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Ricco92
286 abonnés
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1,0
Publiée le 16 septembre 2014
Que c'est long !!! Near death experience ne montre presque tout au long du film qu'un Michel Houellebecq dépressif, suicidaire et incroyablement squelettique déambulant seul méditant en voix-off. Hélas, à l'exception de certains dialogues et de quelques rares séquences (celle avec le vagabond), l'humour caractéristique de Gustave Kervern et de Benoît Delépine est quasiment absent. Ne reste qu'une vision dépressive et ennuyante de la vie filmée visiblement volontairement avec un 16mm assez sale (étrange à une époque où le numérique permet d'obtenir une image propre de manière économique). Décevant de la part d'un duo de réalisateurs dont l'humour décalé a souvent fait mouche à la télévision et au cinéma.
Quel attachant personnage que cet homme chétif au visage mou semblant tout le temps perdu dans de lointaines pensées. Indéniablement, Michel Houellebecq dégage quelquechose d'à part, teinté de fragilité et de force mêlées. Near Death Experience est le film le plus "barré" que j'aie vu depuis des lustres. L'histoire de Paul, lassé par son travail et son quotidien et se disant à tort ou à raison qu'à 56 ans, il avait bien vécu. Ainsi assiste t'on au voyage vers le suicide de Paul, qui sur son vélo de course, sapé comme un cycliste professionnel, s'en va gravir la montagne Sainte-Victoire, pour essayer d'y mourir. Le personnage ressemble tellement à l'original que c'en est troublant. Paul s'emmerde, boit, fume frénétiquement. Une scène spécialement déjantée le montre au volant de sa voiture, silencieux, tirant sur sa cigarette toutes les cinq secondes, avec en fond sonore le bruit de l'alerte signifiant que la ceinture de sécurité n'est pas bouclée; elle dure d'interminables secondes. Houellebecq savoure, le spectateur hallucine. Gustave Kervern et Benoît Delépine ont du se marrer pendant le tournage et l'écrivain semble apprécier son nouveau job d'acteur à temps partiel. Near Death Experience est un film délicieusement chiant. Dali aurait adoré.
Le personnage, chez Gustave Kervern et Benoît Delépine, a de l’homme à la fois l’étrangeté individuelle (ce qui le rend singulier, unique) et le drame de sa condition de mortelle vécue dans un monde numérique où volent en éclats les solidarités et les repères – Paul dialogue avec son pépé disparu et compare deux vies qui, si elles ont partagé un siècle, s’avèrent radicalement différentes. Et leur personnage concentre en lui des énergies à la polarité inverse, capable de faire rire (la scène de la tente) et de susciter la compassion dans une même scène : voir Houellebecq s’abreuver à même la piscine, absorber de l’eau chlorée sans tenir compte des indications de la propriétaire s’avère autant hilarant que pathétique, atteste la réussite des deux cinéastes à saisir le désarroi de leur protagoniste devant un monde qu’il ne comprend plus et dans lequel il ne trouve plus sa place. Pour l’incarner, un Michel Houellebecq parfait qui confère au long métrage sa mélancolie désabusée et sa démarche balbutiante, puisque intrinsèquement liée aux aléas d’une rencontre, aux départs impossibles ou seulement retardés, à une lente disparition qui prend la forme d’adieux au langage tout à la fois poétiques, caustiques et profondément humains. « Un père mort vaut mieux qu’un père sans vie », affirme l’auteur, trouvant là l’une de ses phrases les plus fortes. Un très beau film, dont la rugosité apparente ne cache que mal un cœur battant au rythme d’une vie sur le point de s’éteindre.
Pur chef d'œuvre qui illustre une vérité. La mort est bien moins épouvantable que l'illusion de la vie.
L'histoire d'un homme condamné à vivre et qui trouve finalement la liberté.
A déconseiller en cas de forte déprime. Ou alors passez d'abord voir l'entrepreneur des pompes funèbres, afin de tout préparer, pour faciliter les démarches de ses proches...
Evidemment un film à part. Les derniers jours d'un homme qui a décidé de mettre fin à sa vie. Thème éminemment tragique et d'emblée traité sur un mode grotesque, puisque notre anti-héros a pris pour se suicider sa bicyclette et se balade tout au long du film dans ce costume si subtilement ridicule d'une tenue de sport bic orange fluo. Le bonhomme est las d'une vie dont il vient de boire jusqu'à la lie la potion amère, non qu'il ait été malheureux particulièrement, il l'a été comme tous les hommes modernes le sont aujourd'hui, selon lui, forcés qu'ils sont de réussir, d'être performants, même s'ils ne sont aucunement doués pour ça. Le point de vue pourrait être simple, même simpliste, je l'ai ressenti plus complexe.
D'abord l'homme est loin d'être un imbécile, cette conscience malheureuse est très aboutie, elle s'alimente à une réflexion philosophique que certaines séquences traitent avec beaucoup de talent. Deux scènes m'ont plu tout particulièrement, par le mélange des genres et l'habileté de l'aphorisme: celle où le personnage voulant allumer sa cigarette s'aperçoit qu'il ne sait pas faire du feu, à quoi s'ajoute son incapacité à dessiner un boeuf sur un rocher : 15 000 ans d’histoire pour en arriver là ! ; celle aussi où avec un homme qu'il rencontre sur son chemin il pousse pour jouer un petit cycliste miniature grâce à un jet de billes. Bon compagnon, l'autre qui a perdu, part d'une crise de fou rire très communicative, et le héros de conclure: "Voilà, j'ai tout foiré, j'ai pris la vie trop au sérieux, alors qu'elle n'est qu'une partie de billes entre 2 néants".
En réalité cette balade ante-mortem révèle encore bien des choses à cet homme fini que la merveilleuse nature qu'il traverse laisse totalement indifférent, voire hostile (« Tu te crois beau, dit-il au soleil qui disparait dans ses voiles, va te coucher !). Mais rien n’y fera, même l’espoir traité de façon poétique et amusante du dernier recours, la fée endomorphine qui vient temporairement à son secours, ne suffira pas. Le dénouement est inéluctable. Sur un mode minimaliste que dément la somptuosité et la force d'une musique faite de chants de douleur, nous assistons à la mort d'un quidam certes mais aussi à celle de l'homme tout entier, celui qui a échoué à s'élever vers de splendeurs inaccessibles qu'évoque le poème final.
Quant à l’acteur, que ce soit Houellebecq ne me gêne pas ; franchement il a la gueule de l’emploi et ses envolées lyriques au cœur d’un drame d’une intense banalité métaphysique sont tout à fait le reflet de son univers de création littéraire.
Tout fout le camp. La société, les gens, la vie. Alors à quoi bon résister si c'est pour vivre dans le regret et la douleur le restant de ses jours. Autant en finir, une bonne fois pour toute. C'est en tout cas ce qu'a décidé Paul, ou presque.
Kervern et Delépine continuent de poursuivre leur œuvre sur des personnes isolées (Depardieu, Dupontel, Poelvoorde) et ne comprenant plus le monde qui les entoure. Quand Mammuth respirait la poésie, Le Grand Soir se servait de l'humour pour dénoncer un pays en crise. Ici et avant même que le film ne commence vraiment, l'orage gronde, les éclairs jaillissent de l'écran, et l'ambiance est au plus sombre. Near Death Experience part donc sous le signe des ténèbres, et la lumière n'est pas prêt d'apparaître.
Profondément noir et pessimiste, l'humour du duo est aux abonnés absents (si ce n'est le passage avec Marius Bertram), et seul le cynisme persiste dans cette expérience personnelle déshumanisée. Engageant le dérangeant Michel Houellebecq pour cette quête existentielle n'amenant finalement pas de véritables réponses, les réalisateurs opèrent de longs et fixes plans-séquences interminables sur l'immobilité la plus totale de son personnage. L'homme, comme premier responsable de sa destruction, se retrouve alors face à ses problèmes qu'il ne peut surmonter.
Perçu comme une sorte de film-essai, Near Death Experience n'arrive jamais vraiment à imposer une réflexion solide sur l'être humain et son rapport à la mort. La faute à un résultat trop fataliste et déprimant pour que quiconque s'approprie ce récit.
Il faut soit être désespéré soit joyeux pour apprécier le film. En tout cas il faut être prêt pour l'expérience car c'en est une aussi pour le spectateur. Une véritable introspection sur lui-même. Pas seulement un bilan de sa vie, une réflexion très intéressante sur l'humanité. C'est assez puissant et même si c'est minimaliste, les séquences cinématographiques sont parfois touchantes telle cette ombre qui avance ou ce corps en suspens sur la paroi. J'y trouve une énorme similitude avec Werner Herzog. Quant à Schubert, il est présent pour éclairer la pensée mais également pour la diriger mais elle est plutôt sinistre il est vrai.......
Ceux qui ont vu les précédents films de Benoît Delépine et Gustave Kerven savent que les deux réalisateurs ont un univers bien particulier. Trash, punk, déjanté avec toujours un petit coté art et essai très référencé, ce n'est clairement pas un cinéma tout public. Après Le Grand Soir, probablement leur film le plus accessible grâce à la présence de Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel, ils reviennent avec un nouvel Objet Filmé Non Identifié avec Michel Houellebecq comme seul et unique acteur visible à l'écran.
Encensé par certains et décrié par d'autres, l'écrivain Michel Houellebecq ne laisse clairement pas indifférent. Un brin lunaire mais extrêmement talentueux, il colle typiquement au genre de personnages qu'affectionnent tout particulièrement les réalisateurs Benoît Delépine et Gustave Kervern. On pense notamment à Yolande Moreau (héroïne de Louise-Michel) ou à Brigitte Fontaine (mère des deux héros dans Le Grand Soir). L'auteur ne donne pas l'air d'avoir eu vraiment à se forcer pour devenir ce nouveau personnage.
Il semble en tout cas avoir été une bonne source d'inspiration pour le sixième film du duo Grolandais. Après avoir vogué chacun de leur coté, Benoît Delépine avec le scénario d'Ablations et Gustave Kervern excellent dans le rôle de concierge de Dans La Cour, ils se retrouvent pour signer pour la première fois un drame. On sent dans les dialogues du film ou plutôt les monologues de Michel Houellebecq que l'écrivain leur a donné source à une réflexion sur le sens de la vie vraiment bien observée.
La "Near Death Experience" (expérience de mort imminente) du film n'est pas exactement telle qu'elle est normalement vécue. Ici la N.D.E de Paul s'est le fait de frôler la mort sans jamais l'atteindre simplement parce qu'il n'ose pas faire le pas fatal pous se jeter dans le vide. Il traîne du coup sa dépression à la manière du personnage inspiré par Kurt Cobain dans Last Days de Gus Van Sant mais au lieu de marmonner dans sa barbe, il nous raconte sa lassitude de la vie.
Le style de Benoît Delépine et Gustave Kervern est toujours le même : des plans souvent fixes, un peu flous où l'action principale n'est pas forcement au centre du cadrage. Un façon de filmer très peu dynamique couplé à la déprime de leur personnage principal qui pourrait certainement faire fuire les spectateurs non initiés. Cependant, il se dégage beaucoup de poésie des certaines séquences du film accompagnées par moment de morceaux de musique classique ou de titres du groupe de hard rock Black Sabbath.
On pouvait être un peu suspicieux sur les premiers pas au cinéma du romancier Michel Houellebecq, pourtant il faut reconnaître qu'il arrive à rendre son personnage attachant malgré la dépression. Comme une sorte de Droopy, sa mélancolie et son air bougon le rendent parfois vraiment drôle même si le film est avant tout réellement dramatique. Il marche dans la nature en réflechissant à la vie et les spectateurs peuvent entendre ses penseés comme une sorte de voix off sur les images de déambulation. Si il croise par moment d'autres personnages, ceux ci sont bien souvent à peine visible, laissant l'acteur la plupart du temps seul à l'écran.
On ira pas forcémment jusqu'a donner un César à Michel Houellebecq pour sa prestation dans Near Death Experience mais il faut reconnaître qu'il est bien meilleur que ce que l'on aurait pu craindre. Si au premier abord Near Death Experience pourrait paraître déprimant, il faut bien prêter attention aux réflexions du personnage qui sont au contraire très positives pour justement ne pas subir les mêmes désillusions que lui. Encore une très grande réussite pour Benoît Delépine et Gustave Kervern.
Le film est parfois un peu ennuyeux mais il est traversé de fulgurances poétiques bouleversantes, portées par la voix de Houellebecq, au phrasé si particulier. (...) Malgré les longueurs, Delépine et Kervern livrent un film un peu expérimental, à mille lieux des conventions et du bon goût, dans leur pur esprit punk, avec un Houellebecq fascinant.
Un film étrange, quasi expérimental, où on suit le cheminement du héros au milieu de la nature (Houellebecq, complètement dans son rôle est génial de naturel). C'est minimaliste, contemplatif, il ne se passe rien et mis à part quelques réflexions en voix off il n'y a presque pas de dialogues (une sorte de 'Gerry' français en quelque sorte). Une voix off d'ailleurs très agréable, quasi hypnotique, avec un texte travaillé qui n’apparaît jamais ridicule. Certains (beaucoup) penseront que c'est du grand n'importe quoi, d'autre y trouveront de la poésie et l'amour de la littérature. Dommage simplement que l'image soit aussi sale et désagréable à regarder la plupart du temps.
Il n’est pas évident de savoir à quel moment regarder ce long-métrage de Gustave Kervern et Benoît Delépine. Si vous êtes déprimé, Near Death Experience n’arrangera rien, si vous avez la pêche, il risque de vous donner le cafard. En effet, ce drame raconte l’histoire d’un homme normal fatigué de sa vie qu’il juge sans intérêt. A travers son escapade en montagne, nous assistons au huit clos de son cerveau, qui se ressasse son peu d’estime en lui. Hésitant à chaque seconde du film à se suicider, le personnage ne laisse aucun espoir sur son film. Il est des films de ce genre qui ouvre une moral sur la psychanalyse. Avec son trop plein de pessimisme, Near Death Experience n’a aucune issue, il est trop démoralisant. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Qu'on en soit épris ou non, il y a de l'esprit dans l'univers de Gustave Kervern et Benoit Delepine. L'esprit Groland. Fidèle à celui-ci, "Near Death Experience" est un film irrévérencieux. D'entrée les codes sont cassés. Cette désinvolture est précieuse dans un paysage culturel français envahit par le consensuel et le bien pensant. A travers les programmes TV du Groland ou les films, cette équipe défend des valeurs et y reste fidèle. Et ce souvent au détriment de l’esthétisme et de la légèreté. Exception faite pour "Le grand soir", drôlement bien (des)axé.
"Near Death Experience" retourne toutes les habitudes du film. Construction mise à l'envers et fin plus que brute. Une suite de plans décadrés et salement flous. C'est très moches, et ennuyeux car les scènes sont parfois interminables. Néanmoins c'est complètement en accord avec le sens du propos. Les mots de Michel Houellebecq à son grand père résonnent dans cette mise en scène follement insolite. Cela répond au constat que d'une génération à l'autre la façon de penser s'est uniformisée. Une anaphore de « Quand tu avais 52 ans, tu n'avais pas à... » qui pèse sur ce personnage, mais dont se libèrent les réalisateurs.
Mais les bonnes intentions ne font pas tout. Ce procédé rend le film très inégal. Le texte est assez éloquent mais pas franchement ingénieux ou provocateur. L'image est immonde, son manque de traitement est presque irrespectueux des spectateurs. Mais on excusera la volonté punk des grolandais. D'autant que tout les passages musicaux dynamitent le rythme.
Michel Houellebecq est fascinant et dresse à lui tout seul le portrait d'un cinquantenaire prolétaire. Il est d'un cynisme délicieux, prime au discours sur l'évolution et le confort. Ne pas se fier au premier abord absurde, de la mise en scène mais aussi du personnage, il est le reflet du malaise social de nos jours. Des laissés pour compte qui sombrent dans l'introspection puis la folie. Comme ce néo-acteur en fait des caisses on met du temps à croire en ce rôle. Mais au fur et à mesure des tentatives échouées on s'attache à ce drôle d'oiseau.
Kervern et Delepine présentent un film plein d'une belle insolence mais aussi d'une moche ténacité à dénigrer la mise en scène. Excepté pour sûr la bonne présence musicale, "Near Death Experience" est un film moyen qui aurait peut-être été un très bon livre de Houellebecq.
Un film d'une grande douceur, avec des touches sombres, des pointes d'humour et authentique. Michel Houelbecq est un stupéfiant et touchant. Un film à voir pour s'oxygéner.
Near Death Experience...Allons-y derechef, je comprends que l’on puisse dé-tes-ter ce film. J’avais abhorré le film précédent, «Le grand soir» avec Poelvoorde et Dupontel (rien que ça !), et n’avais nullement l’intention de récidiver...En valeur absolue, Delépine et Kervern c’est pas mon trip ! Pourtant j’y suis allé...pour Houellebecq. C’est vrai que c’est une véritable expérience, un trip avec Michel Houellebeq, du moins son personnage en total burnout, qui va errer quelques jours dans la nature, avant une issue probable, ou difficile à encaisser (c’est selon). Encore une fois, comme pour Hippocrate, ce film est vendu comme une comédie, alors que c’est tout à fait l’inverse. Il y a certes des scènes qui font sourire, mais le fond du film reste grave, punk (no future), et pas cool du tout si l’on dissèque ce qu’il s’y passe. Alors oui, c’est lent, il ne se passe rien, c’est moche (mais moins moche que «Le grand soir»), c’est contemplatif, c’est une promenade habillée par une voix off qui nous dit des choses qui prêtent à réfléchir, et finalement le film passe tout seul, en ayant le mérite d’être court. Je pourrais regarder Houellebecq pendant des heures ! Ce mec me fascine ! Je le trouve émouvant, et parfois je pourrais même le prendre dans mes bras pour le consoler...pas seulement dans le film, mais aussi dans la vraie vie ! Ce bonhomme a une gueule pas possible, une façon de parler, d’être tout simplement, en me faisant penser, pour utiliser une image que tout le monde connait, au chien le plus moche du monde. Encore une fois, pour ceux qui vont souvent au cinéma, ce film peut être vécu comme une curiosité expérimentale, pour ceux qui n’y vont que deux ou trois fois par an, allez voir «Pride», vous ne le regretterez pas !