Sicario
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Requiemovies
Requiemovies

240 abonnés 1 153 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 octobre 2015
(...) Ne boudons pas notre plaisir en s’arrêtant sur la minceur d’un scénario, entre « Cartel » et « Traffic », la surprise de découvrir la vie des narco trafiquants n’est plus l’enjeu. La singularité de l’histoire n’est pas le propos, sa dynamique se situant ailleurs, dans un ensemble de forme et de fond.
Denis Villeneuve créer en permanence cette tension si nécessaire au cinéma d’action ; et pourtant oubliée souvent dans une démonstration de violence graphique. Ici, on marche sur les terres de William Friedkin, on flirt avec le docu-réalité imbibé à la Corona fictionnelle. Tension qui vient en point d’orgue sur plusieurs séquences dont une sur l’autoroute à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. On n’a pas souvenir d’une telle tension permanente et grandiose sur la toile depuis des mois. La notion de florilège n’est pas loin ; et dans un genre exploré à de multiples reprises, difficile de surprendre, ici, la barre se lève jusqu’à l’étonnement. Cette virtuosité s’exprime également dans de simples face-à-face où la rigueur des cadres et des mouvements de caméra ne sont pas le fruit du hasard mais d’une recherche toujours complexe et justifiée dans la composition de ces plans.
Percutant, le jeu des comédiens l’est tout autant, avec Emily Blunt(...)
Dans une narration un peu confuse parfois, le réalisateur trouve toujours le chemin le plus percutant et finalement assure l’ensemble afin de laisser le spectateur souvent scotché à son fauteuil. Colossal, « Sicario » l’est assurément et délivre une vraie atmosphère suffocante dans une virtuosité qui laisse présager le meilleur pour la suite et l’avenir de son metteur en scène. Tant que ce dernier gardera cette liberté d’expression, sans la dictature des studios, on peut espérer le meilleur de sa part. De metteur en scène à virtuose le chemin est parfois très court, Denis Villeneuve après avoir trouvé la ligne de départ, commence sa jolie course. A suivre…
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2015
Pour moi, Denis Villeneuve n'a commencé à être intéressant qu'avec Enemy que j'ai adoré. J'avais détesté Prisoners et encore plus Incendies. C'est assez bizarre cette fois-ci. Dans la plupart des domaines, le film est (très) réussi. Sa qualité première est la mise en scène : elle est précise, soignée, élégante, puissante, voir brillante. Plus que de l'action (sauf dans la première partie), c'est une vraie ambiance qui est imposée. Techniquement, c'est magnifique, de la photo à la musique, il n'y a rien à dire. L’interprétation est convaincante. Josh Brolin et Benicio Del Toro assurent mais celle qui étonne c'est Emily Blunt. Elle est absolument formidable. Sans doute son meilleur rôle et l'une des plus belles performances de l'année. Mais si on ne s'ennuie pas, curieusement on reste un peu sur notre faim, et il manque un petit quelque chose. Peut être pense-t-on trop au Traffic de Soderbergh. On ne fera tout même pas la fine bouche. Car Sicario est tendu, parfois éprouvant, souvent prenant. Bref, c'est efficace. Un Villeneuve bon cru malgré tout donc...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 octobre 2015
En proposant une immersion dans la zone frontalière entre les USA et le Mexique, Sicario marque déjà des points en terme d'originalité, le sujet étant relativement peu traité comparativement aux autres interventions militaires américaines dans le monde. Le plus en plus coté réalisateur canadien Denis Villeneuve (Prisoners) fait des merveilles avec ses vues aériennes et ses convois dans les avenues dévastées de Juarez, des images saisissantes martelées par une BO glaçante, exceptionnellement adaptée pour souligner la tension permanente dans laquelle évoluent les personnages du film. Et ceux-ci ont du charisme à revendre, tout particulièrement Benicio Del Toro, qui crève littéralement l'écran dans un rôle sombre et ambigu. Le script limpide, brutal, offrant nombre de situations jouissives (l'extraction du prisonnier) n'exploite que modérément son matériel : c'est finalement le seul reproche que je peux faire à Sicario, thriller politico-militaire d'une qualité remarquable, mais qui passe en un clin d’œil... Comme défaut, il y a pire !
maximemaxf
maximemaxf

378 abonnés 260 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 octobre 2015
C’est le mois d’Octobre et en cette année 2015, les attentes des cinéphiles sont nombreuses pour le dernier trimestre et Sicario est le premier d’entre eux qui attiraient mon attention, et aussi le premier qui sortait. Car des réalisateurs de renom (en bien ou en mal) qui ont un film de prévu en ce mois d’octobre, ils sont nombreux : Guillermo Del Toro, Ridley Scott, Robert Zemeckis, M. Night Shyamalan ou encore Woody Allen, on n’aura pas le temps de s’ennuyer.

Sicario a eu l’occasion d’être présenté cette année au festival 2015 de Cannes, festival auquel Emily Blunt et Benicio Del Toro étaient présent, et d’avoir des avis généralement positifs. Ainsi qu’au Festival de cinéma américain de Deauville plus récemment ou il a clôt le festival avec les honneurs que ça soit auprès du public ou des critiques.

Révélé grâce à Incendies, notre ami québécois n’a pas chaumé depuis, à tel point qu’il lui a été attribué la tâche de réaliser une suite au Blade Runner de Ridley Scott en 2017, seulement… ouais, c’est sur que beaucoup de personnes ont et doivent encore être en train de gueuler à l’idée de faire une suite à un film de SF aussi apprécié par les fans du genre quand on voit que certaines franchise, se sont fait affreusement lessiver le derche dernièrement. Malgré tout, je ne pense pas qu’on ait à s’inquiéter pour l’instant, au contraire.

Comme beaucoup de gens, j’ai été surpris par Villeneuve et j’ai aimé/adoré chacun des films que j’ai vu du bonhomme. Incendies (bluffant), Prisoners (brillant) et Enemy (déroutant et fascinant) ont prouvé qu’il était un metteur en scène bourré de potentiel, jusqu’à maintenant il a fait un quasi-sans-faute et je me devais de voir son dernier film en date pour me préparer à cette future suite à l’un de mes films de SF préférés avec le premier film de Villeneuve que je voyais en salle.

Et au final, j’aurais juste 2 mots à dire : BRAVO DENIS ! Oui oui, j’insiste, bravo Denis, c’est comme ça qu’on fait un film noir de haute volée. En plus de rassurer pour Blade Runner 2 en 2017, Denis Villeneuve prouve son talent de cinéaste à suivre de très près pour les années à venir, Octobre ne pouvait pas mieux commencer décidément. J’ai adoré et je m’empresse de vous dire pourquoi.

Parlons avant tout des acteurs et de leurs personnages : à commencer par Emily Blunt que je découvre pour la troisième fois derrière une caméra après Edge Of Tomorrow et Into The Wood. Elle interprète ici Kate Macy, agente du FBI idéaliste et à principe enrôlée par volontarisme dans une unité spéciale ayant pour but de renverser le Cartel de Juarez. J’ai trouvé l’héroïne étonnamment convaincante car, bien qu’idéaliste sur sa vision de la justice, Villeneuve ne tombe pas dans le piège d’en faire une gourde à se plaindre en permanence, une Bad-Ass sans transition crédible et inviolable, ni une chieuse de première qui nous les brises à la première occasion.

Non, ses réactions sont beaucoup plus dosés et réalistes en tant que spectatrice (parfois impliquée) des méthodes de l’équipe anti Cartel, spoiler: elle se révolte quand elle y est opposé mais n’en fait pas trois milles tonnes et elle remet ses principes en question quand quelque chose de grave se produit mais ne les évinces pas pour autant.
De plus, quand on voit qu’Emily Blunt l’interprète avec beaucoup de crédibilité, ça aide à vouloir s’identifier au personnage qui, ici, devient finalement une spectatrice. L’actrice a non seulement du charme à faire valoir en elle-même, mais elle fait passer beaucoup d’émotion à l’écran quand il le faut et arrive à rester en retenue lorsqu’elle doit être plus sobre devant la caméra. Franchement elle m’a épaté et je serais satisfait de la voir rejouer des rôles semblables à l’avenir.

Josh Brolin, que j’ais déjà pu apercevoir dans Inhérent Vice de Paul Thomas Anderson et Everest de Kormàkur cette année, a prouvé plus d’une fois qu’il était un excellent comédien et le démontre encore une fois ici en tant que chef d’équipe spéciale anti cartel. Et je le trouve aussi bien taillé pour jouer un personnage inspirant au moins un minimum de capital sympathie comme dans Everest qu’un semi- connard. Ici, il joue en tant que Matt Graver, le chef d’équipe spécial chargé de faire face au Cartel de Juarez, même si il n’est clairement pas aussi mis en avant que les deux stars du film, il n’en demeure pas moins excellent et investie.

Parce que, oui, si il y a bien une chose que je retiendrais pendant longtemps de ce Sicario : c’est Benicio Del Toro qui vole clairement la vedette à Blunt et Brolin. Je n’avais pas retenu grand-chose de lui tant son rôle de Collectionneur chez Marvel et de Franky dans Snatch s’avéraient anecdotique. Ici il montre de quoi il est capable. Déjà parce qu’il a un sacré bon rôle en la personne d’Alejandro, le conseiller mexicain spoiler: laissant de nombreuses interrogations
et qui devient de plus en plus fascinant spoiler: au fur et à mesure des indices qui s’accumulent autour de lui.
Et puis ici, au moins, Del Toro (Benicio hein, pas Guillermo) a vraiment de la gueule et joue le meilleur personnage du film, énigmatique et brutal à la fois, il fascine et inquiète en même temps jusqu’au dénouement final.

Pour les autres acteurs, on a la présence de Daniel Kaluuya, un parfait inconnu en ce qui me concerne pour un rôle moins exposé que nos trois protagonistes centraux mais qui fait quand même bien le boulot et joue un ami d’héroïne au final sympathique. Jon Bernthal interprète un rôle beaucoup plus court, pas inutile loin de là et exploité comme il faut mais comme pour Kaluuya, il n’en devient pas mémorable non plus. Raoul Trujillo et Maximiliano Hernandez sont aussi, finalement peu présent mais font bien le travail.

Au final, on retiendra surtout notre trio de tête Blunt/Brolin/Del Toro déjà grâce aux talents des comédiens, mais aussi parce que Denis Villeneuve montre qu’il sait diriger un casting.

A la musique, on notera le retour du compositeur islandais : Johann Johannsson qui avait déjà travaillé sur la musique de Prisoners avec Villeneuve. Et s’il y a bien une chose positive qu’il faut noter, c’est qu’en terme d’ambiance, le travail fourni est très présent.

Ça ne cherche pas à offrir un thème en particulier, mais à installer une ambiance et elle est toujours placée astucieusement pour contribuer à l’aspect film noir à tension que nous promettaient les bandes-annonces. Sur 2 heures, elle est réduite au minimum nécessaire mais placé là ou il faut.

Et cette ambiance resplendit davantage grâce à la réalisation de Denis Villeneuve, au bout de 5 films on apprend à reconnaître son style : les plans larges d’hélicoptère sur un ensemble d’éléments à l’écran, les plans fixes sur une figure ou un événement symbolique, des mouvements lents mais toujours calculés et précis avec un décor ou un cadre précis qui fait légèrement penser à No Country for old Men des frères Coen (pas impossible que Villeneuve ait été influencé), et évidemment son lot de séquence choc qui l’a fait connaître dans Incendies.

Dés l’introduction on est plongé directement dans le propos avec ses mouvements lents mais précis (dékà présent dans la BA) et un travelling du point de vue du camion du SWAT en pleine intervention dans la région de Phoenix. Les éléments s’installent, le rythme prend place et c’est toute une série d’élément symbolique auquel nous nous retrouvons confrontés sans le moindre contrôle.

Certains peuvent penser que Villeneuve va trop loin par moment avec le symbolisme décrit par la réalisation et que ça perd un peu en subtilité, spoiler: notamment avec les cadavres mutilés que Villeneuve expose avec une exposition de Alejandro sur le Cartel pour symboliser l’extrême violence du propos,
c’est vrai qu’il y a une petite impression de répétitivité, mais à vrai dire ça ne m’a pas tellement gêné. Au contraire, ça rend le propos plus réaliste et ça renforce la claque que veut nous donner le film.

La tension est particulièrement forte spoiler: lors des scènes de fusillades
, mais je retiendrais surtout spoiler: celle dans les tunnels que ça soit pour le suivi du groupe en lunette de vision nocturne, vécu par le point de vue de Kate grâce aux prises de vues et cadres adapté pour la vision d’un spectateur.


Ce qui m’amène à développer le dernier point du film, l’histoire. Dans la forme, elle est assez classique, voir un(e) agent(e) rejoindre une unité spéciale pour des opérations hors norme et exceptionnelle, ça a déjà été fait plusieurs fois. Mais dans le fond et l’écriture, il y a moyen d’ajouter sa patte et sa vision pour en sortir quelque chose, ce qui est le cas ici. Enormément de bonnes choses se font sentir dans ce film noir.

Cela passe, tout d’abord, par l’exploitation qui est faite autour de Kate. Contrairement à ce qu’on pourrait croire malgré ses airs de garçon manqué en apparence dure, spoiler: elle ne sera que spectatrice et rien de plus, c’est souvent elle qui fera passer les émotions et réactions du public : on passe par le choc et l’incompréhension ainsi que la vulnérabilité face auquel est confronté Kate.


Elle nous permet aussi de nous confronter à l’univers tout simplement immonde opposant le Cartel et les forces d’intervention agissant au mépris de la loi pour foutre le bordel (comme le disait si bien Matt), mais en montrant tout de même les personnages sous un jour humain : spoiler: rien que le père du garçon footballeur à Nogales que l’on voit à quelques reprises et avoir une liaison parentale avec lui suffit à montrer cette humanité, humanité renforcée au moment ou son père interdit à son fils de toucher à son fusil (dommage qu’on n’ait davantage creusé leur relation en passant).


Pourtant, cette humanité se révèle, chez certains, une façade cachant une barbarie dont les origines sont aussi cohérente que monstrueuse. Et la meilleure scène, à mon sens qui démontre cela, est ce final tout simplement sensationnelle et parfait qui justifie mon 9/10 et ma recommandation car elle justifie également le titre du film, Sicario qui signifie en traduction mexicaine tueurs à gages pour petit rappel.

spoiler: La vendetta personnelle d’Alejandro témoigne de ce fait ou on le voit abattre le père de famille après l’avoir utilisé comme appât pour retrouver Manuel Dias (désolé si je l’écris mal) et atteindre l’homme qui a détruit la vie du mexicain en décapitant sa femme et en balançant sa fille dans une cuve d’acide. Au final, tout le film se révèle être une vengeance au cours duquel le groupe d’intervention utilisait le statut d’agent du FBI de Kate pour agir librement et permettre à Alejandro de commettre la pire forme possible de vengeance : Alejandro est alors montré, malgré ses motivations, comme le monstre qui lui a volé sa famille car faisant de même à son bourreau avant de l’abattre, l’effet étant renforcé par un plan fixe le long de la table du souper après avoir abattu une femme et deux enfants et la mort hors-champ de Silvio. Le film met un point d’honneur à cette duplicité d’apparence intérieur et extérieur lorsqu’il menace carrément de faire exploser la cervelle de Kate à son appartement pour rendre cet acte légal et impuni officiellement.


A ce moment là, nous sommes à bout de souffle et interloqué, comme Kate elle-même, et la claque a été reçu en pleine tronche. En fin de compte, la justice, on en vient à se demander si elle existe vraiment ? Et surtout si elle a une utilité avec le contexte de Sicario quand on voit à quel point la zone-frontalière est un lieu aussi pourrie d’un côté ou de l’autre au final.

C’est pour cela que, personnellement, je le classe sans problème dans mes films favoris de 2015 aux côtés de Mad Max : Fury Road et Vice-Versa, il a bien quelques légers soucis à relever comme le symbolisme un peu trop poussé ou une légère répétitivité pendant quelques minutes, mais pour le reste : acteurs, musique, ambiance, réalisation et scénario rendre le tout terriblement bon. Pour Blade Runner 2, j’y crois vraiment et je pense même que sa première adaptation d’œuvre de science-fiction Story of your Life sera une première tentative intéressante avec ce genre. N’hésitez pas à voir Sicario en salle, surtout si vous êtes amateur de film noir.
Avoine M.
Avoine M.

70 abonnés 295 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 octobre 2015
La Belle, la Brute et le Truand aurait pu être le titre de travail de ce thriller tendu, à l'esthétique parfaite et au casting tout confort. Tout est si magistralement filmé et interprété ( et soutenu par une bande son hors pair ) qu'on s'en veut presque de relever la facilité scénaristique qui consiste à opposer pour la énième fois un FBI qui serait naïf et légaliste à une CIA cynique et hors la loi et qu'on oubliera de se demander si la soif de vengeance suffirait dans la vraie vie à transformer structurellement un magistrat en machine à tuer occasionnellement tortionnaire.
stallonefan62

373 abonnés 2 904 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 juin 2024
Un bon thriller au cœur des cartels avec des scènes d'actions immersives et pleines de tensions notamment la scène de l'autoroute !! Le casting est à la hauteur du film, Josh Brolin en tête !!
CritikcinéFr
CritikcinéFr

23 abonnés 54 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 octobre 2015
Denis Villeneuve nous décrit avec force un coin du monde où il ne fait pas bon vivre. Massacres, violences, fusillades, cartels, le réalisateur d' « Incendies » nous dépeint une triste réalité. Une réalité que l'on ne connaît que trop peu, un sujet qui est si complexe, qu'il est très difficile d'en dégager une opinion. Si « Sicario » est bourré de défauts sur lesquels je reviendrais plus tard, il faut bien avouer que le gros point fort du film est cette volonté de Villeneuve à vouloir rendre son film hyper réaliste. Un réalisme à toute épreuve qui s'articule autour d'une violence sans nom et d'une barbarie insoutenable. Le réalisateur canadien choque par ses images, particulièrement au tout début de son film, et utilise de façon judicieuse sa caméra pour filmer l'action. La mise en scène est méticuleuse, ce qui nous donne droit à quelques scènes incroyables comme celle de la descente à Juarez ou encore la mission nocturne dans le tunnel. Villeneuve ne laisse rien au hasard, sa réalisation est précise, efficace et pas là pour apitoyer son spectateur. Le propos est dur, violent, le réalisateur ne garde pas de place pour les faibles.

Pour accompagner ces dires sur la brutalité et la noirceur du film, on peut tout de suite parler de la bande-son composée par Johan Johannsson. Le compositeur entoure le film avec un ton grave et oppressant accentuant le suspense déjà présent durant certaines scènes. Un suspense qui s'avère quelquefois insoutenable. Les sons graves se font beaucoup entendre dans les morceaux de Johannsson et ce dès les premières scènes. L'attaque de la maison par le FBI est décuplée par la force de cette bande-son qui n'est pas forcément agréable d'un point de vue sonore à l'écoute, mais qui forge une ambiance très particulière et assumée au film.

Ceci dit, malgré quelques bons moments de suspense, « Sicario » n'est finalement qu'un film très plat qui ne connaît qu'un seul point culminant, son début. La quintessence du film n'intervient donc qu'au départ et le reste n'en devient qu'ennuyant et barbant. Avec pourtant un propos qui se tient et de bonnes idées cinématographiques, Villeneuve ne parvient jamais à nous satisfaire dans un film qui multiplie les inégalités.

L'histoire est d'abord trop conventionnelle et trop peu proche de ses personnages pour boucher ce premier manque. « Sicario » et c'est terrible de dire ça, nous propose du déjà-vu même s'il le fait de façon admirable. L'ennui est permis et plusieurs aspects de l'histoire sont complètement inexploités. Villeneuve se concentre sur un personnage aussi faible que son actrice l'incarnant, auprès duquel il est très difficile de s'identifier. Le réalisateur canadien fini même par restreindre son tir initial(celui que l'on souhaitait) pour s'attarder sur une histoire de vengeance et de manipulation entre CIA et FBI, au lieu de nous proposer une vraie lutte contre les cartels et leurs agissements. Le début du film est ainsi presque parfait si on enlève l'explosion qui déclenche toute la débâcle qui la suit. On aurait aimé que Denis Villeneuve continue sur cette lancée d'une Amérique luttant contre ses propres démons. Au lieu de ça, le metteur en scène d' « Enemy » s'arrête sur des histoires personnelles caricaturales et sans trop d'intérêt pour le spectateur puisque les personnages du récit ne sont que des entités perdu dans la froideur et la noirceur de son film.

Aucune émotion ne peut donc se dégager de « Sicario », nom faisant directement référence à des tueurs à gages. Pas la moindre petite touche même si l'intention de Villeneuve allait dans ce sens lorsqu'il nous présentait une famille de Juarez formé d'un père policier. Hors encore maintenant, on cherche le sens que voulait donner le canadien à cette famille. Voulait-il nous faire pitié de ces gens qui vivent l'enfer quotidiennement ?

Critique complète sur Critikciné ! :)
Shephard69

405 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 octobre 2015
Un polar sombre, dur et assez violent pour une plongée saisissante de réalité, à la limite du documentaire dans l'univers impitoyable et trouble des cartels de drogue mexicains. Une mise en scène intéressante, un rythme efficace, quelques plans à la beauté photographique absolument splendide, un suspense suffocant. Si Emily Blunt est plutôt convaincante, Benicio Del Toro est, lui, excellent dans son interprétation de personnage parfaitement ambigu, motivé par un passé douloureux. Un récit puissant, un poil en deçà de "Prisoners" du même réalisateur même si la critique des méthodes des agences fédérales anti-drogue est assez bien vue. Une bonne sensation.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2016
Après l'excellent "Prisoners", et "Incendies" une autre très bonne réalisation de Denis Villeneuve. Une histoire violente et implacable. L’excellent scénario de Taylor Sheridan est d’une précision millimétrée. Avec un rythme savamment retenu, Il nous livre des actions d’envergure dans une ambiance tendue. Le casting est de haute volée avec le charismatique Benicio Del Toro qui exécute, comme à son habitude, une prestation remarquable, bien entouré d’Emily Blunt et Josh Brolin.
Le Pitch : Non loin de Phoenix en Arizona et de la frontière mexicaine, le FBI visite une maison de Manuel Diaz, le chef du cartel Mexicain. Elle y fait une découverte surprenante…
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 juillet 2019
Après avoir vu le génialissime Prisonners j avais hâte de voir ce Sicario par Denis Villeneuve. Avec ce film il confirme qu il maitrise parfaitement le polar avec cette plongée dans la lutte contre les cartels mexicains de la drogue. On va suivre l itinéraire d une agent du FBI qui va intégrer un groupe d intervention mélangeant agence fédérale et armée chargée de créer le désordre dans les différents cartels afin d en identifier les têtes. Le film pose la question de comment lutter contre ses cartels qui sont comme une Hydre: si on coupe une tête, il en pousse trois autres. Mais aussi est il possible de lutter contre ses cartels tout en conservant un cadre légal. La mise en scène est vraiment exceptionnelle notamment au cours de la scène d introduction dans la maison en Arizona qui nous plonge dans la violence extrême de ce milieu, mais surtout dans la scène d extraction à Juarez qui est à mon sens LE grand moment du film. Sous tension permanente c est une vraie plongée dans un environnement de violence extrême pour la prise du pouvoir du marché de la drogue. J aime beaucoup la représentation de la violence chez Villeneuve comme dans Prisonners à la fois très esthétique et naturaliste qui la rend parfaitement crédible mais en même temps étudiée. Alors même si j ai regretté une baisse de la tension dans la dernière partie Sicario est un Excellent film par un formidable réalisateur.
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2015
Film très dur mais également assez passionnant.
Le personnage principal est une femme trentenaire dans une équipe d'intervention d'élite du FBI qui lutte contre les cartels de drogue à la frontière entre les USA et le Mexique.
Ce film est vraiment bien foutu et intéressant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 13 octobre 2015
Un nouveau thriller de Dennis Villeneuve, pour moi ça peut facilement être l'un des meilleurs films de l'année, donc j'y suis allé les yeux (presque) fermés. Alors ça n'a pas été une grosse claque comme le fût Prisonniers, mais globalement je trouve que c'est un très bon film. Villeneuve prend des risques, il n'hésite pas à nous conter une histoire violente et franchement tendue, allant au-delà des clichés et surtout une histoire très réaliste (je ne sais pas si au Mexique la situation est aussi grave que ça, mais ce film ne donne pas envie d'y aller). Villeneuve sait gérer le rythme, et certaines scènes sont justes magistrales de suspens, et sa réalisation y ajoute un gros plus (car comme d'habitude elle est impeccable), sans oublier la photographie qui est à tomber par terre. Les trois acteurs principaux sont excellents, mais pour moi le gros gros gros plus du casting c'est Benicio Del Toro, beaucoup plus en retenu que les deux autres et surtout par le fait que son personnage est extrêmement intéressant (nan franchement là si il n'y a pas une nomination à l'oscar à la clé, c'est que l'Académie est aveugle). J'ai des regrets quand aux personnages de Blunt et Brolin, qui je le trouve sont assez stéréotypés (et su coup la performance d'acteur derrière est bien moins marquante) : la recrue idéaliste impuissante et le pourri manipulateur.
Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, Villeneuve nous a encore offert un film de qualité, à la fois complexe et captivant. Au moins Blade Runner 2 est entre les mains de quelqu'un de talentueux.
Dave le nantais
Dave le nantais

46 abonnés 24 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 octobre 2015
Sicario raconte l'histoire d'une flic du FBI (convaincante Emily Blunt) prenant part à une opération commando menée par le gouvernement américain (?) et visant à démanteler un cartel mexicain puissant de la drogue. Sans trop déflorer le suspense, l'héroïne va devoir mettre son idéalisme dans sa poche face aux méthodes douteuses mais efficaces de ses "collègues " (remarquables Josh Brolin et Benicio Del Toro). Voilà pour le pitch. Sincèrement, j'ai pris une belle claque devant ce thriller d'une maîtrise peu commune. La réalisation de Denis Villeneuve est un modèle du genre, autant formellement que dans le rythme du montage. On est captivé dès les premières secondes et sonné par cette mise en scène abrasive, servie par une B.O.lancinante et puissante à la fois. Un des uppercuts les plus agréables à recevoir!
AMANO JAKU

356 abonnés 797 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2015
En seulement deux films ("Prisoners" et "Enemy"), Denis Villeneuve m’a totalement conquis (il va falloir d’ailleurs que je me débrouille de voir "Maelström", "Incendies" et "Polytechnique"). Ce type a une façon incroyable de mettre en scène ses métrages : on est totalement captivé par le récit qu’il nous propose, presque hypnotisé sans pour autant abuser d’effets convenus et psychédéliques, et le tout dans une atmosphère toujours très anxiogène…un vrai tour de force. Son nouveau film, "Sicario", n’échappe pas à cette « habitude » : ayant pour thème la lutte contre les trafiquants de drogue à la frontière américano-mexicaine, Villeneuve nous livre un thriller mental très intelligemment construit. A la maîtrise de sa mise en scène, il nous propose une plongée immersive dans les entrailles d’un enfer juridique, politique et moral où finalement, la seule possibilité de se débarrasser du serpent et de lui trancher la tête sans hésiter en utilisant tous les moyens possibles, même illégaux. On se retrouve donc au même titre que sa pauvre héroïne dans un total désarroi où choisir entre le bien et le mal devient carrément un acte de foi. Avec son atmosphère particulièrement suffocante voire morbide (on se rapproche grandement de la fatalité des tragédies grecques : sait que quelque chose VA arriver, que ce soit en bien ou en mal !), sa photographie impressionnante (entre les grands espaces arides, les habitations confinées ou les sous-terrains obscurs, on en voit de toutes les couleurs !), sa musique terrible (elle contribue d’ailleurs beaucoup à renforcer le côté anxiogène de certains passages) et son casting impeccable (Emily Blunt bluffante en héroïne désœuvrée, Benicio Del Toro énigmatique et charismatique à souhait et un Josh Brolin absolument parfait dans sa désinvolture et son cynisme !), "Sicario" se révèle être une incroyable réussite comme je n’en avait pas vu depuis le "Traffic" de Soderbergh….j’ai vraiment hâte de voir ce que Villeneuve va faire avec "Blade Runner 2" !!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 octobre 2015
Film très attendu du réalisateur Denis Villeneuve dont j’apprécie beaucoup l’ensemble des œuvres cinématographique, Sicario est un thriller très bien réalisé, l’action est prenante, la tension présente. Cette oeuvre n’est pas qu’un film d’action, il bénéficie d’une intrigue intéressante où le spectateur est manipulé à l’instar du personnage d’agent du FBI Kate Macer, interprétée par Emily Blunt, elle aussi placée dans un rôle frustrant d’observatrice, qui va découvrir peu à peu, comme nous, les raisons et les objectifs de la mission qu’elle accompagne. Malgré quelques facilités scénaristiques ( spoiler: la scène de Kate avec le flic ripoux
), Sicario est un très bon film qui tient en haleine.
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