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Pauline_R
194 abonnés
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4,0
Publiée le 22 juin 2015
Un petit bijou qui m'a beaucoup touchée, j'en suis ressortie une larme aux yeux et un sourire aux lèvres. Le film est à la fois dur et solaire, drôle et poignant, emmené par cinq jeunes actrices toutes formidables, en particulier la plus jeune dont une grande partie du film est vue à travers son regard. On suit avec curiosité, peur au ventre et attachement le destin de ces cinq sœurs aux personnalités différentes mais insoumises, fortes et fragiles. Véritable hymne à la liberté de la femme, il donne à voir une image peu flatteuse (peut être un peu caricaturale ?) du patriarcat et des hommes dans un village reculé de Turquie, loin de la modernité et de l'ouverture que représente Istanbul.
Déçu. Le film est très réussi dans sa retranscription et son message. Les 5 sœurs sont belles (attitudes, physiques, manières de parler), attachantes et unies face à ce monde qui ne leur correspond pas mais à aucun moment je n’ai été surpris. J’ai suivi leur destin sans m’ennuyer avec l’envie qu’elles s’émancipent, apprécié les rencontres qu’elles font, leurs espoirs mais je n’ai pas été touché émotionnellement et les évènements qu’elles traversent ont déjà été vus ailleurs. Seule la scène du match de foot m’a surpris dans ce stade réservé aux femmes. Une approche trop classique et réaliste ont fait que ce film restera exclusivement beau grâce à ces 5 sœurs. C’est peut-être là tout l’intérêt du film justement.
Après 2 court métrages réalisés dans le cadre de ses études à la Fémis, Deniz Gamze Ergüven a réussi, non sans mal, à réaliser son premier long métrage. Née à Ankara, cette réalisatrice a un pied en Turquie et un autre en France. C’est dans son pays natal qu’elle est allée tourner "Mustang", un film féministe et lumineux qui sort quelques jours après des élections dont le résultat peut donner un petit peu d’espoir aux filles et aux femmes de ce pays. Mustang a été particulièrement bien accueilli à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes 2015, Deniz Gamze Ergüven nous offrant un film très réussi, même si on peut regretter un chouia de maniérisme inutile dans quelques scènes. Film esthétiquement réussi, passionnant à suivre, c’est également un film important quant au fond, un film au féminisme assumé mais absolument pas manichéen pour autant.
Vu MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven, qui conte l'histoire de 5 jeunes sœurs orphelines dans la campagne turque. Parce qu'elles ont agi comme des adolescentes, qu'elles ont osé grimper sur les épaules des garçons pour fêter la fin de l'école, elles vont payer le prix fort. Élevées par leur grand-mère paternelle et leur oncle, la maison qu'elles habitent sera leur prison, leur mausolée ou le trou d'où elles devront absolument s'enfuir… On croit au début du film que leur famille finira pas s'attendrir, touchée par tant de grâce, de beauté et de vitalité. Mais c'est oublier l'archaïsme dont fait preuve une partie de ce pays à l'endroit des femmes, considérées ici ou ailleurs, comme des servantes, tout juste dignes à servir le thé et à enfanter. Privées d'école, ces jeunes filles rayonnantes comme des soleils apprendront donc à être de bonnes épouses serviles, à oublier d'avoir un cœur et un cerveau et à enfouir leur désir pour toujours. La plus jeune d'entre elles sera la plus combative, celle qui jamais ne se résigne. Au fur et à mesure de la progression du récit, on voit toute la force, la détermination, le courage et la débrouillardise dont elles devront faire preuve pour sortir de l'enfer, à leurs risques et périls. Une virée clandestine dans la benne d'une camionnette, cheveux au vent, la jouissance qu'elles éprouvent à cette aventure en dit long sur le chemin qu'il reste à parcourir. Cette histoire touche de bout en bout, provoque empathie, admiration, angoisse, dégoût et colère et fait sourire parfois. Car l'humour est un sas indispensable pour aider à supporter l'injustifiable. Un très beau film que je vais chaudement recommander à ma fille de 14 ans.
Dans les décennies à venir, il sera difficile voir impossible pour les plus rétrogrades de pouvoir soumettre leurs jeunes à des coutumes primitives, barbares et humiliantes. Surtout une jeunesse qui est en proie à affirmer leur liberté et qui ont pour modèle l'occident décomplexé. Il est encore aberrant de nos jours d'avoir des mariages forcés, des femmes qui doivent justifier de leur "pureté" et de ne pas pouvoir s'habiller ou vivre comme elles le souhaitent. Quand on compare les photos d'Istanbul de 1970 avec celles d'aujourd'hui, on constate que l'on donne raison à une idéologie salafiste alors qu'au contraire, on devrait progresser dans l'égalité des droits entre hommes et femmes. Le fossé ne cesse de se creuser et cela finira bien par exploser. Mustang ne fait que mettre en lumière ce que l'on sait déjà, il ne montre pas l'évolution dans le temps : spoiler: une heureuse et une autre malheureuse dans son mariage, les autres s'enfuit et la dernière se suicide, ce qui fait un ratio d'une sur cinq qui a tiré le gros lot. C'est maigre ! Il y a un vrai rapprochement à faire avec Virgin Suicides, le thème est similaire et le rapport au religieux est identique.
Mustang tutoie presque les sommets. Du moins d'un point de vue esthétique car il faut reconnaître que le scénario passe par quelques facilités. Hormis ce petit désagrément le film est en plein dans l'air du temps, la démarche de Deniz Gamze Erguven est noble et pleine de bonnes intentions. Mustang est engagé, un conte qui fait la part belles à ces jeunes adolescentes pleine de vitalité. Les cinq jeunes actrices sont très belles mais en plus de cela elles ont aussi beaucoup de talents, leurs implications est total. Un moment fort en intensité qui bien entendu rappel quelques peu le chef d'oeuvre de Sofia Coppola à savoir Virgin Suicides.