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spring53728
26 critiques
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3,0
Publiée le 15 février 2017
Le film nous embarque dans une virée anarchique. Le principe d'entuber les riches est plutôt malin mais trop de jeanfoutre tue le jeanfoutre. A en n'avoir rien à faire de tout on finit par se désintéresser d'eux ne trouvant au final peu d'attache et d'intérêt à leur porter. Les règles du groupe sont floues et l'étude des différents personnages pas assez approfondie. Dommage car la mise en scène est somptueuse. Les plans se suivent avec une beauté et une lumière rare. C'est d'ailleurs ce qui nous fait tenir les 2h43. Egalement la BO d'une efficacité incroyable; ce genre de film qui existe par sa BO. Dans ce cas, elle le sauve même. Les titres pointus mettent en lumière des scènes banales et portent le film. Dommage. J'aurais aimé être conquis sans retenue.
American Honey est un grand film. On pense d'abord aux grands films du genre avec Les Raisins de la colère (The Grapes of Wrath) de John Ford de 1940, puis aux Moissons du ciel (Days of Heaven) réalisé par Terrence Malick, tant la description de ces jeunes gens en grande précarité par Andrea Arnold, est rigoureuse et bouleversante. On voit aussi que malgré les années qui passent, la conditions de vie des précaires, des laissés-pour-compte, est vraiment problématique aux Etats-Unis. Près de 15 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté : 46,7 millions d’Américains sont dans une situation de pauvreté. On peut faire aussi un parallèle entre le film d'Andrea Arnold avec le très beau documentaire de The Other Side de Roberto Minervini. Dans les deux films, les personnages ont un état d'esprit assez libertaire. Si il existe une Amérique pudibonde, on voit que pourtant que les Rednecks de the Other Side ou les travailleurs pauvres des deux films, ont une grande liberté d'esprit. Que ce soit dans la réalité ou dans la fiction, les personnages sont autonomes, seuls leur condition sociale détermine leur futur avec peu de chance d'évolution. Ce qui est frappant aussi dans le film d'Andrea Arnold, est l'abandon des personnages. Ils sont livrés à eux-mêmes, mais ils sont blindés, et leur désinvolture est une chance. Les personnages se questionnent aussi sur leur vie misérable. Star, interprétée par Sasha Lane, crève l'écran. Elle voit à la fin du film, une femme qui elle a arrêté de lutter. Cette femme droguée, abandonnée dans un taudis, seule avec 3 enfants. pourrait bien être bien Star dans 10 ou 15 ans. Une femme brisée par la vie. Pourtant au début du film il y a un autre exemple, avec une autre femme toute aussi pauvre, mais qui elle danse encore. Donc si on ne croit pas à une ascension sociale pour Star, elle pourra choisir de devenir l'une ou l'autre de ces femmes. Shia Labeouf trouve un de ses meilleurs rôles.
Je me suis laissé embarqué par ce road movie. Les prises de vues sont d'une grande modernité, la lumière fabuleuse, la comédienne éblouissante. Un hymne à la liberté. La bande son est intégrée au scène à la manière d'un film du Dogme.
Film à voir. On ne sait pas pourquoi mais on s'attache à ces gamins un peu paumés. On navigue entre débauche et innocence en permanence. Le film est presque comme un conte qu'on finit par suivre. Un conte du 21ème siècle dans lequel les princesses sont moins propres et les princes plus trashs. Le tout est enrobé dans une atmosphère poétique. Au final on sort de là avec la sensation d'avoir fait un voyage dans un monde différent. C'est bien ça qui fonctionne. C'ets pas un film vu et revu, on découvre totalement un nouveau monde qui est comme le nôtre mais avec des codes différents. A voir!
American Honey est road movie somptueux. Carton plein pour Andrea Arnold, elle nous délivre une nouvelle fois une pépite, filmé sans filtres, en lumière naturelle. C'est brut, sauvage, poétique, beau, pure. Une expèrience unique et magique. Authentique.