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Jmartine
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4,5
Publiée le 19 juin 2015
Quel beau film nous offre Deniz Gamze Ergüven…de plus un premier long métrage…ces cinq comédiennes aux chevelures luxuriantes, belles et rebelles sont attachantes et ont une présence époustouflante à commencer par Lale la plus jeune, la plus révoltée aussi…quel obscurantisme pour voir dans des jeux de plage plutôt innocents de collégiens et collégiennes adolescents au début de l’été, qui se baignent en uniforme et jouent à s’arroser et à se désarçonner…mais voilà la morale personnifiée par une vieille femme en fera un objet de scandale…et la grand-mère qui élève ces cinq filles orphelines avec la présence d’un oncle gardien scrupuleux de la morale, s’écrie…comment ma fille tu as frotté ton entre-jambe sur la nuque d’un homme…et l’oncle d’emmener ses nièces à la clinique pour un constat de virginité…on croit rêver ,mais dans cette campagne reculée à 1000 km d’Istanbul on ne plaisante pas avec l’honneur des femmes …et cette grande maison plutôt chaleureuse se transforme petit à petit en prison, par adjonction de grilles, relèvement des murs ….les filles sont retirées de l’école et soumises à l’éducation qui doit faire d’elles de bonnes épouses…cuisine…couture…ménage….et grand-mère et oncle s’emploient à marier ces filles. Avec beaucoup de délicatesse, d’humour et sans caricature la réalisatrice filme l’étouffement progressif qui entoure ces jeunes filles, mais aussi cet esprit de résistance qui surgit chez l’une ou l’autre sous des formes différentes et en fait plus des combattantes que des victimes…et que dire de ces belles images d’une fratrie enchevêtrée sur un lit, chevelures emmêlées, quel club des cinq !!!!
Un premier film qui impressionne par sa maîtrise thématique et sa puissance dramatique. La réalisatrice Deniz Gämze Erguven entend démontrer les pratiques sévissant encore dans certaines zones rurales de Turquie. Ces mariages arrangés (et forcés), synonymes de mœurs ancestrales en rapport avec une religion totalement inadaptée à la société turque d’aujourd’hui. Si une ville comme Istanbul est en net voie de progrès concernant la condition féminine, « Mustang » montre clairement qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire pour que les jeunes filles turques puissent s’émanciper comme elles le souhaitent et sortir du carcan familial et de la mainmise des hommes. Le choix de prendre une sororité comme héroïne(s) de son film renforce l’impact de sa vision sur ce sujet épineux. Après un incident portant atteinte à la pudeur de la famille (d’un point de vue virant au fondamentalisme religieux), l’oncle des cinq sœurs décide de les marier au plus vite et de les cloitrer dans la maison familiale en attendant qu’elles se fassent passer la bague au doigt. Dès lors on vit dans l’intimité de ces jeunes filles prisonnières de leurs désirs et rêvant d’évasion. Un parfum de poésie nappe alors le long-métrage et une empathie profonde pour elle s’empare alors de nous. Tout manichéisme est évité car on ne parvient pas à détester la grand-mère et l’oncle, tributaires des traditions religieuses et du « qu’en dira-t-on ». Le début du film est un peu abrupt mais plus les mariages se passent et plus la volonté de la petite dernière de fuir devient flagrante, plus nous sommes happés par ce sentiment d’étouffement et d’incompréhension face à des coutumes qu’on ne peut plus comprendre de notre point de vue occidental. Jusqu’au final nous sommes emportés par ces cinq actrices pleines de naturel. Si le film manque peut-être un peu d’ampleur c’est une bien jolie chronique qui pointe du doigt ce que la condition de la femme en Turquie (comme dans bien d’autres pays) ne devrait plus être.
On dit souvent une balle, un mort. Elle m'a touché en plein coeur. C'est dans un climat intime et lancinant que ce film nous amène à découvrir des moeurs que nous ne connaissons pas. L'image, bien loin des canons actuels se veut tantôt sombre et tantôt solaire, proche et distante de son sujet. Mais c'est bien le jeu des acteurs qui fait toute la richesse de ce film. Servis par un scénario les laissant libres, ils donnent la pleine mesure de leur talent à peine éclos. Je suis sorti bouleversé, ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Merci !
Mustang aurait eu tout à fait sa place dans la compétition officielle au Festival de Cannes mais l'avoir placé dans une section parallèle lui a sans doute permis de ne pas être noyé au milieu des grands noms et de se faire remarquer. Turque, mais cinématographiquement française (parcours à la Femis, scénario co-écrit avec Alice Winocour), Deniz Gamze Ergüven filme une nouvelle génération de jeunes filles qui s'opposent au conservatisme traditionnel et patriarcal de son pays natal. Plutôt que par Virgiin Suicides, Mustang est influencé, aux dires de la réalisatrice par des films tel que L'évadé d'Alcatraz. Car c'est dans une prison que vivent ces cinq soeurs avant d'être mariées contre leur gré. Un film féministe, bien sûr, mais plus encore une oeuvre qui montre le désir de liberté, d'émancipation et de rébellion d'une jeunesse qui rejette les vieux schémas. Comme son titre l'indique Mustang est porté par une fougue débridée et qu'importe si ses héroïnes se cognent aux préjugés de ceux qui les regardent. Le film aurait pu être un drame. Grâce à ses interprètes lumineuses, à la musique de Warren Ellis et aux paysages étonnants du nord de la Turquie, au bord de la Mer Noire, Mustang transmet une énergie porteuse d'espoir. Un premier film qui marquera fortement cette année cinématographique, à coup sûr.
Le scénario n'est pas sans rappeler le film de Sofia Coppola en effet, "The Virgin suicide". Ici tout est simplement évoqué dans un autre pays et concerne une autre religion. Le premier dénonce les chrétiens conservateurs et le second l'islamisme radical. Les femmes et les jeunes filles étant les premières victimes... Les hommes étant les premiers bourreaux et les plus ignobles des hypocrites quand au nom de la religion, ils veulent des filles chastes et propres, et s'en vont donc les violer " proprement" quand la nuit tombe.. Tous les acteurs sont impeccables! Les 5 sœurs et la grand mère sont remarquables! A voir pour se rappeler quelle chance nous avons de vivre dans un état laïc.
Production franco-turque remarquée cette année à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2015 il s'agit du premier long métrage de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven, co-écrit avec Alice Winocour, elle-même réalisatrice et scénriste de son premier long "Augustine" (2012), "Mustang" fait clairement pensé à "Virgin Suicides" (1999) de Sofia Coppola, la filiation est flagrante. Ca reste un beau et bon film, moins désespéré sans doute que "Virgin Suicides" mais la première partie est trop déjà vu pour pleinement convaincre.
Encore un film salvateur. Sans condescendance, sans jugement, on suit l'adolescence de 5 soeurs en quête de liberté et d’indépendance qui se retrouvent emprisonnées (au sens propre et figuré) par les pratiques ancestrales et rétrogrades pratiquées dans leur pays. On se révolte sur les raisons qui poussent des parents à croire que la meilleure solution pour les filles est de les marier au plus tôt avec n'importe qui pour qu'elle soit "sous contrôle". En tant que musulman, je n'arrive pas à comprendre comment en ces temps où tout le monde accède à Internet, on puisse encore camper sur ces positions liberticides. Dans ce film extrêmement beau et bien filmé, on retrouve un peu Virgin Suicide de S. Coppola. A montrer dans toutes les écoles... du monde.
je n'aime guère ce genre de film, c'est un pseudo documentaire à charge, mal filmé malgré toutes les qualités de coeur exprimées par la réalisatrice. Elle aurait quand même pu prendre quelques leçons de tenue de caméra avant de se lancer. Question acteurs, il n'y a rien à reprocher, tous font pour le mieux et la plus jeune des filles ainsi que la grand- mère ont du talent. Ce qui ne va pas, en plus de la mise en scène, c'est le cinéma qui n'a aucune construction, de nombreuses séquences peu compréhensibles et aucun but si ce n'est d'attirer notre attention sur des moeurs que nous ne pratiquons pas. Or, sur ce sujet nous ne pouvons avoir le moindre avis tant notre culture et nos traditions sont différentes. Les cinq jeunes filles ne manquent physiquement de rien et sont même entourées par l'affection de leur grand-mère, nos orphelines à nous les envieraient sans doute. Lale est terriblement dissipée et fait tout pour pousser ses 4 soeurs à la révolte sans jamais se soucier du mal qu'elle fait à la troisième; Je soupçonne Ergüven d'en rajouter un peu en lui laissant tenter de bruler une chaise tout en proférant n'importe quoi. C'est un film curieux car l'action est complètement de parti pris alors que le contexte est beaucoup plus calme…Toutes les femmes du village étant solidaires et non contestataires. Chacun appréciera selon sa sensibilité et son discernement des événements.
Très bon film, ce film est à voir, car il démontre et montre une certaine facette de la société turque, celle des provinces. Bien que pas bercée par la religion, on comprend l'encrage des coutumes et traditions si loin de nos valeurs occidentales qui malheureusement existent toujours aujourd'hui et tendent à s'empirer.
Noirceur et soleil. Larmes et éclats de rire. Barreaux et espoir. Résignation et énergie. Très beau film entre soif de vivre et poids des traditions servi par 5 sœurs magnifiques. A voir absolument!
Sur un sujet important et toujours d’actualité, autour de la condition féminine, (ici la Turquie) ce premier film pose des bases assez inédites sur le devenir de cinq sœurs punies pour avoir rencontré des garçons. On prend alors très vite fait et cause pour ces jeunes filles que la réalisatrice dépeint dans un milieu familial hostile et rétrograde. Après quoi l’histoire se répète assez (le scénario s’essouffle) et le ton général du film hésite trop souvent entre la légèreté et la bonne humeur sororale , et la dramaturgie inhérente à une telle situation. Il reste un premier film à découvrir pour la voix qu’il fait entendre dans un pays où le président déclarait encore récemment que la femme devait se soumettre à l’homme. Pour en savoir plus
un film courageux, je trouve, quand on connait la situation politique et religieuse de la Turquie.....Le film , à la façon de Virgin Suicide de Sofia Coppola qu'il rappelle beaucoup, montre la révolte de cinq jeunes préadolescentes, leur combat moral et familial pour vivre une sexualité en rapport avec leurs désirs naissants......Le message du film est sans équivoque, il dénonce l'archaïsme de la société, mariage forcés, déni de la sexualité des ados, Etc...Le film est filmé avec une certaine sensibilité et une grâce indéniable, que cela soit dans le jeu des personnages ou dans la beauté des paysages.....il y a un passage sur le foot et les filles qui peut faire penser au "Hors Jeu" de Panahi (Iran)....Le film se passe principales dans une propriété et montre des conflits intergénérationnels, c'est prenant et je me pose la question de savoir si ce film est sorti sur les écrans turques, tant son propos peut déranger une certaine morale....A voir.....
Avec un propos extrêmement fort mettant en image la révolte de cinq jeunes filles, Deniz Gamze Ergüven frappe un grand coup et dénonce sans raccourci la terrible répression à laquelle les femmes sont confrontées chaque jour. Et quoi de plus beau et révoltant que le cinéma pour dénoncer ces odieux méfaits ? Hymne à la liberté et à l'amour, Mustang est un film d'intérêt public.
Comment, en 2015, combattre ces valeurs traditionnelles désuètes et misogynes ? Pour Ergüven, l'art de la mise en scène semble être la réponse toute trouvée. Cette femme de trente-cinq ans passée par la Fémis invoque dans son scénario un pur dynamisme et inonde son cadre de rayons de soleil ardents, métaphore d'un espoir possible, symbole que rien n'est jamais vraiment perdu. En s'entourant également d'Alice Winocour (réalisatrice de l'hypnotique Augustine) au scénario, elle propose un récit riche, sincère et mélangeant sans cesse les genres.
Quelque part entre Virgin Suicide et Bande de filles, Mustang brille par son message et sa narration éclatante. Ces cinq sœurs représentant les doigts de la main ne font qu'une devant la caméra de la réalisatrice. Celle-ci joue avec le physique de chacune de sorte que nous les confondons. Souvent entassées les unes sur les autres, on peut se délecter de leur incroyable complicité à l'écran. Déjà en 2006 avec son film de fin d'études Une goutte d'eau, la jeune cinéaste avait fait de l'indépendance des femmes le thème central de son art. Elle réitère aujourd'hui avec un long-métrage surprenant, plein d'ardeur et d'audace.
Magnifique interprétation de ces jeunes comédiennes qui apportent toute la puissance et la sensibilité à ce film. Bravo à la réalisatrice franco-turc pour ce documentaire-fiction qui nous confirme dans l’idée de lutter contre le poids des traditions qui ne permet pas aux individus (surtout aux femmes) de décider de leur vie. A voir …
Dans un village reculé de la Turquie contemporaine, cinq sœurs, cinq belles jeunes filles intelligentes, rieuses et pleines de vie, sont élevées par leur oncle, un homme dur, inflexible et intraitable et par leur grand mère qui les aime mais qui croit agir pour leur bien en les étouffant, voyant le mal partout, même dans des jeux innocents. Ecrasées sous le poids et la rigidité d'une société patriarcale qui leur refuse le droit de choisir leur propre destinée, chacune va réagir à sa façon devant le sort qui lui est réservé. Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler.