Léviathan
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183 critiques spectateurs

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QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 octobre 2014
À travers cette histoire d'un homme ordinaire en lutte contre "l'Administration", Andreï Zviaguintsev brosse un tableau bien noir de son pays, la Russie, et de ses rouages. Collusions entre les pouvoirs politiques, religieux, judiciaires et policiers, corruptions en tout genre, chantages, violences, injustices... Bref, un pays de non-droit et d'abus de pouvoir, aussi implacable qu'imbibé de vodka. Le cinéaste évoque tout cela dans un registre à la fois réaliste et métaphorique. La critique sociale est bien ancrée, bien concrète, mais s'inscrit aussi dans une réflexion plus large, induite par le titre, Leviathan. Une réflexion sur les puissances du mal incarnées par le Leviathan, monstre marin cité dans la Bible, monstre annonciateur du chaos, de l'apocalypse. Mais surtout une réflexion sur la forme et la puissance d'un État-Leviathan tel que l'entendait Hobbes : État totalitaire assurant ordre et sécurité à l'homme (qui est un loup pour l'homme) en échange de sa liberté et de ses droits. La réunion de ces deux figures du Leviathan donne ici de la Russie l'image d'un monstre tout-puissant qui dévore ceux qui revendiquent leur liberté et leurs droits. Avec un tel topo, on peut s'étonner que le film ait été en partie financé par le ministère de la Culture russe... En tout cas, voilà qui fait la richesse d'un scénario récompensé au festival de Cannes 2014. Un scénario riche, assurément, et ambitieux dans sa hauteur de vue, mais que l'on aurait aimé plus percutant, à la manière du scénario d'Un Nouveau Russe, de Pavel Lounguine, pour rester dans une thématique proche. Mais l'histoire de ce Leviathan se délite un peu après les mésaventures de l'avocat, quand la critique sociale laisse place au drame amoureux et familial, avant de rebondir à la fin. Il y a malheureusement quelques longueurs à l'écran, quelques pesanteurs, aussi, qui naissent de la posture du cinéaste, peut-être trop conscient de son intelligence et de l'idée qu'il se fait d'un grand cinéma (comme son confrère turc Nuri Bilge Ceylan). Le talent de Zviaguintsev en matière de réalisation est indéniable (le Prix de la mise en scène, à Cannes, lui aurait mieux convenu que le Prix du scénario) : on admire la classe de son orchestration générale, la dimension tragique qu'il donne au récit, la beauté sombre des images, parfaitement accompagnées par la musique de Philip Glass (notamment). Mais son film aurait gagné en qualité en étant plus condensé ou en misant davantage sur l'ironie et le sarcasme (comme dans la scène du pique-nique) pour paraître moins raide au final. On attend donc toujours que le cinéaste retrouve l'inspiration tranchante de son excellent premier film, Le Retour.
Marc  Régis
Marc Régis

52 abonnés 244 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2014
Voilà un film pour adultes, enfin qui prend le spectateur pour un adulte. Superbe film, aurait mérité la Palme... Résume le Monde pas seulement la Russie...
Je reprends quelques phrases de la critique de "christoblog" : "... Zvaguintsev nous propose ici un menu autrement plus copieux qu'un film à thèse ou qu'un exercice de style. Leviathan est un pur produit de ce que la Russie peut produire de meilleur : mélange irrésisitible de perfection plastique, de ricanement sarcastique, de lyrisme échevelé, d'auto-dérision décentrée. La mise en scène est fluide, délicate, enlevée, racée. Le scénario est scorsesien : on pense que l'intelligence peut triompher de la force brute, mais les choses se compliquent par le biais des passions... fidélité vs adultère aventureux, intelligence vs loi du plus fort, corruption vs sens du devoir, espoir vs désespoir, nature vs société, doute vs certitude, désespoir vs humour. Finalement Léviathan s'avère être un très grand film : alors que la plupart des critiques y voient principalement un manifeste politique, je le considère comme une élégie sur l'isolement amoureux. Zvaguintsev s'y révèle être un très grand réalisateur..."
Tomlapin
Tomlapin

45 abonnés 18 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 décembre 2014
Vu enfin aujourd’hui « Leviathan». C’est très beau visuellement, très bien joué, certaines scènes sont vraiment puissantes.
Mais :
-c’est dix fois moins beau, subtil et habité que « Winter Sleep »
- ça dure 2h20 alors que ce serait beaucoup plus fort si ça durait 1h30 comme les trois quarts des films « de festival » (à l’exception de « Winter Sleep » même s’il dure plus de 3 heures)
- ça a eu le prix du scénario à Cannes alors que scénaristiquement ça enfonce les portes ouvertes les unes à la suite des autres (méchants encore plus caricaturaux que dans les Disney, russes encore plus caricaturaux – quasiment pas un plan sans vodka- que dans les « Don Camillo »...-,) le réalisateur n’a aucune compassion pour ses personnages qui n’ont pas une once de subtilité, et les dix dernières minutes maltraitent tellement le personnage principal (qui était déjà au plus bas) que ça en devient presque sadique.
- Je suis plutôt d’accord avec Léa H. spectatrice d’ « Allociné » qui écrit « Le mariage de l’extrême misérabilisme du récit et de l’apparat presque clinquant d’une mise en scène classieuse évoque le travers « grand film d’auteur doloriste » qu’adoptent un peu trop facilement nombres de cinéaste talentueux mais englués dans un académisme mortifère (et finalement très complaisant puisqu’ils ciblent un public de festival international en mal de noirceur glacée et altière). Finalement, tout cela manque cruellement de vie ! »
Plus généralement, ça m’amène à une constatation : s’il y a des tas de grands cinéastes aujourd’hui qui savent filmer le glauque, le sordide, le malheur sous toutes ses formes, combien sont-ils à savoir filmer des sentiments vrais, des gens heureux (même dix minutes comme dans « Mommy » lorsque l’écran s’agrandit pour la première fois), des scènes drôles et émouvantes avec un fond, des sentiments subtils, qui savent filmer l’élégance plutôt que la déchéance (ou qui sachent parler de la déchéance avec élégance ou humour comme dans le cinéma italien des années soixante-dix), qui sachent exploiter l’intelligence d’un récit plutôt que sa force démonstrative, qui sachent filmer le bonheur tout simplement ?
Si Bergman, Dreyer ou Eisentein ont fait des cargaisons d’émules ; Fellini, Lubitsch, Sautet, Comencini, Demy, Bunuel ou Chaplin entre autres exemples de grands cinéastes tournés vers l’humain, la poésie ou le surréalisme ont peu de descendants.
Bientôt, filmer un sourire deviendra un acte rare et isolé quasiment révolutionnaire, alors que filmer des larmes, des cris, des meurtres sordidessociaux, des personnages tordus en deux ou en trois dans une rue sordide ou dans un paysage « bigger than life » sera aussi banal que les « happy ends » dans les films hollywoodiens de l’âge d’or. On me dira que c’est la crise et qu’il y a les comédies populaires mainstream pour distraire les spectateurs. Mais on peut aussi faire du grand cinéma en étant distrayant, optimiste, idéaliste ou rêveur. Et exprimer autre chose que : le monde est définitivement dégueulasse et les gens sont des victimes sans possibilité de révolte.
Je rêve d’un grand film qui se termine sur un visage plutôt que sur un paysage. Un cinéma qui propose une vision du monde au lieu d’un constat désespéré du monde. Un cinéma qui pense plutôt qu’un cinéma qui démontre. Un cinéma qui respecte les personnage au lieu de les maltraiter avec une cruauté qui se camoufle noblement sous les mots lucidité ou franchise. Un cinéma qui s’adresse aux jeunes et à la province – moi à quinze ans, dans ma petite ville de province, ce sont les films qui m’ont donné de l’espoir, de la révolte, de la complexité- et pas seulement aux bobos parisiens en mal de social crade et d’empathie à bon marché pour des supposés « gens du peuple ».
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 septembre 2014
Un grand film récompensé à Cannes (meilleur scénario), en course pour les Oscars, et qui nous rappelle ce que fut un temps le cinéma de la perestroïka. Depuis Gorbatchev, le pays est revenu à une « normalité » historique, laissant malgré tout son cinéma raconter la vie au pays, telle qu’elle doit être. Ici, un homme confronté à la magouille administrative, au service des apparatchiks locaux. L’affaire n’est malheureusement pas nouvelle mais Andrei Zvyagintsev, déjà auteur d'un grand film, "Elena" insuffle à sa mise en scène une dynamique qui du bien et du mal révèle toutes les aspérités pour mieux cerner le profil d’un pays plus exsangue que l’on pouvait l’imaginer. Les comédiens sont extraordinaires eux aussi dont le « héros », Alexeï Serebriakov et son contraire, le maire de la ville, parfaitement incarné par Roman Madianov. Un don Quichotte soviétique, qui comprend très vite la vacuité de son combat, mais s’acharne à sauver la terre de ses ancêtres. Le cinéaste russe en rapporte les effets les plus visibles avec le sentiment de filmer cette fois pour la postérité. Un bel hommage, parfois drôle, à son héros.
Pour en savoir plus
garnierix

306 abonnés 593 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 mai 2017
Une sublime luminosité de bord de mer russe installe le glauque pour un bon moment. Un morceau symphonique au tout début, un morceau symphonique à la toute fin, c’est le seul accompagnement musical (à moins qu’il n’y en ait eu entre les deux, et qu’il se soit retrouvé dissout dans le glauque). Entre les deux, un malheureux fait face, sans savoir-faire, à la corruption, à l’infidélité, à la trahison, et surtout à l’alcool. Il y a de petites joies de-ci de-là, mais elles sont d’un triste ! L’alcool est le héros de ce film d’horreur, le prédateur qui disloque sans distinction. On a l’impression de visiter tous les recoins d’une déchetterie pour en faire un documentaire. Pas une seconde d’humour, pas un oiseau, pas un arbre, juste une baleine au loin, à la fin, qui plonge, signe que la vie est ailleurs. Du début à la fin, la justice, raide comme la justice, s’abat sur ce malheureux. Le pire est en effet que la justice n’est pas inexistante, qu’elle est même très élaborée, et qu’elle verrouille les choses comme il faut, preuve qu’on n’est pas dans une déchetterie, ni dans un pays pourri sans roi ni loi, qu’on est bien dans une société sophistiquée. Une société qui manipule même le religieux. Car du début à la fin, le religieux est là, aussi raide que la justice, avec qui il partage le bétonnage du malheur, à grands coups de discours bibliques et néo-bibliques. Un bulldozer détruit la propriété du malheureux à la fin, d’une façon qui lui donne vie à ce bulldozer, animal d’acier qu’on aimerait voir ensuite s’animer et se retourner contre le mal. En fait, on déraille, on en a marre, on est pris à la fin d’une envie irrépressible d’une grosse cuillère à soupe de miel pour s’adoucir les méninges. Cette fin qui ne dit même pas le pourquoi-comment du chantage, de la trahison, du meurtre, etc, où tout est à imaginer, ce qui est beaucoup trop quand on cherche surtout à oublier qu’on a vu ce film.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 octobre 2014
Puissant, majestueux et solennel, Léviathan ruine méthodiquement l'espoir humain de justice, qu'elle soit humaine ou divine. Un grand film qui préfère poser des questions qu'y répondre.
Raphaël O
Raphaël O

184 abonnés 1 567 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 février 2015
Ce drame relatant le combat d'un homme contre les piliers de la société repose sur un scénario sombre, cruel, dérangeant et superbement écrit, une mise en scène éclatante, des paysages d'une grande beauté et est interprété par des comédiens formidables.
Un chef-d'œuvre.
Léa H.
Léa H.

38 abonnés 225 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 octobre 2014
Certes, l’écrin est magnifique (photo, cadre, décor), mais l’histoire qu’il abrite est tellement verrouillée dans un implacable misérabilisme que la question de la misanthropie se pose clairement pour le cinéaste. Dresser le portait d’un pays gangréné par la corruption et raconter la tragédie d’un homme frappé d’injustice(s) est certes efficace (difficile de ne pas s’apitoyer sur le pauvre héros victime de tout et de ne pas être édifié par l’incurie générale et par les ravages de l’alcoolisme), mais tout cela tourne un peu trop à la posture pour convaincre vraiment. Et ce n’est pas l’allégorie biblique qui vient sauver le film du cynisme. Le mariage de l’extrême misérabilisme du récit et de l’apparat presque clinquant d’une mise en scène classieuse évoque le travers « grand film d’auteur doloriste » qu’adoptent un peu trop facilement nombres de cinéaste talentueux mais englués dans un académisme mortifère (et finalement très complaisant puisqu’ils ciblent un public de festival international en mal de noirceur glacée et altière). Finalement, tout cela manque cruellement de vie !
Jack K.
Jack K.

17 abonnés 52 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 octobre 2014
Très beau film, bien posé, intelligent, sobre et touchant. Il ne se contente pas de nous confirmer que la Russie est le pays de la corruption, il le fait avec humour et sobriété. Les scènes de nature sont magnifiques, les scènes au tribunal sont glaçantes de vérité et les acteurs, peu connus en France, sont magistraux (mon préféré est le maire corrompu et l'admirable Elena Liadova dans le rôle de Lilia). Léviathan est un film attachant et instructif. A voir.
FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 février 2015
Récompensé à Cannes puisqu'il a remporté le prix du meilleur scénario, ce film va directement rejoindre ma longue liste des films primés sur la croisette pour lesquels, je n'ai absolument pas accroché. Leviathan nous dresse le portrait sombre d'une Russie où les magouilles sont monnaie courante, où des pauvres gens sont expropriés par des gens influents, où l'alcool est le seul refuge et la solution pour oublier ses problèmes et pour finir le film traite aussi de la situation de la femme qui pour la plupart ont du mal à se faire respecter. Comme souvent avec ce genre de film, il faut avoir de l’intérêt pour les thèmes cités avant sous peine de s'ennuyer profondément ce qui a été mon cas, il ne se passe rien et le rythme est beaucoup trop lent.
ben0007
ben0007

12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mai 2014
Une énorme surprise ! Un film qui vous laisse proprement le souffle coupé, un tableau simple, beau, puissant, servit par une maitrise artistique et technique exceptionnelle, un chef d'oeuvre du nouveau cinéma russe.
Pauline_R
Pauline_R

194 abonnés 398 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 septembre 2014
Assez déçue par ce film qui bénéficie d'une bonne critique.Certes les paysages sont très beaux et la mise en scène remarquable, mais je n'ai pas réussi à rentrer dedans, ayant trouvé le film très long à se mettre en place avec des personnages auquel je n'au pu m'attacher. Toutefois, le réalisateur nous montre une image peu glorieuse mais intéressante et courageuse de la Russie, de ses rapports de classe et de pouvoir et... de sa vodka, principale figurante du film.
Jazzy46
Jazzy46

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 octobre 2014
j'ai mis un moment à entrer dans le film, mais après 20 minutes quelle émotion! c'est aussi ça que j'attends du cinéma: sortir et rester dedans pendant 8 jours même si en sortant j'ai envie de me flinguer.
Rares sont les films qui me font ça (Little Odessa fut l'un de ceux là)
Tout dans ce film est rare: les images, le scénar, les acteurs, ce qu'il laisse....Vite d'autres comme ça!
Henrick H.
Henrick H.

4 abonnés 119 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 octobre 2014
Le Leviathan, monstre du chaos, résume parfaitement le combat perdu d'avance de Kolia. La lutte désespérée contre le pouvoir local corrompu et soutenu par l'église orthodoxe, contre la justice à la main des puissants et contre la jeunesse et la beauté, pour pouvoir garder sa jeune femme. La vodka est omniprésente et sert d'antidote et d'antidépresseur pour faire face à toutes les difficultés de la vie, elle donne lieu à des scènes d'anthologie et à des dialogues empreints d'humour, de poésie et de mélancolie. L'histoire est passionnante et l'interprétation de haut niveau, les paysages du nord de la Russie sont splendides, désolés et reflètent à merveille la fameuse âme russe. Une grande réussite de Zviaguintsev après Elena. Le prix du scénario est mérité, mais la Palme d'Or n'aurait pas été usurpée si Winter Sleep n'était pas aussi en compétition cette année, peut-être que le Grand Prix aurait été plus juste. Un autre chef d'oeuvre de la sélection cannoise.
brunetol
brunetol

208 abonnés 179 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 mai 2014
Qu'est-il arrivé à Andrei Zviagintsev ? Après avoir incarné haut la main la relève de Tarkovski et la permanence d'un certain cinéma russe mythologique, ample et visuellement époustouflant, il est passé à autre chose. Malgré son titre biblique, "Léviathan" est un morne portrait de la Russie actuelle et de sa déréliction : vodka, corruption, retour aux fondamentaux de l'église orthodoxe... On ne croit plus en rien, on se bourre la gueule, et les pires voyous gagnent toujours à la fin, poussant le vice jusqu'à donner à leurs actes des apparences de légalité. Tout cela est très laborieux. L'intrigue se traine, oscillant constamment entre vaudeville et drame sans réellement choisir, comme si c'était le postulat du cinéaste de vouloir imposer ce constant déséquilibre improductif. Les personnages englués dans ce psychodrame sont ectoplasmiques, on peine à s'attacher à leur sort funeste, à la banalité de leur médiocrité. Tout ça manque d'ampleur, d'universalité, d'ambition. Esthétiquement, mis à part quelques beaux plans des bords dévastés de la mer de Barents (où coula le Koursk en 2000), le réalisateur semble avoir définitivement renoncé à sa virtuosité pour nous infliger des tunnels de dialogues naturalistes en champ/contrechamp qui m'ont rappelé le récent et tout aussi bourratif "Mère et fils" du roumain Calin Peter Netzer. Comme pour symboliser cette descente en gamme, le récit est encadré par deux séquences de tribunal durant lesquelles une femme procureur lit in extenso les attendus de ses décisions, avec un débit stupéfiant, style mitraillette lourde : c'est drôle 30 secondes, ça devient vite fastidieux, fatigant, complaisant et surtout stérile. Ça ne produit pas de cinéma. Comparé au récent et inégal "Post Tenebras Lux" de Carlos Reygadas - qui boxe dans la même catégorie que Zviagintsev première manière, "Leviathan" ne fait pas le poids. Reygadas continue d'essayer de produire ce cinéma total (inoubliable première séquence avec la petite fille au milieu des vaches), d'innover, de déconstruire les règles de son récit et de le truffer de "visions", là où Zviagintsev semble vouloir rentrer dans le rang d'un cinéma d'auteur strictement narratif, engagé, mais de seconde zone. Énorme déception donc, mais après tout il fait ce qu'il veut, ou ce qu'il peut, et a peut-être déjà donné son meilleur.
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