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Prométhée
7 abonnés
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2,5
Publiée le 26 janvier 2016
Un film vraiment inégal. Autant les deux premières parties sans être époustouflantes sonnent justes et livrent un portrait sans doute fidèle de la Chine contemporaine, autant la dernière partie est d'une lourdeur à faire pâlir un scénariste de Plus belle la vie. Tout y est: l'incapacité d'une nouvelle génération à préserver ses racines donne ceci: "je ne communique avec papa que grâce à google traduction, j'ai oublié le nom de maman, mais par un désir freudien refoulé je couche avec ma prof de chinois"; la critique du système capitaliste chinois corrompu donne cela: "papa à part fumer tranquillement sa pipe et boire son petit thé, pose bien en évidence sur la table de l’entrée de gros M16" qui ne servent le film que pour faire dire au père qu'ils ne servent pas. Quelle parabole... Vite oublié!
La première partie montre une jeune fille aux prises avec ses amis qui veulent une relation plus intime et qui se déchirent, tout en la considérant presque comme un objet à acquérir. Personnellement, je n'ai pas trouvé que ce soit très bien fait, d'autant qu'il y a des passages franchement exagérés. Bref pas mal, mais sans plus. La deuxième partie est plus intéressante, montrant ce qu'il est advenu du choix de la fille et de ses conséquences, une partie plus en finesse et, je trouve, mieux faite. La troisième partie montre le fils bien plus tard, ayant perdu ses racines et déstabilisé, dans un futur proche assez élégant. Cette troisième partie traîne malheureusement en longueur, et ne satisfait pas totalement. Dans l'ensemble, on retrouve dans les trois parties une tendance à l'exagération assez déplaisante. Si certains passages ne manquent pas d'élégance, trop de lourdeur gâche le plaisir.
Le réalisateur nous montre une Chine misérable mais son film l'est tout autant. On prend tout les thèmes clichés, on gratte à peine la surface des uns et des autres on les abandonne, on laisse la liberté au spectateur d'imaginer une fin... Dialogues sans profondeur et rares. Une photographie qui devient vraiment stupide pour la partie 2025, des prises de vue inutiles etc Un ennui long et total.
On sait le talent de Jia Zhangke, magnifique chroniqueur des mutations douloureuses de la société chinoise, mais également perpétuel chercheur de formes nouvelles : faire l'impasse sur l'un de ses films n'est pas une erreur, mais bien une faute pour tout cinéphile qui se respecte ! "Mountains may Depart" est l'une de ses oeuvres les plus ambitieuses - une multitude de thèmes sont abordés à travers la peinture de divers personnages de 1999 à 2025, de la Chine "de l'intérieur" frappée de plein fouet par le " miracle économique" à l'Australie comme paradigme de la dissolution de l'identité dans un monde artificiel ; c'est paradoxalement aussi l'une de ses plus abordables pour un public mainstream, le réalisateur n'ayant pas peur d'user ici des figures plus convenues du mélodrame, et adoptant un rythme de narration moins distendu. Le résultat n'est malheureusement pas tout-à-fait au niveau de nos attentes, en particulier parce que Zhangke se plante largement dans le troisième volet, celui "d'anticipation", où il banalise tragiquement les crises identitaires de ses personnages, sans jamais parvenir à conférer la moindre profondeur à son scénario : loin de son pays, de sa culture, on dirait que le génie de Zhangke se dilue, qu'il perd même cette habituelle lucidité (politique, humaine) qui lui permet normalement de transcender ses sujets sociaux. Heureusement, notre plaisir a déjà été immense, et, malin (?), Zhangke rattrape largement son dérapage grâce à une scène finale magique, bouleversante, qui laisse le spectateur ébahi une fois de plus par les sortilèges de ce diable d'homme (merci quand même aux Pet Shop Boys !).
Un beau film en trois temps, quoiqu'un peu schématique parfois dans sa représentation des dangers qui menacent la Chine, assimilée ici à une mère. On y retrouve ce talent que possède Jia Zhang-Ke pour inscrire dans ses plans la transformation industrielle de la Chine. Au titre français, qui ne veut pas dire grand chose, on préfèrera le titre international, Mountains May Depart, qui évoque le risque souligné par Jia Zhang-Ke que l’âme de la Chine (les "montagnes") puisse disparaître. Ma critique complète sur mon blog :
Jia Zhangke signe une grande fresque temporelle réaliste, émouvante et d'une grande sobriété et très bien interprétée sur les liens sociaux et le temps qui passe. Présente au dernier festival de Cannes, cette oeuvre est une très belle découverte !
Un film qui se veut, au travers d'un triangle amoureux, retranscrire les mutations économiques chinoises, la réussite fulgurante qui cotoie les masses ouvrières déracinées de leur campagne. Il en résulte deux longues heures sans grand intérêt, si ce n'est le dépaysement que procure cette plongée dans une société qui vit un tournant de son histoire.
Moins politique que l'enthousiasmant "A Touch of Sin", "Au delà des montagnes" est une pure fresque dramatique, où le destin des personnages s'étale sur plusieurs décennies. La première partie comporte quelques longueurs, puis le film nous emporte peu à peu, jusqu'à une conclusion ouverte et très émouvante.
Un film qui a certes, énormément de qualités notamment esthétiques mais qui m'a personnellement beaucoup ennuyé... Je me suis laissé tenté après n'avoir lu que des critiques élogieuses ici mais surtout en me rappelant le super "Touch of Sin" du même réalisateur... Rien à voir! Mises à part quelques similitudes niveau mise en scène, J'ai même du mal à croire que ce soit Jia Zhang-Ke qui soit derrière la caméra ! L'interprétation est excellente, pas de problème là dessus, la mise en scène et la photo sont également quasi irréprochables mais, totalement étranger à cette culture bien différente, je trouve que le cinéma asiatique n'est pas facile à appréhender et ce, malgré mes efforts pour essayer de l'apprécier (un peu comme pour du Bollywood). Malgré quelques bonnes impressions comme "Touch of Sin" ou "Tel père tel fils" , ce cinéma-là ne me parle pas ( le plus spirituel "Cemetory of Splendour" ou "Still Water" et ) mais ceux qui ont peut-être un esprit plus ouvert que le mien devraient être satisfait... Personnellement, je l'ai trouvé long et ennuyeux.... Désolé!
un film encensé par la critique, mais qui m'a surtout paru ennuyeux tellement il traine en longueur avec ses évocations d'une Chine en mutation, d'une Australie pleine de promesses et des personnages dont on suit la vie en pointillés sur fond de délitement des liens d'amitié, d'amour et de famille. Chacune des trois parties se focalise sur 2 des 4 personnages principaux : les 2 amis qui convoitent la même femme; l'un ouvrier pauvre, l'autre affairiste et riche, puis l'ouvrier (de retour malade de son iimigration en Mongolie intérieure) et Tao la femme, divorcée et abandonnée de son mari parti avec leur fils, pui en dernière partie; le fils devenu adulte en opposition avec son père et en recherche de ses racines. J'ai trouvé les transitions entre les scènes souvent brutales, les situations exposées pas toujours limpides. Restent quelques payasages de Chine industrielle (et manifestement polluée) ou de scène (l'enterrement du grand-père) très bien filmées/
Au-delà des montagnes aborde le délitement des liens entre une femme, ses deux prétendants et son fils, sur plus de 25 ans. Le réalisateur sonde en profondeur ces drames humains qui peuvent être ceux de tout le monde. L’émotion est omni présente à travers le regard de Zhao Tao qui confirmera 4 ans plus tard sa force tranquille dans Les éternels, du même Jia Zhangke.
Un film sur le temps qui passe, l’effritement des liens familiaux, de ses personnages en perpétuel mouvement. Un récit inspiré qui tire parfois en longueur et souffre d’une interprétation inégale mais qui bénéficie d’une réalisation profonde.
Ce film parvient à combiner romantisme et naturalisme, grandes étapes de la vie et quotidien. Le thème principale du film, le passage du temps est étendue sur 25 ans. C'est l'histoire d'une femme, de ses choix de vie, partagée entre ses deux amis de jeunesse qui deviendront rivaux, et des soubresauts de son existence. La vie, la mort, l'amour, les séparations sont filmés par Zangh-ke Jia qui parvient à merveille à combiner l'intimiste et l'histoire de son pays. Un simple plan prolongé sur les fumées d'usines suffit à montrer la voie prise par le pays, les dégats qu'elle engendre aussi sur les moeurs et la santé de ses concitoyens. La dernière partie du film, plus originale encore, s'intéresse à un des prochains grands sujet du monde : le déracinement à travers ce fils résidant en Australie. Heureux cinéma asiatique qui sait si bien parler de nos vies...
Très belle saga chinoise sur la destinée de 3 personnages étalés sur plus de 25 ans. Cette très belle histoire humaine, juste et attachante est aussi et même surtout une réflexion sur l'évolution économique et sociale de la Chine de 1999 à aujourd'hui et même plus puisque le film se termine en 2025. Très bien écrit, intelligent et sensible, très bien interprétés, tous les acteurs sont remarquables et particulièrement l'actrice qui interprète Tao. Un très beau film, ignoré lors du palmarès cannois 2015, fort regrettable, un prix du scénario était quasi évident, même la Palme d'Or n'aurait pas été volée.