Au delà du film lui même et de l'objet cinéma, ce qui est remarquable c'est son aspect prémonitoire car filmé avant les attentats terroristes islamiques de novembre 2015. Un film construit comme un véritable thriller intéressant et agréable en lui même par son rythme, l'action et le jeu des différents acteurs. Mais c'est surtout sa justesse dans le phénomène de radicalisation des jeunes d'origines très différentes, aux motivations diverses voir légères qui est la base et l'intérêt du film avec la mise en place d'une cellule terroriste. Point de départ avec les mosquées de quartier ou mosquées clandestines et des imams intégristes qui font le travail de base d'imprégnation en incitant à la haine, au rejet, à la révolte contre la société occidentale et au communautarisme, puis le retour d'un leader qui revient d'un camp d'entraînement et guide d'un petit groupe qui se constitue , le tout sans les informer de ses contacts ou de ses sources. Puis l'opération de dissimulation pour se fondre dans la masse et toute la préparation logistique pour commettre un attentat. On voit aussi le travail quasi impossible des services de renseignement et de la police pour suivre toutes les pistes et repérer les suspects potentiels et surtout le moment et le lieu de leur éventuel passage à l'acte. Un thriller bien mené mais surtout très documenté sur les modes opératoires et la genèse des groupes terroristes islamistes.
Tourné juste avant les épouvantables attentats de 2015, Made in France raconte la constitution d’un groupe djihadiste prévoyant de réaliser des attaques de masse sur le territoire national. En raison de ce contexte ultra-délicat, ce film courageux de Nicolas Boukhrief n’a jamais pu sortir en salle. Moins creusé que La désintégration de Philippe Faucon, moins troublant que Nocturama de Bertrand Bonello (ce dernier écartant la dimension religieuse dans les motivations de ses apprentis terroristes), Made in France prend néanmoins la forme d’un thriller solide et passionnant, qui évite toute glorification de ses protagonistes, décrits ici comme des paumés, des petites frappes ou des minables. En nous plongeant au cœur d’une cellule s’apprêtant à poser une bombe en plein Paris, ce long-métrage qui n’est pas sans défauts (manque de réalisme, faiblesses scénaristiques) a le mérite d’aborder de front le sujet brûlant du terrorisme islamiste, apportant un témoignage rare et effrayant sur le mécanisme de l’embrigadement collectif. Une musique puissante signée Rob (Robin Coudert).
Made in France est un film intéressant, qui pourrait s’apparenter à un documentaire avec son histoire vraiment réaliste. D'ailleurs et malheureusement, on en arrive là.
Au vue de l'actualité récente, je ne me prononcerai que sur l'aspect cinématographique : La mise en scène est plate, le jeu d'acteur correct mais sans plus, sauf Dimitri Storoge qui sort du lot. Ce qui est surprenant c'est qu'au final il en ressort un film qui laisse perplexe et qui pose beaucoup de questions sans donner de réponses. Chacun se fera son avis...
J’ai trouvé que c’était un excellent film. Pour sa portée il est impactant. Il faut savoir qu’il a été tourné avant les attentats du 13 novembre, et malheureusement ne s’imaginait pas être autant d’actualité. L’histoire est très prenante. On se plonge facilement au côté de ce journaliste d’investigation. Le personnage de Sam est simple, et on s’identifie rapidement à lui. La force de ce film vient de la diversité concernant les radicaliser. En effet, dans certains longs métrages, on a tendance à toujours tapée dans le même profil. Cependant, dans sa réalisation, Nicolas Boukhrief nous propose un grand panel afin de mieux comprendre les motivations qui entrainent sur ces actes terribles. Je préfère préciser pour tout malentendu, vouloir faire comprendre n’est en aucune manière cautionnée. Les acteurs sont tous géniaux en commençant par Malik Zidi. On va voir Dimitri Storoge dans le rôle du gourou qui va manipuler à leurs pertes ces jeunes. François Civil va faire le converti qui est dans la religion pour plaire aux autres et donc tombe dans la radicalisation car il n’a aucun savoir. Pour Nassim Lyes, le profil va être plus conventionnel avec un jeune qui a simplement la haine de la société. Le cas d'Ahmed Dramé va être un peu différents cars même si lui veut la vengeance, on sent une forte hésitation. Ce récit autour de ces hommes est très juste. Pour autant, on aura aussi de la tension et du suspense. Ce film permet de réfléchir sur les profils touchant la radicalisation. La colère et l’ignorance en sont les principaux déclencheurs.
Ce film est une vraie claque !! J'en suis ressorti ébranlé et choqué ! On y voit un journaliste musulman infiltrer un groupe de terroristes clandestins prêt à commettre des attentats au nom du Djihad !! C'est terriblement réaliste, c'est effrayant et j'en ai encore froid dans le dos ! Les acteurs sont très bons (bravo Malik Zidi), le scénario est palpitant et bien documenté et moi je n'ai pas vu le temps passer ! Un film à voir pour comprendre comment des jeunes paumés se font endoctriner par des fanatiques sans vraiment comprendre ni même s'interroger !! Un choc !
Film prophétique malgré lui!déprogrammé dans les cinémas à cause des attentas dont a été victime la France!Eh bien j'ai trouvé le film bon avec un scénario très bien élaboré.On nous montre bien comment la manipulation se fait et que ces jeunes la sont prêt à tout par la transcendance,un peu à la méthode des sectes…c'est réaliste dans l'ensemble et le film est plus selon moi un constat qu'un parti prit politique. 3,5/5
Froid dans le dos, tout le déroulement du film rappelle inlassablement les derniers événements qui nous touchent depuis 2 ans... Après, il manque un peu plus d'analyse sur les causes qui poussent à la radicalisation. Mais dans l'ensemble la mise en scène est bonne et le suspens présent... Un film qui aurait mérité un meilleur contexte pour sa diffusion.
Ce film a été tourné avant le massacre dans « Charlie Hebdo » prévient un carton, relayé par un second avertissement sur l’interview des bonus réalisé avant les attentats du 13 novembre. Nicolas Boukhrief n’est pas un visionnaire mais un témoin de son temps qui depuis plus de trois ans travaillait sur le sujet de l’intégrisme, la radicalisation… On peut évoquer de nombreux thèmes à partir de cette filière que le réalisateur exploite avec beaucoup de circonspection, ne jugeant jamais mais développant une stratégie parfaitement assimilée par les terroristes. Il en fait un excellent thriller tout en ramenant le discours uniforme à des vérités premières sur la manière dont fonctionnent réellement les individus. Au regard d’un processus dévastateur et parfois très haineux, le réalisateur choisit pour son dénouement une voie médiane, presque heureuse pour le spectateur effrayé par une actualité anxiogène. Avis bonus Un entretient très éclairant avec le réalisateur, plus des scènes coupées à voir, mais rien de transcendant pour le film Pour en savoir plus
Drôle (enfin, façon de parler) d'histoire que les liens de ce film avec l'actualité. Réalisé avant même les attentats de Janvier 2015, "Made in France" devait sortir sur nos écrans le 18 novembre dernier - mais c'était avant que surviennent les massacres du vendredi 13. Suite à cela, la sortie du film au cinéma devint limitée, puis incertaine, déplacée de quelques mois, avant d'être définitivement annulée et réduite à la VoD, au vu du sujet, jugé trop brûlant. Réalisé par Nicolas Boukhrief, le long-métrage nous conte les péripéties d'un journaliste musulman infiltré dans une cellule djihadiste. Le propos du film n'est pas vraiment politique, il se veut plus "éducatif", informatif. Et si il y a un point sur lequel il est véritablement pertinent, c'est sur sa représentation de l'accès au djihadisme : la rapidité à se radicaliser, la facilité à s'organiser, et la frontière infime qui existe entre la passivité de ces personnes et leur passage à l'acte. Malheureusement, Nicolas Boukhrief préfère traiter son sujet à la manière d'un film de genre… Il n'est de plus pas aidé par ses acteurs, peu inspirés et mal servis par des dialogues déplorables. Le scénario quant à lui semble avoir été taillé à la va-vite, impression accentuée par le hachage impromptu de ce montage ridicule. La mise en scène, plutôt plate, ne permet pas à ce "Made in France" d'être plus qu'un thriller dérisoire au propos pompeux.
J’étais tombé sous le charme de l’un des premiers films du réalisateur, « Le Convoyeur », en 2004 puis j’avais été quelque peu déçu par son film suivant « Cortex » en 2008 et je m’étais éloigné de ce réalisateur. Ce film nous a réconciliés. Cette cellule de terroristes made in France est plus vraie que nature, dépeignant parfaitement la jeunesse en manque de repère, manipulable à souhait, et en attente d’un sens à leur vie bancale. Chapeau à Dimitri Storoge dans le rôle du chef de cellule car son interprétation fait froid dans le dos. Ce film a été tourné avant les attentats de Janvier 2015 et avait une sortie programmée juste après les attentats de Novembre 2015 avant que le distributeur ne le déprogramme pour le sortir en eCinéma. En effet, il a dû juger que l’actualité, encore chaude, des attentats n’était pas propice à ce que les spectateurs puissent savourer cette fiction avec le recul nécessaire. L’affiche initiale, avec une Kalachnikov superposée à la Tour Eiffel, était très réussie. Dommage qu’elle ait laissée place à une affiche beaucoup plus sobre avec la Tour Eiffel seule lors de sa deuxième et réelle sortie. « La Désintégration » de Philippe Faucon, sortie en 2012, allait plus loin dans l’explication des causes du terrorisme Made in France. Les deux films se complètent cependant très bien.
L'annonce préalable au film indiquant qu'il a été réalisé avant le tragique mois de janvier est stupéfiante. Je suis sorti assez bouleversé de la salle. Je ne cesse pas de m'étonner qu'au nom de dieu, on puisse ainsi commettre l'irréparable. Il y a vraiment quelque chose de déréalisant dans le terrorisme, une sorte de folie furieuse, amorale, mais se réclamant curieusement d'une morale supérieure. C'est véritablement la défaite de la pensée : agir, plutôt que réfléchir. Combattre plutôt que débattre. Ne surtout pas penser. "Made in France", c'est vraiment à traduire littéralement en faisant tombé le "e" : "mad in France". Fou, furieux, cinglé, dingue, détraqué en France" ! Quoique, comme il a été avancé parfois après la tuerie de novembre ou de janvier, associer ces tueurs à des fous, c'est faire outrage aux malades mentaux.
Nicolas Boukhrief signe un thriller avec des accents de film de genre dont il tente de maintenir la tension par de multiples doubles jeux. D’abord fiction, Made in France a vu son scénario rattrapé par la réalité. De simple polar décrivant un état des lieux, le film est devenu prémonitoire sans paraître hyperréaliste. Le fait de s’appuyer sur un groupe de jeunes issus de la diversité permet au cinéaste d’éviter soigneusement les amalgames et de délivrer un message positif envers l’islam. Mais Nicolas Boukhrief cantonne trop son long-métrage sur son argument initial, l’infiltration d’une cellule djihadiste. En oubliant ainsi d’interroger les raisons de la radicalisation de ses protagonistes, il ne pare pas Made in France des attributs sociaux attendus. De plus, nous devinons assez rapidement le double jeu du leader interprété par Dimitri Storoge ce qui désamorce l’intrigue orchestrée. Enfin, le finale quasi invraisemblable et le manque de détermination de ces jeunes endoctrinés font de Made in France un film certes rattrapé par la réalité mais surtout dépassée par celle-ci.
Un bon film de genre, haletant de bout en bout, qui a le mérite de traiter d'un sujet certes d'actualité mais sensible, interroge le spectateur après le générique de fin. Court, le film souffre toutefois d'un manque d'approfondissement en particulier sur la psychologie des personnages, leurs parcours individuels, restant ainsi toujours un peu à la surface du sujet. Mais pour la partie "action pure", c'est très réussi, toujours captivant, on entre véritablement dans la peau de ce journaliste pris dans une spirale infernale. Les acteurs sont tous impeccables, avec une mention particulière pour l'inquiétant Dimitri Storoge.
Ecrit bien avant les événements du 13 novembre dernier, le film se présente sous la forme d'un thriller puissant, davantage que comme une fiction-documentaire. Malgré des maladresses, Nicolas Boukhrief réalise ici un long-métrage où la prestation de Dimitri Storoge en meneur radicalisé est saisissante. Dommage qu'il soit loin du film choc attendu. Pour en savoir plus, lisez notre critique complète sur :