Au-delà des montagnes
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134 critiques spectateurs

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vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 février 2016
Le réalisateur chinois d'Au delà des montagnes ne manque pas de culot. Bâtir une fresque sentimentale allant de 1999 à 2025 avec les mêmes personnages et ayant la vocation métaphorique de nous plonger dans le passé, le présent et l'avenir de son pays, utiliser plusieurs formats, plusieurs langues, passer d'un continent à l'autre...On a finalement l'impression de voir les coutures d'une ébauche, de contempler une épreuve non terminée de ce qui aurait pu être un chef d'œuvre si Jia Zhangke avait limité ses ambitions au niveau de ses moyens. Les quelques scènes remarquables, les éclairs de génie sont un peu noyés dans une espèce de lavasse sans saveur et manquant de nerf. L'interprétation varie entre l'expressionnisme du théâtre chinois - le riche soupirant - et une grande finesse émotionnelle - la prof de chinois - sans que l'on sache si l'effet est voulu.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 février 2016
Après le coup de poing envoyé dans "A touch of sin", Zang-Ke Jia poursuit son portrait mordant de la Chine contemporaine et de ses contradictions. Un film empli d'humanité.
keating
keating

60 abonnés 582 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 janvier 2016
25 ans, trois générations, plusieurs familles, plusieurs mondes, la Chine, l’Australie : tout cela est au programme de ce film ambitieux et déroutant, qui intéressera sûrement mais perdra en route pas mal de monde, comme ce fut mon cas quelque fois.

A travers ces trois segments, le cinéaste Jia Zhang-Ke observe le temps qui passe sur son pays et ses habitants et témoigne des nombreux bouleversements de son identité : la montée du capitalisme et du dieu Dollar (baptisant même le fils d’un moderne Harpagon), l’oubli de cultures ancestrales, la perte de la langue et des relations familiales. On comprend vite le message, mais je me suis néanmoins fort ému pour ces personnages et leurs liens devenant de plus en plus fragiles. Il y a un beau travail sur le temps, la mémoire, l’oubli, l’anticipation, le ressouvenir.

De façon discrète, le réalisateur aligne aussi de nombreuses belles images, n’ayant pas peur du lyrisme parfois inattendu. J’aime bien également son utilisation de la musique et de la danse, esthétiquement et narrativement.

Les personnages sont touchants, même si les nombreux hors-champs du scénario peuvent parfois prêter à confusion. On perd parfois des personnages en route, ou on ne comprend pas ce que viennent faire d’autres dans l’histoire. Mais certains non-dits sont également très justes. Et bien sûr, il ne faut pas oublier l'actrice principale qui joue superbement sur trois âges différents en étant incroyablement juste à chaque fois!

Dans l’ensemble, cela reste une vision très touchante du temps qui change et reste en même temps, dans la vie d’hommes et de femmes, de parents et d’enfants, et dans la vie d’un pays.
Gilles-Henri L.
Gilles-Henri L.

2 abonnés 51 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2016
Les parties 1 (la Chine de 1999) et 2 (la Chine de 2014) sont bien rendues. La saison 3 (la vie en Australie en 2025) est moins crédible mais l’ensemble reste bien. Le film montre bien l'importance des aspects matériels dans la société chinoise ("il vaut mieux pleurer à l'avant d'une BMW que rire à l'arrière d'un vélo" avait déclaré une jeune femme dans un programme de télé-réalité en Chine, il y a quelques années, au grand dam des autorités). Il montre les sentiments des acteurs, ce qui n'est pas si courant dans les films chinois. Il montre aussi l'importance de la culture de la Chine continentale, y compris au sein de la diaspora. J'ai souri au passage au moment de l'évocation en 2025 d'une Chine débarrassée de la corruption. Intéressant de voir comment la Chine se projette elle-même dans l'avenir (importance de la langue, force de la monnaie).
Abus Dangereux
Abus Dangereux

69 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 janvier 2016
Au-delà des nuages ou la Chine sur 25 ans à travers l’histoire de trois personnages principaux, est un film qui prend son temps, qui va crescendo émotionnellement parlant et qui petit à petit vous prend dans ses filets. Les 3 chapitres sont filmés dans des formats différents au fur et à mesure que les protagonistes s’éloignent les uns des autres pour finir en scope avec des plans magnifiques d’autant plus que cette dernière partie captivante est portée par une actrice réellement lumineuse : Sylvia CHANG, formidablement émouvante, qui sert de passerelle entre la Chine traditionnelle et ce qu’elle est devenue mais qui échouera certainement dans sa tentative de retour au pays tant pour elle-même que pour le jeune Dollar. L’adolescent privé de sa mère et de ses racines depuis son plus jeune âge pense que la fracture n’est pas réparable pendant que dans le même temps, au pays, sa génitrice vit dans l’attente du retour de son fils, y croit et trouve du courage en se rappelant les jours heureux et l’insouciance de sa jeunesse en dansant seule sous la neige dans une formidable dernière scène. Ce beau film, triste mais non plombant, se mérite, demande peut-être un peu d’effort au spectateur, mais vaut diablement le coup.
Pauline_R
Pauline_R

194 abonnés 398 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2016
J'avais déjà beaucoup aimé A Touch of Sin du même réalisateur et ce film, dans un tout autre genre, confirme les talents de Zhang-ke Jia pour décrypter la société chinoise avec précision et intensité sur 26 ans. Mais Au-delà des montagnes est surtout un magnifique portrait de femme, à la fois moderne, solaire et victime malgré elle d'un pays en pleine mutation, où s'opposent capitalisme et traditions. Le film explore plusieurs genres, avec un triangle amoureux dans sa première partie puis une seconde partie plus dramatique, emmenée sur un ton mélancolique, sans toutefois verser dans le pathos. J'ai trouvé les deux actrices du film magnifiques, jouant respectivement la mère et le professeur du jeune garçon. Un film à la fois émouvant, ambitieux et clairvoyant.
montecristo59
montecristo59

40 abonnés 288 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 mars 2016
La Chine bouge, peut-être pas pour un mieux et c'est un chinois qui nous le dit, avec la manière. En Chine aussi, la perte des racines est un danger autant pour le pays que pour ses habitants, parce qu'elle est une perte de repères. Clin d'oeil d'inspiration psychanalytique (volontaire ou non) de Jia-Zhang-Ke, dans la dernière partie du film le jeune Dollar s'embarque dans une idylle avec une mère de substitution, quand la sienne, dont il semble peiner à retenir le nom, s'est effacée derrière la toute puissance financière de son père. Ce père n'a finalement rien à lui offrir qui emporte son enthousiasme. Le souvenir de la mère, ce "déjà-vu" dont il parle avec nostalgie en français dans le texte, est un repère qu'il voudrait retrouver. Le film est long, parfois un peu long je dirais. Jia-Zhang-Ke l'a construit en chapitres truffés de beaux plans symboliques opposant modernité et tradition spoiler: avec au bout du premier chapitre une fausse fin qui relance l'intérêt (car les dialogues de cette première partie m'ont paru un peu plaqués, comme le rythme trop lent)
. Un plan abstrait dans une belle harmonie de bleu et d'orangé fait office de frontière entre ces chapitres, comme un rappel mélancolique...Ce n'est sûrement pas un hasard que le fils de l'héroïne ait été nommé Dollar par son père bling-bling. Pas un hasard que Dollar ait oublié sa langue natale et qu'il ait besoin de sa traductrice préférée pour dire à son père que l'argent ne permet pas forcément de se construire en profondeur...Moins percutant que "A touch of Sin" que j'avais préféré, ce regard quand même sans concession sur la Chine d'aujourd'hui a passé sans doute plus facilement la censure des manitous de la culture, au pays de Jia-Zhang-ke. Il l'a fait et c'est tant mieux pour nous, ne serait-ce que pour le dernier plan de la mère dansant sous la neige devant l'ancien temple flouté en arrière plan...
Vergnus
Vergnus

12 abonnés 149 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 janvier 2016
Au delà des Montagnes explore les sentiments de 3 amis sur fonds de décomposition (our recomposition , c'est selon) de la Chine entre 1999 et 2025, touchant avec des très beaux plans sur les personnages, le film par sa fin nostalgique laisse un peu sur notre faim, on aurait eu envie d'une vraie 4ème partie
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 janvier 2016
J' ai tout simplement été bouleversée par ce film, tant par le jeu des acteurs que l'histoire ou plutôt les histoires qu' il raconte. Du grand cinéma !
orlandolove
orlandolove

169 abonnés 1 731 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 janvier 2016
Moins politique que l'enthousiasmant "A Touch of Sin", "Au delà des montagnes" est une pure fresque dramatique, où le destin des personnages s'étale sur plusieurs décennies. La première partie comporte quelques longueurs, puis le film nous emporte peu à peu, jusqu'à une conclusion ouverte et très émouvante.
Prométhée
Prométhée

7 abonnés 98 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 janvier 2016
Un film vraiment inégal.
Autant les deux premières parties sans être époustouflantes sonnent justes et livrent un portrait sans doute fidèle de la Chine contemporaine, autant la dernière partie est d'une lourdeur à faire pâlir un scénariste de Plus belle la vie. Tout y est: l'incapacité d'une nouvelle génération à préserver ses racines donne ceci: "je ne communique avec papa que grâce à google traduction, j'ai oublié le nom de maman, mais par un désir freudien refoulé je couche avec ma prof de chinois"; la critique du système capitaliste chinois corrompu donne cela: "papa à part fumer tranquillement sa pipe et boire son petit thé, pose bien en évidence sur la table de l’entrée de gros M16" qui ne servent le film que pour faire dire au père qu'ils ne servent pas. Quelle parabole...
Vite oublié!
Jean-Patrick Lerendu
Jean-Patrick Lerendu

16 abonnés 152 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2016
Un très beau film qui nous emmène à la suite d'une jeune femme qui va préférer épouserun jeune chinois plein d'ambtion et qu'elle quittera ensuite en lui laissant la garde de leur fils. Celui-ci l'oubliera dans sa nouvelle vie jusqu'à ce qu'une professeure de chinois le rappelle àce qui doit être essentiel pour lui. Un beau film
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2016
Zhang-ke Jia nous avait épaté avec ses films précédents comme A touch of sin. Avec Au delà des montagnes, il est plus ambitieux, moins "chinois" peut être (il y a des moments, je vous jure, on se croirait dans Antonioni...) et, peut être aussi, moins directement convainquant.

C'est l'évolution de la Chine sur un quart de siècle, vue à travers le destin d'une jeune femme, Tao (Zhao Tao), d'abord jeune fille insouciante courtisée par deux amoureux. L'un, Jinsheng (Zhang Yi) est gardien dans une mine. L'autre, Liangzi (Jing Dong Liang) commence à faire fortune et...rachète la mine. Tao choisit le riche.... même si son cœur, peut être la porterait plus vers le pauvre.

La Chine qui gagne, la Chine qui perd. Liangzi est une caricature du nouveau riche: odieux. Après un divorce, il partira vivre en Australie (sans doutes quelques histoires de corruption aux basques...) en emmenant leur fils, qu'il a eu la très élégante idée d'appeler Dollar.... Tandis que Jinsheng a les poumons pourris par l'insalubrité de la mine.

Ambitieux car c'est tout un panorama de la Chine que Zhang-ke nous présente. Le pays intérieur, minier, pelé, désolé. Ce n'est pas la première fois qu'un cinéaste chinois s'intéresse à ces petites exploitations privées où le charbon était arraché au sol au mépris de toutes les règles de sécurité et d'hygiène. Mais la tristesse de ces paysages serre le cœur.

Et à côté des pauvres toujours aussi pauvres, cette nouvelle classe de petits malins sans scrupules qui se constitue des fortunes, classe de corrompus à laquelle le Président Xi Jinping semble vouloir s'attaquer.

Et puis le mythe de la réussite à l'occidentale. Le résultat: Dollar (Dong Zijian), qui a oublié jusqu'au prénom de sa mère est un déraciné, qui ne sait plus d'où il est; insolent mais en fait paumé, il ne peut même pas communiquer avec son père qui n'a jamais réussi à parler anglais alors que Dollar ne parle pas un mot de chinois...

Le monde de Zhang-ke est sombre. Ce que je lui reproche ici, c'est le côté assez hétéroclite de l'assemblage de ces trois épisodes (2000, 2015 et... 2025) au cours duquel on perd des personnages, pour en retrouver d'autres. Le lien est fait par cette chanson sirupeuse à la mode cantonaise des années 90, que chantait Tao, qui ouvre et clôture le film.

Mais c'est incontestablement un grand cinéaste. A voir!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 janvier 2016
"...Au-delà des montagnes continue la dissection de la société chinoise, mais le cadre de l'espace-temps change de façon radicale par rapport au précédent: l'histoire d'un triangle amoureux en 1999, 2014 et 2025 et une chanson de fond: Go west de Pet shop boys. Le duo anglais avait reprise le tube des Village people, avec le slogan patriotique étasunien qui encourageait les gens à migrer aux territoires qui venaient d'être conquis dans la côte pacifique. Mais ce que Tennant et Lowe ont perpétré avec son succès était une satire de la fin de la guerre froide et l'aperture d'occident au bloque communiste.

Précisément ce fantôme de l'aperture à occident se cache dans le métrage. Une génération des jeunes illusionnés par l'époque où ils vivent, des jeunes qui ont grandi dans une Chine qui s'ouvrait au capitalisme et qui montrait une fausse prospérité pendant que la protagoniste Tao -en français, vague- choisissait son prétendent submergée dans l'insouciance de l'époque à la fin du XXème..."

Lire la critique en entier sur:
LeMagduCiné
LeMagduCiné

71 abonnés 626 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 janvier 2016
On attendait beaucoup du retour de Jia Zhang-ke qui, après une série de chefs d’œuvre, avait fini en apothéose en sortant A touch of sin, un des films les plus marquants de 2013. Seulement, après la bombe politique brillamment mise en scène et ambitieuse dans sa narration qu’était son dernier film, il y a de quoi être déçu devant Au-delà des montagnes. Le film est volontairement mineur et nettement plus léger. Sa distribution en salles en Chine témoigne de sa faible portée politique, quand A touch of sin n’est jamais sorti sur les écrans locaux. Néanmoins, même si Jia Zhang-ke dénonce avec moins de véracité les maux de la société chinoise, il porte un regard toujours intéressant sur un pays qu’il n’a jamais vraiment quitté.
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