Derniers Avis : Le procès de Viviane Amsalem - Page 3
Le procès de Viviane Amsalem
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David B.
55 abonnés
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2,5
Publiée le 11 septembre 2015
Attiré par les bonnes critiques, je découvre un film en huit-clos, bavard, où il se passe peu de choses. Une grande déception même si les douleurs, la désespérance, les incompréhensions des personnages sont bien retranscrits, notamment dans les regards. J'ai également été sidéré sur les pratiques judiciaires en Israël sur les questions morales et la place des femmes...
J'ai vu un film... d'une violence inouïe sur la notion de divorce dans la religion juive et dans la société israelienne... A travers cette histoire, qui doit être banale de la séparation d'un homme et d'une femme, on découvre les soubresauts d'une société résolument ancrée dans la modernité, mais régie par des lois qui ne donnent pas le droit de choisir à la femme... Et ceci fait froid dans le dos. Ronit Elkabetz est sublime, bouleversante, minimaliste dans son jeu, et ses explosions de colères nous bouleversent. Tandis que Simon Abkarian est absolument fascinant de contrôle et de retenus... Il convient également de noter la qualité de la réalisation, la recherche des angles, les cadrages près des émotions... Ce huis-clos est étouffant et particulièrement stressant... Et pendant toute la durée du film, on est mené par nos émotions, nos tensions et l'impression que le film peut et va basculer, tant la violence sous-jacente est forte.Tout contribue à faire de ce film un film poignant, révoltant et pour tout dire, parfois incompréhensible sur les valeurs qui animent le judaïsme... Et le titre du film est absolument parfait, car c'est bien la femme qui, ici est jugée, et non la mari, ni le couple, ni la famille... juste la femme...
Quelque soit l'endroit d'où l'on viens, ce film est une sacré claque pour les hommes. Burlesque et absurde, cette oeuvre arrache des rictus de désarrois.
Un huis clos remarquable servi par des acteurs convaincants qui habitent leur personnage et qui font merveilleusement comprendre les pesanteurs et les injustices de la société israélienne, en particulier le statut de la femme, éternelle mineure sans considération et respect de son individualité, entièrement soumise, dans son corps et son esprit, à l'homme.
ce procès tient autant de l'absurde que de l'entêtement d'un mari obstiné qui ne veut pas rendre sa liberté à sa femme alors qu'elle ne vit plus avec lui depuis longtemps, on est là dans un roman digne de Kafka; cela en devient presque grotesque; tout le monde trouve des qualités aux deux époux mais personne ne fait rien pour cette femme qui a cessé tout simplement d'aimer son mari qui refuse le divorce uniquement par principe; on voit combien en Israël les traditions et la religion prennent une place importante dans la vie quotidienne; un pays qui est à la pointe de tout et reste archaïque quand il s'agit de régler des différents familiaux ; les acteurs sont tous remarquables surtout Ronit Elkabetz qui par ces silences et ses regards rend toute la tension au film, elle crève l'écran en ne parlant preque pas; c'est filmé de façon presque statique, toujours le même lieu: un tribunal de rabbins très sommaire; le lieu détonne avec l'importance que prend ce procés, les années passent et personne n'arrive à trouver une solution
Bon sujet, souvent captivant, tres bons dialogues, supers acteurs et bonne mise en scene. Tres bon film mais qu'il aurait mieux valu condenser en 1h30 (2h de huit clos dans un tribunal rabinique, c'est un peu lourd et l'intrigue ne rendait pas ca réellement nécessaire).
Le procès de Vivianne Amsalem ou comment mieux connaître une particularité du judaïsme. Sauf si la réalisation monocorde de ce film un peu rébarbatif à mon goût pourra en irriter certains. S'il s'avère assez instructif sur les conditions de divorce chez les juifs (et dire qu'on ne parle que de la condition de la femme chez les musulmans...), il est également didactique et lourd. Ce tribunal religieux peut paraître ubuesque et déplacé, pourtant il cherche une vérité avec toute la justesse du monde, selon l'application d'une loi et d'une morale ; un regard qui risque de faire quelque peu chavirer certains a priori ethniques occidentaux. Pour ce qui est du coeur de l'oeuvre, l'intrigue, on se borne évidemment à connaître qui de la femme ou du mari a de bonnes raisons de, ou de ne pas, divorcer... Ce qui est maigre lorsque le scénario évite à tout pris une écriture plus cinématogrphique, mâtinée de thriller, et en reste à une réalisme quelque peu soporifique dans ce cas ; surtout en regard de la fin. Il manque de génie dans cette mise en image, de diversité autant que d'un point de vue plus marqué et vraiment pertinent ; on reste trop dans le flou (observez les regards des personnages) et, s'il bénéficie de la performance d'acteurs d'exception, l'oeuvre s'avère vraiment longue et sans fin. Dommage que le réalisateur n'ait pas appuyé plus loin sa démarche dans sa réalisation et n'ait pas fait parler plus "personnellement" certains personnages. Apres, cela reste un film bon et unique en son genre qui se démarque des autres. Et qui trouvera son public même si certains seront plus réfractaire. A vous de voir.
10 595 abonnés
11 630 critiques
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2,0
Publiée le 11 juin 2015
Le film ne m'a pas spécialement plu parce que c'est très long et un peu ennuyeux sur la longueur, mais l'histoire m'a laissé sans voix, car un tel parcours pour obtenir un simple divorce est quand même assez dingue surtout quand on ne connaît pas tout ce qui se fait dans les autres pays. L'histoire est révoltante voir énervante avec ce mari hautain, ces juges insupportables et leurs pensées moyenâgeuses qui mettent la femme au service de l'homme. Le réalisateur a pris un vrai risque en ne faisant qu'un simple huis-clos, mais en même temps, ça permet de créer une vraie tension, seulement je trouve qu'illustrer tout ce qui se dit par des scènes aurait eu plus d'impact et ça aurait donné un peu plus de fraîcheur à l'histoire qui logiquement tourne assez vite en rond. L’interprétation des acteurs est quand même assez remarquable.
Tombé sur ce film par hasard je suis aussi tombé à la renverse à sa vision. Ce film est glaçant, on est pétrifié par la situation de cette femme qui ne peut divorcer de son mari qu elle n aime plus dans la très religieuse Israël . Plus que le couple c est elle qui est jugée devant se justifier face à un mari auquel il n y a "rien à reprocher", les témoins défilent face à des juges aussi sourds qu aveuglés par leur doctrine religieuse. Les rôles sont parfaitement écrits et interprétés de manière formidable. En première ligne Ronit Elkabetz qui joue une femme d une volonté incroyable et qui paraît menacer de s écrouler à tout instant, face à elle Simon Abkarian terrible d obstination incarnant cette société patriarcale terriblement arriérée sure de son fait. Mais ce qu il y a de plus effrayant ce sont les juges qui mettent des années à statuer sur une situation qui paraît évidente au bout de cinq minutes car suivant des préceptes dépassés mais surtout incapables de réfléchir par eux mêmes. Le seule défaut du film c est son côté austère dans la mise en scène, ce n est pas parce que c est "un film du tribunal" qu il n aurait pas pu être plus dynamique, plus vivant. Il n empêche qu il a réussi à me captiver pendant les quasi deux heures que dure se plaidoyer pour la liberté des femmes et ce réquisitoire sur le ridicule des "lois divines".
Viviane est séparée depuis 3 ans de son mari. Nous sommes en Israël, l’état civil est tenu par les rabbins. Elle décide de demander le divorce ; mais le tribunal compétent est un tribunal rabbinique. Et la décision finale ne peut venir que de l’accord du mari à répudier sa femme. Ce qui mettra plus de 2 ans, et se clora par un final mi figue mi raisin désespérant ; une forme de liberté conditionnelle acceptée par cette femme. Un peu de liberté vaut mieux que pas de liberté du tout. Le tribunal n’est donc là que pour compter les points entre les deux époux, essayer de débusquer un adultère et chercher une maltraitance physique qui expliquerait la demande. Mais à quoi bon ces palabres, le mari refuse. Donc les témoignages s’enchainent. Tout le film se passe dans le huis clos d’un tribunal rabbinique transformé pour l’occasion en théâtre de l’absurde. Ce film fait réfléchir à la condition des êtres humains, en l’occurrence ici les femmes, dans des pays où la justice est religieuse. Les notions de progrès humain et social sont absentes de la réflexion, c’est pathétique. Il est a espéré que ce type de film puisse permettre, ici, à une société israélienne dite « moderne » de se réformer et de réfléchir à la condition et aux droits des personnes qui la composent. Parlons cinéma maintenant, ce huis clos présente sur ce point par contre que très peu d’intérêt ; mise en scène épurée et classique. Ce film, déjà par son unité de lieu froide, est assez austère. A part faire réfléchir sur la place du religieux dans une société progressiste, le film n’a guère d’intérêt.
De semaines en mois, de mois en années, ce huis-clos kafkaïen nous décline en long et en large l'effrayante main-mise de la religion sur le fonctionnement de l'état israélien. cinq années pour qu'une femme puisse obtenir le divorce, cinq années d'humiliation et de déni car oui la femme semble bien quantité négligeable aux regards des règles hébraïques, dans une société qui se dit par ailleurs moderne. Charles Enderlin l'a souvent décrit finement dans les analyses de ses différents essais, on est ici bel et bien dans une religion d'état, avec ses codes stricts et ses lois d'un autre âge. Une femme porte une perruque car elle ne montre pas ses cheveux pour n'en citer qu'une. Comme toujours, Ronit Elkabetz livre avec ce troisième volet une performance impeccable et pose avec intelligence le problème d'une société tiraillée entre l'évolution et les codes ancestraux confinant à l'absurde où le divorce au 21eme siècle apparaît comme un parcours du combattant et dépend de l'homme seul qui décide ou non de répudier son épouse dans un accomplissement de gestes effrayants digne d'un autre âge. Un film passionnant de bout en bout qui révèle mal-être d'une société perdue entre évolution et conservatisme, nécessaire à la compréhension de ce si joli pays.
Excellent, remarquablement interprétés, mise en scène superbe, le jeu des acteurs, leurs regards tellement parlant, et cette histoire incroyable, tellement grotesque qu'on a envie d'en pleurer. Il n'y a pas une image, une parole de trop dans ce film.
Le meilleur film que j'ai vu cette année. Tourné pratiquement dans une seule pièce, cette histoire arrive à susciter beaucoup d’émotions pures et intenses qui vont du dramatique à l'ironie avec seulement la puissance des dialogues et la maîtrise des acteurs. Une perle.