Un film un peu long mais intense et hyper touchant. Dolan X nous offre un nouveau film où l’être humain est au centre de l’histoire avec ses différences. A voir !
Un beau film qui aborde avec délicatesse des thèmes sensibles. On est emporté dans l'Hollywood qui broie ceux qui ne sont pas assez forts pour être eux-mêmes. Un beau casting, une réalisation aérienne, des moments de bravoure (la cuisine, la salle de bain...) et une super BO.
Xavier Dolan, on aime ou on n'aime pas : si l'on n'admet qu'un cinéma mesuré et parfaitement "classique", on aura bien du mal à se faire à ces états paroxystiques où les nerfs sont mis à rude épreuve. Si en revanche on se souvient de la démesure d'un Ken Russell ou, plus près de nous, de la flamboyance d'un Almodóvar, on ne peut qu'être sensible aux outrances de ce cinéaste atypique qui ne recule devant aucune violence filmique. Comme souvent, il est question dans le dernier film de Dolan du douloureux rapport à la mère : on a encore en tête les images d'une extrême violence de "Mommy" que l'on peut considérer comme un véritable chef-d’œuvre. Ici, c'est d'un jeune garçon qu'il s'agit, Rupert, fasciné jusqu'à l'extrême par un acteur héros de séries télévisées, un certain John F. Donovan. Élevé par une mère seule qui a abandonné sa carrière d'actrice pour s'occuper de son fils, il ne cesse de se heurter à cette femme qui se trouve débordée par la situation. Là-dessus s'engage, à l'insu de la mère, une correspondance entre le préadolescent qui lui-même envisage une carrière d'acteur et le beau ténébreux qui vit dans un monde d'illusion permanent. Tout le film est bâti sur une succession de flashbacks ainsi que sur une narration alternée qui peut en perturber la lecture. En réalité, tout est impeccablement construit comme toujours chez Xavier Dolan, même si l'ensemble peut paraître décousu. Ce qui frappe d'emblée dans ce film, c'est la maestria dont fait preuve le cinéaste. Oui, Dolan est un virtuose : en témoigne son extraordinaire sens du rythme - souligné du reste par une puissante musique de Gabriel Yared - mais aussi ses fascinants gros plans qui scrutent l'âme de ses personnages. En outre, quelle direction d'acteurs ! Il faut dire que la distribution est prestigieuse : Kit Harington dans le rôle de la star adulée, Natalie Portman dans celui de la mère de l'enfant addict, Susan Sarandon incarnant la mère de Donovan... Mais celui qui sans doute étonne le plus, c'est le très jeune Jacob Tremblay qui joue viscéralement le rôle de Rupert : poursuivra-t-il dans la voie du cinéma ? C'est ce que nous ne pouvons que souhaiter. Il reste à souligner l'extrême richesse du cinéma de Dolan qui comme chez Almodóvar procède d'obsessions récurrentes, à commencer par le conflit entre le fils et la mère qui cache en réalité un immense amour. L'autre thème dominant est le cinéma à la fois adoré et haï dans la mesure où il crée un monde d'illusion qui peut être fatal à certains et surtout qui fonctionne à coups de mensonges répétés : l'homosexualité de Donovan est soigneusement cachée car compromettante pour une carrière hollywoodienne, et c'est une amie d'enfance qui sera chargée de donner le change en se faisant passer pour la petite amie de la star. Oui, le monde du cinéma est un leurre qu'il faut savoir dénoncer comme le fait Xavier Dolan, et pourtant c'est ce mensonge dont nous sommes tous plus ou moins victimes, des victimes consentantes.
Si vous n'aimez pas les films psychologiques et intelligents passez votre chemin. Sinon restez et écoutez. Encore une fois bien vu et bien fait. On attend toujours le prochain. Et l'œuvre entière du réalisateur est toujours brillante; les caractères, les subtilités. Et ce que j'aime chez lui c'est son choix des musiques.
Un film à part parmi tout les Dolans Un film que l on pourrait croire plus hollywoodien, plus conventionnel mais qui se révèle en finalité tout aussi brillant et maîtrisé que les autres opus. Le sous texte sur la rançon de la gloire ainsi que sur ces idylle plus ou moins imaginaires que l on se crée avec nos idoles quand on est enfant est bien expliqué. Les thématiques cher à Dolan comme l acceptation de soi de ses différences ainsi que celle des difficiles relations familiales et du climat qu elles déclenchent ne sont pas obligés. Ce qui en fait à mes yeux au final son film le plus grand public mais également le p'us délicat et précis ainsi que celui qui reflète le plus l homme, le réalisateur que Dolan est aujourd'hui. Comme un film autobiographique, preuve d une maturité, d un aboutissement dans l œuvre du génie québécois.
Ma vie avec John F. Donovan (en version originale The Death and Life of John F. Donovan) est le premier film américain de Xavier Dolan. C'est déjà son septième film à seulement 30 ans.
Le jeune Rupert vit avec sa mère. Isolé et solitaire, Rupert commence à écrire à l'acteur dont il est fan John F. Donovan, star de la série fantastique Hellsome High. Ils vont entretenir une correspondance, restée secrète pendant de nombreuses années. La révélation de ces échanges va avoir de lourdes conséquences et bouleverser leurs entourages respectifs.
Rupert est incarné à l'âge de 11 ans par Jacob Tremblay, puis à 21 ans par Ben Schnetzer (acteur vu dans la série télévisée La vérité sur l'affaire Harry Quebert). Jacob Tremblay est un acteur incroyable. Révélé dans Room en 2016, avec l'oscarisée Brie Larson, confirme son énorme potentiel. Il est à la fois un fan hystérique devant sa télévision, un adolescent chahuté à l'école, un jeune acteur désireux de courir les castings et un fils qui a des difficultés de communication avec sa mère. Il est dans ce film le double de Xavier Dolan. En effet, l'adolescent québécois avait l'habitude de contacter des acteurs : il a par exemple écrit à Leonardo di Caprio, après avoir vu 5 fois au cinéma Titanic de James Cameron !
J'ai rarement vu Kit Harington jouer au cinéma et je ne regarde pas la série Game of Thrones. Je n'avais donc pas d'avis préalable sur ses performances d'acteur. Il m'a convaincu dans ce rôle, je l'ai trouvé juste dans la retenue de ses émotions. Il campe un personnage qui n'est pas prêt à assumer son homosexualité dans le milieu du cinéma où il travaille. Il dit lui-même "je ne peux pas me le permettre". La question soulevée est : peut-on mentir aux autres mais surtout se sentir à soi-même ? Le fait de se voiler la face remet en cause sa légitimité professionnelle, vis-à-vis des autres mais aussi son estime de lui-même. Et plus largement les thèmes abordés sont : que doit révéler un acteur sur sa vie personnelle ? Où se situe la frontière entre vie privée et vie publique pour une star ?
La bande originale, très pop des années 2000, colle à l'époque du film. Elle est encore une fois signée Gabriel Yared. Elle regorge de sens, par exemple quand le tube Don't let me get me de Pink retentit sur ces paroles "LA told me, you'll be a pop star, all you have to change is everything you are", ce qui est la problématique de John F. Donovan.
Les seconds rôles sont féminins : Natalie Portman incarne la mère du jeune Rupert, Susan Sarandon la mère de John, Katie Bates son agent et Thandie Newton la journaliste qui interviewe Rupert adulte.
Il y a toujours une mise en scène originale, comme la façon de filmer le coup de poing de John dans le mur chez sa mère ou les travellings de la ville de New York vus du ciel. Le film y a été tourné ainsi qu'à Montréal, Londres et Prague.
Après le choc Mommy qui était un drame bouleversant (et ma plus grande claque à ce jour de ce réalisateur) & Juste la fin du monde, dont l'atmosphère instillait le malaise de bout en bout, ce nouveau film m'a beaucoup plu. J'y ai décelé beaucoup de sincérité et d'honnêteté. J'ai aimé les personnages masculins, moins les personnages féminins, malgré deux histoires d'amour mère-fils différentes et très touchantes. Et le dernier plan ne m'a pas convaincue.
Son prochain film Matt et Max est déjà tourné. Sera-t-il dévoilé au prochain festival de Cannes, alors qu'il a développé un lien très fort avec la croisette ? A suivre.
Si ce n'est clairement pas le meilleur film de Dolan, il n'en reste pas moins réussis. L'émotion est présente, sublimée par une mise en scène maîtrisée. L'histoire sur 3 niveaux est bien gérée, les acteurs sont talentueux, la BO toujours aussi bien sélectionnée. Plus de scènes centré sur la chute de John auraient permis d'étoffer la narration, mais vu la qualité du film, ça n'est pas réellement dérangeant. Film à voir !
" Ma vie avec John F. Donovan " est un bon film, particulièrement bine tourné et traitant d'une histoire originale est bien équilibrée. Le casting du film est assez fabuleux : Natalie Portman et l'acteur qui joue son fils-enfant sont extraordinaires et tirent vraiment le film vers le haut, tandis que les actrices Katie Holmes et Susan Sarandon, aussi excellentes peuvent elles être ne servent pas à grand chose... bref pas grave, cela rend l'affiche plus belle, voilà tout. Xavier Dolan a vraiment réussi un bon film, peut être un peu lent et long parfois, ce qui le rend pas aussi accessible qu'il l'aurait mérité : seul bémol d'importance du film, selon moi.
Tres bon film. Un excellent casting, un jeu d'acteur et un scenario simple et pleins d'emotions. D'un coté, un enfant avec ces problemes de famille et de l'autre une grande vedette en pleins tourments, tous les 2 partageant leurs emotions et leur train de vie, une histoire touchante et efficace.
J'avoue être quelque peu partagé concernant ce film que j'étais impatient de voir. Xavier Dolan et une distribution incroyable d'actrices que j'adore et John Snow ;-) . J'ai beaucoup aimé mais il nous manque quelque chose, des émotions qui n'arrivent pas, des scènes poignantes, le pourquoi de cette correspondance n'est même pas abordé. Reste des plans magnifiques, des cadrages, des lumières exceptionnellement maîtrisés. Kit Harington est par ailleurs égal à lui même et ne dégage aucune émotion avec sa tête de chien battu quasi permanente que ce soit dans ce film ou dans d'autres (GOT). Bref globalement j'ai aimé mais je m'attendais à beaucoup mieux.
La vie de John F Donovan est assez fatigante et lassante, heureusement qu’il y a la partie d’enfance de Rupert Turner qui est intéressante et parfois touchante par la relation avec sa mère, pauvre Sam bien interprétée par Natalie. Mais la partie de l’enfance n’est pas crédible par le vocabulaire et la façon de parler de l’enfant de 10 ans.
Une agréable surprise, quand les premiers échos de "Ma vie avec John F. Donovan" donnent à voir un film ennuyeux, j'ai subjectivement trouvé un drame somptueux et dont le jeune acteur (Jacob Tremblay, également premier rôle de l'émouvant Wonder) est d'une justesse rare. Bien sûr, je comprends les spectateurs "fans de Dolan" qui sortent déçus, car le style a été rendu plus américain, plus narratif, mais pour ma part j'adhère à cette pondération "séquence drame hollywoodien / séquence musicale pur Dolan". Cela rend le film plus accessible que d'autres titres du réalisateur, tout en conservant ces incroyables plans en musique qui sont la signature de Xavier Dolan (spoiler: les retrouvailles de la mère et du fils à Londres sur le titre "Stand by Me" est sublime , de mon humble avis la meilleure séquence du film). N'oublions pas de citer les groupes Sum 41, Green Day (mes disques de chevet, quel bonheur de voir qu'un cinéaste s'aventure en-dehors des musiques "populaires qui font bien dans les films"), Adele (quelle ouverture !), ou la reprise de "Stand by Me" (qui n'enlève rien à la grâce de l'original). Kit Harington est crédible, même si finalement l'intrigue de la star en déclin passionne moins que celle du jeune enfant qui se cherche dans cette correspondance (on en sait bien moins sur les intérêts "épistolaires" de la vedette, on a l'impression qu'on ne nous explique qu'un côté de l'affaire... Dommage). Les seconds rôles sont également à leur aise (Natalie Portman en mère touchante, Ben Schnetzer qu'on retrouve après Pride avec toujours cette bonne bouille au sourire contagieux, Michael Gambon qui passe faire un petit coucou philosophique agréable...). Les super-fans de Dolan seront un peu décontenancés par la pondération de style au profit d'une narration plus "large public" (un peu à sens unique sur l'intrigue de la correspondance), mais cela renforce les beaux plans musicaux, les jeux crédibles des acteurs, et une séquence pluvieuse à Londres (n'en dévoilons pas plus) qui m'aura émue.
Ma vie avec John F. Donovan peut-être vu, d’une certaine manière, comme une oeuvre autobiographique témoignant de l’épanouissement personnel de Xavier Dolan dans le monde si particulier du cinéma; un univers tantôt rêvé, tantôt effrayant et dans lequel il est certainement difficile de ne pas perdre pied.