Toni Erdmann
Note moyenne
3,7
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291 critiques spectateurs

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35 abonnés 41 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 septembre 2016
En Allemagne, de nos jours, une étrange famille… Le père, d’aspect peu reluisant, sorte d’ours mal léché et rentre-dedans. La mère abattue et le chien à piquer (ou l’inverse). La fille, executive woman d’une multinationale, sans cesse en partance.
Le père un tantinet provocateur adore jouer avec son dentier postiche et avec les gens. La fille vit claustrée au moins à triple tour : dans l’obsession de ses négociations financières, dans la froideur psychorigide de sa solitude, dans une planète coupée des vrais gens...
D’ailleurs, vit-elle ? C’est toute la question que veut lui poser son ours paternel. Pour cela, il va la poursuivre et la harceler de sa présence incongrue, l’encombrer jusque dans les étages dirigeants des entreprises, jusque dans les soirées et les cocktails, partout où il peut lui dire l’importance vitale des râpes à fromage, des coussins péteurs et des blagues à deux balles. À sa manière des plus farfelues, il démontre à sa fille la vacuité primaire de son univers entrepreneurial, de ce moderne travail, avec force champagne, cocaïne et limousines camouflant mal misère sexuelle et coups fourrés.
Au début, elle évite son envahissant sdf de père, lui demandant s’il « veut l’achever, ou quoi ? ». Puis, peu à peu, l’insolite et absurde humour paternel va atteindre Inès (oui, elle a un prénom), lui faire comprendre que c’est sa facétieuse manière de la toucher, de se l’attacher, quitte à prendre de vraies menottes. Oui, Inès a une fragilité, et elle détient quelques larmes tout au fond d’elle-même ! Magnifique scène, où se tortillant et luttant contre une robe hyper ajustée et des talons aiguilles, elle finit par se rebeller, par se mettre à nu, rejetant résolument ces armures et sa servitude.
« Comment retenir les instants ? » «On fait ceci, on fait cela, et pendant ce temps la vie passe », ce sont les questions posées par le père. Il finit aussi « à poils » dans son titanesque déguisement d’orang-outan bulgare, tirant une outrageuse langue au capitalisme décomplexé et à l’isolement mortifère qu’il engendre.
Bulles de Culture
Bulles de Culture

147 abonnés 634 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 septembre 2016
Horrifique, monstrueux, le film laisse bouche bée et convainc définitivement avec un dernier plan où seuls les fous sont dignes d’être heureux.
isakkk
isakkk

17 abonnés 212 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2016
Un film très étonnant qui joue sur de multiples registres, qui vont du burlesque aux émotions fortes. Beaucoup de situations loufoques et des relations bien campées entre les personnages, la froide et cassante fille de son père qui ne la comprend pas. Un ovni !
Philippe G.
Philippe G.

10 abonnés 171 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 septembre 2016
La force du duo père fille nous fait passer 2 h 50 sans ennui , soit un père qui cherche a se rapprocher de sa fille . Un propos assez simple mais qui finit par vous émouvoir tant l'interprétation est convaincante.
Le titre est trompeur car on apprend très peu de sa vie a lui au final ,Tony Erdmann c'est le nom du personnage qu'il s'invente pour "forcer"sa fille a le re découvrir et se redécouvrir elle même ... et l'aider a s'extraire d'un environnement assez brutal et sans joie .
Barry.L
Barry.L

37 abonnés 136 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 septembre 2016
Réalisée par la jeune Maren Ade (dont c'est le troisième long-métrage), "Toni Erdmann" fut le véritable événement et tremblement de terre de Cannes 2016. Ayant suscité des applaudissements au milieu de la projection, puis un accueil triomphal, "Toni Erdmann" s'annonçait comme la meilleure comédie de l'année et le favori à la palme d'or. Peine perdue : le film repartit bredouille (se contentant du Prix de la critique internationale). S'en étonnera t-on? Pas vraiment. Après tout, la dernière comédie couronnée à Cannes fut le génial "M.A.S.H" (Robert Altman, 1970). Le rire est peu coutumier à Cannes (et NON "La chambre du fils" de Nani Moretti et "Entre les murs" de Laurent Cantet n'étaient pas des comédies). En même temps... Ce film méritait-il des prix? Ce point peut en effet être discuté.

Donc, Toni Erdmann, de son vrai nom Winfrield Conradi, la soixantaine, prof de piano. Signe particulier : est un joyeux drille qui aime faire des blagues. Vit en Allemagne et a une fille : Inés. Elle est une femme d'affaires, qui travaille à Bucarest (Roumanie) pour des entreprises locales. Une femme froide, qui aide des entreprises à mettre en place des plans de licenciement et qui ne vit que pour son travail. Entre les deux personnages, une relation non pas tendue, mais inexistante... jusqu'au jour où Winfrield se rend en Roumanie, bien décidé à redonner le sourire à sa fille.

Voici donc le résumé du film. Film que plusieurs critiques considèrent comme une belle histoire d'amour entre un père et sa fille. Il est vrai que la relation des deux personnages glissent lentement (le film dure quand même 2H42...) vers un véritable amour filial. Mais, on a par moment l'impression d'assister davantage à une sorte de duel. Une confrontation entre deux êtres et deux conceptions de la vie. Une vie simple où le bonheur est l'unique préoccupation du père. A ce titre, la scène d'ouverture où Winfrield "piège" un facteur est une formidable scène de présentation. De l'autre, une vie d'acharnement, dans l'espoir d' être toujours plus grand, plus important, une vie qui repose uniquement sur le sens des affaires pour la fille (on pense à la scène où Inès négocie même en dehors du bureau dans son salon de massage). De ces deux façons de vivre, il n'est pas difficile de deviner laquelle préfère la réalisatrice : c'est évidemment la vie du père qui a toute sa préférence . Chose habile chez la metteuse-en-scène : ne pas dresser un portrait manichéen. Ce n'est pas Inés (l'individu j'entends) que critique Maren Ade, mais beaucoup plus le système capitaliste qui happe les personnes et les déshumanise. C'est donc la deuxième étape de "Toni Erdmann" : montrer les facettes de la finance et de ce monde des affaires. Un monde froid, plein de tensions où il faut à tout prix être le meilleur, le premier. Un monde où les gens portent des masques, une micro-société du paraître où l'habit fait cependant bien le moine. A ce monde si sérieux (même les fêtes semblent tristes) s'introduit, en la personne de Toni, le grotesque et le burlesque. Ainsi, le stratagème de Winfrield consiste à s'immiscer dans la vie professionnelle de sa fille en se faisant passer successivement pour un homme d'affaire, l'ambassadeur d'Allemagne et un coach, du nom de Toni Erdmann. C'est surtout grâce à cette idée que le film tourne par moment à l'hilarant (l'intrusion du père dans la conversation de sa fille et deux de ses copines par exemple). Il faut ensuite noter que plusieurs scènes ont de bonnes chances de passer à la postérité (la "naked party", morceau de bravoure titanesque, déjà dans les annales).

D'un autre côté, je ne pense pas que ce film méritait autant d'éloge. Le bémol principal? Sa longueur. C'est long, mais long... C'est d'autant plus grave que le film aurait très bien pu être coupé par moment : certaines scènes s'éternisent (surtout celle, interminable, de la chanson) quand elles ne se révèlent pas tout simplement inutiles. Que dire de cette séquence, ignoble, vulgaire, inutile et looongue, des cupcakes De plus, le film exprime trop littéralement ce qu'il veut dire (certaines scènes sont sur-explicatives). Dommage, le film, réduit d'une bonne demi-heure aurait pu être plus percutant.

On passe donc un bon moment devant ce très démonstratif "Toni Erdmann". Certes, ma déception est due aux échos répandus sur le film et à l'énorme attente que j'avais. Mais les longueurs ne peuvent faire oublier des scènes comiques déjà anthologiques.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 31 août 2016
Éclats de rires sous une profondeur des sentiments, jubilatoire ! Ce film nous révèle la nécessaire légèreté de l'être et l'importance du carpe momentum
Caroline C
Caroline C

33 abonnés 386 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 août 2016
Oh là, comme ça à chaud en sortant du cinéma, je ne sais pas trop quoi penser ou dire de ce film complètement barré : en résumé les acteurs y sont excellents (Sandra Hüller au regard froid et ambitieux, habite son rôle de working-girl), mais les situations sont vraiment trop peu crédibles. Pas crédible le comportement loufoque du père qui s'immisce dans le quotidien professionnel de sa fille. Pas crédible non plus le comportement de la fille qui a une honte absolue de son père mais qui le tolère quand même à ses côtés pendant ses réunions de travail. C'est dommage, le sujet était pourtant porteur de pas mal de promesses (dureté du monde professionnel, amitiés superficielles, retrouvailles père/fille...).Mais perso, même si je ne me suis pas ennuyée, j'ai laissé couler le film sans vraiment y croire et sans qu'il ne me provoque de réelle émotion. Un peu déçue, donc, au vu des excellentes critiques presse.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 24 septembre 2017
Le fait est que je suis abasourdi et pris au dépourvu... D'habitude d'accord avec les avis extérieurs(presse, public) c'est la première fois que je me demande vraiment si j'ai vu le même film... Alors, oui, je comprend le message "philosophique", comme quoi le film n'est au final qu'un condensé de scènes insouciantes du quotidien(la longueur des scènes et du film en général le démontre ). Mais quand je vois 95 % des critiques décrire Toni Erdmann comme le film le plus poilant de l'été, il y a de quoi se tirer une balle.
Pour faire court, si on me dis que j'ai vu un drame, je suis d'accord. Si on me dis que le film sort de l'ordinaire je suis d'accord aussi... Mais quand on vous prépare à quelque chose de décontracté et drôle...BREF, J'ai rarement aussi peu sourit au cinéma.
En fait, le film est tellement chiant et tellement minimaliste qu'il vaut mieux vivre son quotidien et en faire un résumé de 2h40 plutot que d'aller voir Toni Erdmann
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 août 2016
Œuvre singulière mêlant chronique familiale et critique sociétale, Toni Erdmann de Maren Ade questionne notre présent. Sous les traits de son personnage titre, la comédie grinçante attendue se farde en farce loufoque au ton libre et décalé. La critique convenue du libéralisme économique reste pertinente car réalisée sans concession. Plus de détails sur notre blog ciné :
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 31 août 2016
S'il y a un message philosophique dans cette histoire navrante et frappadingue, ce film est alors le plus prétentieux de l'année. S'il n'a rien à nous dire, c'est juste un film mortellement ennuyeux. Armez-vous de patience pour subir ces 2h40 de pensum ! Seulement si vous avez beaucoup de temps à perdre.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 31 août 2016
Pas du tout d'accord avec les critiques dithyrambiques qui accompagnent l'affiche de ce film dans le métro!
Ok, ce n'est pas totalement nul: le scénario est original et les acteurs sont bons, mais j'ai passé 2h42 (quand même!) vraiment désagréables. Le soi-disant comique de ce film repose sur l'embarras et la gêne, on est mal à l'aise avec les personnages. Et surtout on s'ennuie, car ça se tire en longueur.
Ewen Blake
Ewen Blake

189 abonnés 1 301 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 août 2016
Toni Erdmann est laid et peu drôle. Cet ovni multifonctions est pourtant l'un des meilleurs films de 2016: inspiration pour les DG souhaitant renforcer le team building lors de leur staff day, source d'espoir pour les artistes à la voix faillible, innovation dans sa relecture de la recette des macarons et Carpe Diem unique au cinéma. La création de Maren Ade est une relecture de l'injonction à profiter de la vie d'Amélie Poulain, le merveilleux en moins, l'absurde en sus. Ce film rare nous donne sur le tard quelques clefs de ce qui vaut la peine d'être vécu même si le réalisateur via Winfried avoue la difficulté à savoir ce qui donne sens à la vie. Les relations humaine, la famille, l'amour, l'art, l'importance de conserver son âme d'enfant ces exemples peuvent paraître évidents mais le monde d'aujourd'hui nous prouve chaque jour qu'il n'est pas vain de se répéter. D'ailleurs je suis resté assez circonspect sur certains exemples proposés (la peinture des œufs, l'humour très primaire entre perruque et coussin péteur). Même si la réalisatrice ne s'y engage pas on peux aussi penser que des succès professionnels, des fêtes entre collègues (avec ou sans cocaïne) peuvent constituer de beaux moments de vie. Je n'ai pas non plus aimé la sensation d'être pris en otage au moment de l'anniversaire d'Ines. Si la scène est hallucinée elle s'étire sans raison jusqu'au sacrifice de sa crédibilité via le retournement de l'associé (Gerald). Les rires étaient éparses mais sonores et j'ai eu l'impression que si je ne riais pas c'était parce que je n'avais pas conservé mon âme d'enfant et ne savait profiter de la vie. Toni Erdmann compte quelques baisses de rythme mais j'ai eu du mal à croire que le film faisait près de 3H en en ressortant. On ne voit pas le temps passer. Il faut dire que la palette thématique est riche. A tout niveau. D'abord à l'échelle globale via la mondialisation. Ce film m'a rappelé et illustré cette étude qui nous indique que les valeurs partagées entre européens d'une même tranche d'âge sont plus proches que les ressortissants d'un même pays mais de génération différente. On aborde également la société et notamment ce monde du travail qui dévore la vie, les journées, les soirées, les nuits, les week-ends. Les temps au bureau bien sûr mais aussi ceux chez soi ou lors d'une sortie, d'un dîner. A tout moment le travail peut faire irruption dans le quotidien et à chaque fois, il est prioritaire sur le reste, sur la vie. On touche du doigt les relations humaines et notamment celle entre le père et sa fille et enfin le plus intime : la relation à soi et son corps. Je me suis forcément identifié à Ines. Cette acharnée de travail d'une rigueur et d'une froideur inhumaine (la scène de la rencontre avec Tony est incroyable). Son job de consultante est dépeint de manière relativement crédible même si elle n'échappe pas aux exagérations. Son métier est le point de départ de la perte de sens de son existence, de l'engrenage qui fait qu'elle puisse désormais ne goûter à la satisfaction que via un massage à 100€. Bien sûr les hôtels 5 étoiles, limousines et champagne en boite de nuit font rêver mais s'il faut pour cela sacrifier sa vie, en valent-ils la peine ? On vit ce film dans la continuelle inquiétude que le père embarrasse sa fille (et ruine sa carrière) pour s'apercevoir que l'objectif de l'auteur est justement de nous montrer qu'Ines doit changer de job. C'est beau mais tout le monde ne peut pas se payer le luxe de démissionner. D'ailleurs j'ai bien aimé que la fin évite le manichéisme en envoyant Ines élever des moutons dans le Vercors. Par contre je doute qu'elle puisse changer de rythme chez Mc Kinsey ou réellement profiter de la vie au grade d'associé dans un cabinet de conseil. La pression et les 60 heures semaines ne sont pas miscibles avec les réceptions naturistes. J'ai trouvé très touchant le lien père - fille et leur difficulté à communiquer, symbolisé par le silence gênant devant l'ascenseur. Le problème pour Ines est qu'elle est devenu un semi robot incapable de mettre de coté son travail 15 minutes d'affilé. Winfried quant à lui est dépassé par le rythme infernal de sa fille et cherche désespérément à la toucher à travers des gags auxquelles elle reste insensible. Devant cette difficulté il décide de devenir quelqu'un d'autre et d'opposer, même si c'est souvent avec maladresse, un humour absurde à un monde du conseil d'un cynisme et d'une froideur toute capitaliste. De la même façon père-fille sont tellement différents qu'ils vivent les vivent les scènes à l'opposé. Sur le champ de pétrole le père conseille à son hôte de garder son humour. Incompréhension d'Ines, l'homme va perdre son emploi. Mais elle fait erreur en sous entendant le cynisme de son père, celui-ci accorde simplement une valeur sincère et vitale à l'humour, peut-être davantage qu'au travail. Si on ne voit pas le temps passer c'est aussi parce que la réalisatrice ne nous laisse jamais dans notre zone de confort, elle joue avec nous (Toni suffoquant sous son masque qui s'écroule dans le parc) et comme Kechiche, enchaîne sans coupure des scènes que des mois séparent. Je n'ai pas eu la sensation de voir un chef d'oeuvre mais Maren Ade a créé un film riche, réussi et qui sonne parfois tellement vrai que je me suis surpris à vouloir applaudir à la fin de la chanson. En bref : "Faut faire ci faut faire ça et pendant ce temps la vie passe". Le conseil du jour est en Allemand et il est délivré avec plus de talent que les cabinets de conseil ne pourront jamais en déployer.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 août 2016
Depuis sa sortie à Cannes où il avait reçu un accueil enthousiaste, « Toni Erdmann » divise les spectateurs. La majorité salue une œuvre hors nome, loufoque et attachante. La minorité crie à l’imposture. De quel côté vous classerez-vous ?

Il faut sans doute reconnaître à « Toni Erdmann » une certaine originalité. Moins dans le sujet qu’il traite que dans sa manière de le faire.

Le sujet ? Il y en a deux : la relation père-fille et le capitalisme en Roumanie.
La relation père-fille file a priori sur un chemin tracé d’avance. Winfried, la soixantaine, professeur de musique dans un collège allemand, n’a plus guère de contacts avec Ines, sa fille partie travailler comme consultante en Roumanie. Sans crier gare, il va l’y rejoindre, déboulant dans sa vie comme un chien dans un jeu de quilles sous l’identité d’un fantasque Toni Erdmann, tour à tour coach, ambassadeur d’Allemagne, peintre sur œufs et consultant dans l’industrie pétrolière.
La peinture du capitalisme sans âme qui corrompt à la fois un pays et l’âme de ceux qui l’exploite constitue, lui aussi, un thème rabattu.

Mais c’est dans la façon de traiter ces deux thèmes que Maren Ade, jeune et prometteuse réalisatrice allemande, surprend et émeut.
Résumer la relation de Winfried et d’Ines à leur réconciliation serait appauvrir un couple père-fille dont deux heures quarante de film permettent de comprendre la complexité. Il n’y a pas d’un côté un père loufoque et de l’autre une fille droguée de travail. L’un et l’autre ont leurs qualités et leurs défauts. Winfried cache derrière sa bouffonnerie une compréhension très fine de l’état de sa fille ; la dureté d’Ines se fissure au fil du film.
C’est peut-être la peinture de la Roumanie moderne qui m’a le plus intéressé dans ce film, d’autant qu’elle est passée sous silence dans les critiques que j’ai pu lire. « Toni Erdmann » la décrit comme le terrain de chasse d’une faune cosmopolite de consultants plurilingues (on parle beaucoup de langues dans « Toni Erdmann » – l’allemand, l’anglais, le français – mais quasiment pas le roumain). C’est un pays qui est à la fois dans l’UE – les directives s’y appliquent et un personnage annonce qu’il a remercié Van Rompuy d’avoir permis son adhésion – mais qui se situe encore à ses marches. J’ai particulièrement été émue par le personnage d’Anca, la jeune assistante d’Ines, multidiplômée et ravissante, prête à accepter toutes les humiliations pour conserver son emploi.
Jonathan M
Jonathan M

163 abonnés 1 528 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 août 2016
On ne se voilera pas la face, Toni Erdmann est un bon film. Il attise l'euphorie chez certain, le désespoir chez d'autres. Je penche pour la mesure. La qualité fondamentale du film réside dans ce rapport père/fille. D'une émotion vive, surgit cette scène assez banale, lors de la première visite improviste du papa à Bucarest. Il s'agit en faite de la scène où il l'a quitte prématurément, à cause d'un envahissement qui commence à se faire sentir. Lui qui pli bagages dans le coffre de son taxi roumain, elle suspendu à la rambarde de sa terrasse. Entre eux, c'est glacial, mais l'amour ici fait son apparition. Les poils se dressent, c'est somptueux. D'un point de vue global, on ne peut pas dire que ce soit un grand film. Malheureusement, lorqu'on souhaite faire un film intimiste, il faut s'attacher aux personnages en se raccrochant à leur personnalité et leur vécue. La carence est ici, les acteurs, bien qu'un jeu parfait quand ils sont en duo, reste trop lissent. Maren Ade n'est resté qu'en surface et au final, on ne connaît pas vraiment les deux antagonistes. On retiendra les rires grinçants déclenchés quasi automatiquement. C'est une tragi-comédie comme on en fait plus des masses. Un bon moment.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 4 septembre 2016
Je ne comprends pas les critiques dithyrambiques de ce film. OK le père est fantasque et pas mal de scènes font sourire mais l'ensemble n'a ni queue ni tête et la durée - 2h43 - finit d'achever le spectateur.
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