Ce film ne laissera personne indifférent :: il est brutal, difficile et tellement vrai. Une illustration 3D du parcours de de la femme dans les rapports qui nous unissent - aussi pour les enfants. Bien entendu en Turquie ce parcours était décalé, il l'est encore bien sur - et pourtant tout va tellement plus vite. Édifiant et cru, c'est un superbe témoignage que cet environnement familial "spécial", et ces cinq filles, ces sœurs sont formidables, jolies, admirables - elles sont le soleil d'une misère humaine.... !! **
Filmé avec énergie et vivacité, dans une adolescence avec ses rires, ses joies, ses peines, ses colères, ses interrogations, ses doutes, ses inquiétudes, ce film retrace des vies fauchées, volées encore aujourd'hui
Le scénario n'est pas sans rappeler le film de Sofia Coppola en effet, "The Virgin suicide". Ici tout est simplement évoqué dans un autre pays et concerne une autre religion. Le premier dénonce les chrétiens conservateurs et le second l'islamisme radical. Les femmes et les jeunes filles étant les premières victimes... Les hommes étant les premiers bourreaux et les plus ignobles des hypocrites quand au nom de la religion, ils veulent des filles chastes et propres, et s'en vont donc les violer " proprement" quand la nuit tombe.. Tous les acteurs sont impeccables! Les 5 sœurs et la grand mère sont remarquables! A voir pour se rappeler quelle chance nous avons de vivre dans un état laïc.
Magnifique, un chef d'œuvre, un film d'une sensualité inouïe, une image splendide, un jeu d'acteur remarquable. Et c'est qu'un premier film pour les actrices et la réalisatrice.
Dommage que le film soit aussi court. Cest ce que je lui reproche. Tout va beaucoup trop vite et la fin m'a déçu. Sinon il reflète bien la vie des femmes du Balkans.
Par son sujet (l’histoire de cinq jeunes filles orphelines qu’on veut soustraire au monde de l’enfance pour les faire entrer dans celui des adultes et donc marier dans les conditions voulues par la tradition) « Mustang » rappelle sans aucun doute le « Virgin Suicide » de Sophia Coppola. Cependant le point de vue fortement attaché à une seule des jeunes filles (la plus jeune et, sans doute pour cette raison la plus rebelle) est fondamentalement différent : il ne s’agit plus de faire la peinture d’une société, mais celle d’une impossible résistance dans un contexte fortement marqué par des conventions qui tiennent tout autant à une orientation religieuse (même si elle n’est que très discrètement rappelée – les minarets surplombent le village) qu’à une tradition plus ancestrale commune à bien des pays de la Méditerranée. La rupture qui surgit dans la vie des jeunes filles peut nous apparaître bien artificielle : elles passent d’une mixité non dénuée de sensualité (belle scène sur la plage commentée en contre point par la musique) à un enfermement qui nous semble caricatural. C’est oublier que ce changement est dû à la dénonciation d’une voisine dont la position dans le microcosme social semble suffisamment importante pour que la grand-mère se comporte avec elle en véritable sujet soucieuse de ne pas lui déplaire. Quant au surgissement quasiment « ogresque » de l’oncle (un moustachu brechtien aux allures menaçantes) s’il ne nous convainc pas d’un point de vue réaliste, il reste un ressort tout à fait plausible du récit. Ainsi les adultes, hommes et femmes confondus, participent d’un pouvoir auquel les adolescentes n’ont d’autre choix que de se soumettre. Si l’on regarde le film d’un point de vue documentaire, il faut souligner qu’il s’appuie sur une connaissance plutôt juste de la société turque des campagnes. On constatera qu’Istanbul apparaît comme le seul point de fuite possible, non seulement parce qu’y habite le professeur aimé muté dans la grande ville, mais aussi parce que la ville est présentée comme le lieu de la vie moderne où les règles de vie sont différentes. Cependant il faut aussi considérer que par le point de vue qu’il adopte, celui d’une gamine à peine sortie de l’enfance, le film nous plonge dans un véritable conte aux allures parfois fantastiques (voir la scène finale de la fuite, mais aussi les nombreuses scènes d’évasion) qui joue un peu avec nos nerfs. C’est sans doute là que réside une partie de son charme. L’autre source de plaisir est sans doute la cohésion du groupe, illustrée par ces nombreux plans d’entrelacement des corps, et du coup on comprend mieux pourquoi les personnages ont du mal à se différencier si ce n’est dans leurs destinées singulières : chacune trouvera une manière de compromis avec la situation qui lui est faite, jusqu’à ce qu’enfin l’une d’entre elle (celle qui est au centre du dispositif) prenne les choses en main comme un petit poucet plus débrouillard que ses aînés. Sans aucun doute voilà un film qui mérite toute notre attention et sait allier un sujet un peu attendu avec une véritable tension du récit, même si nous ne sommes pas surpris par son déroulement .
Un film très poignant sur la condition des femmes en Turquie. Les cinq sœurs sont extraordinaires face au drame qui les touchent. Cette histoire nous donne envie de nous lever contre cette injustice qui malheureusement, touche encore beaucoup de femmes... Mariages forcés, pas le droit de sortir, remplacer les cours par le ménage et la cuisine... tant de choses auxquelles ces sœurs vont se rebeller afin de gagner leur liberté. Mustang est un film très touchant, beau et cruel, drôle et triste, un film bouleversant.
Un bon film turc qui nous plonge dans la vie quotidienne des femmes de la Turquie profonde loin de Istambul . ...mais malgré tout je ne peux valider les 4* de moyenne données à ce film , trop longuet ....
Les filles sont incroyables, l'histoire est intéressante mais la réalisatrice ne sait pas filmer. C'est d'autant plus dommage qu'il se dégage de son film une belle sensualité. Une preuve de sa non maitrise de l'espace : les filles vont se cacher dans un arbre. Le père les voit. Cut. On les retrouve à vingt mètres du père ! Cette insuffisance de découpage décrédibilise le film dont le sujet est la fuite, donc fonction d'un espace. Il fallait trouver une réalisatrice.
La réalisatrice déplace des valeurs et des préoccupations occidentales et françaises sur la Turquie, un pays qu'elle ne connait visiblement pas. A part dire "le féminisme c'est bien" et "il n'y a pas les droits de l'homme en Turquie", le film ne dévoile pas grand chose. Finalement, le film est très donneur de leçon, très français.
Au début de l’été, dans un village reculé de Turquie, 5 jeunes soeurs rentrent de l’école et jouent avec des garçons, sans savoir que cette situation anodine va déclencher un scandale aux conséquences inattendues.
La filiation est évidente et elle saute aux yeux. Dès le début du film, il nous est impossible de ne pas repenser à Virgin Suicides (2000) de Sofia Coppola, avec ces 4 soeurs qui vivent recluses chez elles, au sein d’une famille ultra-conservatrice. Le premier long-métrage de Deniz Gamze Ergüven nous entraîne en plein coeur de la Turquie contemporaine, dans un foyer recomposé (les 5 soeurs sont hébergées chez leur oncle, lui-même logé chez sa mère). Suite à un concours de circonstance malencontreux, les 5 jeunes soeurs se retrouvent brimées et enfermées dans leur propre maison, empêchées d’aller à l’école et contraintes de suivre des cours de pratiques ménagères pour faire d’elles, des futures épouses parfaites à marier.
Mustang (2015) est un magnifique plaidoyer doublé d’un récit initiatique d’émancipation. Le film met en lumière ce que cela signifie d’être une fille (ou une femme) dans la Turquie traditionnelle, gangrénée par le conservatisme. spoiler: Il est notamment question du mariage forcé (de jeunes filles mineurs), le rapport de virginité (transmis par les médecins) ou encore la fameuse trace de sang sur les draps que les parents s’empressent d’aller voir après l’acte pour se rassurer (si trace il y a, l’honneur de la famille est sauvé).
La réalisatrice à su, avec beaucoup de brio, mettre en scène le tumulte qui règne au sein de cette famille dysfonctionnelle. Porté par 5 magnifiques jeunes femmes, le film est lumineux et magnifié par l’insouciance qui se dégage de ces jeunes interprètes. On se retrouve comme elles, petit à petit, comme pris au piège de cette cellule familiale, cette maison lambda qui se transforme en prison au fil des jours. L'enfermement et l’aliénation prennent alors le dessus sur la joie de vivre et les rires qui égayaient cette maison.
Dans un village turc, cinq jeunes sœurs refusent les mariages arrangés et la doctrine patriarcale. Un film magnifique au sujet fort, sur lequel souffle un vent de liberté.
Cinq sœurs vont se retrouver cloisonnées dans une famille rongée par le conservatisme et les traditions. C’est le combat de leur émancipation que narre Deniz Gamze Ergüven avec l’aide de l’énergie de ses interprètes.