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Nicolas L.
121 abonnés
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4,0
Publiée le 1 décembre 2018
Mise en scène subtile et image sublime d'une Russie désespéré et corrompu à souhait. Le scénario est rusé, dur, palpitant et captivant. Les acteurs sont touchants de vérité. Je m'attendais à supporter un peu le film (œuvre russe de 2h30) et finalement c'est le film qui m'a transporté. Brillant !
Un état des lieux délibérément pessimiste de la Russie moderne, corrompue dans sa justice par l'argent, dans son âme par la religion - toujours opium du peuple - et dans ses mœurs par l'égoïsme et la cupidité. Un film qui arrive à associer avec esthétisme le pessimisme au réalisme et qui dénote un réalisateur talentueux.
Le titre annonce la lutte apocalyptique d’un jeune veuf quadra, petit propriétaire d’une maison et d’un lopin de terre abritant sa famille depuis 3 générations, vivant avec sa compagne et son fils. Si les films indiens contiennent souvent plusieurs histoires en une, avec un style coloré, romantique et dansant, cet effroyable drame russe de 2h20 en dévoile deux, mais dans un mode d’immensité glacée, mortifère et sauvage, à l’image d’une magnifique photographie du nord côtier de la Russie. Pressions, intimidations, chantages, menaces, agressions, noyades sous les complications administratives, judiciaires, pénales, sociales, politiques et municipales, sciemment étudiées pour écraser les hommes dans la légalité et la guerre des nerfs, habitent une saisissante mise en scène. La victime doit pourtant se battre et se débattre pour conserver son bien, convoité par un maire crapuleux et ses complices cravataires, religieux et policiers, parfaitement représentatifs du banditisme aux manettes de tout. Un ancien frère d’armes, avocat à Moscou, et dont les méthodes plus civilisées n’en demeurent pas moins vicieuses, vient l’aider à naviguer dans ces marécages tout puissants. Parallèlement, la dégradation de sa famille s’accélère depuis que son fils ne tolère plus sa belle-mère, rêvant de quitter cette province, surtout depuis qu’elle joue un jeu trouble avec l’avocat. Bureaucratie omnipotente, complications méthodiques, alcoolisme généralisé, culture de la corruption brutale et du non-dit menaçant que tout le monde entend, complicités entre clans policiers, politiques et sacerdotaux, palabres et hurlements, immobilisme volontaire et jeux truqués d’avance, ne peuvent qu’en appeler à la rage, la révolte ou à l’abrutissement impuissant. Andreï Zviaguintsev brosse un drame social, politique et affectif sombre et sans concession, à la fois intense, poignant et militant. La différence de style de cinéma ne choque pas et captive même par la clairvoyance de détails qu’on ne peut pas clairement pas inventer quand on n’est pas du pays.
Je découvre le cinéma et la langue russe, le scénario est lié aux convictions du réalisateur, des opinions critiques envers ses gouvernants, le contexte étouffant de la corruption provoque irrémédiablement la longue descente aux enfers d’un citoyen modèle type, l’alcoolisme fait des ravages dans cet immense pays enneigé, la misère sociale n’aidant pas, je ne suis que simple spectatrice devant cette histoire tragique.
après le retour , le bannissement , et Elena le réalisateur nous entraine une fois de plus dans sa Russie profonde où les petites gens souvent sans le sou alcooliques et tristes vivent une existence des plus misérables. ici dans Léviathan c'est expropriation corruption adultère qui donnent au film toute son importance. comme dans tous ses films sans exception la mort est présente une nouvelle fois. les acteurs sont magistraux et l'oeuvre est puissante.
La victoire des forts contre les faibles, des méchants contre les gentils, dans un film plus que sérieux, c'est pas tous les jours qu'on voit ça. Si on ajoute un superbe jeu d'acteur (notamment Roman Madianov dans le rôle du mauvais), des paysages magnifiques, une ambiance de plomb, le tout arrosé de Vodka (une concurrence au film Wake in fright), voilà une recette à un super film. C'est le cas. Dommage que quelques égarrements gachent un peu la fête. A voir en VO de préférence.
Un film russe de plus sur les turpitudes des caciques et autres possédants corrompus. Pas mal du tout mais n'apporte rien de bien nouveau sur ce type de films. Hélas pour les peuples concernés dans la vraie vie et les spectateurs au cinéma.
Quoi de neuf sous le soleil russe ? Encore faut-il qu’il en ait du soleil !
L’histoire contée par Zvyagintsev (Le retour/le bannissement/Eléna) est bien sombre. D’autant plus qu’elle se déroule au nord de la grande Russie, près de la mer de Barents, où Kolia se bat au tribunal contre le maire qui veut l’exproprier pour de grands projets. Kolia ne se résout pas à quitter cet endroit (d’autant que le dédommagement est insuffisant) qui est sa maison et son garage.
Zvyagintsev nous montre, lors, la lutte du petit (même aidé d’un ancien pote de régiment devenu avocat) contre les Puissants, si petits, si mesquins, si veules mais puissants quand même derrière leur autorité administrative. Donc rien ne change, nous pourrions être dans un récit de Gogol, une pièce de Tchekhov, un film de N. Mikhalkov; le soleil est toujours trompeur…
Zvyagintsev contemple, semble t-il, le cadavre de la Russie, avec pour métaphore le squelette d’une baleine sur la plage; le temps est toujours aussi long. Une certaine Russie n’est peut-être pas encore morte (merci poutine) tandis qu’une autre peine à voir le jour… C’est sans doute le message de Zvyagintsev.
Portrait apocalyptique de la Russie d'aujourd'hui – tout n'est ici que corruption, magouilles et injustices – autant que conte philosophique sur les notions de liberté et de justice, Léviathan impressionne par sa force et sa maturité. Cette fresque contemporaine, aux paysages sublimes – l'action se déroule au bord de la mer de Barents – nous fait suivre le combat désespéré d'un homme menacé d'expropriation par la mafia locale, constituée d'une coalition de représentants politiques et institutionnels. spoiler: Le destin sera plus dur encore avec lui lorsque sa vie personnelle va sombrer. Cette tragédie moderne est une réussite en tous points, bénéficiant d'une mise en scène magistrale d'Andreï Zviaguintsev.
Plutôt long et surtout très lent à se mettre en place, cette histoire sociale russe a le mérite d'être propre et crédible. Le reste passe mal, avec cette lenteur qui m'a souvent ennuyé. Mais l'histoire est suffisamment désespérée pour interloquer le spectateur. C'est intéressant je trouve. A voir au moins une fois je pense.
Des couleurs métalliques, une froideur familiale parfois explosive et une référence biblique et mythologique dans le titre pour traduire la monstruosité d'une société soumise à l’État russe comme à la voyoucratie qu'il protège. On s'emballe d'abord pour l'atmosphère de ce petit village au bord de la mer de Barents où l'alcool et les rêves s'entremêlent souvent pour tenter de contrer une force d'inertie intemporelle très russe, selon notre vision lointaine d'Occidentaux. Mais cette inertie finit par peser sur une histoire très prévisible. Les efforts d'un antihéros pour garder sa maison, sa dignité et son terrain entraînent des rebondissements trop limités, des longueurs. On se lasse parce qu'une ambiance ne suffit pas à faire un bon film et parce qu'on attendait tellement plus de ce canevas prometteur...
Film implacable sur la corruption au sein de la Russie de Poutine, Leviathan est sans aucun doute le meilleur film de Zviaguintsev, et aussi son plus accessible malgré une durée conséquente. Le réalisateur laisse de côté ses plans séquences interminables et recherche une forme d’efficacité qui lui était étrangère auparavant. Ici, son discours sur la corruption n’est jamais martelé de manière programmatique, mais émerge simplement de cette histoire particulière qui en dit plus long que des phrases sentencieuses sur l’état actuel de la Russie. A noter la présence de plans superbes. Un grand film assurément.
Une sublime luminosité de bord de mer russe installe le glauque pour un bon moment. Un morceau symphonique au tout début, un morceau symphonique à la toute fin, c’est le seul accompagnement musical (à moins qu’il n’y en ait eu entre les deux, et qu’il se soit retrouvé dissout dans le glauque). Entre les deux, un malheureux fait face, sans savoir-faire, à la corruption, à l’infidélité, à la trahison, et surtout à l’alcool. Il y a de petites joies de-ci de-là, mais elles sont d’un triste ! L’alcool est le héros de ce film d’horreur, le prédateur qui disloque sans distinction. On a l’impression de visiter tous les recoins d’une déchetterie pour en faire un documentaire. Pas une seconde d’humour, pas un oiseau, pas un arbre, juste une baleine au loin, à la fin, qui plonge, signe que la vie est ailleurs. Du début à la fin, la justice, raide comme la justice, s’abat sur ce malheureux. Le pire est en effet que la justice n’est pas inexistante, qu’elle est même très élaborée, et qu’elle verrouille les choses comme il faut, preuve qu’on n’est pas dans une déchetterie, ni dans un pays pourri sans roi ni loi, qu’on est bien dans une société sophistiquée. Une société qui manipule même le religieux. Car du début à la fin, le religieux est là, aussi raide que la justice, avec qui il partage le bétonnage du malheur, à grands coups de discours bibliques et néo-bibliques. Un bulldozer détruit la propriété du malheureux à la fin, d’une façon qui lui donne vie à ce bulldozer, animal d’acier qu’on aimerait voir ensuite s’animer et se retourner contre le mal. En fait, on déraille, on en a marre, on est pris à la fin d’une envie irrépressible d’une grosse cuillère à soupe de miel pour s’adoucir les méninges. Cette fin qui ne dit même pas le pourquoi-comment du chantage, de la trahison, du meurtre, etc, où tout est à imaginer, ce qui est beaucoup trop quand on cherche surtout à oublier qu’on a vu ce film.
Il faut passer les premiers scènes où le sujet est exposé sous son aspect politique et un peu rébarbatif pour arriver par la suite au drame humain de l'écrasement et de l'injustice face au pouvoir d'une puissance sans limite. C'est vraiment fort et cette froideur des décors rajoute encore à la faiblesse des moyens: la défense est démunie telle la famille brisée par les enjeux d'une bureaucratie corrompue et ces dernières images sur la désolation des squelettes montrant leur déchéance est impressionnante.
Très bon film, très touchant. A un petit côté "western", sans que le lieu ni l'époque ne correspondent. Les acteurs sont impeccables, on en vient vraiment à les détester ou à souffrir avec eux. La photo est magnifique, les paysages quasi-lunaires du nord de la Russie, aux alentours de la mer de Barents, sont magnifiques tout en glaçant le sang. On passe à l'introspection beaucoup de thèmes comme la corruption, le pouvoir, la foi, l'amitié, l'amour, l'alcoolisme, etc etc.