Voilà un film dont les avis entendus ou lus à droite et à gauche laissent perplexe. Lorsqu’on le présente comme étant la Palme du Public et de la Presse, force est de reconnaître la véracité d’une moitié de l’affirmation : en effet, rarement a-t-on vu à Cannes une presse, qu’elle soit étrangère ou hexagonale, aussi unanimement enthousiaste à propos d’un film ; par contre, il y a des contre-vérités qu’il faut dénoncer : à la fin de la projection de ce film dans la salle de la Licorne, à Cannes La Bocca, la salle où se pressent les cinéphiles, la salle qui réunit un public proche de celui qu’on peut trouver toute l’année dans les salles de cinéma autres que celles des multiplexes, l’enthousiasme était loin d’être de mise, la plupart des spectateurs ayant trouvé le film beaucoup trop long et souvent répétitif. Maren Ade avait tout pour faire de Toni Erdmann un très bon film : un thème très peu abordé au cinéma, une aptitude certaine à faire intervenir la farce dans un film dont le sujet est, par ailleurs, très sérieux, etc. Elle avait tout, sauf un « détail » important : la science du montage, l’art de couper une scène au bon moment, l’art, surtout, d’éviter de se répéter. Toni Erdmann n’est pas un mauvais film. Il est même très bon pendant près d’une heure. Malheureusement, répétons nous, nous aussi, il est trop long et très souvent répétitif.
Les dangers autant que la valeur de l’idéalisme sont au cœur des préoccupations de Maren Ade. Les villégiatures compromises par l’embarras devant des proches dont on préférerait ne pas avoir à répondre s’alignent chez elle sur ce questionnement. Certes, il n’est cette fois-ci plus question de vacances que pour l’un des personnages (par opposition au couple de voyage en Sardaigne d’Alle Anderen), sa visite in-annoncée mettant en péril la place professionnelle de l’autre. Ce qui se joue entre refus ou acceptation de l’excentricité d’un tiers (et de ce qu’elle renvoie sur soi-même) tient pourtant d’un enjeu existentiel parent : qu’avons-nous fait de notre folie douce ? Dans une Europe de la crise qu’elle semble, avec son ami Miguel Gomes, quasiment seule à oser aborder, celui-ci prend valeur de modeste projet politique.
Maren Ade a un sens certain du comique de situation (...). Malheureusement, le film enchaîne les situations, justement, avec une mécanique qui s’épuise vite et tourne à vide. (...) Beaucoup, beaucoup trop de longueurs gâchent le plaisir.
Un film étonnant, qui arrive à mêler humour, tendresse et critique de la société. Sous ses airs parfois potaches, le film se révèle d'une rare finesse sur les rapports et différences entre deux générations, entre deux façons de (conce)voir la vie, mais qui sont pourtant liées. Je craignais les 2h42 d'images mais ça passe bien, même très bien. Il y a bien une ou deux longueurs en primevère partie de film mais qui ne font pas "sortir" le spectateur du film, l'émotion (et le rire) montant crescendo. On sourit souvent, on a parfois la larme à l’œil... Et de mémoire de spectatrice, j'ai rarement eu un tel fou rire devant une des scènes appelée à devenir culte. Et que dire des deux acteurs principaux, Sandra Hüller et Peter Simonischek, tous deux époustouflants. Le cinéma outre-Rhin s'est trouvé Maren Ade une sacrée réalisatrice.
Film vu en avant première, je ne m'attendais absolument pas être captivé pendant les 2h40 que durent le film. Au début du film on ne sait pas très bien ou cela va nous mener. Mais au fur et à mesure on se laisse emporter par ce film sur la relation père-fille avec en toile de fond une uniformisation des modes de vie de culture de travail où les personnages perdent pied...
Rares sont les comédies à concourir pour la célèbre Palme d’or. Bien que reparti bredouille du dernier Festival de Cannes, Toni Erdmann a réalisé l’exploit de remporter la palme coup de coeur des festivaliers.
Imaginez un gai luron adepte des déguisements en tout genre, partisan des bonnes blagues, prêt à tout pour amuser la galerie… et décrocher un sourire à sa fille engluée dans un quotidien où la fantaisie n’a guère sa place. Imaginez ce même trublion débouler dans la vie de celle-ci tel un ouragan et tenter d’insuffler une bourrasque de folie à ses journées bien monotones. Imaginez enfin ce joyeux drille – qui cache pourtant un côté clown blanc -, s’inventer moult personnages, tantôt Ambassadeur d’Allemagne aux Etats-Unis, tantôt coach de vie qui mène grand train, tantôt jumeau esseulé victime d’un colis piégé, et embarquer dans ses élucubrations cette fille faussement revêche qui semblait avoir oublié la gamine espiègle et pétillante qui sommeille en elle.
Entre une histoire de menottes et de clés perdues, un dentier effarant, une perruque ridicule, une râpe à fromage « design », un « déjeuner à poils » et autre soirée psychédélique, le père multiplie les subterfuges les plus rocambolesques pour aider la jeune femme à retrouver un peu de folie douce…
Voici donc le film qui a fait se gondoler Cannes et dont l'absence au Palmarès a ému tus les festivaliers. Sa réputation n'est absolument pas usurpée avec une multitude de scènes délirantes qui ne sont pas loin de provoquer des fous rires irrépressibles. Mais Toni Erdmann est bien plus que cela et ses 2 heures 42, qui passent très vite, sont d'une très grande richesse thématique. Outre la mondialisation, et les rapports entre une puissance occidentale (l'Allemagne) et un pays émergent (la Roumanie), le film est d'une lucidité et d'une justesse impressionnantes lorsqu'il s'attaque à la vie en entreprise, et notamment dans les multinationales. Stress, sentiments "Corporate", défoulement, dérives, tout y est. Sur le plan émotionnel, Toni Erdmann s'impose avec un éclat tout particulier, dans une relation père-fille puissante et jamais convenue. Le film semble parfois improvisé comme si la réalisatrice Toni Erdmann avait laissé une grande latitude à ses interprètes, à moins que tout soit écrit, au cordeau. Les deux acteurs principaux sont éblouissants : Peter Simonischek et Sandra Hüller, dans des partitions variées et inspirées. Si le jury de Cannes, plutôt que de couronner un Ken Loach honnête mais attendu, avait voulu prendre des risques et souligner une écriture et une mise en scène brillantes et singulières, c'est Toni Erdmann qu'il aurait choisi sans hésiter.
Ce film est troublant ! L'histoire étrange d'une fille et de son père dans un monde où l'humour disparaît : pas le temps de rire, il faut être productif !!! Dés le début on est plongé virtuellement dans l'action comme si on était à la place des acteurs. Le fait de tourner beaucoup de scène caméra à l'épaule, à la manière d'un reporter, ou de faire usage de gros plan nous immerge dans l'histoire. spoiler: On dirait parfois un documentaire sur notre société et ses travers. Les personnages nous deviennent proches. Les facéties de Toni pour rendre heureuse sa fille nous font éclater de joie (et de rires), et en même temps les questions sur son travail, sur sa façon de vivre nous remets aussi en question. Eclats de rire et émotions garantis dans ce film. spoiler: 2h42 qui m'ont paru très courtes.
Compte tenu des critiques après festival de Cannes, je pensais que je me casserais une côte, que je me déchirerais les zygomatiques, que je me tordrais de rire en regardant ce film annoncé comme hilarant.... Rien de tout celà... De quel humour parle-t-on ? J'ai plutôt eu l'impression de visionner un épisode de Derrick en bien plus long malheureusement... Aucune émotion ne ressort de cette histoire pas crédible entre une fille adulte et son père ... Même la scène d'amour est pathétique et très moche. Je pensais être une privilégiée à pouvoir le voir en avant première, Ne perdez pas votre temps...
Un film original aux trouvailles surprenantes porté par deux acteurs réellement attachants et touchants. C'est surtout une histoire sur le manque de communication d'une fille et de son père, la première enfermée dans son travail, le second ne s'exprimant qu'à travers des blagues et des déguisements. Au départ on se dit que c'est le père le plus fou des deux, et il est vrai qu'il ne manque pas de culot en inventant le personnage de Toni, ("coach" spécialité, heu, vie) qui s'immisce parmi les collègues d'Inès, allant jusqu'à se créer des cartes de visite et louer des limousines... Mais sa fille ne tarde pas à nous surprendre, notamment lors d'une fête d'anniversaire mémorable (un moment excellent de cinéma qui m'a laissée tantôt inconfortable, tantôt hilare, tantôt touchée par le mélange d'audace et fragilité d'Ines) et on ne sait plus vraiment qui est le plus fou... C'est un film sur les convenances sociales, aussi, sur l'humour. J'ai rarement vu un film avec autant de personnages gênés, parce qu'ils ne comprennent pas une blague, parce qu'ils ne comprennent pas que quelqu'un puisse faire quelque chose d'inattendu... Cela s'exprime beaucoup par le comique de situation (et quelles situations!), Le film est très théâtral. Mais réaliste car rien n'est attendu, il ne nous emmène jamais là où on s'imagine.
Face aux critiques dithyrambiques que ce film a suscitées à Cannes, je dois être un spectateur extrêmement basique pour avoir gouté aussi peu ce spectacle. Toni Erdmann, c’est le nom du personnage inventé par Winfield pour côtoyer sa fille, consultante à Bucarest, plus ou moins à son insu. Un grand échalas emperruqué et pétomane qui prend un malin plaisir à faire honte à sa fille lors des cocktails et autres "pince-fesses". On croit un moment que par l’absurde, il va la ramener à une vie moins cruelle, on pourrait croire qu’il se sauve lui-même … rien de tout cela. Le scénario évite le didactique, évite de donner des leçons. Parce que, l’art du décalage, d’être toujours là où personne ne l’attend, doit être le ressort comique du film … et je n’ai pas ri une seule fois ! J’ai bien senti les 2 heures 40 …
Même s'il n'a pas remporté la Palme d'or au festivalde Cannes de 2016, "Toni Erdmann", le troisième long métrage de la cinéaste allemande Maren Ade, a été vivement remarqué et salué par la critique. Cette reconnaissance est justifiée puisque "Toni Erdmann" est un très bon film qui se veut à la fois touchant et drôle. Les 2h45 passent à une vitesse folle sans que l'on puisse s'ennuyer. Il y a bien deux/trois passages à vide mais ils sont courts et peu nombreux. Toute l'intrigue repose sur l'excellent duo Peter Simonischek/Sandra Hüller qui est en fait une transposition du duo circassien clown auguste/clown blanc. Ines (clown blanc) s'investit sérieusement dans sa carrière professionnelle que vient chambouler les pitreries de son père Winfried (clown auguste). Une comédie dramatique plus marrante que réellement triste qui vous fera un effet agréable.
Superficiel, conventionnel, d'une objectivité insupportable, Toni Erdmann ne fait rire que dans la mesure où il est léger. Le reste du temps il endort !
« Toni Ederman », le 3ème film de Maren Ade a reçu le Prix de la Critique internationale à Cannes. Il doit sortir mi-Août mais a été projeté en avant-première dans 3 villes françaises ce Dimanche. Pour ma part, le film ne ressemble pas du tout à l’affiche qui le présente comme une comédie hilarante « à hurler littéralement de rire » ou « l’un des plus beaux fous rires de Cannes » (sic) … C’est un film très grave qui confronte Winfried Conradi alias Toni Erdmann (Peter Simonischek) et sa fille Ines (Sandra Hüller). Le premier, artiste et écologiste arrivant au terme de sa vie et cardiaque, compense sa vision pessimiste du monde par des farces et attrapes, des déguisements et des reparties volontairement sans queue ni tête. Il regrette d’être loin – dans les deux sens du terme - de sa fille qui est une féroce femme d’affaires, conseil de gestion dans les sphères du pétrole en Roumanie. Suite au décès de son chien, Toni va à Bucarest et demande à sa fille « si sa vie a un sens ». Il va alors s’immiscer dans sa vie professionnelle et personnelle et progressivement via toute une série de situations cocasses, lui permettre de réfléchir et – après un « brunch » donné à l’occasion de son anniversaire, dans des conditions que je vous laisse découvrir –modifier sa vision du monde et de la vie. La dernière scène est émouvante : de retour en Allemagne suite au décès de la mère de Toni, Ines va « montrer » au vrai sens du terme la valeur du message de son père qui disparaît du champ de la caméra pour – je pense – aller rejoindre son chien suite à une crise cardiaque annoncée par un malaise à Bucarest. A côté de cette histoire d’amour entre un père et sa fille malgré des concepts de vie qui les opposent, le film nous montre également la dureté du monde des grandes entreprises capitalistes face à la réalité de la vie sur le terrain en Roumanie. Je ne dois pas avoir le même humour que les festivaliers de Cannes et pour moi ce film poignant n’a – à mon avis – qu’un seul défaut : sa longueur (2 h 42) mais il est à voir car les rires et sourires qui en émanent ont un goût amer mais réaliste sur le monde actuel.
L'histoire est cousue de fils blancs mais les sketchs sont réussis, ce qui fait que les 2h45 se digèrent bien. C'est un film moral mais peu subtil sur le fond (la forme l'est assez en revanche). Je dis ça pourtant j'adhère comme le réalisateur au parti anti-sérieux, mais ça m'empêche pas d'accepter que les membres du parti sérieux soient autre chose que les caricatures présentées dans le film (le film oppose un mec hyper cool contre un univers macho, cintré, stressé). Par ailleurs, on pourrait se contenter de l'histoire brute entre le père et la fille mais elle est pas vraiment trépidante: dès le début, on en comprend les ressorts et devine le dénouement (pendant le film on espère être surpris mais finalement non). Donc, voilà, restent les sketchs, et ils sont drôles ( quelques moment émouvants quand même - j'en compte deux, et vous?)