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Bernard M
28 abonnés
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3,0
Publiée le 30 juin 2015
Les films sélectionnés à Cannes le sont souvent par leur originalité et ne laissent pas indifférents; "Valley of love" est de ceux-ci. Généralement, j'aime ou je déteste mais ici, j'avoue que ce n'est ni l'un ni l'autre. C'est sûr que les athées et autre esprits rationnels ne peuvent pas apprécier. Le spectateur est placé comme les acteurs dans cette attente...mais c'est long et difficile à faire passer. Le film est truffé de symbole jusque dans le titre puisque " la vallée de l'amour " est ici celle de la mort: ce cinéma là n'est pas au goût de tout le monde mais je m'en accommode . Reste des décors splendides mais répétitifs, une pièce à deux personnages dans la nature ( et quelques seconds rôles) mais deux personnages très talentueux qui se sont perdus puis retrouvés en quête d'un fils commun et disparu, un jeu d'acteurs remarquables frôlant parfois l'autobiographie ou l'autodérision avec une pointe d'humour.
Après "La Religieuse" (2013) le réalisateur Guillaume Nicloux, plutôt habitué au polar, change complètement de registre avec ce film qui lie drame familial et pardon allégorique. Malheureusement le film est une réelle déception. Des dialogues un peu vides, le Pourquoi du comment du lieu comme de ce rendez-vous est complètement négligé. Heureusement le film surnage tout de même, la musique est envoutante, les deux acteurs sont majestueux.
Étrange pitch, étrange ambiance...Gérard est Gérard et Isabelle est Isabelle... Nous les suivons dans leur difficile travail de deuil dans un lieu mystique. Le décor est lui aussi un personnage essentiel de l'histoire: la Vallée de la Mort. Gérard dégoulinant de transpiration mais Gérard sublime, touchant, sensible et Isabelle fragile mais dure...Le plan séquence d'ouverture avec la musique de Charles Ives est envoûtant et nous plonge instantanément dans cette histoire sur l'Amour, le deuil, la reconstruction, l'apaisement et le surnaturel... Un film troublant et magnifique
L'affiche est alléchante : deux monstres du cinéma français qui se retrouvent. Une promesse à moitié tenue. Le scénario est bon, les acteurs sont à la hauteur. Quelques personnages complémentaires mais surtout l'ombre du fils disparu. Comment ne pas penser à Guillaume Depardieu ? Cependant, le rythme du film est lent (probablement un effet de la chaleur de cette vallée) et j'avoue que parfois j'ai décroché. Donc une belle promesse mais pas totalement abouti. Dommage !
Un film mystique, lent, intriguant, qui ne restera pas dans les annales mais qui est porté par la performance de ces deux acteurs, notamment Gerard Depardieu avec sa prestation toute en nuance et en retenue qui montre une nouvelle fois que c'est un grand acteur.
Scénario Nullissime! Il ne se passe rien, Gerard répète en boucle qu'il a chaud et Isabelle passe son temps à essayer de capter avec son iphone.... Aucune spiritualité, aucune scène réellement émouvante..... Le seul truc que j'ai retenu, c'est cette réplique: "On aime toujours un homme qu'on a un jour aimé.... Sinon c'est qu'on ne l'a pas vraiment aimé quand on était ensemble...." Bref, espérer appâter les spectateurs avec des stars suffisamment imposantes pour masquer la vacuité du scénario, c'est vraiment minable.... Je ne conseillerai donc d'aller voir ce film qu'à mes ennemis....
Ce pouvait être un très beau film sur un thème simple, épuré et pourtant si tragique: la culpabilité de parents dont l'enfant s'est suicidé. Ce pouvait être beau comme un poème, une grande métaphore filée, celle de la Vallée de la mort qui se transforme en Vallée de l'amour et qui pour ce faire, prend pour cadre un paysage d'une grandiose et terrifiante beauté. Là, convoqués par le fils pour un ultime acte d'amour, les parents indignes se voient offrir la possibilité d'une forme de rédemption post-mortem. Confrontés à l'échec de leur couple, de leur parentalité, ils se heurtent douloureusement dans cet enfer brûlant à l'espoir insensé d'une deuxième chance surnaturelle. Tout le suspens du film est là, non pas dans l'action qui est inexistante, mais dans cette attente que nous partageons avec eux. Quand ils somatisent la présence réelle du fils (marques de brûlure sur leurs chevilles et leurs bras), on sait que le "miracle" pour eux a eu lieu et que ce qui était source de douleur infinie peut redevenir source d'amour, de pardon, de réconciliation. Et pourtant, je n'ai pas été tout à fait convaincue. L'esthétique minimaliste très en vogue chez nos créateurs modernes est parfois aux limites de l'abus de confiance.Bien sûr, on ne s'attend pas dans cette histoire à un débordement de confidences, mais tout de même, en savoir un peu plus permettrait d'aller plus loin dans l'analyse et le fameux, et si rarement satisfait de nos jours, plaisir de comprendre. Nos contemporains semblent souvent frappés d'impuissance, impuissance à dire, à exprimer, à vivre même; de ce point de vue, Isabelle Huppert et Gérard Depardieu excellent, elle comme marquée par une déficience de chair physique et lui noyé dans ce corps énorme et paralysant. Si c'est l'effet voulu, c'est réussi; mais cela contribue aussi à donner l'impression pénible aux spectateurs que toute expérience aujourd'hui, si violente, si puissante soit-elle, ne se vit que sur un mode mineur, désenchanté, quasi involontaire.Néanmoins cet art de l'ellipse n'est pas dénué de charme. Nous ne saurons pas par exemple pourquoi le fils s'est suicidé; nous aurons des doutes sur l'amour qu'il peut porter à des parents qui l'ont si manifestement mal aimés, mais là réside peut-être le beau mystère du fils: ce personnage arlésien est un ange qui apporte la grâce de la rédemption, aussi merveilleuse qu'imméritée.
Réunir Gérard Depardieu, plus énorme et plus massif que jamais, et Isabelle Huppert, aussi fine et frêle qu'une brindille, cela ne manque pas de panache et cela vaut certes le coup d'oeil. Mais quand cela dure 1 heure 30 et que les deux monstres sacrés (comme on dit) sont au service d'un scénario peu inventif et très répétitif, cela finit tout de même par être lassant. Tous deux sont convoqués par un fils mort qui leur a écrit à chacun une lettre leur donnant rendez-vous dans la Vallée de la Mort à une date et à un endroit précis. Et le film s'engage petit à petit sur le chemin d'une sorte de spiritualité, mais une spiritualité mal digérée, naïve et très peu convaincante. De la pacotille en quelque sorte. 4/10
"Valley of love" est un film singulier, aux multiples entrées, fait sans doute pour titiller la curiosité du spectateur et ses goûts cachés pour les rubriques peoples, écrit pour passionner les cinéphiles qui y retrouveront toutes les marques d'un cinéma de bon goût et peut être interroger aussi sur la mort, le deuil, le couple, la séparation.... Bref du cinéma français jouant sur tant de tableaux, qu'il pourrait friser l'indigeste et qui, pour moi, rate sa cible. Le pitch, cent fois rabâché dans les médias, est simple . La lettre posthume d'un fils suicidé, fait retrouver ses parents, séparés depuis fort longtemps, dans un motel proche de la Vallée de la Mort. Il leur promet une apparition s'il respectent bien les rendez-vous donnés dans la lettre.... Le problème pour moi, (mais est-ce un problème?) c'est que je n'ai pas vu Isabelle Huppert et Gérard Depardieu... Certes, ils sont bien tous les deux dans le film, l'un aussi massif que l'autre est gracile, mais ils me sont apparus comme deux personnages romanesques, vivant une histoire lente et confinant au mystique. Ils ont beau s'appeler Gérard et Isabelle, balancer des dialogues bourrés de sous-entendus, ils sont complètement des personnages de fiction, réunis dans un film que l'on pourrait penser réalisé par Gus Van Sant. Leur couple improbable (on peut comprendre qu'il n'ait pas fonctionné) et pourtant attachant, repose bien sûr sur l'interprétation impeccable des deux comédiens avec une prime pour Depardieu qui, avec une sobriété étonnante fait passer beaucoup de douceur et d'émotion dans cet homme peinant et suant sous le soleil, métaphore de sa vie finissante. Toutes les allusions sur leur carrière ou leur vie personnelle, sont savoureuses pour qui veut jouer aux clins d'oeil, mais deviennent vite agaçantes, rendant cette histoire trop joueuse pour être au final prise au sérieux. A jouer plusieurs tableaux, le film rate finalement sa cible. Est-ce un hommage aux deux grands acteurs du cinéma français depuis plusieurs décennies ? Ou à Guillaume Depardieu, dont l'ombre plane sans cesse ? Est-ce également une envie de l'éclectique réalisateur de tenter un film art et essai, inspiré par Gus Van Sant, déjà cité mais dont les longs travellings des héros déambulant rappellent sa période "Gerry" et " Elephant" ou Antonioni pour le thème de la disparation ? Ou est-ce un joli coup de producteur réussissant à réunir deux monstres sacrés qui ne s'étaient jamais croisés à l'écran depuis plus de 30 ans ? Un peu tout cela à la fois sans doute... mais du coup, on se perd un peu dans cette oeuvre hybride. Plus sur le blog
2 acteurs magistraux dont le face à face occupe tout l'espace et fait oublier l'absence de scénario. Au sein du désert l'attention ne peut être que focalisée sur ce duo qui restent sobres pour mettre le film sur un fil entre retrouvailles et adieu, regret et espoir, dure réalité et paranormal.
Sur un scénario plutôt infime et pour le moins bizarre, Guillaume Nicloux signe un film prenant, envoûtant, mettant en scène deux monstres sacrés, Gérard Depardieu et Isabelle Huppert et où la frontière entre fiction et réalité est relativement poreuse tant on peut retrouver dans le scénario des éléments biographiques des deux acteurs…c’est un film quasiment métaphysique sinon christique si l’on pense à la référence aux stigmates…les deux acteurs sont admirables, Depardieu mélange de fragilité et de puissance, massif et fatigué, plutôt sceptique sur ce rendez-vous post-mortem…Isabelle Huppert plus en retenue, gracile et déterminée voulant croire au miracle…très subtilement et pudiquement ce film interroge le deuil, l’amour, la parentalité, la culpabilité… et puis il est grandiose par ses paysages de la Death Valley qui donne une dimension mystique à ces retrouvailles.
Tous les ingrédients étaient réunis pour que je déteste "Valley of love" : des critiques calamiteuses, deux acteurs que je n'aime pas (Depardieu et Huppert dans leur propre rôle), un scénario dénué de crédibilité (un fils suicidé donne rendez vous à ses parents dans la Vallée de la mort) et un titre à deux balles. Et pourtant la magie a opéré. Je me suis laissé prendre au faux rythme du film de Guillaume Nicloux. Et surtout je suis tombé sous le charme du jeu de nos deux monstres sacrés : Huppert chafouine et larmoyante, Depardieu plus obèse que jamais. J'ai beau ne plus les aimer parce que je les ai trop vus, chapeau les artistes !
Je tombe des nues quand je lis les critiques élogieuses. La photo, les paysages, la lumière, la musique, m'ont sauvée de l'ennui. J'ai trouvé l'idée intéressante mais je n'ai pas réussi à trouver le couple d'acteurs et leurs émotions crédibles. Ce fut long.
Sur un scénario improbable, dans un décor naturel plus que bizarre, Guillaume Nicloux filme un couple d'acteurs laissés en quasi roue libre. Et pourtant, le résultat est assez bluffant. L'humour des dialogues et des situations parvient à déminer les situations les plus glauques. L'énorme Depardieu, suant et transpirant dans les motels poussiéreux de la Vallée de la Mort, et la très grande Isabelle Huppert, au bord de la crise de nerf, repassant ses échecs à l'épreuve d'une sorte de chemin de croix, constituent un couple d'anthologie et sauvent ce film dans ce qu'il a d'imparfait et de bricolé. On imagine des dialogues improvisés et des scènes écrites le matin de leur tournage, on est plus proche du cinéma-témoignage que d'Hollywood...