Valley Of Love
Note moyenne
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198 critiques spectateurs

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benoitG80

3 590 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 juin 2015
"Valley of Love", tout un programme à venir et surtout à tenir, d'une rare violence physique et verbale, que devront suivre dans ce monument de vallée de la mort, deux autres monuments du cinéma !
C'est ni plus ni moins une magnifique œuvre que nous offre là Guillaume Nicloux avec ces cruelles retrouvailles de deux parents séparés et éloignés depuis longtemps, alors que leur premier enfant Michael, vient de se suicider...
Retrouvailles planifiées et ordonnées par lui-même avant sa fin également programmée, où ce fils indique point par point dans deux lettres, la marche à suivre à travers cette vallée de la mort afin d'établir un... dernier rendez-vous avec eux deux !
À la foi dément et extrêmement intelligent, ce scénario va nous subjuguer en nous embarquant dans un cheminement fascinant et poignant !
Ce film âpre, difficile nous tétanise tellement qu'il est difficile d'en parler tant on reste happé par le magnétisme de ces deux acteurs, rarement aussi bons et bouleversants jusqu'alors.
Au delà du travail sur les images, de la beauté du lieu, aussi magique soit-il, c'est avant tout l'incroyable relation et la richesse de cet échange qui focalise toute notre attention et notre émotion.
Bien plus qu'un travail de deuil, c'est tout un terrible bilan que ces deux êtres vont faire, bilan de leur vie, de leurs échecs, de leurs manques, de leurs loupés au sujet de ce fils inconnu, et même au sujet de leur deux familles qu'ils ont chacun fondées après leur séparation !
Et c'est avec la gorge nouée qu'à travers des paroles toutes banales, surgissent sans prévenir comme des poignards, des vérités tranchées et assénées brutalement où chacun réglera ses comptes avec l'autre et aussi avec soi-même !
On a littéralement la chair de poule à la lecture de chacune des lettres dont chacun repousse le moment ultime de les affronter.
Ces jours passés ensemble seront à la fois une terrible épreuve, un rapprochement et un choc psychologique énorme même si le programme à suivre semble absurde en apparence !
Certaines scènes en raisonnent encore !
Car au fond, il s'agit bien ici d'un exutoire à travers ce périple initiatique et spirituel dont chacun des deux parents finit par se persuader, jusqu'à croire à une possible rencontre avec leur propre fils commun.
Porté par deux acteurs phénoménaux, ce film nous secoue et nous bouleverse par une intensité et une gravité de jeu rarement rencontrée...
Guillaume Nicloux a en plus un talent de mise en scène unique où l'ambiance quasi irréelle digne de David Lynch, nous laisse flotter au dessus de ce désert rude et superbe, où l'on ressent presqu'autant la chaleur de cette fournaise, que Gérard lui-même alors qu'il sue à grosses gouttes du début à la fin.
Toute une réflexion sur la connaissance de l'autre, la filiation, la séparation, l'isolement et la culpabilité, le tout terriblement maîtrisé et traité, sur un plan aussi intelligent qu'original !
Enfin du cinéma viscéral, de larmes et de sang, créatif, puissant et utile...
Bravo !
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 juin 2015
Isabelle Huppert. Gérard Depardieu. La Vallée de la mort. C’est simple comme une lettre à la Poste mais ça vous absorbe dès les premières images pour ne plus vous lâcher jusqu’au générique de fin. En faisant se mélanger adroitement et sans vraiment d’indications tangibles la réalité et la fiction, leurs vies privées et leurs histoires sur grand écran, Guillaume Nicloux signe un film intelligent qui brouille les pistes. Une déclaration d’amour à ses deux acteurs, tout autant qu’un bel hommage de cinéma qui s’ignore.
Le metteur en scène tire admirablement bien parti des paysages désolés mais terriblement cinématographiques de ce célèbre parc national américain. La chaleur étouffante, les plaines grises ou sablonneuses à perte de vue. Dans tous les cas des images magnifiques et magnifiées par sa caméra. Des points de vue à la limite de l’irréel qui collent bien au postulat du film : deux acteurs séparés depuis longtemps se retrouvent là, à la demande de leur fils qui s’est suicidé six mois plus tôt. A la volonté de croire à un rendez-vous spirituel pour Isabelle se heurte le pragmatisme et le côté cartésien de Gérard. On suivra une heure et demie durant leurs retrouvailles, leurs coups de gueule, leurs souvenirs, leurs hésitations, leurs contradictions, … C’est beau et simple à en pleurer, jusqu’à un final totalement bouleversant qui vous cueille sans crier gare !
Les quelques notes de musique de Charles Ives jouent également beaucoup dans le climat toujours à la lisière du fantastique mis en place ici. Le rythme est plat mais tout à fait en harmonie avec la quête de ces deux âmes qui se sont aimées. Leurs joutes verbales, souvent non dénuées d’humour, sont un véritable plaisir surtout lorsqu’elles convoquent la propre vie privée de chacun, notamment son alcoolisme à lui ou sa rigidité à elle. Ils se jouent de leur image, du mythe qu’on leur a crée par les médias pour sembler finalement être eux-mêmes face à la caméra de Nicloux.
Gérard Depardieu n’avait pas été aussi bon depuis des années. Quant à Isabelle Huppert, si elle est rarement mauvaise et souvent proche de la perfection faite actrice, elle est encore meilleure face à un partenaire comme lui. Ils sont monstrueux, ils sont tout simplement magnifiques comme ce film que l’on voudrait garder uniquement pour soi. Un film de cinéphile peut-être, un film terriblement envoûtant certainement. Du grand cinéma, à coup sûr.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juin 2015
Le difficile à classer Guillaume Nicloux (écrivain et cinéaste) retrouve Isabelle Huppert, déjà distribuée (excellemment d'ailleurs) dans son film précédent (en 2013), une adaptation du livre de Diderot, "La Religieuse". Il lui donne l'immense Depardieu (je parle de son talent..) comme partenaire, pour un objet filmique singulier : "Valley of Love". La crevette (IH, plus émaciée et décharnée que jamais) et l'éléphant de mer (GD). Nicloux scénariste construit ses deux personnages avec beaucoup de ses interprètes - lesquels ont d'abord le même métier qu'en "vrai", celui d'acteur/trice. Le résumé de la (non)intrigue a tout pour décourager le spectateur potentiel : dans la Vallée de la Mort californienne (filmée de manière modeste, pour mieux en faire ressortir la beauté indicible), deux anciens époux sexagénaires se rendent à l'invitation posthume de leur fils jeune trentenaire, qui s'est suicidé 6 mois plus tôt. Un enfant (leur premier à tous deux - séparés, ils en auront d'autres, chacun de leur côté) qu'ils voyaient peu pour lui, et plus du tout, depuis de longues années, pour elle. Cette vallée, qui aurait dû être une "vallée de larmes" (remords, chagrin..) va se muer en "Vallée de l'amour". De petits riens en petits riens (conversations banales, routine de "l'attente"), le film gagne irrésistiblement en hauteur.... quasi mystique, et en tout cas en étrangeté et fantastique. L'ampleur intellectuelle du théâtre, en décor naturel... Ces deux acteurs d'exception que sont Huppert et Depardieu font évidemment beaucoup pour la crédibilité du propos. On ne peut que déplorer en la circonstance le consternant palmarès boboïsant du dernier Cannes - GD (sous réserve de la concurrence) méritait 100 fois plus d'être sacré "Meilleur acteur" que Lindon.... Mais il est vrai que l'incorrigible Gérard pense (et agit) "mal", quand VL est, lui, parfaitement dans le sens du vent..... Signalons aussi l'opportune utilisation du "The unanswered Question" de Charles Ives (un des rares compositeurs américains de vraie musique - disparu il y a plus de 60 ans).
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 juin 2015
Dans les décors désertiques de la Vallée de la Mort, ne reste que la chair, au plus près de l'os, de la relation entre deux anciens amants qui n'ont jamais cessé de s'aimer. D'ailleurs, "Isabelle" souligne que si on se met à détester quelqu'un que l'on a aimé, c'est qu'on ne l'a jamais vraiment aimé. Depardieu, conforme à son image, peut passer d'une remarque de beauf à une hypersensibilité qui bouleverse instantanément. Quant à Huppert, elle est - comme toujours - impériale. Le cinéaste, qui livre un vrai film fantastique, ne cherche pas à surexploiter l'aura de ses deux acteurs, ils les laissent exister devant la caméra et c'est déjà énorme. La voix, reconnaissable entre toutes, est au centre du film, comme leur corps, sec et parsemé de taches de rousseur (les "baisers du soleil") pour l'une, un corps lourd et épuisé, qui semble porter le poids du monde, pour l'autre. Un grand film qui, comme la musique envoûtante (The unanswered question de Charles Ives), garde son pouvoir de fascination bien longtemps après le générique.

LA SUITE :
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein

148 abonnés 544 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 juillet 2015
Il y'a, parfois, des oeuvres qui s'inscrivent dans le temps grâce à leur sensibilité qui touche la plus grande partie du public. "Mommy" fait partie de ce groupement. Un an plus tard est présenté à Cannes le dernier Nicloux, "Valley of Love", qui suscite moins d'engouement qu'un cinquième Dolan mais qui est aussi doué lorsqu'est joué la mélodie de la symbolique. Un couple déchiré, un désert inchangé et l'amour comme népenthès. Mais d'abord, l'incompréhension. À une Huppert presque indifférente face à une histoire d'amour perdue mais dont l'expression du visage change radicalement lorsqu'un échange spirituel avec un fils (lui aussi) perdu a lieu, se succède un Depardieu plaintif de la chaleur ambiante, désireux de la quitter sans casser pour autant une confiance mutuelle néfaste avec non pas seulement son ex-femme, mais aussi bien entretenue avec un fils jamais présent à l'écran, mais toujours bien là, quelque part dans nos esprits. Alors comment filmer ces deux monstres sacrés, à quelle échelle et sur quelle grandeur? Pourquoi ne pas constituer une troisième identité, avec comme support la caméra? Sous le soleil éclatant tente de survivre deux particules d'humanité qui n'ont pas été suffisamment présentes pour la reconstitution de leur chair et de leur sang, plus passionnées par leurs carrières, relations ou disputes que par leur progéniture. Alors s'établit un trajet aussi singulier que téméraire, aussi puissant que vivifiant. Au détour d'un monument naturel prend forme des discussions sur un passé envahissant ou un présent naissant. Peu à peu, de rencontre en rencontre, le couple de voyageurs commence à perdre haleine. Nicloux déploie tout son talent pour donner vie à un objet cinématographique de grande envergure, plaçant une relation au centre d'un dédale rocheux dédié à l'amour, à sa mort et à son art. Alors les deux fabuleux interprètes déclament, comme la meute qui hurle à la surface de la lune, et dévoilent leur faiblesse et leur attachement pour ce fils disparu. "Valley of Love" est un survival poignant et brillant, un cadeau de sensibilité unique à la justesse émotionnelle libérée et au ton proche du surnaturel, comme apprivoisé et ce en une dizaine de minutes. Le temps pour qu'Huppert traverse un grand trottoir de couleur blanche chrome, qu'elle puisse regarder à travers la fenêtre de sa chambre, qu'elle achète un plat de nouilles sautées, et qu'elle se rapproche d'un Depardieu, de sa voix et de ses gestes, de son attitude et de ses défaites. Le cinéma français se porte à merveille lorsqu'il s'éloigne du tableau commun de la comédie et se propage dans le véritable septième art. Magnifique.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 29 juin 2015
Un film plein d'émotion qui laisse une drôle d'impression, entre surnaturel et mélancolie. Depardieu est très touchant et impressionnant à la fois. Quel plaisir de le revoir à l'écran! Il forme un couple très crédible avec Isabelle Huppert et on est ému de le retrouver dans un rôle de colosse fragile, loin de cette image détestable qu'il peut avoir à la ville depuis quelques années. On aimerait le retrouver ainsi plus souvent. On capte aussi la présence de Guillaume Depardieu, et son âme plane sur ce film qui sonne comme une demande de pardon.
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 juin 2015
Un film admirable pour plusieurs raisons : Parce qu'il se passe sur une autre planète ( the death valley), c'est à dire un espace qui allie autant de beautés et de palettes qu'il y a de couleurs de roches, de pierres, de sables.......C'est aussi un lieu de déserts chatoyants qui convie l' individu , comme dans ce film à des rencontres spirituelles.....Le film pose par moments l'américanisme du lieu, l'hôtel, la rencontre pour l'autographe, instants privilégiés de cinéma, et les grands espaces de la vallée de la mort.....Pour ceux qui n'ont jamais vu ce lieu, rien que pour lui le film est un cadeau.....Et puis il y a un second cadeau, Huppert et Depardieu en montres sacrés (elle au début donne un image horrible du franco-parisien, qui parle et crie pour que tout le monde l'entende, ) qui vivent un moment mystérieux de quête, de rencontre à la fois très terre à terre (les dialogues sont superbement interprétés), mais aussi de quelque chose d'immatériel, une rencontre avec un défunt......Pas de complexe physique à avoir, Depardieu en bermuda, plus américain qu'un floridien et Huppert en lunettes de soleil, le couple passant son temps à s'engueuler, mais serait on tenté de dire par amour.......Cet hommage aussi au cinéma (Zabrisky point d'Antonioni ou l'exceptionnel Jerry de Gus van Sant, indispensable dans une dvdthèque) effleure le cinéphile face à ce film dense et solaire.....Le film nous invite littéralement à l'écouter, à le voir, à le sentir, et enfin à réfléchir au sens de la vie, et donc du cinéma quand les lieux sont improbables et que les précipices s'accélèrent......Que de beauté en fin de compte, o Temps suspend ton vol......
Julien D

1 337 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 juin 2015
Comme souvent Guillaume Nicloux tente des expérimentations, et celle de réunir deux monstres sacrés du cinéma hexagonal dans un film minimaliste tourné aux Etats-Unis. Dès son introduction, on suit Isabelle Huppert, identifiable même de dos, puis sa rencontre avec l’imposant Gérard Depardieu devient, pour le public français au moins, un grand moment de cinéma à elle-seule puisqu’on n’avait plu revu les deux stars ensemble depuis Loulou, 35 ans plus tôt. Le scénario tente de traiter de façon intimiste le deuil et la recomposition d’un couple, non sans y ajouter une dimension fantasmatique. Le résultat est forcément déconcertant, d’autant que les errances des deux personnages (des scènes dans le désert qui rappellent Gerry) laissent souvent penser que, comme eux, le réalisateur ne sait pas où il va. Mais malgré la fragilité de cette histoire, les prestations mémorables de Depardieu et Huppert, pleins de grâce et de force, assimile le film à une véritable déclaration d’amour de Nicloux à ses deux acteurs.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 juin 2015
Depardieu-Huppert, un fils mort qui promet de réapparaître, la Vallée de la Mort et un hôtel: c'est peu dire que "Valley of Love" est un film minimaliste, et qui vaut justement pour son intrigue qui ne tient à pas grand chose et pour ses deux acteurs semblables à des mythes vivants. D'emblée le film envoûte par sa musique et son rythme apaisant, effet paradoxal au milieu d'une chaleur étouffante. Il ne se passe quasiment rien, nos deux monstres sacrés parlent de choses souvent anodines, et pourtant ils captent l'attention du spectateur. Les situations a priori les moins intéressantes suscitent en effet l'intérêt parce que ce sont précisément ses deux acteurs principaux qui les construisent. Ce n'est donc pas tant la mise en abyme qui me touche dans "Valley of Love" ( Huppert et Depardieu jouent deux acteurs) que leur incarnation de personnages mineurs, qui se retrouvent pour réaliser le deuil de leur fils suicidé. Cet aspect fait d’ailleurs basculer le film dans le fantastique lors des quarante dernières minutes, d'une étrangeté et d'une subjectivité séduisantes. Gérard et Isabelle ne s'étaient plus retrouvés depuis "Loulou" de Maurice Pialat; ils ne s'étaient également plus revus depuis leur divorce et la mort de ce fils qui finalement les réconciliera. Ces retrouvailles ont été rendues possible par Guillaume Nicloux, qui signe là un film fragile (il n'est pas toujours loin d'être vain) mais toujours intriguant parce que son pari est tenu jusqu'au bout, celui de tout miser sur ses deux acteurs, filmés avec un amour et un désir indéniables.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 juin 2015
Je suis déçu, la bande annonce qui tournait en boucle laissait présager quelque chose de très beau et de très vrai, en fait si le film a quelques moments de grâce, ça reste avant tout assez plat... en fait le film en fait trop ou pas assez... Pour moi je dirai qu'il y a beaucoup trop de choses dans ce film. Il y a un trop plein. Il y a encore trop de personnages, trop de petites intrigues dont finalement on s'en fout totalement. Disons que Nicloux n'arrive pas à l'épure d'un Dumont ou d'un Dreyer alors que quelque part il n'en est pas si loin dans l'idée.

Parce qu'un film avec Hupert et Depardieu, ce dernier étant l'acteur le plus fascinant de tout le cinéma français, comme seuls acteurs, oui je prends... et je prends encore plus s'ils sont perdus dans la vallée de la mort pour retrouver leur fils mort. Il y a plein de bonnes idées dans ce film dans les non dit, ce qui n'est pas montré... cependant ça ne fonctionne jamais totalement parce qu'il y a trop de choses.

J'aurai adoré que ça ne dure qu'un seul jour, en temps réel, posé au soleil avec ces deux acteurs qui jouent plus ou moins leur propre rôle sans que ça soit dit de manière aussi explicite... Non parce que le mec qui reconnaît Depardieu j'ai trouvé ça assez nul. On n'avait pas besoin de voir ça, suffit de voir Depardieu baleinesque, son regard, sa beauté pour comprendre que c'est lui.

En gros j'aurai voulu un truc mille fois plus austère qui aurait rendu la quête spirituelle moins vaine... C'est ça qui me dérange c'est que c'est vain, si quelques rares moments m'ont fait un temps soit peu vibrer... ben... c'est trop peu comparé à l'impact émotionnel que ça aurait dû avoir. C'est le genre de film qui devrait laisser son spectateur pantois, son spectateur subjugué par la beauté et la simplicité...

En gros du coup ça se regarde, comme dit il y a de bonnes idées mais il y a encore trop de choses, il se passe encore trop de choses...

Mais ça m'a donné envie de redonner une chance à Loulou qui est le seul Pialat que je n'ai pas adoré.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 18 juin 2015
Un film étrange, mystique, hanté et tellement beau. Huppert et Depardieu, couple de cinéma évident, sont en quête de rédemption dans la Vallée de la mort. Organique et puissant.
vincenzobino
vincenzobino

132 abonnés 390 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 juin 2015
Assez flippante, cette expérience dans la vallée de la mort, de l'amour et... de quoi au fait?
Plusieurs sentiments ressortent:
- une reconnaissance de ce que la vie nous offre comme opportunité et un procès de notre façon de ne pas les saisir
- une beauté absolue que ces prises de vue de Death Valley (Offenstein nous offre des prises magnifiques et confirme qu'il est l'un des plus doués, notamment par son premier plan suivant Isabelle de dos, plan répété plus tard avec Gérard)
- Mais un gros point d'interrogation que ce final ne répondant pas aux questions suscitées tout du long, dont la place du paranormal ou de la folie?
Dans leurs propres rôles le couple Depardieu-Huppert nous fait parfaitement ressentir cette part de mystère. Et la musique proche de Badalamenti y contribue également.
Expérience a tenter...
Fritz L
Fritz L

219 abonnés 767 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 juin 2015
« Valley of love » est vraisemblablement le film le plus introverti que j’ai vu depuis des années, d’où se dégagent des sentiments, masqués, d’amertume et de jubilation mélangés. Par sa double lecture entre fiction et réalité, notre perception est mise à mal, et bouleverse les codes cinématographiques classiques. D’abord il y a ce drame qui se joue à l’écran entre Isabelle et Gérard, acteurs reconnus et séparés depuis quelques années, qui s’engagent, à la demande de leur fils défunt, dans une quête mystique. Celle de retrouver une dernière fois cet enfant sacrifié (et qui s’est suicidé) dans la Vallée de la mort. Des retrouvailles jusqu’à ce morbide périple nous allons les suivre, où plutôt les observer. De rancœurs en frustrations, on passe peu à peu à la phase d’absolutions, puis à la sérénité qui tient plus de la résignation qu’autre chose. D’un autre côté, il y a ce qui se joue derrière la caméra, Isabelle et Gérard, deux des meilleurs acteurs français, qui se retrouvent enfin réunis après 35 ans (« Loulou »). Et si l’on ne peut établir de lien scénaristiques entre le couple de Pialat et celui de Nicloux, par leur incroyable complicité, la symbiose est la même. Et la fiction de se mêler à la réalité à un point tel que notre esprit s’égare. Le père lisant cette virulente lettre d’un fils accusateur mais aimant, d’une Huppert qui réplique légèrement railleuse « si tu es bien comme ça » à un Depardieu qui se plaint d’avoir grossi… C’est ce double jeu intentionnel qui donne à ce drame toute sa vigueur et surtout ce surprenant rapport de force. D’un Gérard à la démarche du commandeur (le poids des ans et des remords) à une Isabelle fragilisée (le sourire est éteint), on ne peut que vibrer au tempo de leurs émotions, entre trouble et compassion. Et cette apparente simplicité des faits qui se trament sous nos yeux, se révèle au contraire être une gageure au niveau de la mise en scène, très complexe et recherchée en ombres et surexposition, silences et bouillonnement sonore. Ces dichotomies techniques participent allègrement au malaise permanent et l’état nauséeux qui sourdent tout au long du film. « Valley of love » n’est cependant pas un film pessimiste, bien au contraire. Isabelle et Gérard, un temps retrouvés, leur amour intact, poursuivront leurs routes. Il ne leur restera plus désormais qu’à « se souvenir d’oublier ».
lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 1 juillet 2015
Ah Cannes… Cinquante nuances de la même blague, qui se répète sans cesse, à l’infini… Ça m’amuserait sûrement si ça ne m’attristait pas à ce point. Donc cette « Valley of Love », si j’en suis les critères de Cannes (et de quelques critiques de presse pour les avoir lu depuis), ce serait donc un film qui doit être mis en avant, comme une incarnation du cinéma moderne ; une piste intéressante de septième art qui mérite d’être connue et suivie ? Intrigant… Je note. Donc passer une heure et demie avec un face-à-face dialogué qui se répète sans cesse, ça c’est donc un type de cinéma qui mérite d’être connu et suivi… Ne composer son propos que de petites discussions autour de son petit mal-être bourgeois, du goût du vin, ou de ses remords par rapport à la vie passée, ça aussi donc, ça mérite d’être connu et suivi… Brasser de la mélancolie à deux balles sur les tons monocordes d’un duo Huppert / Depardieu accablé par la chaleur, ça aussi alors ça mérite d’être connu et suivi… Fort bien. Je retiens. Mais moi je me pose quand-même quelques petites questions face à un tel spectacle. La première, tout bêtement, porte sur la finalité du film. Mais qu’est-ce que ce « Valley of Love » voulait nous dire ? spoiler: Ah le remords c’est tenace ? Ah la mort nous attend tous au tournant ? Ah on restera marqué à jamais par tout ce qu’on n’a pas fait par langueur et paresse ? Juste ça ? Franchement ?
Ça ne fait pas un tout petit peu « redite » dans l’univers du cinéma français ça, non ? Et puis quand même aussi, se pose la question de la manière. Je rappelle que le film dure une heure et demie et – en toute honnêteté – il n’y a pas grand-chose de plus que ce qu’il y avait- dans la bande-annonce. Tous les éléments d’intrigue y étaient là, presque en entier, clairement explicités, à part, peut-être, ceux du dernier quart d’heure. En fait, ce film est une sorte de version « extended » de la bande-annonce, où tous ses composants se retrouvent dilués et répétés à l’infini jusqu’à ce qu’on atteigne la limite fatidique du standard d’exploitation en salles. Symbole d’ailleurs de cette stagnation dans le vide, l’unique composition musicale entendue dans la bande-annonce, l’Unanswerd Question de Charles Ives. On l’entend régulièrement, à espace régulier, sans qu’aucune note ne soit changée, tel un témoin d’une intrigue qui tourne en rond ; d’un propos qui a fait le tour au bout de cinq minutes. Alors j’en entends déjà dire certain « mais c’est fait exprès, c’est pour qu’on ressente encore mieux la perdition de ces personnages, que la mélancolie gagne encore davantage de terrain. Cette musique contribue à poser cet état esprit tellement délicat qui incarne tellement bien la spécificité du cinéma français » Désolé, mais non. Cette musique incarne juste le fait que Guillaume Nicloux a eu une idée d’atmosphère en écoutant cette musique (ou en regardant « La ligne rouge », c'est selon...) et qu’il a été capable de produire cinq minutes de film avec ça, pas plus, et qu’à l’image de ce qui se fait en France, au lieu de creuser la question, de travailler le sentiment, d’explorer la réflexion, il a préféré brasser du vent, broder du creux, mais le tout avec un ton suffisamment arrogant et assuré pour qu’on n’ose pas questionner la pertinence de sa démarche. En cela, Isabelle Huppert s’est révélée une parfaite incarnation de cette entreprise bien vaine. Voilà une actrice au comble de la suffisance, qui par un jeu hautain cherche à donner l’illusion que, dans sa bouche, chaque vide est en fin de compte un plein. Tout chez elle est surfait, surjoué, enrobé à l’extrême, plombant absolument toutes les tentatives de Depardieu à jouer dans la nonchalance et une certaine forme de minimalisme. Pour le coup, le jeu d’Huppert pourrait résumer à lui seul ce qu’est ce film en son entier : une supercherie intellectuelle et cinématographique. Donc, en somme, face à ce genre de film, moi je n’ai plus qu’une envie, dire merci à Guillaume Nicloux qui, avec ce « Valley of Love » vient d’apporter une pierre supplémentaire à la pyramide de mes convictions sur le septième art hexagonal. Encore une fois donc, « merci Guillaume »…
Sloughi
Sloughi

17 abonnés 77 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juin 2015
Etonnant et émouvant, surprenant et drôle, profondément humain et bouleversant. Avec ce film, Guillaume Nicloux nous offre bien plus qu'une simple confrontation entre deux monstres sacrés: un voyage intime et personnel, qui fait chavirer le cœur et vibrer une émotion à fleur de peau.
Un coup de cœur absolu !
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