récit retrace les horreurs commises par les khmers rouges durant les années 1970 avec des séquences terriblement durs que je déconseille aux jeunes enfants cependant ce film doit être vu pour la beauté de ses graphismes et son message de paix.
Richard...
Richard...

4 abonnés 92 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mars 2019
Très bon film d'animation. A l'issue de la séance, j'ai eu la chance de voir Magali Pouzol (scénariste du film) et Michaël Crouzat (auteur graphique et directeur artistique) nous parler de leur premier film et de la difficulté de le voir naitre lorsqu'on n'est pas dans le milieu du cinéma.
Bravo à eux, parce que pour un premier film: CHAPEAU !!!
N'hésitez pas à y aller ! Hélas il a une mauvaise distribution dans les salles (matin ou après midi) alors que c'est pour adultes (à partir de 13 ans).
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 mars 2019
Le 17 avril 1975, les Khmers Rouges prennent possession de Phnom Penh, obligeant tous ses habitants à partir à la campagne, sous prétexte de bombardements, d’abord avec leurs propres voitures puis à pied. Lors de la traversée d’une rivière, Sovan, 4 ans, se perd dans la foule, suivi par sa grand-mère tandis que ses parents, Chou (voix de Bérénice BEJO) et Khuon (voix de Louis GARREL) perdent sa trace et sont transférés dans un camp pour effectuer, sous la contrainte, des travaux dans les champs (plantation de riz). Le film raconte leurs vies séparées spoiler: jusqu’à leurs retrouvailles en avril 1978 et leur fuite en Thaïlande, quelques mois avant la chute du régime après l’entrée au Cambodge de l’armée vietnamienne
. Cette période noire du Cambodge est assez bien documentée au cinéma avec l’excellent film « La déchirure » (« The killing fields ») (1984) de Roland Joffé, « Le temps des aveux » (2014) de Régis Wargnier (sur l’emprisonnement de l’anthropologue François Bizot par Douch, futur directeur du centre de torture S-21) et les films (de fiction et documentaires) de Rithy Panh. Rien de nouveau avec ce film d’animation qui raconte une histoire individuelle, celle des parents du réalisateur (le film est dédié à sa mère et son frère) avec des personnages dessinés dans le style de la ligne claire, de superbes paysages, ciels et couchers de soleil et le parti pris de ne pas montrer la violence, toujours hors champ. C’est le point faible du film qui, indirectement, atténue l'horreur du régime et de ses affidés, d’autant moins compréhensible que l’histoire n’est pas la vision unique de l’enfant qui a perdu ses parents. Plus de 40 ans après les faits, le film, malgré ses défauts, a le mérite de rappeler cette tragédie (génocide ?) et qu’il faut se méfier de ceux qui veulent changer l’Homme, le purifier par son autocritique et faire son bonheur sous l’égide d’un Etre Suprême (ici l’Angkar, émanation du Parti Communiste Cambodgien).
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 mars 2019
Merci pour ce pur moment. Cette période d une rare cruauté est traitée avec une pudeur toute asiatique. La justesse de dessin arrive à faire oublier qu il s' agit de un film de animation. La mise en image est éblouissante. Un grand merci à Monsieur Denis Do.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 mars 2019
Voilà l'exemple typique du film qu'on peut rater sans problème. Pas de promo et surtout sorti dans un circuit de salles très réduit (mais que faire devant les supers pouvoirs de Captain Marvel et consorts...., voir les deux peut être ?). Aucune chance donc. C'est juste l'excellent bouche à oreille issu des blogs et autres groupes cinéma qui m'ont amené vers ce film d'animation. Première surprise : la salle (certes pas très grande) était pleine un jour de semaine à 14 heures, comme quoi...Par contre sans surprise, le film est aussi fort que magnifique. Techniquement, c'est formidable, les couleurs, le graphisme, les images sont splendides. Le récit est inspiré de faits réels (la prise de pouvoir des Khmers rouges au Cambodge) et basé sur les souvenirs de la grand-mère du réalisateur (dont c'est le premier long métrage) qui a vécu la période. Tout comme dans La déchirure, on est plongé dans l'horreur de cette véritable épuration ethnique où 1,7 à 2 millions de cambodgiens ont trouvé la mort et plus de 500000 ont fui le pays. Après avoir suivi le calvaire de cette famille, petite histoire dans la grande, pendant 1h22 (c'est court mais tout est dit, pas de superflus), on en ressort sonné et une boule au ventre. Aussi réussi sur la forme que sur le fond, un beau portrait de femme pour un film puissant et poignant qui mérite largement plus que le traitement qui lui est infligé. Un vrai coup de cœur pour un petit chef d’œuvre. Une merveille.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 mars 2019
Lorsque les Khmers rouges prennent Phnom Penh en avril 1975, Chou, son mari Kuon et leur fils Sovanh sont, comme la plupart des habitants de la capitale, jetés sur les routes. Dans une bousculade, le petit garçon disparaît laissant ses parents dévastés de chagrin. Emprisonnés dans un camp, condamnés par l'Angkar à travailler jusqu'à épuisement, ils resteront pendant quatre longues années dans l'ignorance du sort de leur fils.

Diplômé de l'école des Gobelins, Denis Do est né en France en 1985. Sa mère a connu l'enfer des camps khmers rouges. Il a voulu en témoigner en s'inspirant de son expérience et de celle de ses proches. Porté par les voix de Bérénice Béjo et de Louis Garrel, "Funan" a reçu le Cristal du long métrage au dernier festival du film d'animation d'Annecy.

Les massacres de masse commis par les Khmers rouges entre 1975 et 1979 - on évitera le terme "génocide" dès lors que ces crimes visaient indifféremment tous les Khmers sans cibler un groupe ethnique, racial ou religieux - n'ont guère inspiré le cinéma. Ils sont au centre du très hollywoodien "La Déchirure" tourné dès 1984. Ils ont inspiré l’œuvre du réalisateur cambodgien Rithy Panh et notamment son documentaire "S21, la machine de mort khmère rouge" sorti en 2003.

Denis Do choisit une animation très douce nimbée de couleurs vert, bleu et orange, alternant des plans très larges d'une nature somptueuse et des gros plans des visages des protagonistes. Ce parti pris met "Funan" à portée des enfants, même des plus jeunes, sans risquer de les choquer. Mais il a le défaut d'euphémiser une violence aussi stupide que brutale. Le comparer avec "Valse avec Bachir" serait lui faire trop d'éloges.
Pierre E
Pierre E

33 abonnés 240 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2019
Superbe histoire sur l’itinéraire d’une famille cambodgienne en pleine horreur khmers rouges. L’image est superbe, la violence est toujours suggérée et l’émotion est à fleur de peau. Magnifique.
SebLefr3nch
SebLefr3nch

220 abonnés 691 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mars 2019
Véritable pépite couronnée lors du dernier Festival d'Annecy, "Funan" nous fait revivre la révolution au Cambodge dans les années 70 et ce qu'a vécu son peuple. On suit une famille et qui vit dans le système capitaliste de l'époque et qui est propulsée comme "esclave" du nouveau parti. C'est dur et déchirant. L'animation est magnifique et les dessins sont très poétiques. Absolument pas destiné aux plus jeunes, il est un film important de ce début d'année !
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2019
En s'attaquant au terrible sujet de la dictature des Khmers Rouges, ce film d'animation de Denis Do ne fait pas dans la facilité : pas évident en effet d'évoquer l'horreur avec les lignes claires d'une sage animation.

Le début de Funan est d'ailleurs un peu trompeur. Le spectateur est invité à partager une gentille chronique de la vie quotidienne d'une famille cambodgienne. Les couleurs sont plutôt pastel, le trait des dessins presque évanescent.

Puis, petit à petit, le film devient un road trip un peu plus tendu, avant de descendre progressivement dans les différents cercles de l'horreur : camps, traitements inhumains à grande échelle, rapports complexes entre bourreaux et victimes, scènes de terreur pure.

Quand la lumière se rallume, on a du mal à croire que la quiétude des premiers plans du film ont pu nous mener à la catastrophe finale (entre 1 et 2 millions de cambodgiens sont morts entre 1975 et 1979), exactement comme si un film commençait sous les pommiers en fleurs d'un tranquille shetl de la campagne polonaise pour se finir à Auschwitz.

Denis Do dit s'être inspiré des récits de sa grand-mère pour réaliser son film. C'est peut-être ce qui donne à Funan ce beau mélange de force et d'extrême sensibilité.
islander29

1 028 abonnés 2 663 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mars 2019
En 1974 ( 1975 ?) Un dénommé Ankgar arrive au pouvoir au Cambodge...Des centaines de milliers d'habitants se retrouvent sur les routes du Cambodge, fuyant la Capitale…..Ce film d'animation, m'a rappelé " Valse avec Bachir ", le dessin est le même, (l'esthétisme est moins poussé) sur un sujet de guerre...Le film va raconter l'exode dune famille, la séparation. les maltraitances, (viol, suicide, prostitution, famine, lynchage) de ces gens pris dans les griffes d'une propagande simpliste ( ça rappelle quelques chose) qui promet un monde meilleur mais emprisonne, puis torture et commet les pires exactions….Peut être que le film est trop doux, par rapport à la réalité connue de cette horrible génocide….Le film ne fait que suggérer sans montrer vraiment, et en en s'occupant que de cette famille (quelle famille) sur quelques années jusqu'en 1979, adoucit le discours...On notera l'amaigrissement des parents, leur teint devient maladif, leurs traits émaciés, et la disparition de leur enfant reste compliquée...J'ai trouvé les dessins réussis, les traits sont simples et faciles, les paysages viennent ponctuer le scénario âpre….La musique elle, aurait pu être plus occidentale et terrible (c'est le point faible du film, manque de dramatisation),...au final pour appréhender ce drame du Cambodge, il faut voir ce film, touchant et généreux, qui manque juste je crois, par rapport au sujet de dramatisation….Je conseille...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 mars 2019
Très beau film d'animation politique qui résonne face à l'actualité des exodes de guerre et qui élude avec finesse et sen sibilité les violences et les cruautés, magnifié par des décors somptueux portés par les voix de Bérénice Béjot et Louis Garel
accompagnée d'une musique sensible et émotionnelle d'où le choix du festival d'Annecy pour son premier prix du long métrage qui ne s'y est pas trompé.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 7 mars 2019
des cambodgiens qui parlent français ça fait juste bizarre... l'immersion eut été plus intéressante dans la langue d'origine car cette histoire cambodgienne n'est pas universelle..
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 7 mars 2019
Un film d’animation qui narre avec force et discrétion la période khmer rouge au Cambodge.
Combien ce film d’animation fait prendre conscience de cette période !
1971, prise de pouvoir et Phnom pen est vidé de ses habitants. On suit le destin d’un couple et toute sa famille ...
L’exode, les travaux forcés, la misère, la faim, la souffrance. Des millions de personnes tuées.
Je savais, bien sûr, mais j’ai pris conscience.
On en prend plein le cœur.
Merci pour ce film, monsieur Do
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